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Le raid de la tech sur les banques | Le Nouvel Economiste 10/05/2019

Article (TECHNOLOGIES)

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Le secteur bancaire a longtemps résisté aux services numériques et aux nouvelles technologiques, mais il semble prêt à céder en 2019. Le développement des applications de paiement en ligne et des néobanques atteint désormais un palier important. En Amérique, 49 % des clients effectuent leurs opérations bancaires via leur smartphone. De grands groupes comme Apple ou Facebook ont lancé leurs services de paiement. Bref, la banque est enfin considérablement impactée par la technologie, après l'avoir longtemps laissé de côté en raison d'un climat économique morose et d'une réglementation complexe. La génération Z et les millennials apparaissent comme les porte-drapeaux de ce changement paraissant désormais inéluctable. 37 milliards de dollars ont été investis dans les nouvelles sociétés financières en 2018. La tech risque de modifier en profondeur le fonctionnement du secteur bancaire, mais représente aussi une opportunité très intéressante pour stimuler l'économie et conquérir le consommateur de demain. Le secteur bancaire a longtemps résisté aux services numériques et aux nouvelles technologiques, mais il semble prêt à céder en 2019. Le développement des applications de paiement en ligne et des néobanques atteint désormais un palier important. En Amérique, 49 % des clients effectuent leurs opérations bancaires via leur smartphone. De grands groupes comme Apple ou Facebook ont lancé leurs services de paiement. Bref, la banque est enfin ...

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Le paradoxe de l'influenceur | Le Nouvel Economiste 10/05/2019

Article (BUSINESS)

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Pour séduire les millennials et la génération Z, les influenceurs sont plus que jamais des outils présents au coeur des stratégies marketing en 2019. Stars des réseaux sociaux et d'Internet, ces nouvelles célébrités peuvent modifier les comportements d'achat de leur public uniquement via quelques recommandations et conseils. Pour les marques, il s'agit de relais puissants puisqu'un consommateur préfère suivre les conseils d'une personne plutôt qu'une marque dans 92 % des cas. Pourtant, la mise en place d'un tel système crée un paradoxe : si les influenceurs ont du succès, c'est parce que pour le public, ils sont "comme eux", ont les mêmes modes de consommation et restent "libres" de dire ce qu'ils veulent. Or, les marques paient bel et bien ces influenceurs pour qu'ils fassent la promotion de leurs produits. La notion d'indépendance disparaît et la méfiance peut grandir au sein de la communauté. En évoluant dans cet équilibre fragile, le marketing d'influence et les marques qui y ont recours restent exposés à un retour de bâton violent en cas de désaveu de l'influenceur par son public. Pour séduire les millennials et la génération Z, les influenceurs sont plus que jamais des outils présents au coeur des stratégies marketing en 2019. Stars des réseaux sociaux et d'Internet, ces nouvelles célébrités peuvent modifier les comportements d'achat de leur public uniquement via quelques recommandations et conseils. Pour les marques, il s'agit de relais puissants puisqu'un consommateur préfère suivre les conseils d'une personne plutôt ...

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La filière de l'immobilier de tourisme | Xerfi Canal 17/05/2019

Article (BUSINESS)

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L’immobilier de tourisme connaît un nouvel élan après des années d’accalmie. La fréquentation des hébergements touristiques a atteint de nouveaux records en 2018, avec plus de 214 millions de nuitées dans les hôtels, 74 millions dans les résidences de tourisme et 25 millions dans les villages de vacances. La dynamique devrait se poursuivre d’ici 2022 selon l’étude Xerfi-France, entraînant une hausse des besoins de construction. Les gestionnaires de ces biens immobiliers doivent non seulement rééquilibrer une offre d’hébergements insuffisamment pourvue dans certaines régions, mais aussi répondre aux nouvelles attentes des vacanciers en matière d’espace et de lieux d’échanges. Côté investisseurs, les particuliers se réintéressent à ce type d’actifs, l’un des rares conciliant défiscalisation et loisirs. Les institutionnels font également leur retour, attirés par de belles opportunités d’investissement.

Pour les promoteurs, le retour des institutionnels se révèle une opportunité pour vendre en bloc et donc limiter les frais de commercialisation et de gestion locative. En revanche, cette évolution n’est pas sans impact sur les gestionnaires dont certains sont aussi promoteurs. Très soucieux de la solidité financière de leurs partenaires, les investisseurs institutionnels privilégient en effet quasi systématiquement des exploitants dotés d’un solide savoir-faire, financièrement sains et reconnus. C’est donc logiquement les leaders qui tirent leur épingle du jeu comme Pierre & Vacances, Club Méditerranée ou Odalys, ce qui devrait au passage accélérer les rapprochements entre ces poids lourds. De nombreux projets sortent également de terre, en particulier dans les stations huppées des Alpes, où le promoteur-constructeur MGM vient d’inaugurer des résidences 5 étoiles et en prévoit 3 autres en 2019. Les grands noms de l’hébergement touristique ne sont pas en reste, notamment le Club Méditerranée qui compte ouvrir 1 à 2 nouveaux villages par an en France, dont la moitié à la montagne. En outre, si les relations entre gestionnaires de résidences et promoteurs se sont pacifiées, ces derniers doivent tout de même composer avec de puissants commercialisateurs mais aussi et surtout avec la plus grande implication des collectivités dans le développement touristique.

On comprend alors que les logiques partenariales sont au cœur de la dynamique de développement des promoteurs et gestionnaires. Les collectivités locales constituent en effet un allié stratégique compte tenu de leur connaissance des territoires, de leurs réserves foncières et de leur rôle désormais central dans le processus décisionnel des projets d’investissement. Il s’agit surtout pour les promoteurs de se rapprocher des collectivités locales et de conduire des stratégies de placement de leurs programmes auprès des gestionnaires. Autre axe de développement : la montée en gamme et la transformation des résidences en véritables destinations touristiques. Cette mutation se révèle en effet indispensable pour limiter la saisonnalité propre à l’activité, repenser l’offre pour la rendre plus attractive et séduire la clientèle internationale.
L’immobilier de tourisme connaît un nouvel élan après des années d’accalmie. La fréquentation des hébergements touristiques a atteint de nouveaux records en 2018, avec plus de 214 millions de nuitées dans les hôtels, 74 millions dans les résidences de tourisme et 25 millions dans les villages de vacances. La dynamique devrait se poursuivre d’ici 2022 selon l’étude Xerfi-France, entraînant une hausse des besoins de construction. Les gesti...

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Augmentalisme, binarisme, zappite… De nouveaux syndromes émergent chez les entrepreneurs de la tech. Près d'un sur deux sont atteints de troubles mentaux - dépression, bipolarité, hyperactivité -, bien plus que la moyenne de la population.

La nuit tombe doucement sur les ruelles du haut Marais parisien. Au numéro 25 de la rue du Petit-Musc, une foule bigarrée s'agglutine. Là, derrière une grande porte bleu pétrole, coiffée d'un blason aux allures de phénix prêt à renaître de ses cendres, se cache la société privée d'investissement The Family. En ce lundi 25 mars, Mathias Pastor, l'un de ses directeurs, brise l'omerta devant un parterre de 130 startuppeurs : " Les entrepreneurs ont des prédispositions plus élevées que les autres aux maladies mentales. " Nul ne l'ignore, mais personne n'en parle. Ce soir-là, sur la scène de The Family, Hampus Jakobsson, venture partner chez BlueYard, et Charles Thomas, cofondateur de Comet, s'attaquent à ce tabou. " Quand j'ai lancé ma boîte, j'ai eu ma première attaque de panique, confie ce dernier. Je suis pilote d'avion et j'ai commencé à avoir peur de voler seul. Ca m'a mis la puce à l'oreille. J'ai cherché à me documenter. Sans succès… "

Rien de surprenant constate Michael A. Freeman, professeur de psychiatrie à l'université de Californie de San Francisco, qui a étudié la fréquence de survenue des troubles mentaux chez les entrepreneurs (voir encadré p. 80) : " On en sait beaucoup sur les traits de personnalité de ces patrons à succès. On en sait peu sur les caractéristiques de santé mentale qui peuvent être associées aux réussites ou aux échecs de l'entrepreneuriat. " Elles sont pourtant nombreuses. Aux pathologies de stress, désorganisation, culpabilisation, autoreproche, anxiété et dépression s'ajoutent une kyrielle de nouvelles maladies aux noms farfelus : nomophobie, binarisme, zombiquisme… Et la liste ne cesse de s'allonger.

En cause, la mythologie de l'entrepreneur capable de tout sacrifier au nom de la réussite. " La Silicon Valley a lié l'idée du succès entrepreneurial à celle de la souffrance et du sacrifice. Prenez Elon Musk (PDG fondateur de Tesla), présenté comme l'un des hommes les plus créatifs du xxie siècle. Et pourtant lorsque l'on parle de lui, on valorise sa productivité : Elon dort dans les usines de Tesla, Elon bosse seize heures par jour. Même scénario avec Steve Jobs. On a mis la créativité du fondateur d'Apple sur un piédestal mais sa légende a été principalement alimentée par son addiction au travail ", explique Rahaf Harfoush, anthropologue du numérique.

3500 applis sur la performance
Autrement appelé workaholisme, cet état d'hypertravail véhicule des standards de succès qui imposent des normes de productivité irréalistes mettant en péril l'hygiène de vie. Ainsi, ne pas manger, ne pas dormir, ne pas voir ses amis ni sa famille sont autant de comportements valorisés à travers cette mythologie de l'entrepreneur à succès. Sur Amazon, 39 260 livres sont répertoriés pour apprendre à travailler mieux et plus vite. Apple recense 3 500 applications pour doper la performance.

" Nous avons cessé de nous concentrer sur le travail pour devenir obsédés par le fait de travailler ", dénonce Rahaf Harfoush dans son dernier ouvrage Hustle & Float qui analyse le conflit entre la productivité et la créativité, les deux valeurs cardinales de la culture moderne du travail. En catimini, l'addiction au travail s'est donc imposée comme un des sous-jacents de l'entrepreneuriat.

Un monde gouverné par l'urgence
Il faut avoir à l'esprit que les entrepreneurs vivent dans un monde gouverné par l'urgence. Ils sont obsédés par l'idée d'être le premier. Et la technologie leur en donne les moyens. " Les ordinateurs tournent sans discontinuer. On peut discuter en permanence sur les forums. Il n'y a aucune barrière naturelle qui vous contraignent d'arrêter. On perd alors la notion du temps et nos cycles de vie s'en trouvent perturbés. On s'alimente et on dort à n'importe quelle heure, obsédé par le projet qui occupe 98% de nos pensées. La technologie alimente le côté compulsif des entrepreneurs obnubilés par une idée ", note Nicolas Sadirac qui a traversé ces états tourmentés lors de la création des écoles Epitech et 42.

Mais quelles sont les conséquences physiologiques et psychologiques de cette injonction à la performance dans un environnement ultracompétitif où la technologie fait exploser les barrières temporelles et physiques du travail ? " Le taux de cortisol (l'hormone du stress) explose et dérègle le fonctionnement du corps en occasionnant des symptômes tels que la perte de sommeil, l'irritabilité, le défaut de mémorisation ", indique Thomas Gaon, psychologue spécialisé en addictologie dans le domaine du numérique. " Être entrepreneur, c'est une adrénaline toxique. On doit toujours accélérer. On est confronté à notre ligne de cash, aux investisseurs qui nous poussent et aux collaborateurs parfois mécontents ", témoigne un entrepreneur français sous couvert de l'anonymat.

Addiction à Instagram
Cette course à la réussite entrepreneuriale a fini par normaliser le burn-out comme condition physique de l'entrepreneur méritant. Caroline Ramade en sait quelque chose. La quarantaine à peine entamée, la fondatrice de 50inTech a vécu l'épuisement psychique et frôlé la nomophobie. " Les réseaux sociaux rendent fous. Faire voir et savoir ce que tu fais devient une drogue. Soit tu poses des garde-fous, soit tu deviens zinzin à cause des notifications qui tombent toutes les cinq secondes. À la fin de la journée, tu es crevée. Ta productivité est diminuée parce que tu ne sais plus prioriser. "

Quand on sait qu'un adulte déroule en moyenne 90 mètres de réseaux sociaux par jour, il est aisé de franchir le Rubicon de l'addiction. Elise Goldfarb et Julia Layani, cofondatrices de Fraîches et nouvelles directrices de la stratégie et de la création de Melty, passent en moyenne quatre heures par jour sur Instagram où plus de 6 000 personnes suivent leurs stories. À 25 ans, les deux entrepreneures y partagent allègrement leurs vies. Une façon de construire les images d'Epinal de la réussite entrepreneuriale. " Les réseaux sociaux nous permettent d'exister. C'est un formidable ascenseur social, admet Elise, consciente de sa dépendance. Quand je suis dans l'avion pour New York je ne suis pas bien. Le manque d'Instagram, c'est comme le manque de nicotine. " Et Julia de renchérir : " Notre génération souffre d'une pathologie communicante : on met en scène plus que l'on ne fait. "

Ce narcissisme doublé d'un égocentrisme excessif nourrit aux yeux de toute une génération le mythe fictif de l'entrepreneur à succès. " En ligne, je suis admirée et dans la réalité, je ne suis personne, je ne vaux rien. Ce clivage entre deux identités qui sont dissociées et qui ne communiquent plus entre elles peut conduire à de graves dépressions voire même au suicide ", prévient Thomas Gaon.

Un marathon intellectuel
À l'autre bout du spectre, il y a ces entrepreneurs qui se créent des pathologies pour mettre un pied dans l'ornière de l'entrepreneuriat. Depuis presque quatre ans, Rand Hindi, fondateur de Snips, a décidé de se pencher sur ses données personnelles pour comprendre les ressorts de sa créativité et de sa productivité. En cause, la panne du créatif. " J'avais une nouvelle idée. J'ouvrais un vieux calepin. Elle était déjà dedans il y a cinq ans. C'était déprimant. " Frustré, Rand s'interroge. Est-ce que toutes les idées qu'il aura dans le futur ne seront que des incréments de celles qu'il a déjà eues ? À 34 ans, a-t-il déjà atteint son quota d'idées alloué ?

" Quand tu as des ambitions, cela implique des efforts dans la durée. Mais si tu n'arrives pas à tenir physiquement le marathon intellectuel dans lequel tu t'embarques, deux choses vont se passer : soit tu vas régulièrement être en burn-out - et tu vas perdre du temps et tu ne réussiras jamais à atteindre tes objectifs -, soit tu vas devoir revoir tes ambitions à la baisse pour qu'elles soient compatibles avec tes capacités. C'est ce qui arrive à la plupart des entrepreneurs aujourd'hui. Ils sont épuisés ou ils renoncent à leurs ambitions ", constate celui qui a déjà traversé trois burn-out.


Refusant d'abandonner son idéal de réussite, Rand Hindi commence par suivre la caravane expérimentale des entrepreneurs en mal de créativité. Du festival Burning Man dans le désert du Nevada à la méditation, en passant par la thérapie sonore, il élargit son champ d'inspiration. Rien n'y fait. Sa créativité est en berne. En plein doute, il a l'idée de tracer toutes ses données physiques, psychiques et mentales. Pour se donner les moyens d'atteindre ses ambitions sur les vingt prochaines années, il veut comprendre. D'où lui viennent ces intenses moments de productivité ? Pourquoi traverse-t-il des états de déprime puis de contentement ? Comment ses émotions, sa motivation, son niveau d'énergie fluctuent-ils au gré des événements de la journée ?

Data man
Pour le découvrir, le fondateur de Snips a mis en place une routine qui ne souffre aucun oubli. Dès son réveil, son Fitbit (montre connectée) lui indique son temps de sommeil. Le pied, à peine posé par terre, atterrit vite sur sa balance connectée. Du petit-déjeuner au dîner, tout ce que son corps ingère est photographié. À l'instar de ses états d'âme, quantifiés et qualifiés dans des tableaux Excel selon trois indicateurs : très bien, normal, pas bien. Humeurs, productivité, créativité, confiance en soi, libido, alimentation… Tout est noté avant d'être transformé en graphiques destinés à être analysés pour mieux ajuster la performance entrepreneuriale. " Cela me prend trois secondes dans la journée. La data me permet de comprendre les déterminants physiques et mentaux qui conditionnent ma créativité. "

Et l'entrepreneur de filer la métaphore : " Imaginez-vous essayer d'installer la toute dernière version d'un logiciel sur un ordinateur vieux de dix ans. Certes, cela va fonctionner mais il y a de grandes chances que la machine soit ralentie, voire vous signale un bug dans le système. C'est la même chose pour votre corps. Si votre cerveau tourne à pleine capacité dans un corps biberonné à la junk food, cela ne peut pas marcher. En quatre ans, mes données m'ont permis de comprendre que l'état de mon corps conditionne mes niveaux de productivité et de créativité. J'ai pu ajuster mes comportements. Avec la data, on ne peut pas tricher. Je ne peux pas me mentir à moi-même. "

Hygiène de vie
Anne-Caroline Paucot, écrivaine prospectiviste et fondatrice du site La Santé demain, met en garde contre cette tendance à la quantification de soi, qui ôte toute humanité en réduisant les individus et leurs comportements à une masse de données. " Vous ne pouvez pas tout quantifier, il faut vivre sa vie, sinon la machine humaine créative tombe en panne. Le secret du bonheur, c'est de vivre l'instant. " Vivre l'instant, n'est-ce pas questionner son rapport à la technologie avant que cette dernière ne devienne une source de souffrance ? " Dans la plupart des cas, les entrepreneurs attendent de faire face à un dommage physique, psychique ou financier avant de réagir, observe Thomas Gaon. Certains sont pris dans un dilemme contradictoire entre des impératifs de productivité et leur ambition. D'autres voient leurs limites entrer en collision avec les besoins de leur start-up. Rares sont ceux qui anticipent en posant des garde-fous. "

Pourtant, nul entrepreneur ne peut ignorer le b.a.-ba du marathon de l'entrepreneuriat. Conserver une hygiène de vie saine. Rigidifier les horaires de travail. Cultiver des loisirs loin de l'univers tech. Faire du sport. Déconnecter pendant la nuit et ce, pendant au moins huit heures. Limiter l'usage des réseaux sociaux et le volume d'informations reçu pour éviter l'épuisement. Mais alors pourquoi se laisser déborder ? " On se projette dans un environnement futur de réussite, donc c'est hyperplaisant. On produit de la dopamine. Prendre la décision d'arrêter est vraiment difficile ", reconnaît Nicolas Sadirac.

" Je voulais tout le temps être légendaire avec ma famille, mes amis, mes collaborateurs, confesse Charles Thomas, le cofondateur de Comet, qui a fini par s'entourer d'un coach. C'est tabou parce que les entrepreneurs pensent que cela veut dire qu'ils sont cassés, mais c'est faux. Prenez les athlètes olympiques - qui accomplissent un effort assez similaire à celui exigé par l'entrepreneuriat - ils construisent autour d'eux un écosystème de thérapeutes et d'entraîneurs. Les entrepreneurs devraient s'en inspirer. "

Des résultats troublants
Selon l'étude " Are Entrepreneurs 'Touched with Fire' ? " publiée en 2015 par Michael A. Freeman, professeur à l'université de Californie de San Francisco, les entrepreneurs seraient davantage touchés par les maladies mentales (dépression, bipolarité, hyperactivité…) que le reste de la population. Plus de 49% souffriraient de troubles mentaux, presque un tiers d'entre eux aurait au moins deux troubles différents et plus de 18% au moins trois troubles, parmi lesquels l'hyperactivité, la dépression, la prise de substances et l'anxiété.

Cinq nouvelles pathologies
Augmentalisme : Psychose liée à l'impression de ne pas être assez " augmenté ". Certains individus ne se trouvent pas assez intelligents, forts, jeunes, connectés… Des insatisfactions qui deviennent psychoses et provoquent des dénis de personnalité.

Binarisme : Le fruit d'une utilisation excessive des ordinateurs, dont le fonctionnement binaire modifie la personnalité des utilisateurs qui souffrent d'une informatisation de leur personnalité. Leurs raisonnements se limitent à des réponses binaires : oui/non, continuer/annuler, ouvrir/fermer… Ce rationalisme excessif leur donne l'impression d'être des machines.

Nomophobie : Le smartphone étant devenu pour certains une extension d'eux-mêmes, la peur excessive d'en être séparé et de ne plus pouvoir l'utiliser génère un stress intense, une augmentation de l'anxiété, du rythme cardiaque et de la pression artérielle. Cette pathologie peut se doubler de fomophobie, la peur de manquer une information.

Zappite : Qualifie ces crises d'ennui provoquées par l'absence de sollicitation. Le constant zapping permis par Internet a rendu les individus accros aux clics.

Zombiquisme : Un syndrome qui se manifeste par l'incapacité à communiquer directement avec des personnes dans une pièce : les individus sont présents physiquement mais absents mentalement.
Augmentalisme, binarisme, zappite… De nouveaux syndromes émergent chez les entrepreneurs de la tech. Près d'un sur deux sont atteints de troubles mentaux - dépression, bipolarité, hyperactivité -, bien plus que la moyenne de la population.

La nuit tombe doucement sur les ruelles du haut Marais parisien. Au numéro 25 de la rue du Petit-Musc, une foule bigarrée s'agglutine. Là, derrière une grande porte bleu pétrole, coiffée d'un blason aux ...

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L’Intelligence Artificielle est devenue un élément omniprésent de notre société. Depuis, les années 60, les avancées technologiques informatiques ont permis d’augmenter la puissance de calcul des ordinateurs qui permet désormais de rivaliser avec la performance du raisonnement humain, voire de le surpasser comme en témoigne, en mai 2017, la défaite du meilleur joueur du monde de jeu de Go, Ke Jie, face à Alphago, la machine développée par Google. Il faut comprendre que l’Intelligence Artificielle n’est plus une option, elle fait partie de notre quotidien et chaque jour qui passe augmente notre dépendance vis-à-vis d’elle. Le développement de l’internet des objets produit un nombre considérable de données exploitables par les machines. Mais ne nous méprisons pas, même si l’intelligence artificielle est capable d’accomplir de véritables exploits, la machine ne se limite qu’à des réponses réflexes et conditionnées, dans des domaines très pointus, mais ne possède pas de véritable méthode d’intelligence générale, propre à l’Homme.

Les peurs,

La préoccupation de voir l’Intelligence Artificielle égaler l’humain et le dominer par la suite, ne date pas d’aujourd’hui, mais les prises de positions de Stephen Hawking ont soulevé des questions éthiques et sociales : " Je pense que le développement d’une intelligence artificielle complète pourrait mettre fin à l’humanité. Une fois que les hommes l’auraient développée, celle-ci décollerait seule et se redéfinirait de plus en plus vite. Les humains, limités par une lente évolution biologique, ne pourraient pas rivaliser et seraient dépassés. " (Interview de Stephen Hawking en 2014 à la BBC). L’apocalypse de voir la machine capable de s’émanciper par elle-même est prégnant, que ce soit avec des robots tueurs, la voiture autonome, la reconnaissance faciale et vocale, … Le cinéma au travers de nombreuses sagas de sciences fictions entretient également ce phénomène de la domination du monde par les robots.

Les promesses,

Grâce à sa capacité de collecte et d’analyse de données, l’Intelligence Artificielle offre de phénoménales perspectives qui permettront à l’Homme de vivre mieux et plus longtemps. Les plus optimistes y voient même l’opportunité de prolonger la vie quasi indéfiniment, d’accroître les capacités cognitives et de se débarrasser de toutes les tâches rébarbatives du quotidien, sans parler des futures interfaces cerveau-ordinateur promis par Elon Musk, pour acquérir instantanément de nouvelles connaissances sans entraînement.

Dans le domaine de la médecine, les machines seront capables de détecter des maladies incurables bien avant l’apparition des premiers symptômes décelables par les meilleurs médecins. L’informatisation du milieu de travail garantira l’amélioration de la productivité, la réduction des erreurs et une moindre pénibilité dans l’exercice d’opérations répétitives. La révolution des moyens de transport avec la voiture autonome apportera une plus grande sécurité aux conducteurs, aux autres usagers de la route et aux piétons ; la voiture sera capable de déceler avant le conducteur le moindre mouvement de son environnement pour anticiper le comportement des autres afin d’adapter la trajectoire et la vitesse du véhicule.

Dans le domaine militaire, les capacités ayant recours à l’Intelligence Artificielle surclasseront inévitablement les armes traditionnelles pour donner à leur détenteur un avantage stratégique comparable à l’arme nucléaire en termes de dissuasion.


et les Réalités de l’Intelligence Artificielle …

Mais où en sommes-nous ? Que nous réserve réellement l’Intelligence Artificielle ? L’Intelligence Artificielle actuelle est plutôt une discipline de génie de l’informatique qui utilisent des algorithmes pour résoudre des problèmes de plus en plus complexes donnant l’impression d’être intelligent. La collecte et l’analyse de masses de données considérables permettent aux machines d’anticiper sur nos besoins, de nous proposer des solutions, de nous remplacer dans des actions répétitives, de détecter des signaux faibles de maladies. C’est un véritable multiplicateur d’efficacité que nous pouvons comparer aux précédentes révolutions industrielles … Chacun d’entre nous peut profiter des innovations technologiques pour améliorer son confort et son bien-être. Mais à quel coût énergétique ? A l’heure actuelle, la consommation électrique et la production énergétique des supercalculateurs préoccupe les opérateurs à tel point que ces derniers réfléchissent à construire un véritable écosystème autour de data centers de nouvelle génération. Et notre liberté ? Que faire face à l’utilisation massive de nos données personnelles à des fins plus ou moins bienveillantes ? Notre vie privée n’a plus de secret pour les grandes entreprises utilisant l’Intelligence Artificielle.


Parlons plutôt d’Intelligence Augmentée

A ce jour, l’Intelligence Artificielle reste un outil dénué de sensibilité qui ne fait que reproduire ce pour quoi un être humain l’a programmé. Même si les techniques d’apprentissage automatique (Machine Learning) commencent à faire leur preuve, elles restent cantonnées à des tâches bien spécifiques. Les machines cherchent à imiter l’intelligence humaine, en fonctionnant plus vite et dans plusieurs domaines en même temps pour fournir tout une gamme de possibilités d’aide à la décision. L’analyse de systèmes complexes offre des opportunités sans précédent pour comprendre les répercussions de décisions particulières, entre les écosystèmes concernés. Les modélisations et les simulations mettent en évidence l’émergence de phénomènes non abordables par la seule intelligence humaine. Mais, à la fin, le choix reste entre les mains des humains. C’est pour cela qu’il faut plutôt parler d’intelligence augmentée, comme la symbiose de l’intelligence humaine, de l’intelligence collective et de l’intelligence artificielle, et là, le potentiel devient infini.


Et demain ?

L’Intelligence Artificielle actuelle est dite faible ; elle ne fait que répéter ce que nous lui avons appris à faire. L’intelligence forte n’existe pas encore, ce sera peut-être un jour celle qui sera dotée d’une conscience, mais elle restera sous contrôle de l’Homme. Le risque réside plutôt dans l’usage que l’on voudra en faire, ou plutôt ce que certaines personnes malveillantes voudront en faire. La source d’inquiétude vient aussi, de la perte de repère face aux changements que l’Intelligence Artificielle va provoquer. Le spectre des métiers de demain, ne ressemblera en rien à ceux d’aujourd’hui et nous devons nous adapter à ce changement de paradigme pour pouvoir continuer à maîtriser la machine.

La menace sur l’emploi de cette mutation ne doit pas nous paralyser ; certes de nombreux emplois vont disparaître, mais de nouveaux vont voir le jour. Les travailleurs devront modifier leurs compétences. Ainsi, il ne faut pas non plus sous-estimer l’impact social des effets de l’intelligence artificielle ; l’emploi et l’éducation sont au cœur de la révolution sociale. Quelle réorientation professionnelle engager ? Quelles études suivre ? Quel plan de carrière pour nos enfants ? Autant de questions à se poser collectivement pour éviter la domination technologique. Dans cette course à l’acquisition de toujours plus de données, une régulation par le pouvoir publique est toujours possible ; il faut d’abord bien comprendre les risques pour mettre en place un système qui sera revu au fur et à mesure des avancées technologiques. Le tout est de trouver le bon équilibre pour éviter les dérives sans bloquer l’innovation.

Une solution intéressante viendrait de l’autorégulation dans un vaste mouvement humain général ; à nous de nous adapter pour rester maître de notre destin. La peur ne doit pas nous masquer de la réalité. L’information est partout et est source de pouvoir ; l’ambition politique des grands groupes spécialisés dans l’Intelligence Artificielle est sans nul doute de mettre fin à la souveraineté des Etats. Finalement, la balle est dans notre camp, ne nous enfermons pas dans les évolutions technologiques ; profitons du bien être apporté par l’Intelligence Artificielle dans notre quotidien pour recréer du lien et échanger de nouveau, ne nous laissons pas devenir idiot face à l’intelligence des machines, comme dans le film de Mike Judge, " Idiocracy ".


Olivier Pichot
L’Intelligence Artificielle est devenue un élément omniprésent de notre société. Depuis, les années 60, les avancées technologiques informatiques ont permis d’augmenter la puissance de calcul des ordinateurs qui permet désormais de rivaliser avec la performance du raisonnement humain, voire de le surpasser comme en témoigne, en mai 2017, la défaite du meilleur joueur du monde de jeu de Go, Ke Jie, face à Alphago, la machine développée par ...

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Avec un chiffre d’affaires record de plus de cent milliards de dollars en 2018, Huawei est le troisième fabricant mondial de smartphones derrière Samsung et Apple. Faisant quasiment jeu égal avec Apple en termes de nombres de smartphones vendus, avec 45% de ses revenus, le groupe ambitionne de ravir la première place à Samsung en 2020. Le marché des smartphones est le plus connu des consommateurs et le plus visible car en aval des télécommunications.

Huawei occupe également une position de leader mondial en amont, au travers des équipements Télécom réseaux. Il s’agit du métier historique de Huawei, qui est d’accompagner les opérateurs dans la fourniture de l’ensemble de la chaîne des équipements de l’infrastructure réseaux (antennes, routeurs, serveurs, commutateurs, …). Huawei est plus particulièrement leader dans le RAN (radio access network), partie radio d’un système de télécommunication mobile et les antennes micro-ondes (1). Une position dominante dans ce métier est déterminante dans la mesure où même si les opérateurs peuvent être équipés par plusieurs fournisseurs différents, ils dépendent de ces derniers pour exercer leur activité.Pour déployer les équipements nécessaires, Huawei apparaît donc comme un acteur central.

Ce marché est dominé par trois grands équipementiers au niveau mondial : Huawei en tête avec 29%, suivi par le suédois Ericsson et le finlandais Nokia se partagent près de 80% du marché(2). Un autre chinois ZTE et Samsung se partagent les 17 % restants; les autres acteurs n’ayant pas de poids significatifs.La tendance est identique en Europe où Huawei et ses concurrents, Ericsson et Nokia se partagent respectivement 33%, 30% et 20% du marché (2). Sur les autres grands marchés, hormis la Chine, Ericsson et Nokia devancent Huawei.


L’avènement de la 5G, technologie clé et point d’inflexion potentiel du marché

La 5G recouvre une nouvelle génération de réseaux mobiles prévue à partir de 2020, visant à connecter les téléphones mais aussi la majorité des infrastructures : usines, hôpitaux, ports, domotique, véhicules… Cette technologie va avoir un impact sur les activités civiles (télémédecine, véhicule autonome et connecté, contrôle du trafic routier, optimisation énergétique, pilotage à distance des outils industriels, connectivité des machines) mais aussi sur le terrain militaire (connexion à grande vitesse des soldats, véhicules et robots). La 5G doit à la fois offrir un débit vingt fois plus rapide que la 4G mais aussi et surtout créer un accès majeur à l’intelligence artificielle. Par cette place déterminante, la 5G est donc loin d’être une simple amélioration de la 4G, la 5G et apparait comme un véritable " saut technologique " qui va accélérer la numérisation des économies. La croissance des parts de marché des constructeurs en présence revêt par conséquent un caractère particulièrement stratégique, et se pose la question du danger potentiel d’une domination technologique par un seul opérateur.

La Chine est devenu le pays le plus connecté dans le monde avec 733 millions d’utilisateurs d’internet, devant l’Europe (411), l’Inde (391) et les Etats-Unis (246). En termes de collecte de données, les Etats-Unis contrôlent très majoritairement le marché européen via notamment les GAFAM et NATU. La Chine, de son coté, a élevé une grande muraille du Web, en répliquant un équivalent, les BATX (Baidu, Alibaba, Tencent et Xiaomi) et en construisant un internet souverain, contrôlant les entrées et sorties d’information. Aujourd’hui, les Etats-Unis et la Chine sont les régions qui à la fois voient leur trafic de données augmenter le plus fortement et qui domine la production de brevets dans l’intelligence artificielle.

Le nouvel affrontement en train d’émerger porte sur le traitement et l’analyse de ces quantités gigantesques de données par l’intelligence artificielle. La 5G sera au cœur de cet affrontement, avec en ligne de mire, un possible découplage économique entre l’Occident et la Chine.



L’offensive américaine sur la question de la sécurité

Le marché américain est aujourd’hui majoritairement équipé par Ericsson et Nokia. Eu égard aux besoins conséquents des Etats-Unis en la matière, ils ne veulent surtout pas devenir dépendants d’un constructeur chinois. Le champ de l’équipement réseau est donc au cœur de l’affrontement avec la Chine. Il recouvre ainsi une double dimension, économique et politique. En 2018, les États-Unis ont ainsi relancé leur offensive en portant le sujet sur le terrain de la sécurité nationale en attaquant ouvertement la Chine d’espionnage. Les États-Unis communiquent sur la possibilité d’une porte dérobée pour le gouvernement chinois permettant d’espionner les communications des pays qui utiliseraient la technologie Huawei.

En réalité, cet affrontement a commencé en 2003, lorsque les premiers soupçons ont émergé lorsque Huawei avait été accusé par son concurrent américain Cisco d’avoir copié son code source.

En 2007, Huawei et la société américaine Bain Capital tentent de racheter ensemble le fabricant d’équipements réseau américain 3Com pour 2,2 milliards de dollars mais le projet est abandonné. Les Etats-Unis accusent la Chine de cyber-espionnage international. En 2011, le gouvernement américain demande à l’opérateur télécom Sprint de ne pas acheter à Huawei des composants fabriqués pour la construction de son réseau 4G. En 2012, la candidature de Huawei à l’appel d’offre américain pour le projet de câble sous-marin transatlantique Hibernia est rejetée par Washington et ce sont enfin les équipements réseaux qui sont interdits aux Etats-Unis.

Depuis, les États-Unis maintiennent une pression constante sur leurs alliés pour qu’ils bannissent les infrastructures Huawei de leurs choix. En 2018, avec le début de la course à la 5G, les attaques de tous types s’amplifient. Parmi les plus significatives :

Interdiction des smartphones Huawei aux Etats-Unis,
Rupture des liens entre le MIT et Huawei et ZTE et de l’université britannique d’Oxford, qui cesse d’accepter les fonds de Huawei,
Par effet d’influence, l’Australie, le Japon et la Nouvelle Zélande excluent Huawei du marché 5G,
Arrestation de la directrice financière de Huawei au Canada,
Déclaration de Cisco, actuel leader mondial devant Huawei du routage, quant à sa capacité à devenir un futur leader de la 5G en 2022.
Les accusations d’espionnage sont dans les faits des présomptions difficiles à prouver et les États-Unis n’ont jamais apporté publiquement de preuves permettant d’étayer ces accusations.
Mais au-delà du risque d’espionnage avec l’arrivée de la 5G, c’est plus le risque lié au " contenant " ou la disponibilité du réseau que celui du " contenu " qui se pose en réalité. Demain, dans des sociétés très connectées à la 5G, quid de la continuité de leurs activités économiques si elles n’ont pas de maitrise de l’infrastructure ?


L’Europe : un marché-clé de l’expansion de Huawei

Même si l’exclusion de Huawei de plusieurs grands marchés a eu quelques impacts sur son activité, le groupe n’y détenait cependant pas de postions fortes. L’Europe revêt une autre dimension pour Huawei avec des enjeux géopolitiques et industriels. L’Europe est la chasse gardée des Etats-Unis dans l’utilisation d’internet. Au niveau de l’équipement réseaux, Huawei est le premier fournisseur des plus grands marchés européens, Allemagne et France en tête. L’Europe abrite par ailleurs ses deux principaux concurrents, Ericsson et Nokia, ces derniers disposant aujourd’hui de capacités technologiques équivalentes. Sur l’activité des smartphones, l’Europe représente le second marché de Huawei après la sphère domestique chinoise.

Huawei est donc un acteur qui dérange et cherche en Europe à être offensif pour capter les cibles moins offensives et les plus dépendantes. Huawei a progressivement multiplié les actions d’influence depuis le début des années 2000, alternant opérations séduction à la chaine et implantations stratégiques afin de ceinturer les marchés européens. Huawei a subtilement exercé des pressions, accompagné dans l’aide technique, promis des emplois et fait des investissements dans la recherche pour s’attirer les bonnes grâces des gouvernements européens. A ce titre, parmi les nombreux exemples :

En 2009, Huawei installe le premier réseau européen LTE pour l’opérateur norvégien Teliasonera (Telia Company),
En 2016, ouverture d’un centre en mathématiques et algorithmiques à Boulogne Billancourt autour de la 5G et l’intelligence artificielle pour les réseaux,
En 2018, Huawei a annoncé un investissement de 3 milliards de livres sur cinq ans pour développer ses activités en Grande-Bretagne, où il emploie 1 500 personnes,
Création d’un conseil d’administration spécial qui octroie des dons à des écoles, dont l’université de Cambridge, organise des fêtes pour les dirigeants politiques et parraine des œuvres de bienfaisance de premier plan comme le Prince’s Trust,
Toujours en 2018, Theresa May rencontre à Pékin Sun Yafang, la présidente du groupe,
En Allemagne, ouverture de centres de recherche et développement et parrainage de divers événements, dont la dernière convention de la CDU au pouvoir,
Début 2019, ouvertures de flagships dans les marchés phares de croissance (Paris, Milan, Monaco, Vienne, …),
En mars 2019, ouverture d’un centre de cybersécurité à Bruxelles et dévoilement de son code source 5G,
Pour se distinguer de l’agressivité de son adversaire américain, Huawei sort de ses habitudes en pratiquant une communication plus forte de la part de son président fondateur Ren Zhengfei : " Notre succès est le succès de l’Europe, et notre perte sera aussi une perte pour l’Europe. "
Huawei capitalise aussi sur la pédagogie en consacrant une partie entière de son site à répondre point par point aux attaques,
Huawei exerce enfin un lobbying très actif dans la définition des standards de la technologie 5G auprès des organisations internationales.
L’ensemble de ces actions vise à occuper au maximum l’espace médiatique en soufflant le chaud et le froid contre l’influence américaine, en alternant offensive sur l’innovation et contre-offensive victimaire dans la polémique sécuritaire.


Une exploitation systématique des failles géopolitiques et des contradictions consuméristes du vieux continent

Si Huawei multiplie ses actions d’influence, c’est aussi pour exploiter certaines faiblesses du vieux contient. D’un point de vue conjoncturel, l’Europe est prise en tenaille entre les Etats-Unis et la Chine dans la guerre commerciale depuis l’accentuation protectionniste du président Trump. De plus, sur fond de nouvelle route de la soie, la Chine pratique une offensive massive sur l’Europe depuis plusieurs années où 13 pays ont déjà signé un accord avec Pékin pour participer à ce projet. D’un point de vue structurel, l’Europe présente d’une part des difficultés à s’exprimer de manière unifiée au niveau politique et au niveau industriel d’autre part, où les retards d’investissement dans certains secteurs stratégiques ont conduit l’Europe à la traîne dans l’intelligence artificielle et les dépôts de brevets.

Concernant la question de Huawei et la 5G, pour la plupart des pays européens, la tendance affichée est aujourd’hui à la régulation, la prudence et la surveillance plutôt qu’à l’interdiction pure et simple : clause de non-espionnage, obligation de tests en laboratoire pour l’ensemble des composants ou obligation de publier des codes source utilisés dans les infrastructures. La Grande-Bretagne, pays le plus réticent en Europe, a certes pointé des risques mais qui sont jugés contrôlables. En France, une proposition de loi visant à renforcer la sécurité des équipements de réseau mobile dans la perspective du déploiement de la 5G arrive à l’Assemblée nationale. L’objectif est de créer un nouveau régime d’autorisation préalable, qui permettra au gouvernement d’interdire ou de limiter certains équipements de réseau mobile jugés sensibles. Aucune législation spécifique n’est encore à l’agenda législatif allemand.

Le 25 mars 2019, la commission européenne a de son côté clarifié en précisant que Huawei ne sera pas interdit en Europe mais que la 5G sera surveillée. Il s’agit d’une simple recommandation, qui sur le plan juridique n’a aucun effet contraignant ni force de loi, laissant aux pays la discrétion d’écarter ou non Huawei de la course. Les opérateurs télécom agissent également en ordre dispersé et ont tendance à contribuer au discours de retard technologique. Huawei bénéficie ainsi d’un soutien implicite de la part de nombreux utilisateurs, qui ne souhaitent pas se priver de ce fournisseur clef, au détriment des prix et de la vitesse de déploiement de la 5G. Certains craignent également que Nokia et Ericsson, très engagés aux Etats-Unis n’aient pas les capacités industrielles de fournir toute l’Europe si Huawei disparaît du paysage.

Enfin, alors que les opérateurs télécoms américains, chinois, japonais ou coréens pourraient dégager de premiers revenus commerciaux générés par la 5G dès 2019, Huawei pourrait tirer parti du calendrier tardif d’attribution d’enchères des fréquences, prévue à l’automne 2019. Pour l’instant, aucun protagoniste n’apparait clairement gagnant ou perdant dans la bataille de la 5G en Europe, étant donné que la plupart des pays européens sont en phase d’étude et n’ont pas encore adopté de position définitive.



Marc Menguy
Avec un chiffre d’affaires record de plus de cent milliards de dollars en 2018, Huawei est le troisième fabricant mondial de smartphones derrière Samsung et Apple. Faisant quasiment jeu égal avec Apple en termes de nombres de smartphones vendus, avec 45% de ses revenus, le groupe ambitionne de ravir la première place à Samsung en 2020. Le marché des smartphones est le plus connu des consommateurs et le plus visible car en aval des téléc...

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La circulation des matières premières et de différents produits dans le monde est à voir sur ce site https://resourcetrade.earth/ : vous pouvez choisir n’importe quel pays et examiner ses exportations et importations.

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L’activité des épiceries fines compte parmi les plus dynamiques du commerce alimentaire. Alors que les Français plébiscitent les produits gourmets, de qualité, issus d’un savoir-faire traditionnel, l’effervescence bat toujours son plein sur un marché estimé entre 7 et 9 milliards d’euros et qui attire de nombreux acteurs. Selon l’étude Xerfi France, les épiceries fines, qu’elles soient généralistes ou spécialisées, leaders ou indépendantes, ont vu leur chiffre d’affaires progresser en 2018, pénalisé en toute fin d’année par les mouvements sociaux et leur impact sur l’activité touristique de la Capitale. Sur ce marché, on compte aussi les GSA dont les ventes représentent près de 3 milliards d’euros. Des GSA qui misent sur leur MDD premium. Quant aux boutiques mono-produit haut de gamme, elles sont également en très forte expansion, dans la distribution physique comme sur Internet.


Une nouvelle forme de concurrence vient néanmoins concurrencer les épiceries fines, notamment les indépendantes : il s’agit des plateformes de circuits courts. Des plateformes qui émergent sur la Toile, non sans difficulté d’ailleurs, pour connecter les consommateurs aux producteurs. Rares sont en effet les e-commerçants tels que l’épicerie en ligne BienManger.com à être parvenus à atteindre une audience significative sur le créneau de l’épicerie fine. Parmi les acteurs nouvellement arrivés, citons Pourdebon qui pourrait créer la différence de par son origine. La marketplace de produits du terroir est en effet née d’une alliance singulière, celle de Webedia, éditeur de portails thématiques capable de fédérer d’importantes communautés sur le web, avec Chronopost, filiale de La Poste en mesure de fournir des services de livraison de produits alimentaires performants via Chronofresh. Mais à court terme, c’est surtout Amazon qui inquiète les acteurs du marché. Le géant américain vient d’ouvrir sa " boutique de producteurs ". Et tout laisse à penser qu’il pourrait également lancer son supermarché Amazon Fresh en France. Son arrivée bouleverserait alors les positions établies dans le e-commerce alimentaire et a fortiori dans le e-commerce de produits d’épicerie fine.


Face aux offensives de la concurrence, les grandes maisons de l’épicerie fine ont néanmoins une carte maîtresse pour se distinguer : des marques fortes associées à l’univers du luxe qui leur confèrent un important potentiel de croissance et une capacité de résistance. Pour se développer, elles misent d’abord sur des stratégies d’extension de l’offre, sur des marchés connexes à leur activité d’origine (comme la restauration) ou sur de nouveaux territoires d’influence. Fauchon vient ainsi d’inaugurer un hôtel 5 étoiles à Paris, premier d’un futur réseau international de 20 établissements. Autre levier de croissance : l’extension de la cible de clientèle, sur le marché BtoB. Les acteurs traditionnels étendent également les formats de distribution. Toutes les enseignes ou presque se sont en effet déployées sur le web via un site marchand. Il y a enfin l’international. Mais si les enseignes d’épicerie fine ouvrent des points de vente physique dans quelques grandes capitales étrangères, l’exportation de l’art de vivre à la française passent aussi, de plus en plus, par le e-commerce.
L’activité des épiceries fines compte parmi les plus dynamiques du commerce alimentaire. Alors que les Français plébiscitent les produits gourmets, de qualité, issus d’un savoir-faire traditionnel, l’effervescence bat toujours son plein sur un marché estimé entre 7 et 9 milliards d’euros et qui attire de nombreux acteurs. Selon l’étude Xerfi France, les épiceries fines, qu’elles soient généralistes ou spécialisées, leaders ou indépendantes, on...

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Mondialisation : comment réduire ses excès ? | Capital 01/06/2019

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Décriée par les populistes et les militants de l'environnement, la globalisation de l'économie reste pourtant le meilleur système pour faire reculer la pauvreté. A condition que l'on en corrige les défauts.

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