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- n° 2056 - p.38 à p.39

Transfert massif vers les supermarchés au détriment des hypers, poussée du hard-discount et prime de confiance aux enseignes réputées les moins chères : le Référenseigne Expert confirme que l'année 2008 marque un tournant dans la grande distribution.

Une année vraiment spéciale. La livraison 2008 du Référenseigne Expert révèle à quel point la distribution traverse, depuis six mois, une période particulière. " On pourrait penser que les positions n'ont pas beaucoup évolué depuis l'année dernière, fait remarquer Gaëlle Le Floch, directrice de l'unité Distribution de TNS Worldpanel. En réalité, on voit qu'au cours du premier semestre de cette année, tout a basculé ! "

Envolée des prix du carburant, redémarrage de l'inflation, crise des volumes alimentaires... L'environnement économique s'est emballé ces derniers mois. Manifeste à travers les résultats semestriels du groupe Carrefour (lire LSA n° 2055), le premier contrecoup de cette conjoncture laborieuse concerne les hypermarchés : l'enquête de TNS Worldpanel confirme la désaffection des consommateurs pour ces magasins où l'on se rend prioritairement en voiture. " Les enseignes d'hypermarchés ont coutume de dire que les clients espacent davantage leurs visites, mais augmentent leurs achats, explique Gaëlle Le Floch. Mais nos mesures montrent bien que les hypermarchés perdent des clients, qui préfèrent la proximité des supermarchés. "

Un arbitre implacable, le prix

De Carrefour à Leclerc en passant par Auchan et Géant Casino, tous ont été affectés par le phénomène. Mais à des degrés divers, avec en arbitre implacable, l'image prix. Très réservé en matière de promotions au cours du premier semestre, Carrefour s'est trouvé immédiatement sanctionné par un recul de ses parts de marché. Depuis le début de l'été, l'enseigne matraque donc à nouveau sur les prix pour dépasser Leclerc au moins sur un point, celui des investissements publicitaires : 233 M E, en hausse de 25 % par rapport à la période précédente. Autre conséquence plus préoccupante pour Carrefour : l'enseigne, qui avait réussi ces dernières années à raffermir son image prix, régresse à nouveau dans ce domaine. Les consommateurs accordent pourtant des notes très positives sur le prix des marques de distributeurs, le prix des marques, la pertinence des promotions... mais l'image globale reste celle d'une enseigne chère.

La situation, en revanche, profite à Leclerc. " Dans ce contexte où tout le monde a les yeux rivés sur les prix, souligne Gaëlle Le Floch, la prime de confiance va à Leclerc. C'est un peu le bénéfice de la certitude : sur tous les items, l'enseigne arrive en tête. Les gens lui donnent quitus sur tous les points. "

Auchan, qui avait réussi à recruter de nouveaux clients par une politique promotionnelle très dynamique en 2007, n'a pas réussi à les faire revenir dans ses magasins. À l'instar de ses concurrents, l'enseigne cherche à se concentrer sur son socle de clientèle fidèle, sans parvenir à endiguer totalement l'évasion vers les supermarchés. Le Référenseigne Expert révèle un autre souci pour le groupe nordiste : ses clients, positifs sur toutes les apports habituels de l'hyper, tels que le choix, la qualité ou la crédibilité des marques propres, ne remarquent plus les caractéristiques qui font la différence d'Auchan - la convivialité, la présence du personnel, le service.

Les supers remontent

Côté supermarchés, Super U et Casino émergent nettement du lot. Le premier poursuit sur sa lancée des années précédentes, malgré un petit coup d'arrêt sur son image prix, ainsi que de légers doutes sur la pertinence de ses MDD. Pour Casino, en revanche, c'est l'année du grand retour, fruit d'une intense politique de marques propres, animée d'ailleurs au niveau de l'ensemble du groupe, mais aussi d'un sérieux réajustement des prix. Les supermarchés du groupe stéphanois en sont même, selon TNS Worldpanel, à confisquer des clients à Intermarché !

Le hard-discount sort du lot

Autre grand bénéficiaire du contexte, le hard-discount bouscule lui aussi les statistiques. Mois après mois, Lidl aligne des progressions de parts de marché impressionnantes. L'introduction d'une centaine de références de marques nationales y compte pour beaucoup, de même que la poursuite d'une politique de coups promotionnels non alimentaires bien rodée. Stars du semestre : les machines à pain, qui ont attiré des milliers de nouveaux clients. " Mais cela ne doit pas faire perdre de vue la progression d'Aldi, avertit Gaëlle Le Floch. Sans changer un iota à son concept et à ses principes, l'autre enseigne allemande a pris du chiffre d'affaires à tout le monde ! "

L'exemple de Leader Price montre aussi à quel point les transformations de la distribution sont rapides. En l'espace de quelques mois, l'enseigne de soft-discount a réussi à redresser une image prix qui n'a cessé de se dégrader depuis deux ans. Elle s'adjuge en outre un beau record : celui de la plus forte progression de la cote d'amour, avec un bond de 4 points. Cote d'amour, l'expression est quand même à relativiser : si les Français sont de plus en plus nombreux à fréquenter le hard-discount, seuls la raison et le souci d'économie les poussent. Certainement pas une forme d'adhésion, et encore moins d'affection.

FRANCIS LECOMPTE
Transfert massif vers les supermarchés au détriment des hypers, poussée du hard-discount et prime de confiance aux enseignes réputées les moins chères : le Référenseigne Expert confirme que l'année 2008 marque un tournant dans la grande distribution.

Une année vraiment spéciale. La livraison 2008 du Référenseigne Expert révèle à quel point la distribution traverse, depuis six mois, une période particulière. " On pourrait penser que les ...

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- n° 735 - p.116 à p.117

Loin de la morosité ambiante, Mickey, Astérix et consorts ont connu une très bonne année. Voici leurs recettes.

La fête avait tout pour être parfaite. Les beaux jours du mois de juin étaient au rendez-vous pour les 30 ans du Puy-du-Fou. Un aréopage de personnalités, de Patrick Poivre d'Arvor à Didier Barbelivien. Un spectacle aérien grandiose présenté par la Patrouille de France. Et, bien sûr, une représentation exceptionnelle de la Cinéscénie, le spectacle qui retrace l'histoire de la Vendée, réalisé par les 3 000 bénévoles du Puy-du-Fou. Un détail a malgré tout chagriné Philippe de Villiers, le président du conseil général et fondateur du spectacle puis du parc de loisirs : la défection, au dernier moment, du président de la République.

Dommage, car il aurait pu constater que les parcs d'attractions français vont bien. Ils cartonnent même. Cette année, le Puy-du-Fou a séduit 10 % de clients supplémentaires, ce qui devrait lui permettre d'atteindre 1,3 million d'entrées. Et son cas n'est pas isolé. Dans un climat de consommation morose, 2008 a été pour les cinq plus grands sites français une des meilleures années. Disney a fêté en août son deux cent millionième visiteur et affiché pour cet été une fréquentation en hausse (14,5 millions de visiteurs par an). Le Futuroscope a accueilli en juillet son trente-cinq millionième client. Le parc de Poitiers annonce 500 000 entrées durant les deux mois d'été (pour un total de 1,6 million dans l'année), soit une hausse de 5 %. Le parc Astérix affiche 1,8 million de visiteurs. Même le sinistré Vulcania, près de Clermont-Ferrand, a vu sa fréquentation bondir de 12 % en 2008. Seuls les parcs aquatiques restent en retrait, du fait de la mauvaise météo estivale.

Après plusieurs années d'errements, nos champions français du divertissement semblent avoir enfin trouvé la recette du succès. Les ingrédients de cette potion magique sont les mêmes pour tous : la multiplication des nouveautés, l'extension des heures et des jours d'ouverture, une politique tarifaire modulable et une diversification des ressources. Mais chacun y apporte sa touche personnelle. Dominique Hummel, le patron du Futuroscope, a baptisé sa formule le " 10, 20, 60 " : " 10 % du chiffre d'affaires sont investis chaque année pour changer 20 % du contenu du parc et susciter 60 % de revisites ", expliquait-il lors de la présentation de sa nouvelle attraction phare, Les Animaux du futur. Fondée sur la technologie de la réalité augmentée, elle propulse le visiteur au milieu d'animaux qui pourraient exister dans quelques millions d'années. Cette première mondiale a coûté 7 millions d'euros.

Une pacotille, comparé aux 11 millions d'euros dépensés par la Compagnie des Alpes pour créer Le Défi de César au parc Astérix, mais surtout au regard des 100 millions engloutis par La Tour de la terreur, la nouvelle attraction phare du parc Walt Disney Studios. En trois ans, 240 millions d'euros ont été investis chez Mickey pour proposer cinq nouveaux manèges. Efficace ! EuroDisney devrait annoncer cette année de très bons résultats. Selon les estimations du cabinet spécialisé Protourisme, entre 2006 et 2008, 700 millions d'euros ont été investis dans l'ensemble des 200 parcs de loisirs français. Pour amortir ces investissements colossaux, tous ont dû revoir à la hausse leurs plages d'ouverture. Afin de relancer Vulcania, sa nouvelle directrice, Catherine Damesin, a inauguré neuf attractions en deux ans (11 millions d'euros). " Nous avons aussi développé la fréquentation du parc en proposant des nocturnes et en restant ouverts jusqu'aux vacances de la Toussaint ", explique-t-elle. Les résultats sont au rendez-vous, avec une hausse de 55 % des entrées pour les trois nocturnes. Stratégie identique chez Astérix et au Puy-du-Fou. Depuis l'année dernière, les parcs restent ouverts jusqu'à la Toussaint et pendant les vacances de Noël. Le Puy-du-Fou propose désormais un spectacle spécifique pour les fêtes de fin d'année.
Forfaits à prix cassés pour les visiteurs réguliers

Pour attirer du monde lors des périodes creuses, les directeurs du marketing multiplient aussi les offres tarifaires et promotionnelles visant notamment une clientèle locale. Le premier à s'être intéressé à ces visiteurs " récurrents " est Disney, avec ses forfaits pour les Franciliens. Astérix s'y est également mis avec le pass Paradiloisirs, lancé en 2007. Pour moins de 80 euros par an et par personne, il donne droit à l'accès illimité au village gaulois, mais aussi aux autres sites régionaux du groupe (France Miniature, musée Grévin et Mer de sable). Un bon calcul, puisque, selon une étude réalisée par la société d'ingénierie touristique Odit-France, un Français sur deux se rend dans un parc de loisirs deux ou trois fois par an.
La clientèle nationale ou internationale peut profiter d'une batterie de tarifs spéciaux, avec par exemple une réduction pour ceux qui achètent leur billet sur Internet au moins cinq jours à l'avance pour le parc Astérix. Au Futuroscope, les packages incluent le transport, l'hébergement, les entrées ainsi que des visites de la région, avec en prime une nuit d'hôtel pour les enfants. Disney offre la gratuité pour les moins de 7 ans. Mais, " pour casser les prix sans donner l'impression de solder leurs prestations, ils préfèrent proposer ces tarifs aux comités d'entreprise ", explique un consultant.

Dernier ingrédient de la recette du succès : la diversification des ressources. Hôtels, restaurants, boutiques, tout est bon pour faire grimper le prix du panier moyen. Selon Odit, les visiteurs des parcs en France déboursent en moyenne 45 euros par jour, incluant le prix d'entrée (de 20 à 50 euros), la restauration et l'achat de cadeaux. Pour les faire dépenser plus, il faut les retenir plus longtemps. Tous travaillent donc à l'amélioration de leurs capacités hôtelières. Disney, bien sûr, le leader incontesté de la catégorie avec 8 100 lits à proximité du parc, mais aussi ses concurrents. " Après un an d'activité, notre premier hôtel affiche un taux de remplissage de 85 %. La durée moyenne des séjours est passée de une demi-journée à deux jours ", constate Laurent Albert, directeur du Puy-du-Fou. Un deuxième projet de 100 chambres verra le jour en 2010. " Nous allons développer notre offre hôtelière ", expliquait récemment Corinne Le Cam, directrice du marketing du parc Astérix et de la Mer de sable. Autre piste de développement : le tourisme d'affaires. Le Futuroscope et Disney en ont fait, dès le départ, le fer de lance de leur stratégie commerciale. Les autres veulent leur part du gâteau. Vulcania et le Puy-du-Fou travaillent d'arrache-pied à leurs offres pour séminaires.
Des attractions renouvelées

Les parcs investissent une part croissante de leur chiffre d'affaires pour créer de nouveaux manèges. La Tour de la terreur a ainsi coûté 100 millions d'euros à Disney.
Des périodes d'ouverture élargies

Pour amortir leurs investissements, les parcs ouvrent plus tard le soir et prolongent la saison. A Noël, le Puy-du-Fou propose ainsi cette année une Symphonie de Bethléem.
Des ressources diversifiées

Les parcs multiplient les infrastructures (hôtels, restaurants, etc.) incitant les clients à dépenser plus sur le site ou attirant du tourisme d'affaires, comme le Futuroscope avec son palais des congrès.
Une politique tarifaire modulable

En jouant sur les prix, notamment via des offres visant à fidéliser la clientèle locale, les sites optimisent le remplissage pendant les périodes creuses.
Loin de la morosité ambiante, Mickey, Astérix et consorts ont connu une très bonne année. Voici leurs recettes.

La fête avait tout pour être parfaite. Les beaux jours du mois de juin étaient au rendez-vous pour les 30 ans du Puy-du-Fou. Un aréopage de personnalités, de Patrick Poivre d'Arvor à Didier Barbelivien. Un spectacle aérien grandiose présenté par la Patrouille de France. Et, bien sûr, une représentation exceptionnelle de la Cinéscénie, ...

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- n° 2956 - 48 p.

En 2007, un enfant sur deux est né de parents non mariés
Population et sociétés
Gilles Pison
La population de la France métropolitaine a augmenté de 0,5 % en 2007, pour s'établir à 61,9 millions au 1er janvier 2008. La croissance s'explique pour l'essentiel par l'excédent des naissances sur les décès. La fécondité, en se situant très près du seuil de renouvellement des générations, reste une des plus élevées d'Europe. L'espérance de vie continue de progresser et dépasse, tous sexes confondus, 81 ans. En 2007, on compte quatre pacs pour dix mariages, tandis qu'un enfant sur deux naît désormais hors mariage.

La hausse de l'emploi s'accélère
Point statis - Unedic
Didier Dubaud et Sophie Garcia
En 2007, 360 900 emplois salariés ont été créés, soit une progression de 2,2 % par rapport à l'année précédente. Compte tenu du niveau de la croissance (+ 2,1 %), le nombre des créations d'emplois est particulièrement important et l'économie française enregistre sur ce plan sa meilleure performance depuis 2000. Comme ce fut le cas en 2006, la hausse des effectifs dans le secteur tertiaire (+ 3,0 %) et la construction (+ 4,2 %) a plus que compensé le recul enregistré dans l'industrie (- 1,1 %). On observe également, comme en 2006, une augmentation plus rapide de l'emploi féminin.

La progression de l'activité se maintient
INSEE Première
Franck Arnaud, Guillaume Houriez et Ronan Mahieu
En 2007, comme en 2006 (données brutes), le produit intérieur brut (PIB) augmente en moyenne annuelle de + 2,2 %. La consommation des ménages et l'investissement continuent de tirer la croissance. En revanche, le ralentissement des exportations a un impact négatif sur cette dernière. Quant aux importations, elles sont relativement dynamiques. Le pouvoir d'achat du revenu disponible des ménages a gagné en vigueur et leur taux d'épargne a augmenté. Les sociétés non financières ont vu leur taux de marge progresser légèrement tandis que l'activité des sociétés financières a été, elle, en repli. Le taux de prélèvements obligatoires s'est inscrit sensiblement à la baisse et le déficit public s'est creusé.

Ralentissement du pouvoir d'achat des ménages
Note de conjoncture
INSEE
En 2008, le pouvoir d'achat du revenu de l'ensemble des ménages a, contrairement à l'année précédente, nettement ralenti en raison de la hausse de l'inflation et de la décélération du revenu disponible brut. Cette dernière serait due à la progression des loyers et à l'accélération des impôts versés. La consommation des ménages s'est ainsi infléchie et leur investissement a stagné du fait de l'augmentation régulière des taux d'intérêt bancaires depuis deux ans.

Le déficit de la balance des paiements se creuse
Balance des paiements et position extérieure de la France
Banque de France
En 2007, le solde des biens de la balance des paiements continue de se dégrader (- 10,3 milliards par rapport à 2006), reflétant ainsi l'évolution, à la baisse, dans le compte des transactions courantes, des soldes des véhicules automobiles et des biens intermédiaires. D'un point de vue géographique, la dégradation est imputable au creusement des déficits vis-à-vis de la zone euro et de la Chine. Du côté des services, le solde positif se redresse davantage grâce, notamment, à l'accroissement de l'excédent des voyages. En ce qui concerne le compte financier, les opérations d'investissement direct font apparaître, en 2007, des sorties nettes de 48,7 milliards d'euros (+ 14,3 milliards d'euros par rapport à 2006), les relations transfrontalières entre firmes affiliées s'étant accrues de façon significative tant pour les investissements français à l'étranger que pour les investissements étrangers en France.

Progression plus modérée des échanges
Rapport sur le commerce extérieur
DGDDI
Par rapport aux années précédentes, la progression des échanges a été plus modérée en 2007. Après la forte croissance de 2005 et 2006, les exportations n'ont augmenté que de 3 % et les importations de 5,4 % (contre respectivement 9 et 9,9 % en 2006). Concernant les échanges par branche, l'industrie civile a enregistré un ralentissement de ses ventes et une forte croissance de ses importations. Cette évolution a été particulièrement marquée pour l'industrie automobile. Les échanges de biens agroalimentaires, quant à eux, se sont montrés très dynamiques, tandis que la forte progression de ceux des produits énergétiques observée en 2006 s'est transformée en baisse, contribuant ainsi à une réduction de la facture énergétique en 2007. En termes géographiques, les échanges vers l'Asie ont connu une croissance vigoureuse. Ils ont permis de compenser le ralentissement du commerce avec les autres pays membres de l'Union européenne. Au total, le solde des échanges a été déficitaire de 39,2 milliards d'euros en 2007.

Dégradation des finances publiques
Rapport sur la situation et les perspectives des finances publiques
Cour des comptes
L'amélioration progressive de la situation des finances publiques, engagée à partir de 2004, s'est interrompue, voire inversée, en 2007. Le déficit public français - après 2,4 % du produit intérieur brut (PIB) en 2006 - s'est creusé pour atteindre 2,7 %, mais reste tout de même en dessous de son niveau de 2005 (2,9 %). La dette publique est également repartie à la hausse (63,9 % contre 63,6 % en 2006). Cette dégradation résulte notamment d'une augmentation du déficit public structurel à 2,9 % du PIB, soit plus d'un demi-point de pourcentage par rapport à celui de l'année précédente. Au cas où la conjoncture se détériorerait, il pourrait ainsi franchir le seuil de 3 %. Les comparaisons internationales montrent que la situation de la France a évolué à contre-courant de celle de la plupart de ses partenaires européens, et notamment de l'Allemagne.
En 2007, un enfant sur deux est né de parents non mariés
Population et sociétés
Gilles Pison
La population de la France métropolitaine a augmenté de 0,5 % en 2007, pour s'établir à 61,9 millions au 1er janvier 2008. La croissance s'explique pour l'essentiel par l'excédent des naissances sur les décès. La fécondité, en se situant très près du seuil de renouvellement des générations, reste une des plus élevées d'Europe. L'espérance de vie continue ...

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- n° 2296 - p.116 à p.117

La technologie n'y peut rien. Ce tour du monde reste un voyage au bout de soi-même, seul aux commandes d'un voilier géant, face à l'océan

On pourrait les croire partis pour un Grand Prix. Aux Sables-d'Olonne, à voir leurs machines de carbone brillantes comme des formules 1, on pourrait se dire qu'en 2008 le Vendée Globe n'est pas plus aléatoire qu'une course devant la plage. Avec leurs ponts hérissés de matériel ultrasophistiqué, leurs antennes-satellites, leurs ordinateurs, leurs caméras, leurs capteurs et leurs détecteurs, leurs cabines nues comme des cellules de moine et leur nourriture de station orbitale, les trente navigateurs solitaires de la plus folle des courses autour du monde ne seraient que des pilotes bien assistés par des équipes techniques en éveil 24 heures sur 24. A la moindre panne, un mail de dépannage. A la moindre casse, une photo des dégâts par internet et la solution qui revient en double-clic. Au moindre doute sur la route à suivre, des dizaines de sites météo pour éviter les calmes ou les coups de tabac. Avec ça, des voiles et des cordages en matériau de la conquête spatiale, des treuils surmultipliés pour réduire les efforts, des bateaux bien plus légers et bien plus efficaces qu'avant pour faire le tour du monde en 80 jours seulement.
Le 9 novembre, la foule qui s'écrasera sur la digue des Sables verra partir vingt-huit gars et deux filles entourés comme des cosmonautes. Il y a quarante ans, les neuf gaillards à bouffarde et pulls de laine qui se sont lancés dans le Golden Globe, la première course autour du monde en solitaire sans escale, étaient plus près de Magellan que de ces gens. Bien entendu, rien ne serait plus faux. Car ce qui reste de plus dur, quand on court en solitaire, c'est qu'on est tout seul ! Ne riez pas, terriens. Ce constat leur revient à tout instant dans la figure. Jean-Pierre Dick (Paprec Virbac), allure de cadre sup et trois victoires océaniques en double : "A deux, c'est plus facile. Seul, tu luttes avec toi-même, avec tes démons. Tu passes par des états d'euphorie et de dépression très rapprochés. Tu en apprends long sur toi-même. Tu peux être le meilleur des techniciens, avoir le meilleur bateau, tu ne gagneras jamais si tu te laisses embarquer par tes problèmes psychologiques. La clé, c'est de rester lucide, calme et de savoir se gérer sur la durée."

Et cette clé se trouve derrière la porte du sommeil. Dee Caffari (Aviva), qui fut la première à boucler le tour du monde en solitaire dans le "mauvais sens", contre les vents et les courants : "Pendant cette épreuve, j'ai mis du temps à comprendre pourquoi je passais par des états d'exaltation totale suivis de désespoir absolu. J'ai fini par me rendre compte que c'était la privation de sommeil qui engendrait ces hauts et ces bas. J'ai compris pourquoi on en fait une torture."
Imaginez ce programme pour l'hiver : commencez par deux nuits blanches, puis une fois terrassé par l'envie de dormir lancez- vous dans une frénésie maso. Au menu, quatre à cinq heures de sommeil par vingt-quatre heures découpés en tranches de vingt minutes. Laissez toutes les fenêtres de l'appartement ouvertes, les portes battre dans les courants d'air, l'ordinateur allumé, le lave-vaisselle et le sèche-linge en route, la douche à fond sur froid, demandez aux voisins de démarrer la perceuse chaque fois que vous vous allongerez. Puis, sans échauffement, poussez les meubles, tirez le piano dans le couloir, portez le frigo dans la salle de bains, passez sous la douche tout habillé, revenez jouer aux échecs avec l'ordinateur, démontez la chaudière, ramenez le frigo dans la cuisine, faites bouillir de l'eau pour la verser sur des aliments en poudre, désossez le lecteur de DVD, etc. Même si vous teniez trois mois à ce rythme, vous seriez loin du compte : il vous manquerait le stress, le risque de casse et de naufrage.

La nuit, les navigateurs solitaires ne jettent pas l'ancre pour aller au pays des rêves. L'océan est trop profond et la course interdit toute pause. "Celui qui gagne, c'est celui qui ne dort pas", disait Thomas Coville avant de battre le record de l'Atlantique en solitaire. Mais il s'agissait d'un sprint de cinq jours et cinq nuits au cours desquels un athlète entraîné comme lui pouvait tenir sans dormir plus de huit heures en tout. Le Vendée Globe est une torture différente : c'est un marathon de près de trois mois. Trois mois pendant lesquels le sommeil ressemble la plupart du temps à une sinistre plaisanterie. Kito de Pavant (Groupe Bel) : "L'exercice consiste à dormir le moins possible pour maintenir la vitesse du bateau, tout en dormant suffisamment pour ne pas perdre ses facultés psychiques et physiques. Avec deux heures de sommeil par jour, on peut tourner à 50% de ses capacités : nous sommes entraînés pour, nous avons des réflexes. Mais sur la durée, ce n'est pas comme ça qu'on gagne." On peut à la rigueur user de ce régime pour traverser le Pot au Noir, cette zone de calmes et d'orages proche de l'Equateur. Le reste du temps, il faut absolument récupérer plus longtemps. La plupart des coureurs se débrouillent pour voler du repos sans quitter leur poste de veille. Sébastien Josse (BT) : "Dès que j'en ai l'occasion, par exemple si je dois attendre un quart d'heure pour récupérer un fichier météo, j'en profite pour faire un somme." Le paradoxe, c'est qu'aussi fatigués soient-ils il leur faut souvent se contraindre à dormir. Jérémie Beyou (Delta Dore) : "Même quand on est en bagarre, il faut absolument savoir récupérer pour préserver la suite. C'est pourquoi je me force à m'allonger dans ma couchette, pour me mettre à plat et à l'abri de la lumière. De toute façon, j'ai appris à connaître par coeur les bruits du bateau. A la moindre anomalie, je bondis."
Autre paradoxe, c'est dans le Grand Sud, aux pays des albatros et des tempêtes furieuses, qu'ils devraient en profiter pour s'économiser : les bateaux courent sous voilure réduite, il ne s'agit que de durer. Mais le ronflement du vent dans le gréement et l'explosion des vagues sur les ponts de carbone font un vacarme tel qu'il n'est plus question de fermer l'oeil. Pour oublier, certains mettent la musique à fond. D'autres, comme Michel Desjoyeaux (Foncia), portent un casque réducteur de bruit. "Je suis un robot", dit-il.
Pas dupes sur ce qui les attend, certains, comme Dee Caffari, n'emportent qu'un seul duvet. D'autres, comme Marc Guillemot (Safran), en prévoient six... L'Anglais Mke Golding (Ecover), quant à lui, se méfie du confort trop douillet. Dans le dernier Vendée Globe, qu'il a terminé à la troisième place après des galères sans nom, il lui est arrivé de sombrer dans des comas de près de six heures. Et là, même son alarme de 100 décibels ne parvenait pas à le réveiller. Les trente fous voguant du Vendée Globe ne partent pas traverser la baie. Ils vont au bout du monde, et surtout d'eux-mêmes.


En chiffres

26 600 milles à parcourir (49 200 km).
30 concurrents, dont 2 femmes : Dee Caffari (GB, Aviva), Samantha Davies (GB, Roxy).
Et 2 anciens vainqueurs : Michel Desjoyeaux (2001), Vincent Riou (2004).
31 ans, âge du concurrent le plus jeune, Armel Le Cleac'h (Brit Air).
58 ans, âge du concurrent le plus vieux, Rich Wilson (Etats-Unis, Great American III).
18 bateaux construits spécialement pour cette 6e édition du Vendée Globe.
2,5 millions d'euros : prix moyen d'un bateau neuf.
60 pieds : longueur des voiliers du Vendée Globe (18,28 m).
8,5 tonnes : poids des bateaux les plus légers au départ.
450 m2 : surface de la voile la plus grande à hisser et à rentrer.



Olivier Péretié
Le Nouvel Observateur
La technologie n'y peut rien. Ce tour du monde reste un voyage au bout de soi-même, seul aux commandes d'un voilier géant, face à l'océan

On pourrait les croire partis pour un Grand Prix. Aux Sables-d'Olonne, à voir leurs machines de carbone brillantes comme des formules 1, on pourrait se dire qu'en 2008 le Vendée Globe n'est pas plus aléatoire qu'une course devant la plage. Avec leurs ponts hérissés de matériel ultrasophistiqué, leurs ...

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- n° 20296 - p.6

Les chefs d'entreprise vendéens profitent du Vendée Globe, tour du monde à la voile en solitaire dont le départ sera donné le 9 novembre, pour lancer une opération collective destinée à attirer dans le département des salariés qualifiés venant d'autres régions françaises. Les 17 associations d'entreprises vendéennes impliquées dans l'opération vont promouvoir dans le cadre du village de la course un site Internet (Lavendeerecrute.com) qui démarre avec 300 offres d'emplois en CDI. " Et ce chiffre va s'étoffer rapidement, estime Philippe Aupinel, patron de la société Alubat et chef de file du projet, car toutes les entreprises recruteuses n'ont pas encore pris connaissance de l'initiative. " Lavendeerecrute.com compte attirer l'attention avec des offres très détaillées (rémunération, intéressement, horaires, mutuelles...) et la possibilité d'un accueil personnalisé (logement, garde d'enfants).

Selon ses promoteurs, la Vendée va continuer à recruter, en dépit de la crise actuelle, principalement pour remplacer les départs à la retraite. " Il y a un vrai souci dans l'industrie, où l'offre et la demande d'emploi ne se recouvrent pas ", poursuit Philippe Aupinel.
Pénurie de soudeurs

Philippe Audureau, PDG du groupe vendéen Vensys, estime notamment à 300 emplois les besoins immédiats pour le seul métier de soudeur. Gil Briand, patron du groupe Briand Construction Métallique, ajoute que la pénurie de soudeurs l'a conduit à recruter dernièrement une dizaine d'ouvriers roumains. L'opération et le site Internet ont représenté un investissement de 50.000 euros financé à 40 % par le conseil général, qui soutient également l'opération via son comité d'expansion et les équipes de la maison départementale de l'emploi et du développement économique.
Les chefs d'entreprise vendéens profitent du Vendée Globe, tour du monde à la voile en solitaire dont le départ sera donné le 9 novembre, pour lancer une opération collective destinée à attirer dans le département des salariés qualifiés venant d'autres régions françaises. Les 17 associations d'entreprises vendéennes impliquées dans l'opération vont promouvoir dans le cadre du village de la course un site Internet (Lavendeerecrute.com) qui ...

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- n° 1886

Gotha de la voile mondiale, le Vendée Globe fête ses 20 ans. Le 9 novembre, ils seront 30 skippers (10 de plus qu’en 2004) à s’élancer, soutenus par des entreprises de plus en plus attirées par les valeurs écolos de la discipline.

Daniel Gilles


Ils seront 30 au départ (ils étaient 13 en 1989), 28 hommes et 2 femmes, et parmi eux 13 étrangers. Pour cette sixième édition d’une course en solitaire autour du monde qui est probablement la plus éprouvante de toutes les régates de haute mer proposées aux marins, 18 bateaux ont été conçus par 11 cabinets d’architecture. Après quatre années de préparation, les meilleurs skippers solitaires vont confronter leur métier aux rudesses du Grand Sud sur 24 000 milles. Compte tenu des latitudes, proches des quarantièmes rugissants, où évolueront les bateaux pendant une bonne partie de leur navigation, les conditions seront probablement très rudes.

Pourtant, c’est une cadence de régate que les skippers vont adopter dans cet Everest de la voile. Un exemple : l’intérieur des bateaux n’est plus seulement conçu pour le repos et la navigation, il l’est pour ce que les gens de mer appellent le " matossage ". Cette opération consiste à placer au vent les voiles de rechange, donc à les changer de côté à chaque virement de bord. Les coureurs assurent leur tour du monde avec un nombre de voiles d’avant proche de dix (aucune limite dans le règlement) afin d’ajuster le plus possible la voilure au vent. Les mâts approchent les 30 mètres de hauteur, les voiles d’avant, entre 40 et 400 mètres carrés pour des poids variant de 30 à 60 kilos. Aussi, la corvée de " matossage " impose de transférer et placer du côté au vent des centaines de kilos à la force des bras. Elle fait partie des manoeuvres courantes de ces coursiers des mers, qui disposent de ballasts (jusqu’à 5 000 litres d’eau de mer) pour compenser la gîte et assurer l’équilibre.

En perpétuelle gestation, cette classe de monocoque (Imoca) est parvenue à un niveau de perfection technique jamais atteint. Et nombre de protagonistes des multicoques ont rejoint le camp de ces merveilleux instruments à vent, qui présentent l’avantage sur les trimarans et autres catamarans d’être plus sûrs dans la tempête. Conséquence des conditions extrêmes dans lesquelles il se déroule, ce Vendée Globe a bien failli faire naufrage depuis sa création en 1989. Le manque de sécurité de plusieurs machines, chavirées dans des mers gigantesques, a fait réfléchir. La faillite financière de Philippe Jeantot, créateur de l’épreuve, a perturbé l’essor de cette épreuve unique au monde. Mais, par la beauté symbolique de son parcours et l’intrépidité de ses coureurs supportés par une foule immense, cette épreuve ne pouvait disparaître.

Une poignée d’hommes s’est attelée à la faire vivre. Denis Horeau, le patron de la course, a su gagner le respect de ceux qui vont prendre des risques en solitaire autour du redouté cap Horn. Les responsables de l’Imoca ont travaillé avec intelligence sur l’élaboration d’un règlement réaliste de la classe, avec de nombreux partenaires techniques et financiers. Philippe de Villiers, président du conseil général de Vendée, s’est battu pour conserver la course chez lui, à la satisfaction des Vendéens. L’animation des Sables-d’Olonne-elle s’est beaucoup développée dans les trois semaines précédant le départ-sert les coureurs, les spectateurs et les sponsors qui ont misé gros. Le budget de l’organisation de la course avoisine 7,3 millions d’euros, les deux prestataires les plus importants étant le conseil général (2,8 millions) et la société vendéenne agroalimentaire Sodebo (2,6 millions), présente depuis dix ans dans la discipline de la voile.

Pendant les trois semaines d’escale dans le port vendéen, les spectateurs ont la possibilité de communiquer avec des hommes sortant de l’ordinaire. L’Américain Rich Wilson, 58 ans, diplômé de Harvard, professeur de maths à Boston, fera partager ses aventures à travers un projet Internet destiné aux moins de 12 ans. Raphaël Dinelli-multirécidiviste avec quatre participations au Vendée Globe, naufragé en 1996 dans le Grand Sud-part sur " Fondation Océan Vital " pour expérimenter des équipements utilisant les énergies renouvelables (panneaux solaires souples et éoliennes à axe vertical). Dereck Hatfield, ancien enquêteur de la gendarmerie royale du Canada, spécialisé dans les fraudes, a construit son bateau grâce à une souscription nationale. Des milliers de donateurs verront leurs noms inscrits sur le mât du bateau. Pas moins de 32 tours du monde ont été effectués par ces 30 coureurs de l’édition 2008.

Parmi les milliers de badauds passionnés qui arpentent les pontons, plusieurs centaines sont venus soutenir le poulain de la société à laquelle ils appartiennent. Leurs entreprises ont financé l’aventure. L’investissement de grandes sociétés françaises dans le monde de la course à voile est une exception française. Au moment où les énergies deviennent des denrées rares, où, quotidiennement, l’ensemble des responsables de la planète prônent un monde plus propre, la voile a plus que jamais le vent en poupe. Et les entreprises s’intéressent à ce mode particulier de saine communication. A la fin du siècle dernier, les acteurs de la course au large étaient admirés pour leur courage. En 2008, ils le sont aussi pour les valeurs écologiques qu’ils portent haut à travers les océans

Jourdain, le vétéran

Parmi les sociétés qui investissent sur le Vendée Globe, Veolia Environnement fait partie des poids lourds. Les valeurs portées par les skippers faisant le tour de la planète à la seule force du vent ne peuvent que séduire cette société mastodonte en lui donnant une forme plus humaine. Elle compte en effet 320 000 salariés répartis dans 60 pays. Son chiffre d'affaires 2007 est de 32,6 milliards d'euros. Ses métiers sont variés : transport terrestre et maritime, gestion de l'eau, développement de l'énergie et propreté.

Veolia a offert son appui à Roland Jourdain dans sa quête du Vendée Globe. Xavier Carette, responsable du sponsoring sportif, en particulier du 60-pieds, aime dire que Veolia est partenaire de l'homme, et non du bateau : " C'est un grand pro. Il a des valeurs de simplicité, de courage et d'humanisme qui font que l'on aime naturellement travailler avec lui. Notre partenariat se joue sur trois ans, de 2007 à 2010. Notre budget est de 2 millions d'euros par an. " D. G.

Desjoyeaux : " je m'étais promis de revenir "

"U ne course ? Oui, une course ! " Au départ du Vendée Globe 2000-2001, Michel Desjoyeaux s'était fait chambrer. A l'époque, ce tour du monde en solitaire, sans escale et sans assistance, était considéré comme une aventure extrême, où le premier défi était de revenir vivant aux Sables-d'Olonne.

Mich' Dej', lui, l'avait abordé comme une Solitaire du Figaro à l'échelle planétaire. 93 jours, 3 heures, 57 minutes et 26 700 milles plus tard, il avait prouvé la justesse de son analyse et donné un rythme différent à ce marathon marqué par plusieurs tragédies. Après cette victoire autour du monde, il remportait la Route du rhum 2002 en multicoque, puis la Jacques Vabre. Avec ses trois victoires dans la Figaro et celle dans la transat anglaise 2004, " le professeur " s'est construit l'un des plus beaux palmarès de la course au large... avant 40 ans.

Alors pourquoi repartir ? Pourquoi prendre tant de risques ? Les alpinistes répondent généralement : " Parce que les montagnes sont là. " De sa voix douce mais ferme, son regard vert comme les mers agitées (1) du Grand Sud, Michel répond : " J'ai bien vécu ma première participation, il y a huit ans, c'est une course qui me plaît bien. Je m'étais promis de revenir... " Pour être le premier à la remporter deux fois ? Plus simple et plus compliqué : " Si c'était simple, cela ne m'amuserait pas. Le Vendée Globe, c'est quelques marches plus haut que la Figaro, mais cela se prépare avec la même rigueur. On ne décide pas d'y aller en se levant un matin. J'y vais aussi pour la confrontation avec moi-même. "

S'attend-il à vivre une expérience très différente de celle qu'il a connue lors de sa première participation ? " Le bateau compte pour 30 %, le marin pour 70... Mais le plus gros progrès, c'est la fiabilité des prévisions météo. Aujourd'hui, on se prend moins de mauvais temps, car on sait où il se trouve. Le Vendée Globe, c'est un mois pour descendre, un mois dans le Sud, un mois pour remonter. Quand on part, on sait qu'on aura 30 à 40 jours de gros mauvais temps. Mais on a la faculté de se jeter dans le panier de crabes que l'on a choisi. "

Mich' Dej' reconnaît que " la condition humaine du navigateur s'est beaucoup améliorée ", évoquant les progrès accomplis dans le domaine vestimentaire. Le sel et l'humidité restant les ennemis de l'homme, l'arrivée des polaires et de leurs fibres techniques-étanches et respirantes-ont changé la donne. Il serait impossible d'exploiter tout le potentiel des machines avec un vieux pull en laine trempé en permanence.

A bord de " Foncia ", son monocoque sponsorisé par un des poids lourds de l'immobilier, tout a été réfléchi et mis en oeuvre afin d'optimiser les performances du skipper sur le long terme : poste de manoeuvre protégé par une casquette extensible, siège ergométrique de repos devant les écrans d'ordinateur et un casque antibruit afin de trouver le repos à l'intérieur de cette machine à laver qui résonne en permanence comme la batterie d'un orchestre de rock'n'roll Gilles Pernet

Guillemot, le novateur

"S afran " : un nom prédestiné pour un bateau ! C'est surtout, dans le monde des affaires, celui d'un groupe international de haute technologie centré sur la propulsion aéronautique et spatiale et sur la défense-sécurité. L'image que représente un monocoque moderne de 60 pieds faisant appel aux techniques de pointe a convaincu les responsables de Safran d'investir sur le Vendée Globe 2008. L'un des buts de cette opération est de fédérer les cultures différentes des responsables des deux entreprises, Sagem et Snecma, qui ont fusionné en mai 2005 pour donner naissance à Safran.

C'est au chantier naval de Larros que fut conçu " Safran ". Orfèvre du composite, Thierry Eluère, qui a créé ce chantier en 2001, a construit un véritable stradivarius pour Marc Guillemot. Et la société Safran y a joué un rôle actif, puisque sept entreprises du groupe (matériaux composites, modélisation, hydraulique, électronique embarquée) représentant plus de 80 ingénieurs, se sont impliquées à tous les stades de la construction.

L'investissement de la construction du bateau est de l'ordre de 2,5 à 3 millions d'euros pour un programme de quatre ou cinq ans, dont le Vendée Globe D. G.

Thiercelin, le talent

Q ui l'eût cru ? Le mariage de la voile et des porte-avions. Le groupe de défense DCNS, acteur européen de premier plan sur le marché mondial des systèmes navals de défense, s'appuie sur la course du Vendée Globe pour sa promotion.

Le groupe industriel, né du rapprochement de Thales et de la DCN, a déjà mis le doigt dans le sponsoring voile. Il a aidé le challenge " Areva " pour la Coupe de l'America. Mais le projet du monocoque de 60 pieds, qui va s'aligner au départ des Sables-d'Olonne, est d'un autre ordre. DCNS est le seul maître d'oeuvre et, surtout, il inscrit sa démarche dans un véritable programme pédagogique basé sur la transmission du savoir au sein de sa propre entreprise. Une opération baptisée Filières du talent DCNS.

Pour la piloter, les responsables de DCNS ont choisi Marc Thiercelin, qui dispute ici son quatrième Vendée Globe. Mais ce sont également ses qualités de pédagogue qui ont contribué à sa sélection. Thiercelin, qui va participer au recrutement et à la formation de son successeur à la barre du 60-pieds pour la Route du rhum 2010, jouera également un rôle de parrain à terre, en intervenant dans les centres de formation de DCNS auprès des stagiaires.

C'est la première fois dans l'histoire de la course au large qu'un programme de cette nature voit le jour. Le groupe industriel de défense y consacre un budget de 3 millions d'euros par an (y compris la construction et l'entretien du bateau) pendant trois ans D. G.
Gotha de la voile mondiale, le Vendée Globe fête ses 20 ans. Le 9 novembre, ils seront 30 skippers (10 de plus qu’en 2004) à s’élancer, soutenus par des entreprises de plus en plus attirées par les valeurs écolos de la discipline.

Daniel Gilles


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- n° 2960 - p.1 à p.31

Les banques : un secteur frappé par la crise
Conjoncture BNP-Paribas
Laurent Quignon
Le secteur bancaire traverse une crise profonde. Les difficultés qui avaient, dans un premier temps, touché essentiellement les banques américaines, se sont progressivement étendues à l'ensemble du secteur et du monde. Le scénario est partout le même : exposées aux produits structurés à risque, les établissements bancaires sont pris en étau entre l'accroissement des pertes et les fortes tensions sur le marché interbancaire, entraînant partout des problèmes de liquidité. Depuis la faillite de Lehman Brothers, le 15 septembre 2008, la résolution de la crise est guidée par le principe " too big to fail ". Le sauvetage des établissements à court de liquidité a nécessité l'intervention des banques centrales, ainsi que des gouvernements qui ont élaboré des plans nationaux reposant sur des garanties publiques et la nationalisation (totale ou partielle) de certains établissements.

Où en sont les banques françaises ?
La Vie financière
Marie-Jeanne Pasquette
Sur fond de crise de liquidité, le secteur des banques et des assurances a amorcé un vaste mouvement de consolidation. Moins touchés que leurs homologues anglo-saxons, certains établissements financiers français ont néanmoins rencontré d'importantes difficultés, tandis que d'autres ont pu profiter de la crise. Pour l'instant, trois restructurations bancaires ont eu lieu en France avec l'aide des pouvoirs publics : BNP-Paribas-Fortis, Dexia et Natixis-Caisse d'Épargne. En rachetant une partie des activités de Fortis, BNP-Paribas est devenue la première banque de dépôts de la zone euro. Quant à Dexia, elle est renationalisée à hauteur de 52 %, avec les Etats français et belge désormais à parité dans son capital. Enfin, compte tenu des problèmes de la Caisse d'Epargne et de Natixis, les Banques Populaires et les Caisses d'Epargne ont annoncé le rapprochement de leurs organes centraux.

La note des subprimes se règle au guichet
L'Expansion
Marc Michaud
Malmenées sur les marchés, les banques sont obligées de revoir leur business model. Elles redécouvrent les bienfaits de la banque universelle et notamment ceux de la banque de détail. Ainsi, pour se refaire une santé, les banques développent leurs forces commerciales et se focalisent sur des activités à marges élevées, comme les ventes d'assurance. En parallèle, elles élargissent leur offre à des produits et services non financiers, en particulier les services à la personne ou les activités immobilières. L'autre stratégie adoptée pour restaurer les marges consiste pour les banques à limiter certaines activités jugées non rentables (retraits et versements d'espèces au guichet) et à réduire leur exposition au risque (en diminuant notamment les montants autorisés de découvert). Enfin, la concurrence pour attirer la clientèle aisée va s'intensifier à l'avenir avec le risque de voir se développer une banque à deux vitesses (une pour les clients patrimoniaux et l'autre pour la clientèle de masse).




A quoi vont servir les banques d'investissement ?
La Tribune
Patrick Artus
Les banques d'investissement ont été durement touchées par la crise financière de 2007-2008. Jusque-là, leur business model reposait essentiellement sur deux activités : la première consiste à détenir des actifs financés par la dette ou à constituer ce type d'actifs et à les vendre à d'autres investisseurs - ces deux activités utilisant le levier d'endettement -, la deuxième activité est celle du conseil en fusions-acquisitions. Si celle-ci reste fleurissante, la première en revanche est fortement compromise car le recours au levier de l'endettement va être de plus en plus difficile. Dans ce contexte, l'avenir de la banque d'investissement sera davantage dans la transformation de l'épargne et des actifs financiers. Ainsi, un des rôles essentiels de la banque d'investissement sera à l'avenir de rendre possible l'utilisation d'une épargne sans risque pour financer les entreprises, l'autre sera la transformation de l'épargne des grands pays industrialisés en épargne en actions, ainsi que le transfert des revenus des pays d'Asie et des pays producteurs de pétrole vers l'Occident.

Comment encadrer les risques bancaires ?
Conseil d'analyse économique
Jézabel Couppey-Soubeyran
L'évolution de la réglementation bancaire représente un processus discontinu dans lequel alternent les phases d'innovation financière et de contournement des règles. Ainsi, face aux inquiétudes concernant des risques de crédit et les engagements hors bilan, le régulateur a introduit en 1989 une norme de solvabilité, le ratio Cooke, appelé aussi Bâle I. Cependant, celui-ci s'est rapidement révélé insuffisant, notamment face aux mutations de la finance dans les années 1990 (comme l'investissement en titres à compte propre et la création et la revente de produits structurés, en particulier la titrisation). Le régulateur a cherché à améliorer le dispositif en place en proposant un nouvel accord : Bâle II. Ce dernier prévoit une modulation des exigences de fonds propres en fonction de la notation attribuée, des exigences de fonds propres pour certains engagements hors bilan et davantage de transparence dans les opérations de titrisation. Entré en vigueur au Japon en 2007, en Europe au début de 2008 - les Etats-Unis appliqueront l'accord à partir de 2009 -, Bâle II fait aussi l'objet de critiques, car il s'agit seulement d'une recommandation qui ne s'applique qu'aux banques, bien que des risques financiers soient également supportés par d'autres institutions financières.

Les enjeux d'avenir des banques
Option finance
Michel Pébereau
Les banques sont de gigantesques centrales de risques (risque de crédit, de liquidité, risques opérationnels...) qui exigent non seulement une régulation et une surveillance, mais aussi de la discipline et une éthique. La crise actuelle est la conséquence d'une série de dysfonctionnements du système. Les actions d'urgence des banques centrales et des pouvoirs publics ont visé à rétablir la confiance. Mais afin que celle-ci s'installe durablement, d'autres mesures seront nécessaires. Outre le problème de la rémunération de certaines opérations bancaires, les banques devraient s'interroger sur leur portefeuille d'activité et leur politique de risque. Afin de rendre la régulation plus efficace, les pouvoirs de ceux qui en sont chargés devraient être renforcés. Enfin, l'auteur souligne le danger des normes comptables internationales qui, selon lui, ont un effet procyclique.


Les banques : un secteur frappé par la crise
Conjoncture BNP-Paribas
Laurent Quignon
Le secteur bancaire traverse une crise profonde. Les difficultés qui avaient, dans un premier temps, touché essentiellement les banques américaines, se sont progressivement étendues à l'ensemble du secteur et du monde. Le scénario est partout le même : exposées aux produits structurés à risque, les établissements bancaires sont pris en étau entre l'accroissement ...

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- p.116 à p.119

De nombreuses PME sponsorisent les skippers de la 6e édition du tour du monde à la voile en solitaire. Une course à fortes retombées médiatiques, et un engagement à géométrie variable selon son budget.

C'est LA course de tous les défis. Trois mois de navigation en solitaire autour du monde, sans escale et sans assistance. Créé en 1989, le VendéeGlobe a forgé des légendes. Titouan Lamazou (premier vainqueur), Alain Gautier, Christophe Auguin, Michel Desjoyeaux, Vincent Riou...
Le 9 novembre 2008, à 13 h 02, la sixième édition s'élancera des Sables- d'Olonne en Vendée. Sur la ligne de départ, une trentaine de bateaux, plus de la moitié sponsorisés par des PME attirées par les retombées médiatiques de la course à la voile la plus dure au monde.

Cette année, dix-sept gazelles vont ainsi prendre la mer - dix françaises (Delta Dore, Paprec, Virbac, VM Matériaux, Groupe Bel, Foncia, Akena Vérandas, Cheminées Poujoulat, Maisonneuve, PRB) et sept étrangères (britanniques, suisse et autrichienne). Face à elles, des navires financés par de grandes entreprises aux budgets conséquents : Veolia Environnement, Generali, Safran, Air France, British Telecom, Aviva, groupe Rothschild...

Cette confrontation des moyens et des ambitions a jusqu'à présent souri aux PME, l'une d'entre elles - PRB - ayant notamment remporté l'épreuve lors des deux dernières éditions : en 2000, avec Michel Desjoyeaux, et, en 2004, avec Vincent Riou. Mais, si le VendéeGlobe attire autant les PME, c'est avant tout par sa couverture médiatique portée par un réel engouement populaire (276 heures de retransmission télé et 196 heures de radio il y a quatre ans, 12 500 articles de presse, 135 millions de pages web). Sauvetages spectaculaires, naufrages, héroïsme...
Le Vendée Globe s'est nourri de tragédies et de miracles pour construire son mythe. Et, sauf abandon dans les premiers jours de course, les sponsors sont garantis d'un bon " retour sur investissement " avec, en prime, une image valorisée par le partage de valeurs communes : simplicité, courage, goût du risque, obstination... Parallèlement, la course s'est professionnalisée.
Les bateaux sont désormais des concentrés de technologie. Revers de la médaille, les budgets répartis sur quatre ans ont évolué en conséquence : de 1,85 million d'euros à 10 millions d'euros, voire beaucoup plus pour les grandes écuries.
Reste que le VendéeGlobe n'est pas qu'une affaire d'image. C'est aussi un formidable outil de motivation interne et de relation client, avec des opérations au départ et à l'arrivée. Et ce, parfois à moindre coût : la seule présence de sa marque parmi d'autres sur les voiles du navire suffisant à légitimer son engagement. Si l'aventure vous tente, rendez-vous dans quatre ans.
Un sponsoring à moindre coût

Aux côtés du sponsor principal des navires (Delta Dore, VM Matériaux, PRB, Cheminées Poujoulat, Maisonneuve), d'autres sponsors peuvent cohabiter. Le fabricant de biscuits Galettes St Michel (groupe Morina) est ainsi l'un des cinq partenaires du Paprec-Virbac. Son nom apparaît en petit sur les 560 m2 de voile du navire.
L'engagement financier de l'entreprise n'est que de 15 % du budget Vendée Globe des deux cosponsors principaux, soit autour de 180 000 euros par an sur quatre ans. " Notre cible n'est pas le grand public, mais les acheteurs de la grande distribution, avec lesquels nous souhaitons installer une relation de confiance et de complicité ", explique Vincent Chevalier-Chantepie, directeur marketing du groupe. Galettes St Michel dispose du bateau quatre jours par an pour organiser des opérations de relations publiques, et chaque départ de course lui fournit l'occasion d'inviter une cinquantaine de clients. En interne, " il y a une immense fierté de nos équipes, ajoute Vincent Chevalier-Chantepie. Si l'un des deux sponsors pensait à se retirer, nous étudierions très sérieusement la possibilité de prendre le relais ".
Patron-skipper : deux capitaines à la barre

" Nous sommes tombés dans le sponsoring du VendéeGlobe par hasard et par solidarité ", affirme Jean-Jacques Laurent, PDG de PRB, fabricant vendéen de produits de revêtement du bâtiment. En 1992, pour la modique somme de 60 000 euros (400 000 francs), la société permet à Jean-Yves Hasselin de boucler son budget à quelques semaines du départ. Après 153 jours de navigation, le marin franchit la ligne bon dernier, harassé mais heureux, à l'instar de son sponsor, premier surpris de l'extraordinaire engouement qu'a soulevé cette course chez ses clients.
Jean-Paul Hembise, PDG de Maisonneuve, a, pour sa part, virtuellement pris la mer la première fois en 2005 dans la Transat Jacques Vabre en aidant aussi un jeune skipper, Jean-Baptiste Dejeanty (à la barre du Maisonneuve dans cette sixième édition du VendéeGlobe), à boucler son budget.
Trois ans plus tard, le constructeur de maisons individuelles s'est mû en passionné. " Lorsque j'ai repris et redressé la société devenue Maisonneuve, j'ai connu deux années de terribles tempêtes, seul face à moi-même ", se souvient l'entrepreneur, qui évoque une communauté de valeurs entre les métiers de skipper et de chef d'entreprise : esprit d'équipe, obstination, simplicité. "L'important, pour un sponsor, c'est d'écrire une belle histoire avec son skipper ", estime de son côté Jean-Jacques Laurent, vainqueur des deux dernières éditions, et qui, pour son cinquième VendéeGlobe, consacre un budget important à l'aventure.
Avec une enveloppe de 10 millions d'euros répartis sur quatre ans (dont 1 million d'euros apportés par la société Bouyer-Leroux, spécialiste des produits en terre cuite pour le bâtiment, implantée en Loire-Atlantique), PRB ne cache pas son ambition : accrocher une troisième victoire avec Vincent Riou.

L'objectif de Maisonneuve est plus modeste. Son budget de 1,90 million d'euros vise d'abord à finir la course. " Le Vendée, c'est une histoire d'hommes, pas de budget. Boucler le tour du monde dans de telles conditions est en soi une victoire ", confie Jean-Paul Hembise. Au-delà des enjeux sportifs apparaissent d'autres batailles : celles de l'image et de la renommée commerciale, qui ne se cantonnent pas à des marchés grand public. PRB cible ainsi une clientèle de professionnels, les prescripteurs de ses produits, avec une communication événementielle autour du bateau.
" Nos clients rencontrent notre skipper, Vincent Riou, ils naviguent sur le bateau, ce qui crée une réelle complicité. Si nous réalisons 15 % de croissance, 5 % sont directement dus à ces rencontres ", insiste Jean-Jacques Laurent. Maisonneuve veut également exploiter au mieux son sponsoring pour élargir son marché. La PME du Nord va ainsi doubler son budget communication en 2008-2009, de 830 000 à 1,58 million d'euros, avec l'espoir de faire connaître sa marque dans la France entière. Or aucun autre événement ne pourrait lui garantir " une telle couverture médiatique et une telle valorisation d'image ", estime son PDG. A condition toutefois que le bateau termine la course, même si c'est à la dernière place.
De nombreuses PME sponsorisent les skippers de la 6e édition du tour du monde à la voile en solitaire. Une course à fortes retombées médiatiques, et un engagement à géométrie variable selon son budget.

C'est LA course de tous les défis. Trois mois de navigation en solitaire autour du monde, sans escale et sans assistance. Créé en 1989, le VendéeGlobe a forgé des légendes. Titouan Lamazou (premier vainqueur), Alain Gautier, Christophe Auguin, ...

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- n° 997 - p.12

Les drames qui se nouent pendant la course servent bien involontairement les intérêts des partenaires, soumis à une exposition médiatique aussi soudaine qu'opportune.

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- n° 2963 - p.1 à p.26

Haro sur la finance !
Le Monde
Denis Chemillier-Gendreau et Elyès Jouini
Les banques et les marchés financiers sont au cœur de la crise économique actuelle et pour de nombreux observateurs, la finance et les mathématiques financières portent une responsabilité majeure dans son déclenchement. Les auteurs réfutent ce point de vue en rappelant d'abord les apports de la finance internationale, et notamment de ses innovations, en faveur d'une allocation optimale des risques dont profitent les entreprises et les citoyens. En outre, ils critiquent le rôle de l'Etat régulateur dans la crise. Selon eux, ce dernier porte une responsabilité importante puisqu'il n'a pas osé endiguer une croissance artificielle, reposant sur un niveau historiquement bas des taux d'intérêt, notamment américains. Malgré ces critiques, ils n'en oublient pas pour autant de rappeler les praticiens des mathématiques financières à leurs responsabilités. Ces derniers auraient dû garder à l'esprit que connaître le risque et le modéliser ne suffisent pas à le maîtriser.

Une brève histoire de la finance : entre déréglementation et mondialisation
The Economist
L'histoire récente de la finance a été marquée par la déréglementation. Celle-ci a été portée par un courant de pensée favorable à la primauté des marchés et opposé à une réglementation trop stricte. Le développement de la finance est aussi le reflet de mutations économiques et financières profondes. Le point de départ a été l'abandon du système de Bretton Woods en 1971. Le flottement des monnaies, associé progressivement à la fin des contrôles de capitaux, a suscité des besoins très divers auxquels l'industrie de la finance a su trouver, à chaque fois, les réponses et les produits adaptés, comme l'illustre la création des options, des swaps (sur devises, sur taux d'intérêt ou, plus récemment, sur le risque de défaut) ou l'essor de la titrisation. Selon l'analyse dominante, ces produits diversifient le risque et rendent ainsi les marchés plus robustes. Les autorités de régulation n'ont pas été inactives face à cette évolution. Au fur et à mesure, elles ont modernisé leurs outils de surveillance, mais cela n'a pas empêché les banques et autres acteurs de la finance de prendre toujours plus de risques.

Les mathématiciens financiers face à la finalité de leur travail
Le Figaro
Stéphane Jaffard
Depuis la crise des subprimes, les produits financiers les plus complexes sont au banc des accusés - et avec eux les mathématiciens financiers. Philippe Jaffard, président de la Société mathématique de France, ne partage pas cette vision. Selon lui, la crise financière serait plutôt le signe d'une utilisation insuffisante des mathématiques, notamment de la part des autorités financières et politiques, que celui d'un excès. Cependant, il reconnaît que la balle est aussi dans le camp des mathématiciens qui devraient communiquer davantage, en particulier sur les interactions bénéfiques de leur discipline avec d'autres domaines scientifiques. En outre, les mathématiciens, qui sont très actifs dans les applications comme la finance, seront amenés à s'interroger sur la déontologie de leur activité : doivent-ils travailler à enrichir le système banquier ou avoir plutôt pour ambition de contribuer au bien commun.



Lecture critique de la finance : quand le " cygne noir " apparaît
Lettre de l'Institut économique Molinari
Cécile Philippe
Avec la crise économique et financière, l'analyse des événements imprévisibles suscite un regain d'intérêt. De nombreux auteurs se sont déjà penchés sur la survenu d'" événements improbables " - on peut citer notamment la théorie du chaos - mais sans vraiment parvenir à donner une explication satisfaisante. Dans son livre Le cygne noir, Nassim Nicolas Taleb, ancien trader et aujourd'hui professeur de sciences de l'incertitude aux universités de New York et du Massachusetts, développe sa propre théorie de l'imprévisible ou plus précisément d'événements jugés improbables - les " cygnes noirs ". L'auteur identifie trois caractéristiques de ce type d'événement : il est totalement inattendu, son impact est considérable et nous trouvons des raisons logiques pour l'expliquer a posteriori. Quelques exemples de "cygnes noirs" selon l'auteur : la chute de l'Union soviétique, la bulle Internet, les attentats du 11 Septembre, ou la crise financière actuelle.

Exportation de la french touch ou fuite des cerveaux ?
Variance - La revue des anciens élèves de l'ENSAE
Gilles Pagès
L'enseignement des mathématiques financières en France est de très haut niveau et les jeunes diplômés de cette discipline sont très recherchés sur le marché de l'emploi. Fortes de ce succès, de nombreuses écoles et universités ont étoffé leurs filières financières, jusqu'à devenir, dans nombre d'établissements, la principale option de spécialisation. Cette tendance affecte surtout les écoles d'ingénieurs et de commerce où de plus en plus d'élèves - attirés par le niveau très élevé des salaires - s'orientent vers les métiers de la finance. Diplôme en poche, les départs pour l'étranger sont nombreux : plus de la moitié d'une promotion part travailler hors de France, notamment dans des établissements financiers anglo-saxons. Cette fuite des cerveaux que constitue le départ de l'élite des jeunes ingénieurs et diplômés scientifiques peut avoir de retombées positives, mais ne représente-t-elle pas aussi à terme un réel danger ? L'auteur propose de consolider et de développer la filière pour créer en France un pôle mondial de la recherche financière ; l'attractivité française en serait ainsi renforcée.
Haro sur la finance !
Le Monde
Denis Chemillier-Gendreau et Elyès Jouini
Les banques et les marchés financiers sont au cœur de la crise économique actuelle et pour de nombreux observateurs, la finance et les mathématiques financières portent une responsabilité majeure dans son déclenchement. Les auteurs réfutent ce point de vue en rappelant d'abord les apports de la finance internationale, et notamment de ses innovations, en faveur d'une ...

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- n° 1899 - p.60 à p.63

Michel Desjoyeaux a bouclé son tour du monde en quatre-vingt-quatre jours, après une stupéfiante remontée.
Gilles Pernet
" M ich Monde 2009 " : ce calicot brandi par l'une des bandes de supporters de Michel Desjoyeaux appuyant leur ola de cornes de brume et de cloches d'alpage a encore élargi son sourire extatique. Ils étaient 125 000 à former une double haie d'honneur sur les jetées et les quais des Sables-d'Olonne, transformés en Champs-Elysées maritimes. Applaudissant à tout rompre. Lançant même un feu d'artifice en plein jour pour concurrencer le pâle soleil de l'hiver vendéen.
Quelques dizaines de minutes plus tôt, debout sur le balcon avant de son monocoque blanc " Foncia ", tel DiCaprio sur le " Titanic ", Michel Desjoyeaux, brandissant 4 fumigènes rouges, venait d'entrer définitivement dans le panthéon des marins d'exception, en franchissant la ligne d'arrivée du Vendée Globe Challenge après 84 jours, 3 heures et 9 minutes de course. Premier marin à remporter deux fois cet Everest de la voile.
Un rythme de folie
Une victoire d'autant plus belle qu'elle était inespérée après un début de course très mal engagé : le 10 novembre, vingt heures après le départ des Sables-d'Olonne, il découvre une fuite sur une trappe de ballast qui a inondé le compartiment moteur et endommagé un circuit électrique essentiel. Il est 9 h 19 ce lundi-là ; il se trouve dans le groupe de tête quand il décide de rebrousser chemin pour réparer dans le port vendéen. Il repart avec un handicap de quarante heures. Un gouffre. Les plus fins analystes lui prédisent une vaine course-poursuite qui n'a pour objet que de remercier ses partenaires financiers (son budget est 60 % plus élevé que celui demandé à Foncia par ceux de ses adversaires qui avaient répondu à l'appel d'offres).
Avant la fin de la première semaine de course, il a 670 milles (la distance de Lille à Madrid !) de retard sur Loïck Peyron, qui cravache sur " Gitana Eighty " en tête de la course. Mais deux semaines plus tard, après des bords très inspirés et d'interminables surfs sous grand spi à l'ouest de Madère et des Canaries, puis un habile slalom autour de l'archipel du Cap-Vert, Michel a comblé 50 % de son retard et dépassé la moitié de ses trente adversaires ! Le 23 novembre, il n'est plus qu'à 360 milles du groupe Peyron, Josse et Dick, qui ferraillent aux avant-postes. Il dit alors : " Darwin avait raison, celui qui survit, ce n'est pas le plus costaud, c'est celui qui s'adapte... "
" Le professeur " (car il aime bien expliquer... ou donner des leçons, disent ses détracteurs) imprime un tel rythme de folie à la course que beaucoup l'analysent tel un baroud d'honneur avant l'implosion. Mais c'est le contraire qui se produit : le 3 décembre, après vingt-trois jours de course, il réintègre le groupe des dix de tête. Et ce sont les autres qui craquent. Le lendemain, il enregistre un nouveau record pour " Foncia " : 30 noeuds ! Une vitesse de multicoque. Le jour suivant, une baleine le charge et plonge sous la coque au dernier moment. Un mois après le départ, il est revenu en 6e position, à moins de 100 milles du premier, Peyron... qui démâte le 15 décembre. Desjoyeaux est 4e, voit son premier iceberg-40 mètres de longueur-et connaît de nombreuses avaries dont il ne parle pas à la radio (bout-dehors fissuré, chandeliers arrachés...). Une semaine plus tard, Golding, nouveau leader, démâte à son tour. " Mich Dej " passe en tête le 16. Irréel. Mais ce n'est pas gagné. Le 25 décembre, il frôle l'abandon : " Le Père Noël a essayé de me piquer mon safran bâbord... " Miracle, " Foncia " part en marche arrière, la pelle du gouvernail se remet en place et Michel bricole un axe de fortune !
" Quand la chance se renouvelle trop souvent, on appelle cela le talent... Ce n'est pas de moi ", lâche-t-il comme un pied de nez à un confrère qui lui refait le coup de l'arrogance. A 43 ans, il a tout gagné. La Route du rhum, la Transat anglaise, toutes les classiques en multicoque, trois fois le Figaro... Mais il n'est pas de ceux que la victoire euphorise au point d'oublier les autres. A commencer par son second depuis la mi-course, Roland Jourdain, sur " Veolia ", contraint à l'abandon, la rage au coeur, alors qu'il touchait presque au but, après quatre-vingt-quatre jours de mer. Une fortune de mer de plus dans ce Vendée Globe, qui n'en a pas manqué. Maintenant qu'il a tout gagné ou presque, le nouveau défi de Mich Dej ne pourrait-il être la Coupe de l'America ? La plus grande régate du monde après le Vendée Globe, la plus grande des solitaires : " En France, on a tous les étages de la fusée, dit-il, mais il manque une volonté nationale. Je pourrais être utile ; peut-être. " La mer apprend à être circonspect
Les petits secrets de Michel Desjoyeaux
-" Foncia " (plan Bruce Farr) utilise une trinquette (petite voile d'avant en tissu très fort) portée dans la forte brise.
-Michel dort dans un " pouf " au pied de la descente pour être en meilleure symbiose avec l'extérieur.
-Le cockpit de " Foncia " est équipé d'un toit coulissant (il peut être plus ou moins tiré) qui le protège du vent, des embruns et du froid.
-Le bateau dispose d'une mise au point particulièrement fine de ses pilotes automatiques (frein minimal sur le gouvernail).
-Michel a constamment en main son " boîtier magique " dans ses déplacements à bord (intérieur, cockpit et pont). Il porte des indications précieuses sur le vent et le cap, ainsi que la commande de barre à distance. D. G.
La technologie à la barre
La mer a montré son vrai visage dans ce 6e Vendée Globe et matraqué, dans le grand sud, des bateaux de plus en plus rapides. Tout comme les " objets flottants non identifiés " (glaces pour Jean-Pierre Dick, conteneur pour Jean Le Cam, cétacé pour Roland Jourdain) ont joué un rôle souvent destructeur. Résultat : sur 30 concurrents, seulement 10 devraient être à l'arrivée aux Sables-d'Olonne !
Seconde observation : le record de distance sur 24 heures n'a pas été battu, mais la vitesse moyenne de l'épreuve est passée de 11,28 noeuds (Vincent Riou en 2004) à 12,45 noeuds (Michel Desjoyeaux aujourd'hui). Différence significative sur une épreuve longue de 24 000 milles. Mais c'est surtout l'utilisation des nouvelles technologies embarquées qui, en 2009, a changé la donne et modifié la physionomie de la course.
Les coureurs sont désormais nourris de renseignements venant de terre. Ils agissent avec davantage de réflexion, plus de confort de communication, plus de sécurité. Aujourd'hui, sous pilote automatique, assis au sec devant son ordinateur, le skippeur peut observer l'ensemble des météorologies du monde pour construire scientifiquement sa route. Même si la cellule de vie dans laquelle il se trouve est secouée dans tous les sens par l'océan. Il peut également communiquer aisément avec son équipe à terre. L'équation de base du Vendée Globe (" seul, sans escale, sans assistance ") a vécu. Certes, seuls, les coureurs continuent de l'être, oh combien ! Sans escales ? Ils les décident pour effectuer, à l'abri, les réparations avec les moyens du bord. Même la notion d'interdiction d'assistance extérieure n'a plus exactement la même signification qu'autrefois. Car les nouvelles technologies d'informations à bord, en particulier celles d'Internet, influencent ce concept.
Des glaces dérivantes observées par satellite. La plongée dans le sud réduit la distance sur le globe entre l'Afrique et l'Amérique. Mais cette route est, par endroits, encombrée de glaces, entraînant un risque majeur pour les équipages qui s'y aventureraient. Aussi l'organisation de la course a-t-elle balisé la route en obligeant les concurrents à franchir des portes virtuelles. Le satellite Envisat, qui observe l'évolution de la dérive des glaces, a permis leur positionnement. Cette mesure maintient les bateaux à 800 milles de la terre et permet, en cas d'accident, de faire appel aux secours terrestres. Yann Eliès en a bénéficié : la relative proximité de la côte a permis qu'il soit secouru par les Australiens, alors que ses blessures mettaient sa vie en danger.
Bouleversement dans la " navigation ". Le routage venant de l'extérieur étant interdit, le marin calcule lui-même sa route. Grâce aux moyens modernes de réception, il peut aujourd'hui recueillir un maximum de données météo, y compris la hauteur et le sens des vagues, les analyser en sélectionnant les plus fiables, puis nourrir un logiciel de routage qui déterminera la meilleure route en intégrant les diverses possibilités du bateau (polaires de vitesse). La maîtrise de cette nouvelle technologie est devenue une arme de victoire.
Meilleure communication. L'organisateur fournit régulièrement aux coureurs position des glaces, fichiers météo et, si nécessaire, bulletins spéciaux d'alerte (BMS). En cas d'avarie, le skippeur a aussi la possibilité d'entrer en contact avec son équipe technique à terre. Il peut alors décider, en fonction des documents échangés par Internet, des mesures à prendre. La relation avec les médias en est transformée. Pour la première fois dans les annales de la course au large, il a été possible de discuter avec les coureurs en les regardant évoluer sur l'écran en direct. Seuls, ils sont toujours, mais un peu moins " solitaires " qu'hier DANIEL GILLES

Michel Desjoyeaux a bouclé son tour du monde en quatre-vingt-quatre jours, après une stupéfiante remontée.
Gilles Pernet
" M ich Monde 2009 " : ce calicot brandi par l'une des bandes de supporters de Michel Desjoyeaux appuyant leur ola de cornes de brume et de cloches d'alpage a encore élargi son sourire extatique. Ils étaient 125 000 à former une double haie d'honneur sur les jetées et les quais des Sables-d'Olonne, transformés en Cha...

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La fin d'un capitalisme | Projet 01/03/09

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V

- n° 309 - p.36 à p.94

Avec la tempête financière, loin d'être achevée, une récession économique majeure qui s'en suit et qui débute à peine, avec la crise sociale qu'elle va provoquer, une page d'histoire se tourne. Quelque chose prend fin, comme l'ère soviétique avec la chute du mur de Berlin en novembre 1989. Quelque chose, mais quoi ? Un certain capitalisme...

SOMMAIRE

Fin de cycle ou rupture aux États-Unis ?
Jacques Sapir
La croissance américaine était largement portée par une pyramide financière. La crise de la finance entraîne désormais celle de l’économie réelle. Un changement radical s’annonce-t-il, entraînant l’abandon d’un mode de consommation ?

Texte intégral en ligne le 2 mars 2011

La crise entre en Chine
Benoît Vermander
La chine subit de plein fouet la crise venue des Etats-Unis. Mais c’est aussi la mise au jour des fragilités du modèle : chômage massif et absence d’une politique de développement rural, entre autres.

Texte intégral en ligne le 2 mars 2011

La France et l’Italie dans la tempête
Stefano Palombarini
Dans ces deux pays, la récession survient après des changements politiques qui ont traduit une rupture avec le compromis social antérieur. Quel sera l’impact de la crise sur le processus de réformes ?

Texte intégral en ligne le 2 mars 2011

Inflatio veritas
Edgar Fortgaillard
Une thèse hétérodoxe ! L’issue pour faire face à la récession passerait-elle par une déflation compétitive ou par l’apurement des dettes ? Accepter une inflation contrôlée serait un impératif social.

Texte intégral en ligne le 2 mars 2011

Pour un second Bretton Woods
Gaël Giraud
La régulation du système financier international est une question vitale. Opérateurs financiers, marché des produits dérivés, système des taux de changes sont concernés.

Texte intégral en ligne le 2 mars 2011

Vers un changement de modèle ?
Bruno Amable
Le capitalisme n’est est certes pas à sa première alarme. Mais ce sont un changement institutionnel et de nouveaux compromis sociaux qui s’imposent aujourd’hui.

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Avec la tempête financière, loin d'être achevée, une récession économique majeure qui s'en suit et qui débute à peine, avec la crise sociale qu'elle va provoquer, une page d'histoire se tourne. Quelque chose prend fin, comme l'ère soviétique avec la chute du mur de Berlin en novembre 1989. Quelque chose, mais quoi ? Un certain capitalisme...

SOMMAIRE

Fin de cycle ou rupture aux États-Unis ?
Jacques Sapir
La croissance américaine était ...

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- n° 2958 - 64 p.

Le choc des crises

La crise financière
Crise financière : un parallèle avec la crise asiatique
Frankfurter Allgemeine Zeitung
Barry Eichengreen
Quel précédent historique pourrait éclairer la profonde crise financière que traversent la finance américaine et le système financier international ? Pour l'auteur, il n∆ a pas de doute, il ne peut s'agir que de la crise asiatique de 1997-1998. S'il peut paraître étonnant de comparer les Etats-Unis à un ensemble de pays émergents, les traits communs entre les deux crises sont néanmoins nombreux : l'opacité de la sphère financière, des règles bancaires trop laxistes permettant l'instauration de ratios de levier excessifs, l'aléa moral suite aux garanties implicites accordées par l'Etat aux banques et, enfin, une politique monétaire beaucoup trop complaisante. Comme pour les pays asiatiques, le rétablissement du système bancaire pèsera lourdement sur le contribuable. En ce qui concerne les réformes réglementaires, l'auteur croit davantage à une transformation progressive qu'à un bouleversement radical du système financier, ce dernier étant trop profondément enraciné et ses éléments trop imbriqués pour qu'on puisse en changer dans l'immédiat.

Instituer de nouvelles règles de gouvernance des institutions financières
Revue d'économie financière
Bertrand Jacquillat
Les facteurs ayant contribué directement ou indirectement au déclenchement de la crise financière en juillet 2007 aux Etats-Unis sont nombreux : la titrisation, la transformation profonde du modèle bancaire et de la gestion des risques, le rôle ambigu des agences de notation, la structure et le niveau des rémunérations dans le secteur financier, les objectifs des banques centrales... Sur chacun de ces éléments, l'auteur propose des pistes de réflexion. En premier lieu, il souligne qu'il faut éviter de réformer le système financier par l'introduction prématurée de nouvelles règles car la crise n'est pas encore achevée. Ensuite, il admet que des excès ont été commis par les différents acteurs financiers et qu'il faut en assumer les conséquences, c'est-à-dire des pertes de volumes colossales. Enfin, il propose des modifications réglementaires, tout en mettant l'accent sur les incitations à l'égard des acteurs et sur l'extension des mécanismes de marché à des domaines où ils sont insuffisants ou inexistants.

Pour une réforme globale de la théorie et de la régulation financières
Revue d'économie financière
Dominique Plihon
La crise financière est d'une ampleur sans commune mesure avec les crises des vingt dernières années. Si la plupart des économistes s'accordent sur ce point, les avis divergent sur les causes et les mécanismes à l'origine de ce désordre financier mondial. L'auteur réfute la thèse de nombreux experts pour lesquels le facteur déterminant est le développement non maîtrisé de la titrisation des crédits immobiliers à risque aux Etats-Unis. Certes, il admet que la titrisation représente une innovation majeure qui a bouleversé le fonctionnement des banques et des marchés. Mais il insiste avant tout sur le fait que nous sommes face à une crise systémique qui s'inscrit dans un processus d'instabilité financière chronique : pour lui, elle prend ses racines au cœur même du capitalisme financier et ne peut que se résoudre par une remise en cause de la théorie financière standard et de la doctrine des banques centrales et des autorités de supervision prudentielle.

La crise alimentaire
Alimentation mondiale : les racines de la crise
Le Journal du CNRS
Philippe Testard-Vaillant
La hausse brutale, jusqu'à l'été 2008, des prix des biens de première nécessité, qui contraste avec la longue période de baisse régulière des prix de la plupart des produits de base au cours des années 1980 et 1990, a accru les inégalités de répartition de l'offre alimentaire mondiale et débouché sur une véritable crise dans de nombreux pays en développement. De la libéralisation des marchés agricoles à l'augmentation de la consommation de viande dans certains pays émergents comme la Chine et l'Inde, en passant par la spéculation, l'auteur examine les différents facteurs à l'origine de la crise.

La crise démo-environnementale
La régulation démo-environnementale : l'enjeu d'une planète viable
Mondes en développement
Hervé Domenach
Les mutations démographiques, environnementales et climatiques que va connaître l'humanité dans le demi-siècle à venir sont aujourd'hui considérées avec la plus grande attention. Le modèle occidental de développement a des conséquences particulièrement préoccupantes conduisant notamment, selon l'auteur, à un accroissement des inégalités et à des dégradations qui mettent chaque jour davantage en péril la planète. Si, concernant ces questions globales, de réels progrès ont été accomplis ces dernières années en matière de régulation internationale, ils restent encore largement insuffisants au regard des enjeux. La mise en œuvre d'une gestion durable des espaces, des espèces et des ressources est désormais urgente.

Gouvernance et régulation

Pourquoi transformer le modèle de gouvernance du XXe siècle ?
Finances et développement
James M. Boughton et Colin I. Bradford Jr.
En 1919, la Société des nations, née à Paris au lendemain de la Première Guerre mondiale au terme de six mois de négociations, pose les fondements d'une gouvernance mondiale dont les principaux artisans seront la France, l'Italie, le Royaume-Uni et les Etats-Unis. Tout au long du XXe siècle, de nombreuses institutions multilatérales ont été créées et ont offert un cadre de négociation pour l'établissement de relations économiques et politiques internationales constructives. Mais l'apparition ou l'aggravation de certains problèmes mondiaux, comme le changement climatique, l'accroissement des besoins énergétiques, sanitaires, d'alimentation et de logements, ont remis en question, en ce début de XXIe siècle, les progrès induits par la mondialisation et ont révélé avec acuité les faiblesses et les insuffisances du modèle de gouvernance mondiale hérité du siècle passé.

La gouvernance mondiale est-elle au service de l'intérêt général global ?
L'E-book de campagne de l'OFCE
Joseph Stiglitz
La stabilité économique mondiale a des vertus car elle génère des externalités positives. Elle mérite donc, selon Joseph Stiglitz - lauréat en 2001 du Prix de la Banque de Suède en sciences économiques en l'honneur d'Alfred Nobel - d'être considérée comme un bien public mondial dont l'offre devrait absolument être préservée dans le cadre de l'action collective. Mais, comme le rappelle le célèbre économiste américain, si un certain nombre d'institutions internationales ont été créées dans ce but, l'instauration d'un véritable " gouvernement global " n'est toujours pas à l'ordre du jour. Selon Joseph Stiglitz, il est urgent, si l'on veut " sauver " la mondialisation, de réformer rapidement les institutions internationales qui sont en charge de la gouvernance mondiale.

Réformer la gouvernance de l'économie mondiale

L'avenir du FMI et de la Banque mondiale
American Economic Review
Raghuram G. Rajan
Le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale sont sans doute les deux organisations internationales ayant le mieux incarné, en matière de gouvernance mondiale, l'ordre économique né après 1945. Mais au cours des dernières années du XXe siècle, les deux institutions de Bretton Woods ont vu, au fur et à mesure de l'échec de certaines des politiques économiques imposées aux pays en développement et de la montée en puissance des économies émergentes, leur crédibilité fortement ébranlée. La remise en cause de la légitimité du FMI et de la Banque mondiale ne signifie pas pour autant que ces institutions financières internationales n'aient plus, aujourd'hui, aucun rôle à jouer. Celui-ci reste très important, mais il a profondément changé. Ces institutions sont désormais tenues de se transformer pour devenir de véritables partenaires des Etats auxquels elles doivent continuer de prodiguer avis et conseils, ainsi que de leur fournir des fonds lorsque cela est nécessaire. S'ils veulent retrouver un rôle à leur dimension dans la régulation de l'économie mondiale, le FMI et la Banque mondiale sont donc contraints d'engager, au plus vite, une réforme de leurs structures et de leur mode de gouvernance.



Le G8 et le nouvel ordre économique mondial
International Affairs
Anthony Payne
Le G7, devenu G8 avec l'intégration de la Russie, a vu le jour de façon informelle au début des années 1970. D'une certaine manière, ce groupe rassemblant au départ les sept plus grands pays industrialisés, peut être considéré comme le club des vainqueurs de l'histoire à la fin du XXe siècle, l'élargissement à la Russie ayant une portée très symbolique, marquant le triomphe définitif de la démocratie libérale et de l'économie capitaliste. Cette dimension symbolique du G8 n'a pas échappé au mouvement altermondialiste. A partir de la fin des années 1990, les sommets organisés par le club des " pays riches " sont devenus l'occasion d'une dénonciation systématique, parfois violente, de l'ordre économique mondial issu de l'Après-Seconde Guerre mondiale. Dans le même temps, la montée en puissance des économies émergentes a été l'occasion d'une contestation de la légitimité du G8 à définir seul les grandes orientations concernant la gestion des affaires économiques du monde. Aussi, ces Etats, que l'on peut qualifier de gagnants du début du XXIe siècle, ont-ils été - à travers un processus d'élargissement progressif du G8 - invités à prendre part, de façon de plus en plus formelle, à la gouvernance mondiale.

OMC : le possible et le souhaitable
L'Economie politique
Jean-Marc Siroën
L'impasse dans laquelle sont engagées les négociations commerciales internationales du cycle de Doha est pour de nombreux spécialistes révélatrice d'une crise très profonde que traverse aujourd'hui l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Certains observateurs vont jusqu'à penser que l'absence d'accord et les échecs répétés mettent aujourd'hui en péril l'existence même de l'organisation dirigée par le Français Pascal Lamy. Aucun des acteurs politiques qui comptent le plus dans la définition de la gouvernance commerciale mondiale ne souhaite toutefois voir disparaître l'OMC. L'auteur, après avoir analysé les principes d'action de celle-ci, propose l'adoption de différentes mesures qui permettraient de renforcer cette gouvernance du commerce mondial.


Le choc des crises

La crise financière
Crise financière : un parallèle avec la crise asiatique
Frankfurter Allgemeine Zeitung
Barry Eichengreen
Quel précédent historique pourrait éclairer la profonde crise financière que traversent la finance américaine et le système financier international ? Pour l'auteur, il n∆ a pas de doute, il ne peut s'agir que de la crise asiatique de 1997-1998. S'il peut paraître étonnant de comparer les Etats-Unis à un ...

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- n° 2061-2062 - 140 p.

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L'entreprise |

N°spéciaux

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V

- n° H.S. n°79

Editorial
Ambivalence

L'entreprise est au coeur de nombreux débats. Souvent vifs. Et nous sommes en permanence sommés de choisir notre camp: pour ou contre l'entreprise. Ou plutôt, l'Entreprise avec un grand E. Pourtant, dès qu'on y regarde de plus près, comme nous ...

Repères
Petites histoires de grandes entreprises

Huit multinationales, huit sagas qui illustrent les heurs et les malheurs des grandes entreprises.

Etat des lieux
Du négociant à la multinationale

C'est en se dégageant progressivement de l'emprise des marchands que s'est construite l'entreprise moderne.

L'entreprise, boîte grise de la théorie économique

La théorie économique a du mal à appréhender l'entreprise. On commence cependant à y voir plus clair. Mais pour y parvenir, il a fallu renoncer aux postulats de l'économie classique.

Un siècle de management

D'Henri Fayol à Michael Porter en passant par Mary P. Follett ou Peter Drucker, les grandes figures du management ont apporté, chacune à sa façon, leur pierre à l'organisation du travail et de l'entreprise depuis le début du XXe siècle.

Comprendre
Dans le maquis des entreprises

Des statuts juridiques hérités du XIXe siècle aux plus récents, de la micro-entreprise à la multinationale, de l'entreprise privée à la mutuelle..., le monde des entreprises est d'une grande diversité.

Entre diversification et spécialisation

Après avoir cherché à se diversifier sur de nouveaux marchés, les entreprises ont fait marche arrière pour se replier sur leur métier de base. Augmentant ainsi leur vulnérabilité aux aléas de la conjoncture.

Peut-on "fabriquer" des clients?

Les entreprises développent des techniques de marketing et de publicité de plus en plus pointues. Mais le consommateur n'est plus forcément un agent passif.

Création d'entreprises: la quantité et la qualité

Ce qui compte pour le dynamisme d'une économie ce n'est pas tant le nombre d'entreprises nouvelles créées que leur capacité à grandir rapidement.

Les fusions-acquisitions au coeur du capitalisme

Depuis plus d'un siècle, de grandes vagues de fusions scandent la marche en avantdu capitalisme. Les motivations qui poussent à ces fusions sont nombreuses.

Comment les entreprises se financent

Pour financer leurs activités courantes et leurs investissements, les entreprises mobilisent différents types de ressources financières. Explications.

Rester ou délocaliser?

Il n'y a pas que le coût. Les raisons pour lesquelles les entreprises s'implantent à tel endroit plutôt qu'à tel autre sont diverses. Le jeu des multinationales dansles pays à bas coûts déstabilise cependant les pays développés.

Il y a management et management

On ne dirige pas une entreprise de dix personnes comme une multinationale.Et les multinationales elles-mêmes sont organisées de façons très différentes.

La culture d'entreprise: essentielle mais délicate à manier

Faite de valeurs et de représentations, enrichie par des rites, des mythes et des symboles, la culture d'entreprise joue un rôle central dans la vie des entreprises. Mais elle ne se fabrique pas à volonté...

A quoi sert une entreprise ?

Le profit, l'émancipation des travailleurs, le bien-être de la collectivité..., les points de vue divergent depuis longtemps sur la finalité de l'entreprise.

Enjeux
Les entreprises vont-elles devenir responsables ?

La responsabilité sociale des entreprises repose pour l'instant uniquement sur le volontariat. Un engagement utile mais très insuffisant, compte tenu de l'ampleur des défis sociauxet environnementaux.

Quel gouvernement d'entreprise après la crise ?

La crise actuelle ouvre une nouvelle période pour la gouvernance d'entreprise. Pierre-Yves Gomez définit trois scénarios possibles.

Les firmes, la crise et nous

Internationalisation, gouvernance, rémunérations des dirigeants..., l'entreprise vue par Véronique Morali, côté patronat, et Marcel Grignard, côté syndicats.

L'entrepreneur, le salarié et le libéralisme

La liberté d'entreprendre doit être étendue, au nom des valeurs démocratiques, même si l'enjeu majeur, en termes de libertés, se situe dans les entreprises.

L'entreprise: bibliographie

Des livres pour compléter ses connaissances sur l'entreprise: son histoire, ses enjeux, ses défis.
Editorial
Ambivalence

L'entreprise est au coeur de nombreux débats. Souvent vifs. Et nous sommes en permanence sommés de choisir notre camp: pour ou contre l'entreprise. Ou plutôt, l'Entreprise avec un grand E. Pourtant, dès qu'on y regarde de plus près, comme nous ...

Repères
Petites histoires de grandes entreprises

Huit multinationales, huit sagas qui illustrent les heurs et les malheurs des grandes entreprises.

Etat des lieux
Du négociant ...

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