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L'Usine Nouvelle


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SOMMAIRE

Les sièges sociaux
8 secteurs d'activité - 26 sous-secteurs d'activité - 6 000 entreprises - 30 000 dirigeants

Secteurs d'activité référencés :
- Aéronautique
- Agroalimentaire
- Automobile
- Bois - Papier - Matériaux
- Chimie - Pharmacie - Énergie
- Électrique - Électronique - Informatique
- Mécanique - Métallurgie - Sidérurgie
- Services - Textile

Index
- Index des Sociétés
- Index des Dirigeants
SOMMAIRE

Les sièges sociaux
8 secteurs d'activité - 26 sous-secteurs d'activité - 6 000 entreprises - 30 000 dirigeants

Secteurs d'activité référencés :
- Aéronautique
- Agroalimentaire
- Automobile
- Bois - Papier - Matériaux
- Chimie - Pharmacie - Énergie
- Électrique - Électronique - Informatique
- Mécanique - Métallurgie - Sidérurgie
- Services - Textile

Index
- Index des Sociétés
- Index des Dirigeants

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Ce que vous trouverez dans notre édition 2009-2010 de "L'Atlas des Usines" (version papier)

> Un classement régional, départemental, puis alphabétique de 3 753 sites de production, de plus de 85 salariés.

> Pour chaque site, une description détaillée, avec coordonnées complètes, e-mail et site internet, groupe d'appartenance et nationalité, effectifs au 31 décembre 2008 et 2007, activité (certifications, chiffre d'affaires, classement Seveso...) et équipe dirigeante.

> La structure industrielle et les chiffres clés des 65 premiers groupes industriels en France.
Ce que vous trouverez dans notre édition 2009-2010 de "L'Atlas des Usines" (version papier)

> Un classement régional, départemental, puis alphabétique de 3 753 sites de production, de plus de 85 salariés.

> Pour chaque site, une description détaillée, avec coordonnées complètes, e-mail et site internet, groupe d'appartenance et nationalité, effectifs au 31 décembre 2008 et 2007, activité (certifications, chiffre d'affaires, classement ...

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- n° 3027 - p.86 à p.93

Insuffisance de moyens, manque d'autonomie : la crise des universités est profonde. Sur le marché de l'emploi, leurs diplômés font les frais d'une faible professionnalisation des cursus et de mécanismes d'orientation défaillants.

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H

- n° 3054 - p.44 à p.46

Santé - Plus de 750 000 accidents du travail sont déclarés chaque année. Mais entre la rigueur administrative des caisses primaires d'assurance maladie et les réticences de certains employeurs, les victimes peinent à faire valoir leurs droits. Par emmanuelle souffi

Il ne pensait pas devoir mener un tel combat. En mission à l'étranger pour un projet de surveillance de fabrication dans une usine, Paul* a un accident vasculaire cérébral à son hôtel. Son employeur demande à la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) la reconnaissance en accident du travail. Demande rejetée au motif qu'il n'était pas dans l'entreprise. Epaulé par sa hiérarchie, cet ingénieur, partiellement paralysé mais toujours en activité, engage un bras de fer avec la sécurité sociale. Nouvelle expertise médicale, nouveau refus de la commission de recours amiable de la CPAM. Assisté par la Fédération nationale des accidentés du travail et des handicapés (Fnath), il obtient gain de cause devant le tribunal des affaires de la sécurité sociale de Nanterre (Hauts-de-Seine). Puis devant la cour d'appel de Versailles en 2004. Six ans et demi après les faits ! Et c'est seulement depuis janvier qu'il perçoit une rente...
Cette histoire est symptomatique des difficultés que doivent surmonter nombre de victimes pour faire reconnaître l'origine professionnelle de leur accident, même quand il a lieu dans l'entreprise. La reconnaissance n'est pas seulement symbolique. Elle ouvre droit à des indemnités journalières supérieures que lors d'un arrêt de travail " ordinaire ", au versement d'une rente, à la gratuité des soins... A l'avenir, avec l'accord interprofessionnel sur les accidents du travail et les maladies professionnelles négocié en février - dont les décrets d'application ne sont pas encore parus -, il pourra même bénéficier d'une réparation forfaitaire personnalisée en fonction des dommages subis.
Beaucoup de salariés affrontent d'abord leur direction. " Les employeurs ne respectent pas tous le principe de la déclaration, regrette Yves Bongiorno, le responsable de l'amélioration des conditions de travail à la CGT Métallurgie et membre du conseil supérieur de prévention des risques professionnels. Le registre d'accidents bénins est rarement disponible à l'infirmerie. Or, il doit être transmis tous les ans à la sécurité sociale. " Et c'est ce registre qui permet de confronter les enregistrements aux informations des employeurs. Les déclarations d'accident, parfois rédigées au conditionnel, ne sont pas toujours communiquées aux comités d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT).
Un impact sur les cotisations
Certaines directions tentent aussi d'éviter les arrêts de travail. " Elles essayent de réduire la gravité de l'accident pour que le salarié poursuive son activité ", accuse Yves Bongiorno. La loi autorise les entreprises à réserver des postes doux aux victimes d'incidents bénins. En échange, l'accident n'est pas déclaré. Or, en cas de complications, le salarié aura toutes les peines du monde à le faire reconnaître postérieurement par la CPAM puisqu'il ne s'était pas arrêté. Ar-kema, à Jarry (Isère), compte une dizaine de postes aménagés. " Ce ne sont pas des fonctions essentielles, souligne Jean-Patrice Veyret, le secrétaire du CHSCT. Cela permet d'occuper le salarié en attendant qu'il reprenne son poste. " Celui-ci n'a pas toujours les moyens de refuser. " Des pressions existent dans certaines entreprises, mais le fait de reprendre le travail correspond parfois au souhait du salarié, nuance l'avocat Michel Ledoux. En revanche, si c'est pour éviter de payer plus, c'est condamnable. "
Car l'enjeu est bel et bien financier, surtout pour les entreprises de plus de 200 salariés : plus elles affichent un faible taux d'accidents du travail, moins leur cotisation à la branche accidents du travail et maladies professionnelles (AT-MP) sera élevée. " Il y a un vrai intérêt à contester devant les tribunaux car les coûts grimpent très vite ", note David Jonin, avocat au cabinet Gide Loyrette Nouel. Entre les surcotisations et les indemnités à verser, un décès au bureau peut représenter 400 000 euros. Plus 100 000 euros de dommages et intérêts en cas de faute inexcusable. Avec le récent accord AT-MP, la facture risque d'augmenter, les partenaires sociaux ayant souhaité faire payer davantage les entreprises les plus " dangereuses ".
batailler avec les cpam
Au-delà de l'employeur, la victime et ses proches doivent surtout batailler avec les CPAM pour faire établir le caractère professionnel. Le salarié dispose d'une présomption d'imputabilité - en vertu de laquelle un accident survenant dans l'entreprise est présumé lié au travail. C'est à la sécurité sociale de démontrer le contraire en interrogeant les collègues, la famille, surtout en cas de suicide (lire page 45)... " Chaque déclaration est analysée pour en déterminer les causes, précise Alain Prey, le responsable du département des risques professionnels à la CPAM de Normandie. On va au fond des choses. " Un avis que ne partagent pas toujours les accidentés. Paul* a en mémoire l'expertise médicale " bâclée " ordonnée par la sécu. Michèle*, dont le mari, électricien, est handicapé à 80 % après être tombé d'un toit, a fait le " forcing " pour obtenir sa mise en invalidité... Le refus est parfois motivé par de simples pièces manquantes.
En cas de dépression - reconnue dans certains cas comme accident du travail depuis un arrêt de la Cour de cassation du 1er juillet 2003 - ou plus largement de troubles psychosociaux, la bataille est encore plus rude. Ici aussi, le nerf de la guerre est budgétaire. Les caisses sont dans une logique de maîtrise des dépenses. Or, ne pas reconnaître la réalité des accidents de travail concourt à transférer leur prise en charge sur le régime général de la sécurité sociale. Ce que nie le Medef. " La sous-déclaration a un impact sur la collectivité, car on fait payer aux assurés des frais qui devraient être financés par les employeurs ", regrette Arnaud de Broca, le secrétaire général de la Fnath. La branche AT-MP reverse chaque année près de 400 millions d'euros à titre de compensations au régime général. Selon certains experts, le montant de la sous-déclaration s'élèverait même à 10 milliards d'euros par an ! Soit quasiment le trou de la sécurité sociale. .
*Les prénoms ont été modifiés.


A savoir

le 03/05/2007 N°3054

> Un accident du travail survient " par le fait ou à l'occasion du travail " (art. L411-1 du code de la sécurité sociale), c'est-à-dire au cours du travail ou pendant le trajet de la résidence (ou de la cantine) au lieu d'activité (art. L-2).


une procédure qui peut durer
le 03/05/2007 N°3054

> La déclaration Le salarié doit informer dans les 24 heures l'employeur de son accident. Ce dernier a 48 heures pour le déclarer à la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM). Il mentionne les circonstances de l'accident et l'identité des témoins visuels. La victime doit faire établir un certificat médical décrivant les lésions. Sans ce document, la CPAM n'instruira pas le dossier.
> L'instruction La CPAM a ensuite un mois pour décider du caractère professionnel de l'accident, qui donne droit à une plus large réparation. Elle peut procéder à une enquête, entendre des témoins si le lien de causalité est difficile à établir.
> La contestation Si la caisse rejette la demande de reconnaissance, la victime dispose de deux mois pour contester cette décision devant la commission de recours amiable. De même pour l'employeur qui estime non-fondé le classement en accident du travail.
> Le recours en justice En cas de refus définitif de la CPAM, le salarié peut saisir le tribunal des affaires de la sécurité sociale. La procédure est complexe et longue. L'appui d'une association de victimes, comme la Fnath (Fédération nationale des accidentés du travail et des handicapés), est conseillé. Le juge peut ordonner une nouvelle expertise médicale afin de déterminer si l'accident a un lien avec l'activité professionnelle. L'employeur a également la possibilité de contester la reconnaissance en accident du travail. Il faut compter environ deux ans pour obtenir un jugement et deux années de plus si la Caisse ou l'employeur font appel de la décision de reconnaissance.


Michel Ledoux, avocat
le 03/05/2007 N°3054

" La reconnaissance des troubles psychosociaux est encore difficile. "
Santé - Plus de 750 000 accidents du travail sont déclarés chaque année. Mais entre la rigueur administrative des caisses primaires d'assurance maladie et les réticences de certains employeurs, les victimes peinent à faire valoir leurs droits. Par emmanuelle souffi

Il ne pensait pas devoir mener un tel combat. En mission à l'étranger pour un projet de surveillance de fabrication dans une usine, Paul* a un accident vasculaire cérébral à son ...

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- n° 3091 - p.28 à p.30

La stratégie de ce groupe suisse fort discret : fabriquer pour des industriels et des distributeurs. Numéro 1 mondial du secteur du chocolat, il se dévoile. Pour mieux trouver un partenaire ?
A Meulan-Hardricourt, petite commune des Yvelines, les vents d'ouest sont souvent annonciateurs de pluie. Ils apportent aussi les effluves de cacao de l'usine du géant suisse Barry Callebaut, numéro 1 mondial du chocolat. Un leader largement méconnu du grand public. Et pour cause : Barry Callebaut fabrique pour les autres. Tous les jours, des camions-citernes remplis de chocolat liquide sortent de cette usine pour se rendre dans celles de Kraft, Nestlé, Danone et autres, qui l'utiliseront dans leurs confiseries. L'usine fabrique aussi des tablettes de 1 à 5 kg, des pistoles et des barres de quelques grammes à destination des artisans chocolatiers et des boulangers. " C'est simple : un produit sur quatre dans le monde contenant du chocolat est fabriqué avec du chocolat Barry Callebaut ! ", résume Patrick de Maeseneire, le directeur général. Une success story qui démarre en 1990. Klaus Jacobs cède le groupe qui porte son nom pour 2,6 milliards d'euros à l'américain Philip Morris, propriétaire de Kraft. Il détient de prestigieuses marques (Carte noire, Jacques Vabre, Suchard, Milka, Côte d'or...). Mais l'acquéreur ne veut pas de la chocolaterie belge Callebaut, pourtant leader européen des produits dits " de couverture ", matières premières des industriels et des artisans boulangers pâtissiers. En 1996, Klaus Jacobs rachète son concurrent, le français Cacao-Barry, implanté à Meulan, et fusionne les deux entités lui donnant son nom actuel avant d'en confier les rênes à son fils Andréas. Celui-ci met le groupe sur les rails d'une croissance effrénée en Europe et aux Etats-Unis : entre 2000 et 2006, Barry Callebaut a doublé son chiffre d'affaires. Bataille sur les approvisionnements " La force de notre modèle, c'est d'être totalement intégré ", affirme Patrick de Maeseneire. Barry Callebaut achète entre 450 000 et 480 000 tonnes de fèves de cacao, 12 % de la production mondiale, notamment sur les trois grandes origines que sont la Côte-d'Ivoire, le Ghana et le Cameroun (qui représentent 70 % de la production mondiale). Face aux américains Cargill (60 milliards d'euros en 2007) et Archer Daniels Midland (30 milliards d'euros de chiffre d'affaires), deux géants de la transformation agricole multiproduit (maïs, blé, soja et cacao), Barry Callebaut est le seul opérateur spécialisé. Il peut proposer la plus grande palette d'origines à des clients souhaitant se différencier de plus en plus par leurs recettes. Son autre force, c'est l'efficacité industrielle. " Nos usines ont des taux d'utilisation de 80 à 97 %, sept jours sur sept ", se félicite Patrick de Maeseneire. Le site de Meulan tourne 24 heures sur 24, 360 jours par an : " Avec 115 000 tonnes par an, nous sommes le deuxième site du groupe en terme de performance, détaille Vincent Calanville, le responsable de l'atelier solide. Nous savons gérer des process complexes avec 48 types de masses de cacao différentes, soit environ 700 recettes possibles. " Cette usine est un centre d'excellence pour la production de chocolat bio et de chocolat de spécialités. " Nous avons pour stratégie de spécialiser les sites de production ", avoue Patrick de Maeseneire. Chaque site a son champ d'excellence, mais doit être aussi capable de délivrer des produits standards pour les clients installés dans un rayon de 1 000 kilomètres autour de l'usine. Comme tout bon fournisseur de produits aux marques de distributeurs (un tiers de son chiffre d'affaires), le groupe sait faire la chasse aux coûts qui baissent en moyenne de 5 % par an. Ce qui n'empêche pas le leader d'être attaqué. Notamment par Cargill, numéro 2 mondial du chocolat en volume avec moins de 400 000 tonnes (un tiers des volumes du suisse). L'américain a sensiblement accru ses capacités de transformation de fèves de cacao au Ghana, où il va cons-truire une usine d'une capacité de 65 000 tonnes, qu'il peut à terme doubler. En Côte-d'Ivoire, il est rapidement devenu l'un des principaux exportateurs de fèves. Jusqu'ici, Cargill transformait essentiellement du cacao pour le marché américain. Il a maintenant de fortes ambitions en Europe. En 2004, il a racheté OCG Cacao, qui possède quatre usines : une à Rouen, une au Royaume-Uni, et deux en Belgique, dont celle de Mouscron qui a doublé sa capacité de production en choco-lat liquide. Il vient également de racheter une usine en Allemagne. " 2008 va être une année difficile ! ", reconnaît-on à Meulan-Hardricourt : on s'attend à une compétition effrénée avec l'américain mais aussi avec les opérateurs européens comme l'espagnol Natra (lire " L'Usine Nouvelle " n° 3083) et le français Cémoi (Cantalou). Avec peut-être une nouvelle concentration du marché en vue. La carte de la sous-traitance La riposte du suisse ne s'est pourtant pas fait attendre. Le groupe a lui aussi doublé ses capacités de transformation de fèves, à San Pedro, en Côte- d'Ivoire et au Ghana. Il renforce ses achats directs auprès des producteurs pour mieux maîtriser ses volumes dans un marché tendu (lire p. 30) ainsi que la qualité et la traçabilité de la matière première. La deuxième étape de la riposte, c'est encore et toujours l'efficacité industrielle. Dans un marché où l'offre est de plus en plus large, Barry Callebaut mise sur sa capacité à gérer la complexité et à fournir en sous-traitance. Intervenant majeur de la tablette en marques de distributeurs, il veut fabriquer les produits des industriels, comme en témoignent quatre contrats signés l'an dernier avec les grands noms de la confiserie : le suisse Nestlé, l'américain Hershey, le japonais Morinaga (avec lequel il a noué une joint-venture en 2007) et le britannique Cadbury. A chaque fois, la reprise de l'outil industriel par Barry Callebaut a été assortie des contrats de fournitures. C'est le cas de l'usine Nestlé de Dijon, qui produisait les barres chocolatées Lion. " Ces deux sites ne tournaient pas à plus de 40 % d'utilisation : les usines Nestlé ne produisent que pour Nestlé alors que nous pouvons travailler pour différents clients ", explique Patrick de Maeseneire. Dijon, désormais spécialisé dans les productions de pâtes à glacer et les couvertures à base de graisse végétale, devrait voir sa production tripler. La sous-traitance est un modèle encore relativement peu développé en agroalimentaire. Pour Patrick de Maeseneire, il devrait s'amplifier dans les années à venir. Miser sur les pays émergents Dernier axe stratégique pour le groupe : être le premier dans les pays émergents qui s'ouvrent au chocolat. Notamment les Chinois : ils n'en consomment que 110 grammes contre 11 kg en moyenne pour un Européen. Le chocolatier possède déjà une usine à Singapour. Il vient d'ouvrir une unité d'une capacité de 25 000 tonnes en Chine afin de multiplier par six ses ventes avant 2012. Près de Moscou, une unité de taille semblable a également été ouverte en 2007. Barry Callebaut réalise 88 % de ses ventes en Amérique du Nord et en Europe, mais Patrick de Maeseneire se fixe pour objectif de faire passer les autres régions de 12 à 20 % de son activité d'ici à 2010. De quoi remplir l'objectif stratégique qui fait figure de devise dans le groupe : croître deux fois plus vite que le marché. .
@ Par Patrick Déniel
La stratégie de ce groupe suisse fort discret : fabriquer pour des industriels et des distributeurs. Numéro 1 mondial du secteur du chocolat, il se dévoile. Pour mieux trouver un partenaire ?
A Meulan-Hardricourt, petite commune des Yvelines, les vents d'ouest sont souvent annonciateurs de pluie. Ils apportent aussi les effluves de cacao de l'usine du géant suisse Barry Callebaut, numéro 1 mondial du chocolat. Un leader largement méconnu du ...

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Attractivité - Un record d'investissements | L'Usine Nouvelle 05/04/2018

Article (INTERNATIONAL)

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La France connaît un regain notable de l'attractivité de son industrie. Certes, l'élection d'Emmanuel Macron a séduit les industriels étrangers, surtout, puis ses discours et ses initiatives sont à l'origine de nombreux projets, portés par des entreprises tricolores ou internationales. L'agence Business France liste les indicateurs (évolution 2016 -2017) : + 23 % de projets industriels en France, dont 16 % sont issus d'investissements allemands - la France devient le premier marché européen de l'Allemagne. Les projets de R&D augmentent de 9 %, une croissance alimentée essentiellement par les investissements américains. Les décisions d'investissements étrangers en France progressent de 16 % avec 1 300 projets, ce qui correspond au maintien ou à la création d'environ 33 500 emplois. Les investissements étrangers portent massivement sur les activités de production qui captaient 26 % des IDE en 2017 et qui ont progressé de 23 % sur un an. La France est également plébiscitée pour la qualité de sa recherche et de son ingénierie. Nombreuses précisions. Explications de Christophe Lecouturier, directeur général de Business France sur la stratégie de l'agence. Graphiques : courbe du nombre de décision d'investissements étrangers par an en regard du nombre d'emplois créés par ces décisions (période 2007-2017) ; origine des décisions d'investissements et typologie des investissements étrangers en 2017 (%). Données chiffrées. La France connaît un regain notable de l'attractivité de son industrie. Certes, l'élection d'Emmanuel Macron a séduit les industriels étrangers, surtout, puis ses discours et ses initiatives sont à l'origine de nombreux projets, portés par des entreprises tricolores ou internationales. L'agence Business France liste les indicateurs (évolution 2016 -2017) : + 23 % de projets industriels en France, dont 16 % sont issus d'investissements allemands ...

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- n° 3090 - p.73 à p.83

Avis de tempête sur les grosses cylin drées Contestée de toute part, l'automobile va devoir s'acheter une conduite plus écologique. Pas seulement en brandissant des concept cars mus par l'électricité ou l'hydrogène ! Lors du prochain salon de Genève, les constructeurs dévoileront aussi leur capacité à désintoxiquer les bons vieux moteurs à combustion.
La course aux moteurs sobres | Propriétaires de Porsche, de Ferrari ou de grosses berlines allemandes, passez votre chemin ! C'est en substance le message que veut adresser Ken Livingstone, le maire de Londres, aux amateurs […]
Avis de tempête sur les grosses cylin drées Contestée de toute part, l'automobile va devoir s'acheter une conduite plus écologique. Pas seulement en brandissant des concept cars mus par l'électricité ou l'hydrogène ! Lors du prochain salon de Genève, les constructeurs dévoileront aussi leur capacité à désintoxiquer les bons vieux moteurs à combustion.
La course aux moteurs sobres | Propriétaires de Porsche, de Ferrari ou de grosses berlines ...

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- n° 3024 - p.19 à p.22


La modification des habitudes de consommation, l’émergence de nouveaux marchés, la flambée du prix des matières premières et la pression environnementale contraignent les géants de l’automobile à revoir leur modèle en profondeur.


La planète automobile vit une révolution. Le sacre annoncé de Toyota, qui devrait détrôner d’ici peu General Motors de son rang de leader mondial, signe la fin d’une époque. Celle des constructeurs américains omnipotents, défenseurs d’un modèle unique où la voiture devait d’abord être grosse et puissante. Ils sont aujourd’hui exsangues. Leur manque d’anticipation des évolutions du marché, est venu à bout d’un siècle de règne sur l’industrie automobile mondiale.

La "Vieille Europe" souffre elle aussi. Le marché, saturé, se détourne des modèles traditionnels de grandes séries sur lesquels les constructeurs français avaient bâtis leur réputation industrielle, pour des véhicules plus pratiques, plus ludiques, plus sûrs et plus propres. La multiplication des modèles et l’émergence de marchés de niche imposent de nouveaux types d’organisation.

Satisfaire les nouvelles envies des consommateurs

"Minispace", "visiospace", "crossover". La créativité du marketing - et des bureaux d’études - est mise à rude épreuve pour inventer de nouveaux segments. L’objectif : relancer la demande qui s’essouffle sur les principaux marchés d’Europe, d’Amérique du Nord et du Japon. "En 1975, la Renault 5 s’arrogeait à elle seule 12 % du marché français. En 2005, pour atteindre le même résultat, Renault doit additionner les ventes de la Logan, de la Twingo, de la Modus et de la Clio", constate Laurent Petizon, spécialiste automobile chez Alix Partners.

L’hypersegmentation est née

Cette tendance marque la fin de l’âge d’or de la voiture de gamme moyenne qui assurait l’essentiel des ventes et de la marge des constructeurs généralistes. Traditionnellement, les gammes moyennes représentent 70 % du marché. Ce segment enregistrera un fort recul dans les années à venir. Au profit des deux extrémités du marché : l’entrée de gamme et les voitures de gamme supérieure et haut de gamme. Pris en étau, les constructeurs généralistes doivent revoir leur copie. Renault, qui avoue tirer plus de 60 % de ses bénéfices de la seule Mégane, prévoit de lancer 26 nouveaux modèles entre 2006 et 2009. Davantage de modèles, donc des séries plus courtes : l’anti-thèse d’un modèle économique basé sur les volumes et sur lequel les européens ont appuyé leur croissance.

Ne pas tomber dans l'excès

Il revient aux ingénieurs de trouver des solutions pour résoudre l’équation de la rentabilité sur des volumes plus faibles. Il faut limiter les coûts. La politique de plate-forme commune, initiée par Volkswagen au début des années 2000, doit être poussée plus à fond. Cette méthode consiste à bâtir plusieurs modèles sur une même plate-forme afin qu’ils partagent un maximum de composants. Elle demeure l’unique réponse des grands constructeurs européens. Mais ce modèle, peu flexible, connait ses limites : lorsque les modèles conçus ratent leur cible, comme la Renault Modus ou la Peugeot 1007, la plate-forme commune ne suffit plus à assurer la rentabilité. "Il faut aussi savoir maîtriser la diversité des versions par modèle. Sans tomber dans l’excès ", explique Arnaud Siraudin, un analyste du cabinet deconseil Hemeria. Renault propose en moyenne 45 versions différentes d’un même modèle (motorisations, couleurs, garnitures intérieures, etc.).

Cette diversité coûte cher à gérer. Les constructeurs japonais y ont renoncé par souci de rentabilité. Toyota et Nissan ne proposent en moyenne que 12 versions d’un même modèle. Le surcoût d’une gamme complexe est de 10 % par rapport à une gamme simple.Un potentiel de rationalisation des coûts que les constructeurs ne pourront pas longtemps négliger.

Si l’offre doit s’enrichir, la sélection des modèles doit être hyper rigoureuse. Pas question de rater sa cible. Des véhicules comme la Logan, plus grande qu’une Peugeot 207 mais moins chère qu’une minuscule 107, viennent bousculer la segmentation habituelle. L’arrivée de voitures chinoises ou indiennes va compliquer la donne. Selon Renault, une nouvelle typologie de clientèle émerge. Des clients pour lesquels le budget voiture n’est pas prioritaire. Ils veulent juste un véhicule spacieux, sûr mais pas cher pour aller d’un point A à un point B. Le constructeur français estime que cette tranche pourrait à terme représenter 20 %du marché.


La modification des habitudes de consommation, l’émergence de nouveaux marchés, la flambée du prix des matières premières et la pression environnementale contraignent les géants de l’automobile à revoir leur modèle en profondeur.


La planète automobile vit une révolution. Le sacre annoncé de Toyota, qui devrait détrôner d’ici peu General Motors de son rang de leader mondial, signe la fin d’une époque. Celle des constructeurs américains ...

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- n° 3089 - p.58 à p.60

Les géants d'internet et les industriels du GSM ont multiplié les annonces de produits et de services qui prennent en compte la position de l'abonné
La révolution d'internet mobile est en marche ! La dernière édition du World Mobile Congress, où se sont rués plus de 55 000 visiteurs et 1 300 exposants, du 10 au 14 février, à Barcelone, a balayé les doutes de voir les terminaux mobiles s'imposer comme de véritables accès à internet. Ainsi, aux côtés des stands d'acteurs traditionnels du GSM comme Nokia, Ericsson ou Samsung, les géants du web tels Yahoo, Microsoft et même Cisco avaient toute leur place. Et le salon a montré que la fusion des deux univers prenait tout son sens et s'accélérait avec la démocratisation du GPS. La localisation de l'abonné, couplée à des bases de données en ligne, inaugure des services nouveaux et radicalement différents de ceux accessibles depuis un PC. " Internet mobile a l'avantage d'apporter une information qui tient compte du contexte de l'utilisateur et de son entourage immédiat ", explique Marco Boerries, le vice-président de Yahoo Europe. Son dernier service montre comment le GPS révolutionne la simple application du répertoire téléphonique. Un utilisateur peut connaître à n'importe quel moment la position des contacts enregistrés dans son répertoire (s'ils ont accepté de publier leurs coordonnées GPS), et même recevoir une alerte en fonction de leur proximité ! Pour permettre l'émergence de tels services, les industriels présents sur le salon s'engagent à équiper massivement les téléphones de cette fonction. Selon eux, le GPS pourrait se diffuser aussi rapidement dans les combinés que la fonction appareil photo, en quasi-standard sur les derniers modèles. Nokia, le numéro 1 mondial des fabricants de terminaux, a présenté quatre nouveaux appareils, embarquant tous une puce GPS. " Nous avons pour ambition de vendre 35 millions de téléphones avec la fonction GPS en 2008 ", a indiqué Olli Pekka Kalasuvuo, le président de Nokia. Et le géant finlandais a présenté pour la première fois une application logicielle, Maps 2.0, (contrant celle de Google) spécifiquement conçue pour les piétons. connaître sa position en moins d'une seconde Les fabricants de semi-conducteurs, capables de produire des puces GPS pour une poignée de dollars, ne cessent de perfectionner leur technologie et corrigent les imperfections du GPS actuel. Notamment en réduisant la durée nécessaire pour établir la position à la première utilisation. Pour cela, le système E-GPS (GPS amélioré) exploite, outre les données des satellites, les informations fournies par le calcul de triangulation réalisé à partir de trois relais GSM. " On peut alors connaître sa position en moins d'une seconde ", explique Gérard Cronin, vice-président marketing de NXP, l'ex-branche semi-conducteurs de Philips. Les fabricants de processeurs d'applications enrichissent également la fonction GPS en apportant plus de réalisme aux cartes de navigation. Texas Instruments, avec Advanced Geospatial Solutions (AGS), un spécialiste britannique de la cartographie 3D, a présenté une carte électronique qui traite des images 3D sur le téléphone. Le réalisme et la fluidité sont impressionnants. " L'utilisateur peut ainsi se repérer plus rapidement en reconnaissant les bâtiments qui l'entourent ", explique Lez Andrew, développeur pour AGS. Le GPS n'est pas la seule fonction qui permettra de faire décoller l'internet mobile. D'autres briques technologiques arrivent à maturité. Les réseaux de transmission sans-fil tout d'abord. Le salon a été l'occasion de confronter les deux technologies en lice qui espèrent s'imposer pour la 4G mobile. Au niveau des performances, l'avantage va à la technologie de réseau cellulaire LTE (Long Term Evolution). Le suédois Ericsson a déployé sur le salon une station radio prototype capable d'établir des liaisons à un débit de 160 Mbps. Une performance à comparer aux 14,4 Mbps de la génération actuelle (le HSDPA). Au cours de la manifestation, bon nombre d'opérateurs mobiles (China Mobile, Vodafone...) ont affiché leurs préférences pour le LTE... Côté équipementiers, Alcatel-Lucent et NEC ont profité du salon pour annoncer la création d'une société commune dans ce domaine, réunissant dans un premier temps un millier de collaborateurs.La technologie concurrente Wimax a cependant l'avantage sur le plan du calendrier. Certains constructeurs ont présenté une panoplie complète d'équipements : réseaux, terminaux, cartes modems... Sur le stand du japonais NEC, le visiteur pouvait visualiser un film en téléchargement grâce à une connexion Wimax à 30 Mbps ! Reste que les deux technologies ont de grandes similitudes : même modulation OFDM (Orthogonal Frequency Division Multiplexing) et même technologie d'antennes multiples avec le Mimo (Multiple-Input Multiple-Output). deux défis à relever : l'interface et l'autonomie L'optimisation des technologies silicium permet de doper les capacités multimédia des téléphones. Samsung a réussi un nouveau tour de force dans la miniaturisation de ses mémoires. Pas plus grands qu'un timbre-poste, ses composants de stockage affichent 16 Go permettant d'enregistrer l'équivalent de vingt heures de vidéo ! Toutefois pour imposer leurs portables comme terminaux d'accès à internet, les fabricants ont deux défis majeurs à relever. D'abord, celui de l'interface, aujourd'hui forcément bridée par des écrans et claviers inadaptés à la navigation sur le Web. A Barcelone, les industriels ébauchaient des réponses séduisantes. D'une part la technologie de transaction sans contacts ou NFC, notamment en démonstration sur les stands d'Inside Contactless, de Gemalto, de NXP... Ainsi, le simple fait d'approcher le téléphone d'un objet contenant un émetteur radio NFC permet de télécharger automatiquement, via le web, le contenu associé à cet objet. D'autre part l'arrivée des écrans tactiles (dans la foulée de l'iPhone) et programmables. Comme le modèle KF600 de LG, où la partie inférieure du téléphone affiche un clavier dynamique en fonction de l'application ouverte par l'utilisateur : des touches de lecture (avance, retour...), pour la musique, par exemple. Le second défi est celui de l'autonomie des appareils mobiles. D'autant que les téléphones embarquent de plus de plus de fonctions (GPS, appareil photo, lecteur de musique...) drainant l'énergie des batteries. Les derniers progrès des technologies silicium résoudraient le problème. " Notre dernière génération de processeurs d'applications améliore sensiblement l'autonomie des portables tout en leur apportant encore plus de puissance de traitement ", indique Jay Srage, le directeur du marketing systèmes cellulaires de Texas Instruments. En passant à la technologie CMOS 45 nm (65 nm auparavant), le fabricant de puces revendique une optimisation de 63 % de l'efficacité énergétique de ses composants. Désormais les industriels ne s'interrogent plus sur la pertinence et la capacité du téléphone portable comme terminal d'accès à internet. Leur seule préoccupation réside dans les moyens et la durée pour convertir le plus rapidement possible les 3 milliards d'abonnés qui sont équipés d'un téléphone... pour simplement passer un coup de fil. .
Les géants d'internet et les industriels du GSM ont multiplié les annonces de produits et de services qui prennent en compte la position de l'abonné
La révolution d'internet mobile est en marche ! La dernière édition du World Mobile Congress, où se sont rués plus de 55 000 visiteurs et 1 300 exposants, du 10 au 14 février, à Barcelone, a balayé les doutes de voir les terminaux mobiles s'imposer comme de véritables accès à internet. Ainsi, aux ...

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- n° 3024 - p.113 à p.122

SOMMAIRE

Biocarburants : la France pourra-t-elle fournir ?
Quand les american farmers deviennent des industriels
La deuxième génération est déjà en préparation

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- n° 3102 - p.52 à p.54

Une certification environnementale, ça se mérite ! Avant d'apposer un tel logo sur ses emballages, un check-up complet s'impose. Tour d'horizon des cinq étapes à respecter.
C'est une véritable endémie. Depuis plusieurs années, les labels environnementaux connaissent une croissance exponentielle. NF Environnement en France, Ange bleu en Allemagne, Nordik Swan dans les pays scandinaves, écolabel européen : une multitude de sigles, à portée nationale ou européenne, coexistent aujourd'hui. Des labels sectoriels ou spécialisés sur une thématique (agriculture biologique, étiquette énergie, PEFC pour le bois, anneau de Moebius pour le recyclage...) tentent aussi de se faire une place sur les emballages de nos produits. A tel point que l'on recense aujourd'hui pas moins de 700 étiquettes différentes arborant un caractère écologique. Difficile pour le client, comme pour l'industriel, de s'y retrouver. Submergés, les professionnels peinent à trouver le label qui leur correspond le mieux. Ils sont parfois tentés de jeter leur dévolu à la va-vite sur le logo le plus connu. Alors qu'il convient, au contraire, de prendre le temps de la réflexion avant d'arrêter son choix. 1Faire le ménage chez soi Une bonne introspection n'a jamais fait de mal à personne. Avant de se lancer dans une démarche de labellisation environnementale, elle s'impose. Mieux vaut avoir fait le ménage chez soi pour arborer un logo écolo. Si l'obtention de la norme ISO 14001 n'est pas une obligation, cette certification peut constituer un bon marchepied vers la labellisation produit. " Les deux options sont complémentaires, reconnaît Jacques Beslin, directeur général délégué de l'Afnor. Si l'ISO permet de se fixer des objectifs et donne des méthodes en termes d'organisation, le label environnemental prend en compte le cycle de vie du produit. " Polypore a ainsi profité à plein de son expérience avec l'ISO 14001 pour décrocher la marque NF Environnement. L'ISO permet notamment de sensibiliser le personnel à la question des déchets ou des économies d'énergie. Et de se pré-munir d'un risque majeur en matière de certification : la labellisation dite de façade. 2Définir sa cible Aucune législation n'interdit la cohabitation de plusieurs labels. Mais estampiller à tout va un même produit ne servira à rien. Au contraire : " Leur prolifération sur un emballage nuit à leur lisibilité ", pense Jean Delorme, le directeur marketing du groupe V33, qui a quand même choisi d'apposer la marque NF Environnement et l'écolabel européen sur ses pots de peintures. Aussi, pour limiter l'inflation de logos sur les produits, l'industriel doit-il avoir les idées claires sur sa cible. A qui est destinée sa fabrication ? Dans quel pays sera-t-elle vendue ? L'écolabel européen semble, par exemple, le plus pertinent pour une commercialisation sur l'ensemble du Vieux Continent, mais il n'est pas toujours suffisant. Il reste largement ignoré dans la plupart des pays, notamment en France. Un Français sur cinq seulement reconnaît ce sigle, alors que la marque NF jouit, elle, d'une bonne notoriété. Plus surprenant, ces labels peuvent être aussi utiles hors de leur zone de chalandise originelle. L'écolabel est exigé pour percer sur des marchés hors Europe et notamment en Asie. " Les distributeurs coréens apprécient tout particulièrement notre gamme frappée de l'écolabel, assure Vincent Lepais, le directeur marketing de Blanchon, fabricant de vernis et de vitrificateurs. Ils vont jusqu'à accompagner ces produits d'une notice explicative sur cette certification. " 3Bachoter la documentation La lecture des pavés de normes en rebute plus d'un. Il faudra pourtant accepter d'y jeter un peu plus qu'un oeil distrait pour dénicher le label qui convient le mieux à votre entreprise. NF 130 pour les peintures, NF 335 pour les cartouches, EU 163 pour les peintures et vernis d'intérieur... Chaque domaine d'activité possède sa propre norme. Ecrite à chaque fois par un comité d'experts (organismes techniques, législateurs, ONG et industriels), elle affiche des exigences précises qui nécessitent cependant une analyse approfondie. Pour obtenir son label sur ses bureaux professionnels, le fabricant de meubles Gautier a dû plancher sur seize critères définis dans la norme destinée aux produits du bois. " Nous regardons les aspects de transports, d'origine du bois ou de rejets des composés organiques volatiles, témoigne Jean-Claude Petit, le responsable du développement de l'ameublement au FCBA, un organisme certificateur spécialisé dans le bois. Nous prêtons attention également à la performance du produit. Le label environnement ne doit pas se faire au détriment de la qualité du produit. " Pour y retrouver ses petits, l'Afnor a mis au point, sur son site, un " moteur de rechercher normatif " (www.afnor.fr). Il permet de trouver rapidement la réglementation correspondant au produit visé. L'Ademe et la Fédération nationale de l'agriculture biologique (Fnab) possèdent aussi un réseau de conseillers aptes à répondre aux questions les plus techniques. L'Agence de l'environnement a également édité un passeport " achat responsable ". 4Evaluer les impacts L'intérêt marketing des labels produits est évident, mais ne constitue que la partie immergée de l'iceberg. S'engager dans une démarche de certification produit va également modifier sérieusement la production, la logistique et les achats. Il sera parfois nécessaire de revoir complètement le processus de fabrication pour répondre aux nouvelles exigences. Des entreprises comme Polypore ont dû restreindre leur panel de fournisseurs (lire ci-contre). D'autres, comme V33, ont retravaillé la compostion des peintures pour en bannir les composants les plus nocifs. Le passage à l'agriculture biologique impose, lui, un changement radical. Dans le cas de l'agriculture intensive, les contraintes sont telles que la transition n'est pas possible. Quant aux industriels, " s'ils décident de se lancer dans le bio, ils préfèrent quelquefois le faire par acquisition de petites sociétés, remarque Xavier Dupuis, le responsable de l'agriculture biologique au sein du certificateur SGS ICS. Ils les organisent alors complètement en fonction de la réglementation biologique. " C'est le cas de Danone, qui a acquis StonyField, société américaine de yaourts biologiques (sous marque " Les 2 vaches "), pour se lancer sur ce créneau. En termes de coût, la certification est loin d'être neutre. Sa mise en place nécessite de débourser quelques milliers d'euros, mais la facture peut flamber et atteindre le million d'euros pour aller au bout du processus. Et ce n'est pas tout. Après deux ans de travail acharné, il faudra encore payer pour maintenir son label (audit régulier, veille sur les évolutions...). Et accepter de verser une cotisation annuelle d'exploitation. Pour la marque NF, l'Afnor la facture 5 000 euros. Ces surcoûts peuvent toutefois être limités si l'entreprise joue pleinement le jeu. Par le biais des économies d'énergie notamment, elle peut réussir à réduire sérieusement la note. Il est également possible de labelliser ses produits en participant à la conception des futures normes en tant qu'experts. 5Frapper à la bonne porte Attention, chasse gardée ! Pour décrocher les deux certificats (NF Environnement et écolabel européen), la seule porte d'entrée en France est l'Afnor. L'organisme fait donc la pluie et le beau temps en la matière, même s'il délègue un certain nombre d'audits à des certificateurs spécialisés comme le FCBA pour le bois. Pour les labels auto-déclarés ou privés (anneau de Moebius pour le recyclage, étiquettes énergie, Monoprix vert...), l'entreprise est seule responsable de ce qu'elle déclare. Elle peut toutefois s'appuyer sur la norme ISO 14021, qui régit les marquages environnementaux, pour bâtir son processus d'auto-certification. Si cette solution peut paraître intéressante et économique (elle évite de subir les visites d'auditeurs), elle suppose quand même de posséder une certaine maîtrise du sujet. " Avec Conforama, nous avons travaillé à une gamme de bureau écoconçue reposant sur l'auto-déclaration. Le fait d'avoir labellisé au préalable deux produits avec la marque NF constituait un gage de confiance ", témoigne Pierre-Emmanuel Berthault, le responsable QSE chez Gautier. Histoire de ne pas prendre de mauvaises habitudes. Et de rassurer les clients. .
@ Jessy Picard
Une certification environnementale, ça se mérite ! Avant d'apposer un tel logo sur ses emballages, un check-up complet s'impose. Tour d'horizon des cinq étapes à respecter.
C'est une véritable endémie. Depuis plusieurs années, les labels environnementaux connaissent une croissance exponentielle. NF Environnement en France, Ange bleu en Allemagne, Nordik Swan dans les pays scandinaves, écolabel européen : une multitude de sigles, à portée ...

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Cobotique - Travailler main dans la pince | L'Usine Nouvelle 01/05/2018

Article (TECHNOLOGIES)

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C'est une petite révolution dans le monde industriel : les cobots, robots collaboratifs, prennent de plus en plus d'importance en 2018. Leur marché pourrait atteindre 2 milliards de dollars en 2021. Ces nouvelles machines ne sont pas là pour remplacer l'homme mais pour l'assister, au coeur de l'usine et de la production. Le but principal est de confier les tâches les plus répétitives aux cobots, pour que l'homme puisse se concentrer sur les étapes à valeur ajoutée, qui demandent davantage de travail intellectuel et ne sont pas juste une suite de mouvements. L'interaction se développe également de plus en plus entre les deux parties, même s'il faut faire en sorte que la présence d'un robot à ses côtés n'entrave pas la liberté de l'employé ou sa manière de faire. L'objectif n'est pas que le salarié devienne un assistant du robot. A terme, les deux doivent pouvoir travailler en parfaite synchronisation, via des outils comme les exosquelettes ou les robots mobiles intelligents. Les cobots sont avant tout au service des employés et de la production. Sommaire. Mon collègue, ce cobot. Homme et robot en duo. Marc-Eric Bobilier Chaumon, professeur de psychologie du travail : "Eviter que le salarié devienne un assistant". Gobio en quête de l'exosquelette ultra-light. Allemagne, la cobotique intègre les usines avec prudence. Dossier. Données chiffrées (nombre de cobots vendus en 2015, valeur potentielle du marché dans le futur, etc.). C'est une petite révolution dans le monde industriel : les cobots, robots collaboratifs, prennent de plus en plus d'importance en 2018. Leur marché pourrait atteindre 2 milliards de dollars en 2021. Ces nouvelles machines ne sont pas là pour remplacer l'homme mais pour l'assister, au coeur de l'usine et de la production. Le but principal est de confier les tâches les plus répétitives aux cobots, pour que l'homme puisse se concentrer sur les ...

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Comment se former à l'intelligence artificielle | L'Usine Nouvelle 17/01/2019

Article (COMPETENCES )

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Entre 2016 et 2017, le nombre d'offres d'emplois liés à l'intelligence artificielle recensés par l'Aassociation pour l'emploi des cadres a doublé, atteignant les 2400. Les entreprises cherchent donc de plus en plus des collaborateurs possédant des compétences liées à l'IA. En parallèle du recrutement, elles mettent aussi en place des formations en interne pour toucher leurs propres salariés. Il faut former les cadres, mais aussi apporter les professions techniques. L'important est de donner à chacun le niveau d'expertise nécessaire, ni trop pour ne pas le noyer, ni trop peu pour ne pas qu'il soit perdu même après la formation. Il est donc important de différencier les formations selon les professions, tout en donnant à tous des billes générales sur l'intelligence artificielle et ses caractéristiques. Des détails. Pas de chiffres. Entre 2016 et 2017, le nombre d'offres d'emplois liés à l'intelligence artificielle recensés par l'Aassociation pour l'emploi des cadres a doublé, atteignant les 2400. Les entreprises cherchent donc de plus en plus des collaborateurs possédant des compétences liées à l'IA. En parallèle du recrutement, elles mettent aussi en place des formations en interne pour toucher leurs propres salariés. Il faut former les cadres, mais aussi apporter les ...

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- n° 2067 - p.40 à p.43

Sixième distributeur français, Système U compte quelque 3 000 PME parmi ses fournisseurs réguliers. Comment ont-ils amorcé le courant d'affaires ? Quelles sont les règles à suivre ? "L'Usine Nouvelle" lève le voile sur les méthodes d'achats des "nouveaux commerçants". Ici, un seul sésame : le magasin !
L'immeuble de la centrale parisienne de Système U est à l'image de l'enseigne : pas de démesure, ni de signes extérieurs de richesse. A peine franchie l'entrée de cet immeuble modeste de l'Est parisien, la voix du comédien Daniel Prévost délivre en boucle les spots radio des " nouveaux commerçants ". A quelques semaines de la retraite, Philippe Guider, le responsable commercial du groupe de charcuterie Aoste, a voulu profiter de cette période de calme pour venir saluer " son " acheteuse. " Chez Système U, le turn-over aux achats est faible, bien plus que dans les autres grandes centrales françaises, glisse-t-il. Cela permet de développer les affaires dans le temps. De ce point de vue, c'est une boutique un peu à part. "
Atypique, l'ex-Unico l'est aussi par sa taille et son implantation. Sixième enseigne française par le chiffre d'affaires, Système U est l'antithèse d'un groupe global. Les 863 magasins - surtout des supermarchés - ne sont implantés qu'en France, surtout dans l'Ouest. Un pedigree très " local ", avec un fort accent sur les produits frais. Dernière spécificité, et non des moindres, Système U est une enseigne constituée de commerçants indépendants comme Leclerc ou Intermarché. Contrairement aux succursalistes intégrés (Carrefour, Casino ou Auchan), pilotés de façon centralisée, les 754 commerçants associés sont des chefs d'entreprise, propriétaires de leurs magasins. Ce sont eux les véritables dirigeants de l'enseigne.


Des patrons de magasins autonomes

Une autonomie qui fait du patron de magasin l'homme clé pour travailler avec Système U. Celui-ci a toute liberté pour constituer son assortiment " local " qui peut représenter jusqu'à 20 % des références physiques d'un point de vente. Les produits frais, les fruits et légumes, les spécialités régionales ou la boucherie sont les premiers concernés. Mais pas seulement. En 1999, trois ans après sa création, la Phocéenne de Cosmé-tique (6 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2005) a réussi à faire référencer une vingtaine de différents savons végétaux en direct dans un hypermarché U du Sud-Est. " Nous étions en pleine crise de la vache folle et nos produits ne contenait pas de graisses animales, se souvient Eric Renard, le patron de la Phocéenne. Le directeur du magasin s'est laissé convaincre. " Trois ans plus tard, l'entreprise signait un premier accord national autorisant la livraison directe dans un entrepôt.
Pour de nombreuses PME, c'est donc dans le point de vente que s'engage la première négociation. De manière classique, le commerçant exige une remise, généralement facturée en fin d'année, calculée à la référence sur la base d'un pourcentage du chiffre d'affaires réalisé dans son magasin. Ce premier référencement constitue aussi la clé pour atteindre l'échelon départemental ou régional. Les associés U d'un même département se réunissent environ une fois par mois dans le cadre des groupements d'échanges et de propositions (GEP) afin de comparer leurs performances et la pertinence de leur assortiment local.
Les fournisseurs, dont les produits affichent de bonnes rotations, ont toutes les chances de faire parler d'eux lors de ces réunions. Et peuvent ainsi se retrouver dans plusieurs magasins d'une même région. L'écho remonte vite jusqu'à la centrale nationale, à Créteil (Val-de-Marne). " Au mois de mars, les chefs de produits nationaux commencent à déceler ce qui remonte des GEP, explique Christian Carrère, le responsable depuis 1999 des relations avec les PME chez Système U. Si les produits sont intéressants et peuvent trouver leur place au niveau national en apportant des spécificités à l'enseigne, on propose des rendez-vous avec les fabricants concernés. "

repérer les perles rares

Avec une équipe de 7 " messieurs PME " - un par région et par famille de produits -, Système U est l'enseigne française la mieux dotée pour repérer les perles rares et piloter la relation avec les quelque 3 000 petites et moyennes entreprises qui constituent le gros des fournisseurs alimentaires (900) et non alimentaires. " On peut aller chercher une PME parce qu'elle correspond à un besoin que nous couvrons mal sur une catégorie de produits, poursuit Christian Carrère. Ou encore pour développer cette offre sous notre marque. "
Au fournisseur de savoir s'il est prêt à abandonner la sienne. Eric Renard, de la Phocéenne de Cosmétique, n'a jamais voulu sauter le pas. La fromagerie Pochat, elle, n'a pas hésité. Un temps référencée dans quatre magasins savoyards avec son reblochon, l'entreprise d'Annecy a finalement décroché un contrat pour fournir la marque U au niveau national. Idem pour le fabricant de confiture lot-et-garonnais Lucien Georgelin (18 millions d'euros de chiffre d'affaires), repéré cet hiver par la structure " PME ". L'entreprise livrera bientôt huit entrepôts avec quatre desserts de fruits vendus sous la marque U. " Il n'y a pas eu vraiment de contrat pour officialiser le référencement, explique Lucien Georgelin. Cela a marché sur la confiance. Mais les documents échangés pour la mise au point et l'élaboration des recettes montrent bien que le marché est enclenché ", poursuit-il. Il n'y a pas d'engagement formel dans le temps de la part de l'enseigne. Pas plus que sur les volumes, sauf si le fournisseur doit consentir un investissement spécifique pour répondre à l'appel d'offres. Contrepartie implicite : en devenant sous-traitant pour l'enseigne, l'industriel échappe aux dépenses marketing et au paiement du référencement, ce droit d'entrée réclamé pour les marques.

Définir la coopération commerciale

Pour le fabricant attaché à sa marque, la négociation au niveau national implique donc des budgets beaucoup plus importants. Comme dans toutes les centrales, les discussions s'orientent vite vers les dépenses de coopération commerciale. " Nous parlons des moyens que nous allons mettre en oeuvre ensemble pour construire le business, concède Christian Carrère. On définit, par exemple, le nombre de catalogues promotionnels dans lesquels la marque sera présente dans l'année ou, encore, le niveau de remise au consommateur adossé à la carte de fidélité de l'enseigne pour l'achat du produit. " Tous ces services, qui incluent aussi l'emplacement en tête de gondole (réservée souvent aux gros fournisseurs), sont facturés de manière distincte, en plus des remises de fin d'année.
Sur le fond, ces services associés constituent des accélérateurs de vente que personne ne conteste. Mais leur prix a fait l'objet de dérives sévères jusqu'en 2006. Selon les enseignes, la position du fabricant sur le marché et les familles de produits, la facture a pu atteindre jusqu'à 30 % du chiffre d'affaires réalisé avec un distributeur. Pour un service pas toujours bien défini. La tête de gondole peut être fictive ou laissée à la discrétion du patron de point de vente... " Pas de cela chez nous " , assure-t-on à Créteil. L'en-seigne a pourtant été condamnée en novembre 2006 à payer une amende record de 76 millions d'euros pour des services facturés non rendus. Une décision sévère, qui doit encore être jugée en appel. " Dans presque tous les cas, les calendriers d'animations commerciales prises au niveau national ou régional sont correctement respectés au niveau local ", reconnaît un fournisseur qui souligne la réputation " partenariale " de l'enseigne.

Une enseigne reputée transparente

ement national n'exonère pas la force de vente du fabricant de visites régulières sur le terrain. Pour le suivi des affaires, tout d'abord. Mais aussi pour vérifier que les produits sont bien en rayon hors périodes de promotion. Ce qui n'est pas toujours automatique.
Dans les magasins les plus importants - ou ceux dans lesquels le fa- bricant réalise un gros chiffre d'affaires - l'associé U pourra exiger une nouvelle négociation - baptisée " appel d'offres " - afin de garantir la présence effective du produit en linéaire. Un " deuxième round " qui n'est pas du goût de tous les industriels. " Il y a quelques points de vente U que je préfère laisser à d'autres, tellement les conditions y sont dures, explique Joël Pétillon, le patron du fabricant de chaussettes Kindy (25 millions d'euros de chiffre d'affaires). Economiquement, cela ne tient plus la route. " Une fausse note pour cette enseigne réputée transparente qui montre qu'on ne travaille pas avec Système U, mais bien avec les patrons de ses points de vente. Un système auquel l'enseigne n'est en tout cas pas prête à renoncer. Le taux de fidélité de ses clients est l'un des plus forts de la profession et elle affiche la croissance la plus dynamique et régulière du secteur. Sa part de marché est passée de 6,5 % en 2000 à 8,5 % en 2006. Au premier semestre 2007, ses ventes ont encore bondi de 7 %. De loin, la meilleure performance du commerce français.


Yves Dougin

Le groupement d'indépendants qui grimpe
le 06/09/2007 N°3067

> Chiffre d'affaires 2006
12,55 milliards d'euros (hors carburant)
> Croissance 2006/2005
+ 3,3 %
> Part de marché 2006
8,5 % (+ 0,1 %)
> Trois enseignes
Marché U 143 magasins, 5 000 références
Super U 672 magasins, 12 000 références
Hyper U 48 magasins, 20 000 références
> 1 100 fournisseurs alimentaires
900 PME et 200 grands groupes
> Les PME fournissent
29,8 % du nombre de références de produits de grande consommation (PGC) et frais en libre service (FLS) et génèrent 30,2 % du chiffre d'affaires de l'enseigne.


Trois portes d'entrée pour atteindre les linéaires
le 06/09/2007 N°3067

1
les achats locaux
863 magasins
754 associés
Chaque magasin constitue une porte d'entrée possible chez Système U.
Ce que l'on y négocie
> Le complément d'assortiment local (20 % des références).
> Les accords " magasins ". Ils peuvent concerner les produits faisant déjà l'objet de contrats nationaux ou régionaux en livraison directe.
2
les achats régionaux
5 centrales régionales
28 entrepôts
Ce que l'on y négocie
> Le complément d'assortiment régional (30 % des références).
> Les services d'agencement et d'immobilier : plomberie, chauffage, gros oeuvre...
3
les achats nationaux
3 centrales > Alimentaire + services supports (Créteil-94) > Bazar (Nantes Carquefou-44) > Textile (Bonneuil-sur-Marne-94)
Ce que l'on y négocie
> Les accords nationaux sur entrepôt ou en livraison directe.
> Les produits du tronc d'assortiment national (TAN), commun à tous les points de vente (55 % des références).
> Le référencement des fournisseurs de marques de distributeurs.
> L'équipement mobilier des magasins (120 millions d'euros d'achats par an) : meubles froids, gondoles, caisses, chariots, balances, matériels de stations- service...


Neuf mois pour élaborer une confiture à la marque U
le 06/09/2007 N°3067

Après deux mois de travail d'identification du besoin et de définition du cahier des charges, l'enseigne émet son appel d'offres aux fournisseurs. La plupart des échanges d'informations transitent par workflow. Une dizaine de personnes sont impliquées. Une centaine d'étapes seront nécessaires jusqu'à la livraison du produit en magasin.
Chez système u
> Dépouillement et analyse des propositions
> Analyse qualité / dégustation
> Choix définitif du fournisseur (en fin de période J-21).
> Création du packaging (maquettes et exécution des documents)
> Réalisation du packaging (photogravure et impression)
> Derniers tests produits (en fin de période J-12 semaines)
> Livraison à l'entrepôt
> Livraison au magasin
> Le produit est en rayon
Chez le fournisseur
> Réponse aux questions préliminaires (agrément IFS, garantie non-OGM, critères prix...)
> Envoi des premières propositions commerciales écrites
> Envois des premiers échantillons
> Audit éventuel de l'usine
> Définition du plan de charges
> Calage des lignes de production
> Livraison des rouleaux d'étiquettes
> Démarrage de la production
Sixième distributeur français, Système U compte quelque 3 000 PME parmi ses fournisseurs réguliers. Comment ont-ils amorcé le courant d'affaires ? Quelles sont les règles à suivre ? "L'Usine Nouvelle" lève le voile sur les méthodes d'achats des "nouveaux commerçants". Ici, un seul sésame : le magasin !
L'immeuble de la centrale parisienne de Système U est à l'image de l'enseigne : pas de démesure, ni de signes extérieurs de richesse. A peine ...

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- n° 3057 - p.24 à p.26

Profitant du dynamisme des produits vendus sous marques de distributeurs, des groupes de taille européenne se constituent et se spécialisent. Ces "pros" de la performance industrielle et de la chasse aux coûts sont aujourd'hui à la recherche de la taille critique.

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- n° 3068 - p.76 à p.77

Les premiers robots apparaissent sur les chantiers. Ils remplacent l'homme pour les tâches les plus pénibles. A la clé, une meilleure sécurité sur les zones à risques comme la déconstruction de sites nucléaires ou chimiques.

Pendant qu'un robot ponceur fignole un plafond, un drone inspecte les fondations du chantier, sous l'oeil indifférent d'un androïde, conducteur de pelleteuse. Une scène on ne peut plus banale dans quelques mois, à en croire les groupes de BTP et les fabricants de ces engins... Le robot ponceur achève sa phase prototype chez Bouygues Construction. Le conducteur de pelleteuse, le HRP-3, était présenté en juin dernier par les japonais Kawada et Kawasaki Heavy Industries. Doté d'une autonomie de deux heures, cet androïde remplacera l'ouvrier sur les chantiers à risque. Et le drone, conçu par le français Bertin Technologies, vole déjà de ses propres hélices pour inspecter un barrage ou des lignes électriques. Les constructeurs trouvent là l'occasion de montrer une nouvelle facette de leur métier, technologique celle-là. Tout en répondant mieux aux appels d'offres plus complexes, de démantèlement de centrales nucléaires ou de dépollution chimique. Autant de chantiers où se multiplient les postes de travail pénibles ou dangereux...


Des techniques déjà bien maîtrisées

Cet engouement pour les robots n'est devenu possible qu'avec la banalisation de la robotique. Les dernières versions d'androïdes en provenance du Japon disposent de coques étanches IP 65 pour résister à une pluie battante et marchent désormais sur un sol irrégulier. La multiplication des articulations anthropomorphiques (plus de 50 degrés de liberté) leur permet de manipuler des outils comme un tournevis et même toutes les commandes d'une pelleteuse avec les systèmes d'embrayage et de levage.
Sur les robots de conception plus simple, les efforts ont porté sur le bras manipulateur de type Scara (voir glossaire). L'association, sur un même bras, de trois ou quatre axes redondants, permet d'exécuter une tâche (ponçage, perçage, etc.) à vitesse constante, sans rencontrer d'obstacles. Et pour éviter le parasitage entre les circuits électriques et les contacteurs de commandes des articulations - toujours plus nombreux - les cons-tructeurs ont installé des filtres.
Par ailleurs, fabricants et intégrateurs ont planché sur la robotisation de fonctions spécifiques aux métiers de la construction. " Le ponçage du béton au moyen d'un disque rotatif a nécessité la conception de capteurs d'effort adaptés ", explique Philippe Bidault, chercheur au Centre de robotique intégrée d'Ile-de-France (CRIIF). Ce dernier et l'éditeur Robosoft ont ensuite combiné ces capteurs avec de nouveaux algorithmes pour mesurer le retour d'effort d'un disque ponceur en rotation. Une mesure indispensable pour obtenir un travail précis : par exemple, 2 millimètres exactement.
Ces innovations ont convaincu Bouygues, Vinci ou en encore Hochtief, en Allemagne, de se lancer dans le développement de prototypes. Bouygues Construction a lancé deux modèles conçus avec sa filiale ETDE, l'éditeur Robosoft et l'intégrateur Modules associés. Ils devraient passer à la phase industrielle début 2008.
Le premier modèle, un ponceur, s'activera bientôt sur un chantier de démantèlement nucléaire pour décontaminer une couche de béton radioactive. " Grâce à lui, nous allons diminuer considérablement la pénibilité d'un poste, encore occupé aujourd'hui par des ouvriers en combinaison antiradiation ", se félicite Christian Griffault, le directeur technique de Bouygues Construction Ile-de-France. Le second robot est destiné au perçage de trous sur de larges portions de tunnels. Enfin, avec Bertin Technologies et la PME Hélios, le groupe exploite un drone d'inspection d'ouvrages d'art métalliques ou en béton. De son côté, Barriquand, une filiale de Sogea Construction (Groupe Vinci) a déjà mis en service le robot 3-axes ProKutter, pour le fraisage de canalisations.
Le BTP parie aussi sur les grands " pondeurs " de bâtiments, ceux qui fabriquent les édifices étage après étage. Malgré l'échec d'un prototype japonais, destiné à ériger des tours, un autre projet (FutureHome) a réuni Européens, Japonais et Canadiens autour de la conception intégrée et automatisée de bâtiments modulaires. Aujourd'hui, le projet américain de robot portique " Contour Craft " tient la corde (voir encadré p.76).

L'industrie donne le ton

Les robots capables de mener à bien des tâches répétitives iront bientôt pointer sur des chantiers plus traditionnels. " Mais il faut encore gagner la bataille de l'autonomie ", rappelle Christian Griffault. A terme, ces robots devront réaliser leur mission à tous les étages d'un bâtiment de logements en évitant les obstacles et les ouvriers. Un défi que tentent déjà de relever certains robots industriels.
Les chercheurs du CRIIF et les développeurs sont d'accord : les progrès viendront des capteurs et des nouveaux algorithmes, indispensables pour mieux cartographier l'environnement. Sur les drones d'inspection, les améliorations porteront sur la miniaturisation pour faciliter l'accès aux lieux les plus confinés.
Quant à l'androïde japonais HRP-3 et à sa version chantier HRP-13, télécommandés, ils remplacent pour l'instant l'homme dans les zones à risques. Sans leur maître, les pauvres n'ont plus leur tête ! .


Olivier Ketels

De quoi parle-t-on ?
le 13/09/2007 N°3068

> degré de liberté
Il est lié au nombre de rotations dont dispose la machine. Trois rotations correspondent à trois degrés de liberté.
> bras scara
Selon l'architecture Scara, développée par un groupe de laboratoires japonais, les deux derniers degrés de liberté s'effectuent autour de deux axes parallèles.
> desserte intelligente
Elle caractérise l'autonomie de déplacement d'un robot dans un environnement dynamique : repérage et évitement des obstacles et des déplacements de personnes.


Un "pondeur" de maisons... à la chaîne
le 13/09/2007 N°3068

Berok Khoshnevis n'en démord pas. Cet ingénieur californien veut prouver l'efficacité d'un robot bâtisseur de lotissements. Un " pondeur ", dans le jargon. Un premier bras dessine les contours de la maison en coulant le béton au fur et à mesure. Un second bras positionne ensuite les autres matériaux (fenêtres, poutrelles etc.). Le robot trois axes se déplace sur rail de façon à fabriquer à la chaîne un lotissement complet. Le centre de technologies rapides de fabrications automatisées (Craft) doit le tester en conditions réelles à la fin de l'année, après avoir résolu les difficultés liées à l'écoulement continu du béton. Date de mise en service prévue : 2012.


également dans cette partie
le 13/09/2007 N°3068

78lVive le graphène libre !



80lLe partage des données matériaux réduit les cycles de conception



82lLa semaine en bref


le robot mobile (drone)
le 13/09/2007 N°3068

Missions
Atteindre les zones inaccessibles
Inspection vidéo, maintenance
Technologies mises en oeuvre
Guidage par fil, radiocommandé ou numérique (avec une station au sol), propulsion par hélices ou ailes battantes, vision par caméra CCD
Première mise en service
HoverEye de Bertin Technologies déjà en activité


le robot monotâche
le 13/09/2007 N°3068

Missions
Assurer les tâches pénibles
Opérations mécaniques répétitives : perçage, ponçage, soudage, empilage, traitement de surface...
Technologies mises en oeuvre
Contrôle d'effort, bras manipulateur, scrutateur laser, lasers de positionnement, contrôle d'assiette pour les tâches de grande précision
Première mise en service
Robot perceur Bouygues en janvier 2008


le robot androïde
le 13/09/2007 N°3068

Missions
Evoluer dans les zones à risques
Manutention, pilotage d'engins de levage...
Technologies mises en oeuvre
Bras et jambes anthropomorphiques, contrôle par télécommande, moto-réducteurs, centrales inertielles, vision par caméra CDD
Première mise en service
HRP-3 de Kawasaki Heavy Industries et Kawada Industries commercialisé en 2010
Les premiers robots apparaissent sur les chantiers. Ils remplacent l'homme pour les tâches les plus pénibles. A la clé, une meilleure sécurité sur les zones à risques comme la déconstruction de sites nucléaires ou chimiques.

Pendant qu'un robot ponceur fignole un plafond, un drone inspecte les fondations du chantier, sous l'oeil indifférent d'un androïde, conducteur de pelleteuse. Une scène on ne peut plus banale dans quelques mois, à en ...

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V

- n° 2962 - p.52 à p.61

Les sous-traitants font face à des réglementations de plus en plus sévères en matière d'environnement, mais aussi aux exigences croissantes des donneurs d'ordres.

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V

- n° 3021 - p.71 à p.73

Si sa croissance ralentit, le nautisme demeure un secteur porteur d'emplois, d'investissements et d'ouverture internationale pour le grand Ouest de la France. Cette dynamique tient en partie à la variété des acteurs de cette filière.

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- n° 3125 - p.32 à p.42

Poussées par des règlementations contraignantes et des politiques volontaristes publiques et privées, les entreprises saisissent les opportunités de l'économie verte. Un pari prometteur à long terme, malgré la crise.
Le succès est tel que les organisateurs ont dû rajouter des chapiteaux devant le centre d'exposition ! Jamais Pollutec, qui se tiendra à Lyon du 2 au 5 décembre, n'aura connu une telle affluence d'exposants. Pour sa vingt-troisème édition, le salon des équipements, des technologies et des services à l'environnement accueille 2 700 sociétés spécialisées dans les économies d'énergie, le traitement de l'air, de l'eau ou encore des déchets (elles n'étaient que 220 lors de la première édition en 1986) ! Des chiffres records qui témoignent de la vigueur de ces nouvelles industries. Bien qu'elles ne soient pas épargnées par la crise, leur avenir à long terme reste prometteur. Elles s'appuient, en effet, sur un solide socle de normes. " La croissance verte est tirée essentiellement par les seuils réglementaires qui obligent à renouveler le parc d'équipements et de produits, par exemple, dans le bâtiment ou l'automobile ", constate Eric Duvaud, associé en charge du département environnement et développement durable d'Ernst et Young. La future législation européenne sur le climat (" paquet Energie/climat "), en cours de discussion à Bruxelles, comprend plusieurs textes visant à réduire de 20 % les émissions de gaz à effet de serre de l'Union et à porter la part des énergies renouvelables (ENR) dans sa consommation d'énergie de 8,8 % en 2006 à 20 % d'ici à 2020. Elle devrait faire changer d'échelle ces marchés. Rien qu'en France, selon l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), les énergies vertes (solaire, éolien, biomasse, géothermie...) pourraient représenter en 2012 un marché (équipements et ventes d'énergie) de 24 milliards d'euros et générer 120 000 emplois. En 2007, ce marché était de 9,4 milliards d'euros pour 52 000 emplois. Ces décisions sont les effets les plus visibles des politiques volontaristes qui se dessinent partout dans le monde. Barack Obama s'est engagé à investir 150 milliards de dollars sous dix ans afin de promouvoir les énergies vertes et de relancer les économies d'énergie. A la clé, selon lui, cinq millions d'emplois. Le premier ministre britannique, Gordon Brown, veut réduire de 80 % les émissions de CO2 du pays d'ici à 2050. Et il vient de lancer un plan d'un milliard de livres pour promouvoir l'isolation des habitations financé par les distributeurs et les producteurs d'énergie. UNE FORMIDABLE RÉSERVE DE CROISSANCE Même tendance en France. " Le Grenelle représente une réserve de croissance fantastique. Je suis convaincu que la crise financière que traverse l'Europe ne peut être résolu que par la révolution verte ", assène à tout propos Nicolas Sarkozy. Dans le cadre du projet de loi Grenelle, l'Etat prévoit un vaste plan de rénovation des bâtiments, le développement des transports collectifs et des énergies renouvelables. Et multiplie les outils d'incitation : bonus/malus automobile, crédit d'impôt pour les consommateurs préférant des équipements performants énergétiquement (chauffage, panneaux solaires) ou encore un futur prêt à taux zéro plafonné à 30 000 euros pour aider les ménages à financer les travaux d'isolation et les économies d'énergie de leurs logements. Du pain béni pour les Lafarge, Saint-Gobain, Knauff et une myriade de PME. En parallèle, les entreprises misant sur le vert ont la cote auprès des fonds privés. Selon le cabinet britannique New Energy Finance, les fonds d'investissement ont engagé 13,5 milliards d'euros en 2007 dans les technologies propres, soit + 46 % par rapport à 2006. Même si la crise a freiné les ardeurs, les éco-industries continuent à trouver de l'argent dans le solaire, l'éolien, le stockage de l'énergie, le traitement de l'eau ou les biomatériaux. Au troisième trimestre 2008, le groupe de recherche américain CleantechGroup a recensé 127 accords entre ces sociétés et des fonds d'investissement, contre 106 au trimestre précédent. DES OBJECTIFS REVUS À LA BAISSE AVEC LA CRISE ? Cependant, des ombres viennent nuancer ce tableau optimiste. Avec un baril revenu autour de 50 dollars, il n'est pas exclu que l'intérêt des entreprises et des Français pour les énergies renouvelables ou les biocarburants retombe. Ensuite, les ménages devront mettrent la main à la poche. Il faut en effet que ceux-ci transforment leur envie de produits et de solutions " verts " en dépenses effectives. Selon l'Ademe, dans le seul domaine de l'efficacité énergétique des bâtiments, les objectifs du Grenelle seront tenus à la seule condition que les dépenses des ménages atteignent 15 milliards d'euros par an d'ici à 2012, deux fois plus qu'actuellement. Par ailleurs, la dernière étude d'impact, publiée en octobre, estime que le Grenelle pourrait coûter 440 milliards d'euros d'ici à 2020. Où l'Etat va t-il trouver l'argent et comment va-t-il aider à former à ces nouveaux métiers ? Des questions qui restent pour l'heure sans réponse. .
@ CAMILLE CHANDÈS
Poussées par des règlementations contraignantes et des politiques volontaristes publiques et privées, les entreprises saisissent les opportunités de l'économie verte. Un pari prometteur à long terme, malgré la crise.
Le succès est tel que les organisateurs ont dû rajouter des chapiteaux devant le centre d'exposition ! Jamais Pollutec, qui se tiendra à Lyon du 2 au 5 décembre, n'aura connu une telle affluence d'exposants. Pour sa vingt-troisème ...

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- n° 3102 - p.12

Au point mort depuis deux ans, les négociations sur les règles de libre-échange pourraient progresser avant juillet. Au coeur des débats, le rééquilibrage des échanges avec la Chine et l'Inde.
Les négociations du cycle de Doha à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) pourraient faire un pas en avant d'ici l'été. Pour les industriels européens, l'enjeu est de taille. Officiellement suspendu depuis juillet 2006, le cycle de Doha bute notamment sur la possibilité pour les pays émergents - Inde et Chine compris - de maintenir certaines barrières douanières afin de protéger leurs marchés intérieurs. " Nous ne voulons pas donner trop de marge de manoeuvre à la Chine, qui est déjà le troisième exportateur mondial. Les échanges doivent être plus équilibrés. L'Europe ne peut pas être la seule à faire des efforts ", s'inquiète Adrian Van den Hoven, le directeur des relations internationales du syndicat patronal européen BusinessEurope. De son côté, la Chine fait valoir son adhésion récente à l'OMC (2001) pour réclamer un sursis avant d'abaisser ses tarifs douaniers. Les entrepreneurs européens ont remporté une manche. Selon le dernier compromis, les exemptions possibles au libre-échange devraient être réduites. Les négociations devraient aussi avancer sur la réduction des barrières non tarifaires, formées par les normes et les labels spécifiques qui compliquent l'accès aux marchés. Le cycle de Doha devrait aussi atténuer les contraintes douanières, qui pèsent près de 4 % des prix à l'importation. Pour les gros exportateurs, les économies potentielles sont importantes. Mais dans le meilleur des cas, ces nouvelles règles ne s'appliqueront que dans plusieurs années. " Toute la difficulté est de trouver un compromis entre libéralisation et protection de certains secteurs. Depuis trois ou quatre mois, on sent que les négociateurs se rapprochent d'un équilibre ", assure Patrick Messerlin, le directeur du Groupe d'économie mondiale à Sciences Po. Les négociateurs devraient publier ces jours-ci deux textes de compromis sur la libéralisation des échanges dans l'agriculture et dans l'industrie. Une conférence ministérielle des 152 membres de l'OMC devrait suivre. Le directeur général de l'organisation, Pascal Lamy, espère ensuite aboutir à un accord définitif avant la fin de l'année et les élections présidentielles américaines. " C'est possible, mais difficile ", reconnaît Adrian Van den Hoven. .
Au point mort depuis deux ans, les négociations sur les règles de libre-échange pourraient progresser avant juillet. Au coeur des débats, le rééquilibrage des échanges avec la Chine et l'Inde.
Les négociations du cycle de Doha à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) pourraient faire un pas en avant d'ici l'été. Pour les industriels européens, l'enjeu est de taille. Officiellement suspendu depuis juillet 2006, le cycle de Doha bute notamment ...

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- n° 3124 - p;64 à p.66

Les préoccupations environnementales s'invitent dans la supply chain ! Lors du congrès de l'Aslog, les 26 et 27 novembre à Nantes, dont " L'Usine Nouvelle " est partenaire, la logistique verte occupera le devant de la scène. Achats, entrepôts, flux et camions sont concernés.
Des entrepôts intégrés dans le paysage et fonctionnant avec des énergies alternatives. Des trains et des péniches en pagaille pour les transports de gros volumes et de longue distance. Et des camions roulant à l'hydrogène ou à l'électricité pour les livraisons urbaines. Voilà un tableau idyllique de la logistique dans un monde merveilleux. Nous en sommes encore loin ! Le monde industriel a beaucoup de progrès à accomplir pour que le transport et la logistique ne soient plus montrés du doigt pour leurs nuisances sonores et surtout environnementales. Depuis quelques années, certaines entreprises comme les Brasseries Kronenbourg ou HP jouent les pionnières. Elles ont pris ce problème à bras le corps dans le but de réduire significativement leurs émissions polluantes. Mais dans la grande majorité des cas, il s'agit de " mesurettes " ou d'effets d'annonce. Pour Valentina Carbone, enseignant-chercheur à l'ESCP-EAP, qui présentera son observatoire de la supply chain lors du congrès de l'Aslog (Association française pour la logistique), " on raisonne de façon cloisonnée, mais il faut réfléchir au niveau de la chaîne entière ". Voici les quatre chantiers primordiaux à mener pour rendre sa supply chain plus écologique. 1SE RAPPROCHER DES FOURNISSEURS En toute logique, la première étape dans la chaîne d'approvisionnement concerne les achats. L'idéal est d'éviter des pays trop lointains pour limiter les nuisances liées au transport. La solution ? Identifier un réseau de fournisseurs dans un rayon proche ou amener ses sous-traitants à s'installer près de son site de production. Certaines industries comme l'automobile ont déjà adopté ces schémas depuis bien longtemps. Mais il n'est pas toujours facile de les mettre en place, surtout pour les entreprises qui ont délocalisé. Chez Kindy, qui est déjà passé à l'acte, " nous avons réorganisé nos achats pour massifier les volumes au lieu de nous éparpiller dans trente pays. Cela permet d'éviter le cadencement et de limiter les coûts de transport ", précise Daniel Ejarque, en charge du développement durable pour le groupe. Un meilleur sourcing n'a pas seulement une vertu écologique. Il permet aussi de " gagner 10 % sur les coûts de transport ", estime Patrick Poiret, consultant chez l'éditeur Oracle qui développe des outils intégrant les considérations environnementales. 2 OPTER POUR DES BÂTIMENTS ÉCONOMES Choisir des modes d'énergie alternatifs. Concevoir des bâtiments peu énergivores... Les chantiers ne manquent pas pour améliorer les entrepôts, même si la norme Haute qualité environnementale (HQE) n'existe pas dans ce domaine. " Certains ne font que de l'habillage en dotant leurs centres de stockage de panneaux photovoltaïques, alors qu'il y a des actions beaucoup plus lourdes à effectuer ", estime Christophe Chauvet, le directeur des opérations d'Elcimaï, société d'ingénierie industrielle et logistique. Si le recours à des énergies alternatives - panneaux photovoltaïques, éoliennes, géothermie - n'est pas neutre, des mesures de bon sens permettent de réaliser des économies substantielles et de réduire les émissions de CO2. L'isolation du bâtiment permet d'économiser 15 % sur la facture énergétique. Privilégier l'éclairage naturel ou les ampoules à basse tension offre des gains de 20 %. HP espère ainsi réduire de 16 % la consommation d'énergie de ses entrepôts entre 2005 et 2010. Pour d'autres industriels, c'est l'implantation même des entrepôts qui peut être remise en cause. Ainsi, selon Sophie Garrigou, la directrice transport et mobilité du conseil en stratégie BeCitizen, " il faut revoir l'implantation des plates-formes. Leur emprise au sol et l'urbanisation qu'elles engendrent créent d'importantes nuisances, par exemple l'imperméabilisation des sols et le déplacement des employés en voiture ". Chez Prologis France, qui exploite des parcs logistiques, Jean-Louis Lazuech, le directeur du développement, évoque " la nécessité de concentrer la logistique sur un même site pour mutualiser les coûts, la surveillance de l'environnement et les différents services ". L'idée de développer des plates-formes urbaines pour alimenter les grandes villes va également dans ce sens. Le promoteur de parcs Urban Real Estate tente d'ailleurs de se lancer sur ce créneau porteur avec son concept écologique d'Urban Crossdocker. Les entrepôts qu'il conçoit peuvent réceptionner les produits arrivés par le train avant de les dispatcher dans des véhicules électriques pour assurer la livraison des derniers kilomètres. 3 RÉORGANISER LES CIRCUITS LOGISTIQUES En matière de logistique verte, les gains les plus importants peuvent être obtenus en revenant sur des concepts répandus depuis des années : les stocks zéro et les flux tendus. Ces systèmes engendrent des émissions de CO2 considérables car les stocks se trouvent le plus souvent sur la route. Aujourd'hui, certaines entreprises, comme Kronenbourg, optent pour des entrepôts intermédiaires plutôt que pour un seul stock central. Jean-Michel Rothier, le président du club Demeter, estime pour sa part qu'" il faut définir le juste stock en choisissant éventuellement de fonctionner avec des stocks avancés ". Les fournisseurs de PSA Peugeot-Citroën sont en train de mettre en place des entrepôts de ce type au pied des usines du constructeur, pour assurer un semblant de flux tendu. Parfois, il est même possible de supprimer un flux de transport. Elcimaï cite l'exemple de Cereal Partners France (Nestlé) à Itancourt (Aisne) : l'entrepôt de débord, autrefois situé à quelques kilomètres de l'usine, a été abandonné au profit d'un nouveau site tout proche et relié par convoyeur. Enfin, la mutualisation des moyens logistiques et de transport par des industriels concurrents permet également de réduire le nombre de camions sur les routes. Une étude réalisée par Eric Ballot, Frédéric Fontane et Shenle Pan, chercheurs à Mines ParisTech, montre que le regroupement de onze fournisseurs pour livrer les plates-formes de deux distributeurs en Ile-de-France a permis de diminuer les émissions de CO2 de 24 %. Plusieurs projets de mutualisation ont vu le jour récemment, notamment celui des fabricants de pneus Bridgestone et Continental. Depuis le 1er avril, leurs stocks destinés au marché français sont réunis sur un seul site situé à Mer (Loir-et-Cher) et sont gérés séparément par le prestataire Deret. " Les résultats sont en deçà de nos prévisions avec 5 % de gain sur le transport au lieu de 10 % ", explique David Stoler, le directeur logistique de Bridgestone France, les distributeurs n'ayant pas encore pris l'habitude de passer les commandes en même temps. Mais les deux manufacturiers ont bon espoir d'obtenir les résultats prévus d'ici à fin 2009. 4 PRIVILÉGIER LES CAMIONS VERTS Le matériel de transport demeure le point noir de la chaîne. Si les véhicules polluent de moins en moins avec la mise en place, courant 2009, des normes Euro V, ils sont de plus en plus nombreux sur les routes. Outre la solution de réduire leur nombre avec de meilleurs taux de remplissage ou des circuits raccourcis, de multiples tests ont lieu sur des camions roulant avec des énergies propres. La ville de Lyon (Rhône) teste ainsi des camions hybrides pour approvisionner les magasins de centre-ville. TNT utilise des véhicules électriques pour certaines livraisons urbaines. Mais c'est surtout DHL, la filiale de la Deutsche Post, qui est la plus engagée. Le livreur s'est lancé dans un vaste programme de contrôle des émissions de CO2. En 2007, l'ensemble du groupe générait 21 millions de tonnes de CO2 (dont 14 pour la logistique et six pour la messagerie et l'express). Si rien n'est fait, ses émissions pourraient atteindre 45 millions de tonnes en 2020. Inacceptable ! L'objectif du postier allemand est donc de limiter à 30 millions de tonnes ses rejets. Comment ? En privilégiant, via le programme GoGreen, les véhicules électriques et hybrides, les avions de dernière génération, le ferroutage et en favorisant " l'écoconduite " des chauffeurs. Ce seul poste permettrait d'économiser 15 % de carburants !
@ OLIVIER COGNASSE
Les préoccupations environnementales s'invitent dans la supply chain ! Lors du congrès de l'Aslog, les 26 et 27 novembre à Nantes, dont " L'Usine Nouvelle " est partenaire, la logistique verte occupera le devant de la scène. Achats, entrepôts, flux et camions sont concernés.
Des entrepôts intégrés dans le paysage et fonctionnant avec des énergies alternatives. Des trains et des péniches en pagaille pour les transports de gros volumes et de ...

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- n° 3090

Les distributeurs cherchent à rendre les courses moins ennuyeuses. A grand renfort de technologies. Un marché en or pour les intégrateurs de solutions.
Pressions accrues sur les prix et les marges, consommateurs zappeurs et exigeants, concurrence d'internet... Les centaines de millions d'euros injectés depuis deux ans dans les baisses de prix par les distributeurs ne parviennent pas à stopper la valse des étiquettes : les produits alimentaires ont augmenté de 2,39 % depuis janvier. Les commerçants doivent mener l'offensive sur deux fronts : gagner en efficacité opérationnelle pour améliorer leur productivité, et inventer de nouvelles manières de " draguer " le chaland plus sûrement que par le seul attrait du discount. A grand renfort de technologies. Un marché en or pour les grands pourvoyeurs de solutions logicielles, comme IBM ou Microsoft, les fabricants de matériels et de systèmes d'encaissement ou les fabricants de puces RFID, capables de rendre les magasins intelligents. Pour l'équipementier de télécoms Motorola, le développement d'outils de communication intelligents pour le commerce est même devenu une planche de salut. L'achat, en 2007, du fabricant de lecteurs de code à barres Symbol, très fortement implanté dans la grande distribution, permet aujourd'hui au groupe américain de s'imposer comme un acteur majeur du secteur (lire " L'UN " n° 3085). Mais pour les enseignes, l'obsession du moment porte d'abord sur les zones de caisses, dont l'engorgement aux heures de pointe symbolise le pire moment des courses. Les dernières générations de magasins, comme la chaîne de supermarchés Fresh and Easy que le britannique Tesco déploie aux Etats-Unis, sont toutes équipées de zones de caisses sans caissière (self-check out). Radical dans l'approche, ces systèmes de caisses commencent à fleurir un peu partout en France. Caisses sans caissière et paiements sans contact Selon l'association Perifem, qui conseille les distributeurs dans les aspects techniques de leur métier, entre 15 et 20 % des 10 685 magasins implantés sur le territoire auraient déjà installé des îlots de caisses automatiques pour les courses de moins de 10 articles. Des marchés sur lesquels on retrouve, à côté d'IBM et de Microsoft, les grands fabricants de systèmes d'encaissements. L'allemand Wincor Nixdorf, premier fabricant mondial de distributeurs de billets de banques, et l'américain NCR, l'inventeur des caisses enregistreuses, ont fait du commerce leur priorité après le secteur bancaire. C'est NCR, par exemple, qui a harmonisé les systèmes d'encaissements des 850 magasins de Système U en France, en déployant l'an passé près de 10 000 licences logicielles TP.net, fondées sur une architecture Microsoft. Un travail qui permet aujourd'hui à Système U d'être l'un des distributeurs les plus actifs sur le déploiement de caisses sans caissière. Il est le premier à avoir implanté un système unique en Europe de gestion informatisée des espèces (le paiement en billets et pièces est complètement automatisé), développé par Wincor Nixdorf. Ces nouveaux dispositifs ne devraient toutefois pas dépasser 10 à 15 % de l'ensemble des lignes de caisses. Les nouvelles solutions de paiement sans contact utilisant les technologies sans fil NFC (Near Field Communication), et utilisables à partir d'un téléphone portable ou d'une carte de fidélité, pourraient encore changer la donne. Ces technologies permettront d'aller plus loin dans l'optimisation du paiement. C'est en effet le caissier qui ira au client, et non l'inverse. Expérimentée à grande échelle à Caen et à Strasbourg, dans le cadre de l'opération " Payez mobile ", les systèmes de paiement à partir de téléphones portables pourraient se généraliser dès 2009. Dans ces deux villes, 1 000 clients ont été équipés d'un téléphone NFC muni d'une carte SIM contenant une application permettant l'opération de paiement sans contact. Au-delà de 20 euros, le client doit toutefois saisir un code personnel pour valider la transaction. Pendant la durée du test, 200 commerçants ont été équipés d'un terminal de paiement compatible NFC. La somme est directement prélevée sur la facture de l'opérateur. Ces derniers sont d'ailleurs en pointe dans le développement de ces nouvelles applications qui leur permettent de capter et de fidéliser leur clientèle. Bouygues Telecom et la société de transport Semitag ont lancé des expérimentations à Grenoble. Orange, la filiale de France Télécom a réalisé des tests locaux avec la SNCF à Rennes, et l'opérateur britannique O2 s'est rapproché de Visa pour un déploiement à Londres. Considérée comme une extension logique de la RFID - des puces à radiofréquence lisibles à distance - la technologie NFC pourrait constituer une étape intermédiaire avant le déploiement généralisé des puces RFID sur les produits. la rfid fait son entrée dans les magasins Stade ultime, ce déploiement permettra d'obtenir directement le montant total de ses courses en passant son chariot sous un portique équipé d'un lecteur. Précurseur dans ce domaine, Metro vient de décider de sauter le pas. En partenariat avec IBM, le distributeur allemand va implanter dans ses supermarchés Real près de 30 000 références munies de puces RFID. Près d'un quart des points de vente sont déjà équipés de lignes de caisses automatiques. Les produits seront donc scannés automatiquement, sans quitter le chariot. Mais que les clients se rassurent, les puces seront désactivées dès la sortie des magasins, pour éviter tout traçage jusqu'au domicile de l'acheteur. Pour l'instant. .
Yves Dougin
Les distributeurs cherchent à rendre les courses moins ennuyeuses. A grand renfort de technologies. Un marché en or pour les intégrateurs de solutions.
Pressions accrues sur les prix et les marges, consommateurs zappeurs et exigeants, concurrence d'internet... Les centaines de millions d'euros injectés depuis deux ans dans les baisses de prix par les distributeurs ne parviennent pas à stopper la valse des étiquettes : les produits alimentaires ...

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- n° 3187 - p.24 à p.25

Fini la petite épicerie bio de quartier. La pression sur les prix pousse les réseaux spécialisés à se regrouper et à s'agrandir, tandis que les industriels multiplient les investissements.
Chiffres :
2,9 milliards d'euros de C.A. en 2009 pour la vente de produits biologiques en France (+15% par rapport à 2008) dont :
- 45% réalisés par les 2 200 magasins spécialisés
- 42% par la grande distribution
- 13% en vente directe
Le top 5 des enseignes de produits bio en 2009 :
1. Biocoop
2. La Vie Claire
3. Biomonde
4. Naturalia
5. Satoriz
Fini la petite épicerie bio de quartier. La pression sur les prix pousse les réseaux spécialisés à se regrouper et à s'agrandir, tandis que les industriels multiplient les investissements.
Chiffres :
2,9 milliards d'euros de C.A. en 2009 pour la vente de produits biologiques en France (+15% par rapport à 2008) dont :
- 45% réalisés par les 2 200 magasins spécialisés
- 42% par la grande distribution
- 13% en vente directe
Le top 5 des enseignes ...

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- n° 3028 - p.66 à p.69

Un bog change forcément l'image interne ou externe de l'entreprise. En mieux ou en pire. Voici quelques précautions à prendre pour en tirer profit.

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- n° 3059 - p.12 à p.18

Le marché chinois continue de faire rêver les entreprises du monde entier. Mais pour elles l'ère du tapis rouge s'éloigne. Plus fort, l'empire du Milieu entend conduire désormais son développement à sa manière.

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- n° 3031 - p.73 à p.83

La traçabilité des emballages de produits alimentaires est désormais obligatoire. Abrités jusqu'à présent derrière leurs clients industriels, les fabricants se retrouvent coresponsables en cas de rappel de produits.

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- n° 3105 - p.101 à p.131

Longtemps réticente, la France s'équipe et voit les investissements se multiplier dans l'hydraulique, l'éolien, le solaire, la biomasse... Equipementiers et PME innovent pour mieux répondre à la demande.
Objectifs nationaux et européens ambitieux, disponibilité des capitaux et amélioration des technologies, incitations fiscales... permettent l'envol des énergies renouvelables, qui représentent encore une part négligeable du portefeuille énergétique français.
ALaudun dans le Gard, c'est Urbasolar qui finit d'installer sur un entrepôt de FM Logistic, 5,4 hectares de toiture solaire totalisant 1,4 mégawatts crête (MWc). A Narbonne, c'est la municipalité qui a inauguré en janvier pour le réseau de chaleur du quartier Saint-Jean Saint-Pierre, une chaufferie qui brûle des plaquettes forestières. Un investissement de 2,8 millions d'euros pour cette installation de 2,7 mégawatts (MW) gérée par Dalkia. A l'autre bout du monde c'est Paul Vergès, le président du conseil régional de la Réunion qui rêve pour 2030 d'une île capable de produire 100 % de son électricité sans hydrocarbures. A Fienvillers, enfin, bourgade de la Somme, c'est Gérard Mestrallet, le patron de Suez, pourtant accaparé par la fusion avec GdF, qui a tenu à se déplacer vendredi 6 juin pour inaugurer un champ d'éoliennes de sa nouvelle filiale La Compagnie du vent. Issues du soleil, du vent ou du végétal, les énergies nouvelles s'installent dans le paysage français, alors que se tient à Paris du 19 au 21 juin le Salon des énergies renouvela- bles. Déjà, le territoire compte 1 300 éoliennes - il faudra s'y faire -, des milliers de sites photovoltaïques et des centaines de milliers de capteurs solaires thermiques. Et le rythme s'accélère avec une croissance à deux chiffres attendue pour au moins cinq ans. Rien que l'an dernier, le marché français du photovoltaïque a bondi de 200 % à 45 MWc installés. Derrière cette envolée, les inquiétudes sur notre futur énergétique, avec " un coût des énergies fossiles qui restera à un niveau élevé ", prévient Philippe Gattet, directeur d'études chez Xerfi. En cette époque de frénésie sur l'or noir, même le baril à 100 dollars semble un bon souvenir. Sans compter la contrainte carbone et l'engagement de l'Union européenne de réduire de 20 % ses émissions de CO2 en 2020 par rapport à 1990. l'effort à mener est considérable Après avoir longtemps tergiversé - le nucléaire ne nous mettait-il pas à l'abri ? - les pouvoirs publics ont appuyé sur l'accélérateur. Même brouillon, le Grenelle de l'environnement vient d'aboutir à un premier projet de loi en pleine navette parlementaire. Un projet qui inscrit dans le marbre les objectifs nationaux. A l'horizon 2020, en France, 23 % de la consommation finale d'énergie devra être d'origine renouvelable. Ces objectifs reprennent le grand plan de l'Union européenne que devra mettre en musique la présidence française, le 1er juillet. Le 9 mars 2007, un sommet européen adoptait l'objectif juridiquement contraignant de 20 % d'utilisation d'énergie primaire renouvelable pour 2020, transformé en projet de directive (2008/2016). Un message clair destiné aussi bien à la population européenne... qu'aux producteurs de pétrole. Et leur signifiant : " Nous pouvons nous passer [un peu] de vous ! " En France, l'effort à mener est considérable. En 2005, seuls 6,03 % de la consommation d'énergie finale (6,38 % en Europe) provenaient de ces énergies " vertes ", en grande partie grâce à la biomasse, y compris la cheminée de grand-papa, et à nos vieux barrages hydroélectriques. Pour démontrer la faisabilité de ces objectifs, le Syndicat des énergies renouvelables (SER) a déroulé un plan de route ambitieux (lire tableau page 106). André Antolini, son président, martèle : " La France peut tenir l'objectif. Cela signifie mettre tout en oeuvre, tout de suite pour toutes les énergies, de l'éolien à la biomasse en passant par le solaire, les biocarburants ou la géothermie. " l'état met en place des incitations fortes Le texte de loi du Grenelle donne des objectifs précis, qui doivent encore accélérer le développement de certaines technologies comme le solaire thermique. Sans oublier les économies d'énergie, le véritable " gisement de pétrole " de nos économies. Dès 2010 pour les bâtiments publics et tertiaires ou 2012 pour toutes nouvelles constructions, les normes basses émissions devront être appliquées. La consommation d'énergie primaire de chaque bâtiment ne pourra dépasser 50 kilowattheures (kWh) par an et par mètre carré - contre 400 aujourd'hui en moyenne. Pour amorcer le mouvement, l'Etat a mis en place depuis deux ans des incitations fortes. Un nouvel " appel à projet " (en clair une aide indirecte à l'investissement) a été lancé le 6 juin pour la biomasse (lire page 116). Dans un autre registre, pour l'ensemble des équipements solaires, c'est un crédit d'impôt de 50 % qui est déjà accordé aux particuliers. Pour l'installation d'un chauffe-eau solaire, des aides supplémentaires sont même accordées qui varient suivant les régions. " Ces aides à la pose peuvent aller de 300 à 800 euros ", rappelle Richard Loyen, le délégué général d'Enerplan, l'association professionnelle de l'énergie solaire. Un moyen de rendre les retours sur investissements supportables. Car on l'oublie souvent, même en ces heures de pétrole cher, la rentabilité des énergies alternatives n'est pas toujours assurée. D'où l'habile lobbying des professionnels en faveur d'avantages fiscaux ou tarifaires, dénoncé par quelques voies discordantes comme Jean Syrota, l'ex-patron de la Commission de régulation de l'énergie, qui n'hésite pas à parler de " rente éolienne ". Car ce sont les très incitatifs tarifs de rachat de l'électricité, réévalués en 2006, qui ont suscité le vrai décollage des électrons verts. EdF a, en effet, une obligation de rachat à des tarifs imposés pour les quinze prochaines années, un système financé par la surtaxe dite CSPE (contribution au service public de l'électricité) que chacun paie sur sa quittance. Un moyen imparable de donner de la visibilité aux investissements, ce qui n'a pas échappé aux multiples développeurs de parcs éoliens et photovoltaïques qui se sont multipliés ces dernières années. les îles françaises favorisées L'électricité générée par des éoliennes terrestres est achetée aux producteurs 8,2 centimes d'euro par kWh pendant dix ans, puis entre 2,8 et 8,2 centimes par kWh les cinq années suivantes, selon la durée annuelle de fonctionnement. A titre indicatif, le coût de revient du parc nucléaire français (chiffre tenu secret par EdF) est sans doute de 2 à 3 centimes. L'éolien offshore, technologie émergente, est davantage valorisé, avec un tarif de 13 centimes pendant dix ans puis de 3 à 13 centimes pour les dix années suivantes. Le photovoltaïque bénéficie, lui, d'un tarif de base de 30 centimes par kWh en France continentale, plus 25 centimes de prime si les cellules sont intégrées au bâti. Nicolas Sarkozy avait annoncé, lors des conclusions du Grenelle de l'environnement, viser l'indépendance énergétique pour les îles françaises. La Corse et les départements d'outremer (DOM) bénéficient donc d'avantages particuliers en matière photovoltaïque : 40 centimes par kWh et de 15 centimes de prime d'intégration au bâti. De quoi faire des territoires ultramarins des pays de cocagne pour les Tenesol, Apex BP Solar, EdF Energies nouvelles, Séchilienne et autres Aérowatt. En 2007, selon Enerplan, sur 45 MWc de capacités photovoltaïques instal- lées en France, 40 % l'ont été dans les DOM. Mêmes incitations fiscales pour le géothermique depuis cet arrêté de 2006. Cette technologie a vu une croissance annuelle moyenne de 25,6 % durant ces dix dernières années selon Eurobserver. " Ce système d'aide permet à la filière de devenir rentable ", déclare Philippe Gattet, chez Xerfi. Mais il n'y a pas que les aides. Le progrès des technologies - effet d'échelle aidant - a aussi favorisé ces filières. Grâce aux programmes de R et D des Nordex, Enercon, Siemens et autres GE Energy, et à l'augmentation de la taille des moulins (jusqu'à 6 MW aujourd'hui), les coûts de production éoliens ont diminué de 80 % en vingt ans et de 20 % ces cinq dernières années. Côté photovoltaïque, si les rendements actuels des cellules (de 6 % à plus de 15 % du rayonnement solaire, soit 100 Wc/m2) restent limités par les lois de la physique, de nombreuses recherches sont menées par les géants du secteur comme Sharp, Q-Cel, Kyocera et, jusqu'en France, par Solarforce (lire page 120) pour augmenter les rendements. Et aussi faire chuter les prix (actuellement environ 3 euros par watt crête pour les modules), comme cela a été le cas ces dernières années. Un autre moteur de cette évolution vers le renouvelable est la disponibilité du vent. Car, de ce côté, la France est plutôt bien pourvue. Avec ses façades sur l'océan, notre territoire bénéficie de régimes de vent, qui permettent d'avoir en permanence une production éolienne. Autre atout, végétal celui-là. La superficie de ses forêts fait de la France le plus important producteur européen de biomasse solide, sans parler des résidus agricoles. Leur débouché le plus probable étant la production thermique, avec un rendement plus favorable que la génération d'électricité. " Les ressources sont importantes, la demande est solide, les revenus sont garantis, cela rend l'investissement pérenne et donc attractif pour les financiers ", constate Christophe Ripert, administrateur chez Voltalia. Créé en 2003, ce producteur d'électricité renouvelable est entré avec succès en Bourse en 2006. Les 30 millions d'euros levés depuis, et des prêts bancaires lui ont permis de lancer les investissements pour créer ces parcs. L'intérêt des fonds d'investissement Le thème de la " bulle des renouvelables " perdant des adeptes, les financiers ne sont pas avares de liquidité. Certains fonds, comme Demeter et ses 105 millions d'euros, sont exclusivement dédiés à ces éco-industries. Aucune technologie renouvelable ne manque à leur portefeuille, qui a notamment financé Vergnet, le seul producteur français d'éoliennes qui s'est fait une spécialité des moulins rabattables pour zones cycloniques. Les grands industriels aussi s'arrachent tout ce qui est labellisé énergie verte. L'an dernier, Areva a dû laisser l'indien Suzlon Energy prendre le contrôle du fabricant allemand REpower, mais Alstom a investi 350 millions d'euros pour acquérir l'espagnol Ecotecnia, qui détient 2 % du marché mondial des éoliennes. Les énergéticiens ne sont pas en reste. Suez a mis la main en novembre 2007 sur 50 % des parts de La Compagnie du vent pour 321 millions d'euros. Le groupe annonce la réalisation de 2 000 MW de fermes éoliennes en 2015, soit 15 % du marché à cette échéance. EdF ne souhaite pas être seulement l'entreprise qui rachète - cher - l'électricité verte produite par d'autres. Sa filiale dédiée, EdF Energies nouvelles, a annoncé 3 milliards d'euros d'investissement en France et aux Etats-Unis d'ici à 2010. Le mois dernier, elle a signé un accord de livraison et pris une participation de 30 millions d'euros dans la start-up californienne Nanosolar, spécialisée dans le photovoltaïque en couche mince. Bref, tout est en place pour que les projets se multiplient. Dans l'éolien, les demandes affluent pour toutes les puissances, de la petite turbine domestique de 2KW pour équiper sa maison à l'éolienne géante. Conséquence de ce boom : une tension sur les productions de turbines (lire page 110). Dans le solaire, la profession se met en place : " Les normes s'installent, les profes- sionnels montent en compé- tence ", constate Richard Loyen, le délégué général d'Enerplan. répondre à de nouvelles questions Dans certains secteurs même, l'industrie se transforme en profondeur. " Le marché du chauffage qui n'avait pas bougé de- puis vingt ans vit une véritable révolution depuis les trois dernières années ", témoigne Claude Gemelli, le directeur général distribution de MTS Group, société spécialisée dans le chauffage. Le marché de la bonne vieille chaudière s'effondre et celui des pompes à chaleur explose. L'engouement est certain. L'objectif national d'atteindre 23 % d'énergie renouvelable est un pari extrêmement ambitieux. Il nécessitera de lourds investissements mais aussi de trouver les réponses à de nouvelles questions : stabilité des réseaux électriques, gestion décentra- lisée, recyclage des panneaux solaires (lire page 124). Mais, pour l'instant tout le monde veut y croire. .
Agathe REMOUE
Longtemps réticente, la France s'équipe et voit les investissements se multiplier dans l'hydraulique, l'éolien, le solaire, la biomasse... Equipementiers et PME innovent pour mieux répondre à la demande.
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- n° 3102 - p.30 à p.31

Si les cultures d'OGM se développent de plus en plus dans le monde, elles reculent en Europe. En France, on attend la levée du moratoire, mais il est peu probable que la nouvelle loi parvienne à rassurer agriculteurs et consommateurs.
Un marché de 7 milliards d'euros, des cultures en croissance de 12 % par an : la production d'OGM explose aux Etats-Unis et dans les principaux pays en développement, mais elle périclite en Europe. Actuellement, un seul organisme génétiquement modifié y est en effet autorisé à la culture : le maïs de Monsanto résistant aux insectes, le MON810. Et les différents pays européens ont toute latitude de faire appliquer la clause de sauvegarde et d'empêcher les plantations s'ils estiment manquer d'informations sur l'innocuité de la semence. Une possibilité dont certains ne se sont pas privés. En France, le long débat qui a fait rage lors des discussions sur la loi devrait s'achever ce jeudi 22 mai. Le texte a pour objectif de transcrire la directive européenne de 2001 sur la coexistence des cultures avec et sans semences génétiquement modifiées. Amendées, disputées, rognées, les conclusions du projet français vont aboutir à un paradoxe : la culture d'OGM sera possible, mais, en pratique, les agriculteurs ne franchiront sans doute plus le pas. Le texte fait en effet peser la responsabilité de la contamination accidentelle de parcelles non OGM sur l'agriculteur. Un risque que ces derniers ne voudront sans doute pas prendre, les assureurs étant peu enclins à les protéger sur ce point. ETIQUETER LES PRODUITS " avec ogm " Autre point épineux, qui concerne la consommation cette fois, la définition du " sans OGM " promet elle aussi d'être inapplicable. Les mesures en débat ce jeudi prévoient de laisser l'étiquetage " avec OGM " quand la composition en semences génétiquement modifiées dépasse 0,9 %, renvoyant à la définition communautaire pour le seuil du " sans OGM ". Sauf que, justement, la directive de 2003 sur laquelle s'appuie le texte (1829/2003/CE) laisse le choix aux Etats membres sur ce point précis. Pourtant, en France, depuis 2004, une note de la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) interdit l'étiquetage " sans OGM " au-delà du seuil de détection des OGM, à savoir 0,01 %. Un choix qui n'est pas repris dans la loi. " Nous nous opposons à une définition du "sans OGM" fixée à moins de 0,9 %, trompeuse pour le consommateur ", insiste Virginie Guérin, la chef de projet qualité à l'Association nationale des industries alimentaires. Le vote de la loi n'arrêtera pas le débat. .
@ Agathe Remoué
Si les cultures d'OGM se développent de plus en plus dans le monde, elles reculent en Europe. En France, on attend la levée du moratoire, mais il est peu probable que la nouvelle loi parvienne à rassurer agriculteurs et consommateurs.
Un marché de 7 milliards d'euros, des cultures en croissance de 12 % par an : la production d'OGM explose aux Etats-Unis et dans les principaux pays en développement, mais elle périclite en Europe. Actuellement, un ...

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- n° 3103 - p.18 à p.19

La procédure destinée à vérifier l'innocuité de 30 000 substances chimiques est lancée le 1er juin. Les entreprises auront alors six mois pour déclarer les molécules qu'elles produisent.
Avec Reach, décidément, il sera toujours difficile d'anticiper. Le compte à rebours commence le 1er juin et, pourtant, les explications portant sur la réglementation et ses obligations tardent à arriver. Sans compter que les outils informatiques supposés seconder les entreprises dans leurs démarches ne sont pas encore prêts. L'objectif de la réglementation la plus complexe jamais générée par l'Union européenne est de vérifier l'innocuité de 30 000 molécules mises sur le marché avant 1981, et qui n'ont jamais fait l'objet d'analyses toxicologiques. Une agence européenne des produits chimiques, chargée de coordonner ce travail a été créée à Helsinki (Finlande). Pour que ce règlement soit applicable, l'enregistrement de ces milliers de molécules et surtout, l'évaluation des risques qu'elles présentent, ont été étalés sur onze ans. Les 2 000 substances identifiées comme les plus dangereuses ainsi que les composés chimiques produits en quantité supérieure à 1 000 tonnes devront avoir été enregistrés et évalués avant le 30 novembre 2010. Les sites produisant plus de 100 tonnes de composés chimiques devront avoir réalisé leurs dossiers toxicologiques pour le 31 mai 2013 et les fabricants de produits en petits tonnages, entre 1 et 100 tonnes, devront remettre leur copie le 31 mai 2018. Mais, pour bénéficier de cet étalement dans le temps, encore faut-il que chaque producteur déclare toutes les molécules qu'il fabrique entre le 1er juin et le 1er décembre 2008. Pour ce pré-enregistrement, il suffit de transmettre le nom des substances fabriquées et les tonnages produits. Il n'est pas obligatoire mais s'y soustraire oblige l'industriel à fournir tout seul, dès le 2 décembre 2008, l'ensemble des analyses toxicologiques nécessaires à l'enregistrement ou l'autorisation de mise sur le marché de ces molécules. Une procédure que bien peu ont envie de réaliser seuls et dans ces délais. Le pré-enregistrement a justement pour objectif de mettre en liaison tous les producteurs d'un même composé chimique, afin qu'ils s'allient pour effectuer les analyses toxicologiques nécessaires. Un moyen de partager les frais de ces études, évalués par l'Union des industries chimiques à 4 ou 5 milliards d'euros pour l'industrie européenne. Les frais qui ne pourront être partagés, en revanche, sont ceux de la redevance. Le pré-enregistrement est gratuit mais lors de son établissement, chaque industriel devra verser à l'agence européenne une redevance d'enregistrement par produit, qui pourra aller de 120 euros à 31 000 euros, suivant la taille de l'entreprise et les quantités produites. Celles qui fabriquent des composés soumis à autorisation, donc potentiellement dangereux, pourront avoir à verser des redevances allant jusqu'à 50 000 euros par molécule. Tâche ingrate du moment, donc, recenser et informer l'agence des molécules produites. Un premier frein à l'opération, les outils informatiques promis pour faciliter l'enregistrement ne sont pas encore disponibles. Il faut, à l'heure actuelle, pré-enregistrer en ligne chaque produit, un à un. Autre frein à une bonne visibilité des opérations à mener, le manque de guides d'élaboration (ou RIP) édités par la communauté européenne pour aider les industriels à appliquer le règlement. Ils portent sur les outils informatiques permettant de communiquer les informations et sur les détails de ces dernières et tests à apporter au dossier d'enregistrement. Des renseignements dont les industriels aimeraient déjà disposer. Pour faciliter les démarches futures, les fédérations européennes de la chimie ont lancé, en janvier, une société appelée ReachLink SA chargée de développer un outil pour faciliter la mise en relation des industriels et importateurs dans les forums d'échange qui vont se créer. Malgré des années de protestation, malgré les incertitudes, Reach est lancée et l'industrie européenne doit s'organiser pour se mettre en conformité. " La question, désormais, est : comment vont réagir les autres régions du monde ", s'interroge Jean Pelin, le directeur général de l'UIC. Les Etats-Unis, notamment, avaient un temps menacé de porter plainte à l'OMC. Ils viennent cependant de s'allier avec le Mexique et le Canada autour d'un projet destiné à analyser la toxicité de près de 7 000 molécules.
La procédure destinée à vérifier l'innocuité de 30 000 substances chimiques est lancée le 1er juin. Les entreprises auront alors six mois pour déclarer les molécules qu'elles produisent.
Avec Reach, décidément, il sera toujours difficile d'anticiper. Le compte à rebours commence le 1er juin et, pourtant, les explications portant sur la réglementation et ses obligations tardent à arriver. Sans compter que les outils informatiques supposés ...

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- n° 3027 - p.14 à p.17

Un excédent commercial en baisse, des parts de marché en recul à l'étranger..Le "Made in France" est en perte de vitesse. Les industriels doivent inverser la tendance s'ils veulent garder leur position de deuxième exportateur mondial.

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- n° 3108 - p.14 à p.19

Omnubilés par les potentiels de croissance et de réduction de coûts des pays émergents, PSA et Renault réduisent peu à peu leurs bases de production nationale. Bon gré mal gré, c'est un pan entier de l'économie qui doit s'adapter. Dans la douleur.
Que restera-t-il de la filière automobile française dans quelques années ? A voir l'allure de la courbe des derniers chiffres de la production publiés par le Comité des constructeurs français d'automobiles (CCFA), pas grand-chose ! Depuis 2003, Renault et PSA désertent peu à peu leur terre natale faisant ainsi chuter de 25 % le nombre de leurs voitures produites en France. Sur le premier trimestre 2008, le repli est de 2,6 % pour la marque au Lion et même de 16,6 % pour celle au losange. Et la tendance n'est pas prête de s'inverser. Si les immatriculations progressent de 5,3 % depuis le début de l'année, elles ne profitent que très peu aux usines françaises. L'introduction du bonus-malus écologique fait la part belle aux petites voitures... produites surtout hors du territoire national. Cette baisse de l'activité n'impacte pas seulement les constructeurs. Les équipementiers et sous-traitants des rangs 2, 3 et 4 trinquent aussi. Il ne se passe plus une semaine sans que l'on n'annonce des suppressions d'emplois. Mecachrome, ThyssenKrupp-Sofedit, Bosch, Kléber, Heuliez, Ascométal... La litanie semble sans fin. Inquiets, les syndicats tirent la sonnette d'alarme depuis des mois. Le gouvernement tente, lui, de mettre sur pied de timides plans d'adaptation. Christine Lagarde, la ministre de l'Economie, a signé ce jeudi une " charte automobile " visant à déterminer et à financer à hauteur de 150 millions d'euros les futurs besoins en formation en fonction de l'évolution du secteur. Dans la même veine, le parlement européen devrait " prochainement " valider la distribution d'un fonds européen créé fin 2006 (!) pour " aider les entreprises contraintes aux licenciements par la mondialisation ". Cadence Innovation, une PME sous-traitante de Renault et Thomé-Guénot, son pendant chez PSA, devaient récupérer par ce biais près de 4 millions d'euros. Trop tardivement, elles ont, depuis le montage du dossier, déposées le bilan... Toutes ces initiatives ressemblent plus à des cataplasmes sur des jambes de bois qu'à des solutions durables. L'industrie automobile semble prise dans une spirale sans fin dont la première cause est la chute de ses parts de marché en France. Du fait de la concurrence essentiellement allemande et japonaise, PSA et Renault, qui vendaient encore 1,4 million de véhicules dans l'Hexagone en 1980, doivent aujourd'hui se contenter de 1,1 million d'immatriculations. A l'époque, 77 % des voitures produites en France y étaient vendues, ce taux ne dépasse pas les 25 % aujourd'hui. Des usines trop obsolètes Et alors que tous les constructeurs annoncent vouloir rapprocher leurs usines des lieux de vente, il y a, comme le note Florent Maisonneuve, consultant chez Alix Partners, " une vraie disproportion entre les volumes fabriqués et ceux vendus sur notre territoire. Il n'est donc pas logique de garder le même effectif et la même capacité de production sur un marché en régression ". L'équation est d'autant moins discutable que la Vieille Europe dispose d'installations déjà âgées (et donc moins performantes) pour affronter la concurrence interne des sites flambants neufs installés en Europe de l'Est. Les constructeurs ont beau jurer qu'ils s'implantent localement pour vendre localement, l'argument ne tient qu'un temps. La nuance est acceptable pour des sites comme la future usine russe de PSA à Kaluga, voire de Dacia à Pitesti en Roumanie. Mais ce distinguo est nettement plus contestable lorsqu'il s'agit d'usines implantées il y a quelques années en Espagne, ou plus récemment en Slovénie, en Slovaquie ou en République tchèque. Car ces sites ne servent pas seulement à alimenter ces marchés en croissance. Les constructeurs ne nient d'ailleurs pas l'intérêt qu'ils ont à basculer une partie de leur production dans des pays où le coût horaire de la main-d'oeuvre est jusqu'à dix fois moins élevé qu'en France (3,90 euros en Roumanie, 6,40 euros en Slovaquie, 8,20 euros en République tchèque..., contre 31,60 euros en France). Un marché déflationniste Selon Yann Lacroix, consultant chez Euler Hermès, " à équipement comparable, le secteur automobile est depuis des années un marché déflationniste. Délocaliser est la seule solution pour préserver ses marges ". L'option est même obligatoire lorsqu'il s'agit de fabriquer des modèles d'entrée de gamme tels que les 107/C1 produits à Kolín en République tchèque par PSA ou la Renault Twingo version II qui a préféré Novo Mesto en Slovénie au site historique de Flins. Face à ces usines flambant neuves, la plupart des sites français ne supportent pas la comparaison en termes de compétitivité. Pourtant, ni PSA ni Renault n'osent annoncer une quelconque fermeture, à proche ou moyen terme. Langue de bois ou voeux pieux ? " Cela coûte une fortune de fermer un site, répond Florent Maisonneuve d'Alix Partner. Les investissements en ferrage ou en peinture ne se rentabilisent qu'en une trentaine d'années. Ceci explique que les deux dernières usines supprimées par Renault ou PSA en Europe ont été celles de Vilvoorde en Belgique [où il n'y avait pas de ferrage] et de Ryton en Angleterre [où les investissements étaient très anciens]. " Les constructeurs continuent cependant d'investir et de moderniser leurs appareils de production français. Certes, le coût de la main-d'oeuvre est un - gros - point noir. Mais leur position géographique sur la plaque européenne (élément qui a su convaincre Toyota de s'installer à Valenciennes en 2000), le très bon niveau d'expertise des salariés, les possibilités d'automatisation et les investissements qui ont été fait ces dernières années sont des atouts de choix. Renault se veut rassurant : si le faible taux de charge (lire la carte ci-contre) du site de Sandouville est dû aux méventes de la Laguna, ceux de Douai ou de Flins ne sont liés qu'à la fin de vie des produits qui y sont fabriqués. Le lancement de la nouvelle Mégane en fin d'année devrait donner une bouffée d'oxygène à Douai, même s'il pourrait y avoir une autre répartition de la production pour les Scenic entre la France et l'Espagne, à Palencia. PSA se veut encore plus persuasif. Le constructeur a annoncé fin avril, quelque 300 millions d'euros d'investissements à Trémery (Moselle) dans un site qui produira annuellement 640 000 moteurs essence de 1 000 cm3. Et s'il prévoit de rationnaliser sévèrement ses sites d'Aulnay et de Rennes en y supprimant une de leurs deux lignes pour faire face à la baisse des volumes de ventes, il envisage de rapatrier la production de la future C3 de Madrid à Poissy. Pour tous les sites français, Roland Vardanega, le directeur technique et industriel de PSA, s'est fixé des objectifs clairs : " Tout doit être fait pour que, dans les quatre ans à venir, ils aient, logistique comprise, le même coût "rendu client" que nos usines de l'Est. La future C4 qui sera fabriquée à Mulhouse devra, par exemple, afficher un coût de revient de 30 à 40 % inférieur à l'actuelle version. " Misant pour cela sur le " système de production PSA ", largement inspiré par l'organisation lean de Toyota (lire " L'U.N. " n° 3106), il affiche sa confiance même s'il reconnaît que le combat " n'est pas gagné... ". Ce mouvement de rationalisation des usines françaises ne s'est évidemment pas fait sans réduction franche du personnel. Renault a ainsi supprimé 5 000 postes entre 2006 et 2007. Plus impressionnant, PSA a poussé dehors, dans un quasi anonymat, 10 500 personnes l'an dernier en jouant sur des départs volontaires et en profitant d'une pyramide des âges vieillissante. Dans ce contexte, l'embauche récente de 700 personnes en CDI à Mulhouse et à Sochaux fait figure de goutte d'eau. Pour les équipementiers, la chanson est en revanche toute différente. Ils n'ont, pour la plupart, d'autres choix que de s'expatrier pour conserver leur compétitivité et leurs clients. " Si une pièce est moins chère hors de France, ce serait suicidaire de ne pas l'acheter là-bas ", reconnaît Roland Vardanega de PSA. Pressurés par les constructeurs qui leur demandent de 3 à 5 % de baisse de prix chaque année, les fournisseurs délocalisent massivement. Les " rang 1 " ont dû prendre place au pied des usines en Europe de l'Est, en Inde ou en Chine pour fournir Renault et PSA en flux tendu. Et les sous-traitants suivent le mouvement avec plus ou moins de bonheur. le salut dans l'innovation Face à cette lame de fond, l'avenir des sites français est plutôt sombre. A marche forcée, certains équipementiers tentent de se convertir à l'automatisation de masse à l'image de ce qui se pratique chez Continental (ex-Siemens VDO), qui produit des composants électroniques à Foix (Ariège). Bosch, qui ferme son activité freinage à Beauvais (Oise), a réussi à maintenir une production à Rodez (Aveyron) en renégociant l'accord sur le temps de travail. Le siège allemand a débloqué 65 millions d'euros (en échange d'un assouplissement des 35 heures) pour reconvertir le site fabriquant des injecteurs-pompes en un spécialiste du " common rail " de dernière génération. La hausse du prix du baril, et donc la hausse des coûts logistiques, pourraient aussi jouer en leur faveur. Du moins pour conserver la production des gammes moyennes, essentiellement destinées aux marchés proches de l'Europe de l'Ouest. Mais certains n'y croient plus vraiment. Le délégué général de la Fédération des équipements pour véhicules (Fiev), Jacques Monnet, pense que la meilleure façon de préserver l'emploi national est de délocaliser. " Cela permettra d'assurer la santé de l'entreprise et de préserver ses marges pour financer la R et D ", précise-t-il. Avec un train de retard sur leurs confrères allemands, les équipementiers français espèrent d'ailleurs trouver leur salut dans l'innovation. Comme l'expliquait Thierry Morin, lors de l'assemblée générale de Valeo le 20 juin, investir sans cesse dans de nouveaux produits est la seule façon de résister à la concurrence low cost et de faire face à la pression des constructeurs. Le premier équipementier français a ainsi cédé en fin d'année son activité câblage à l'allemand Leoni et cherche à acquérir des entreprises dans ses deux principaux coeurs de métier : la propulsion écologique et la sécurité. Mais le dernier bastion que représentent les activités de R et D est déjà en partie assiégé par la concurrence des pays émergents. En Roumanie ou ailleurs, PSA ou Renault cherchent à profiter des ingénieurs bon marché pour développer leurs futurs modèles. La mayonnaise n'a pas encore complètement pris mais ce n'est qu'une question de temps. A l'image de ce qui s'est passé pour la production où le poids de l'étranger a dépassé les 50 % en 2006, les centres de développement français pourraient à leur tour être distancés. .
@ Anne Léveillé et thibaut de jaegher
Omnubilés par les potentiels de croissance et de réduction de coûts des pays émergents, PSA et Renault réduisent peu à peu leurs bases de production nationale. Bon gré mal gré, c'est un pan entier de l'économie qui doit s'adapter. Dans la douleur.
Que restera-t-il de la filière automobile française dans quelques années ? A voir l'allure de la courbe des derniers chiffres de la production publiés par le Comité des constructeurs français ...

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- n° 3062 - p.12 à p.16

Renouvelables, sans CO², propres...Les énergies vertes emportent l'adhésion des politiques et surtout celle des investisseurs. Un engouement réel pour une industrie qui se structure, et devrait croître encore.

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- n° 3067 - p.10 à p.12

Après dix-huit mois de piétinements, la fusion Gaz de France-Suez est enfin engagée. L'opération va créer un acteur majeur de l'énergie européenne.

Premier gazier européen, première valorisation boursière, mais aussi record de durée pour une fusion : le mariage entre Gaz de France et Suez cumule les superlatifs. Les partenaires sociaux, échaudés par les rebondissements, restent hostiles. Et l'Europe poursuit ses projets de séparation des réseaux et des opérateurs. Mais le groupe part avec de sérieux atouts en France et dans le monde (Brésil, Etats-Unis...). Il compte être un acteur majeur dans la bataille mondiale de l'énergie. Revue des enjeux.

Réussir l'intégration
Préparée depuis dix-huit mois, la fusion des deux groupes devrait se faire vite, une fois donné le feu vert des actionnaires. Tous les organigrammes sont sur pied. Avec Gérard Mestrallet comme numéro 1 et Jean-François Cirelli comme vice-président directeur général délégué. Et il va falloir intégrer des salariés et cadres d'une entreprise privée, Suez, avec des " agents " de GdF.
Aucun des grands syndicats français n'a participé au comité central d'entreprise et au comité européen de GdF et de Suez qui ont eu lieu le week-end dernier, juste avant la publication des bans de la fusion " nouvelle mouture ". Si Jean-François Cirelli ne voit pas ce qui pourrait interrompre ce projet, les syndicats, eux, restent sur le pied de guerre. " Inacceptable " pour la CGT, le projet est aussi rejeté par FO et la CFDT. " On s'attend forcément à des réductions d'emploi pour obtenir les synergies annoncées ", explique Jacques Mouton, le délégué fédéral de la CFDT, en charge de Gaz de France. " Les dirigeants nous annoncent qu'il n'y a pas de doublons dans les services énergétiques - Elyo et Cofatech - quand nos propres analyses nous disent le contraire. " La consultation des partenaires sociaux, qui devrait commencer dès la fin de cette semaine, s'annonce houleuse. Les syndicats font monter les enchères : le gouvernement s'apprête à ouvrir les discussions sur les régimes spéciaux, dont le fameux statut des Industries électriques et gazières (IEG).

Garder son avance dans le gaz
Trois terminaux méthaniers en Europe, des contrats avec le Nigeria, le Qatar, le Yemen, la Norvège... Le nouvel ensemble sera un champion du gaz naturel et du GNL (gaz naturel liquéfié) : premier acheteur et vendeur en Europe, l'entreprise possèdera aussi le principal réseau de transport et de stockage. La fusion permet également une diversification de l'approvisionnement. Il faudra toute cette puissance pour contenir l'offensive des grands fournisseurs que sont le russe Gazprom et l'algérien Sonatrach. Le russe vend discrètement du gaz naturel aux entreprises françaises depuis novembre 2006 et Sonatrach aura un accès direct au marché en 2010. L'autre écueil pourrait venir de la Commission européenne, décidée à séparer les réseaux de transport des autres activités énergétiques, et que la puissance du nouveau GdF-Suez pourrait agacer.

Conquérir des parts de marché dans l'électricité
C'était l'un des objectifs de la fusion annoncée, l'an dernier, par Dominique de Villepin. Le mariage devait créer un vrai concurrent à EdF, franco-belge. Suez apporte à Gaz de France des outils de production électrique, via la CNR et la Shem (15 % du parc français), un vrai savoir-faire dans la construction et l'exploitation de centrales nucléaires et des compétences en ingénierie (Tractebel).
De son côté, Gaz de France possède un portefeuille de plus 11 millions de clients particuliers dans le gaz. Des conditions nécessaires, mais pas suffisantes pour damer le pion à EdF. Les consommateurs finaux ne quitteront pas l'opérateur historique tant que les tarifs régulés seront maintenus. Les entreprises qui le peuvent font le même raisonnement depuis la mise en place des tarifs de retour. Sauf intervention européenne, le marché est figé jusqu'en 2009. Le nouveau groupe a donc deux ans pour muscler son offre électrique en France.

Assurer l'envol de Suez environnement
" Le fait de conserver une minorité (35 %) dans le capital de Suez Environnement montre que nous maintenons un lien fort ", répétait lundi à Paris Gérard Mestrallet. On est loin des synergies tant vantées entre énergie et environnement. Pour les deux dirigeants, rien n'est changé. " Le pôle environnement aura des perspectives de croissance attractives ", affirment-ils. Un résultat brut d'exploitation supérieur à 3 milliards d'euros à l'horizon 2010, contre 2 milliards en 2006 et 2,35 milliards prévus en 2007, des chiffres qui resteront consolidés ans le nouveau groupe. L'entité construite et maintenue obstinément, depuis dix ans, dans le périmètre de Suez par Gérard Mes-trallet prendra son indépendance le jour même de la fusion, courant 2008. Un pacte d'actionnaires devrait la protéger pour deux à trois ans des attaques d'éventuels prédateurs, comme Veolia ou Decaux. Une fusion vaut bien une scission ! .


Virginie Lepetit

L'Etat prend la main dans le nouveau groupe

le 06/09/2007 N°3067

Répartition de l'actionnariat du futur groupe
Groupe Bruxelles Lambert
5,3 %
Employés
3,4 %
Crédit agricole
1,8 %
CDC
1,5 %
Areva
1,2 %
Autres
51,2 %


Et les clients ?
le 06/09/2007 N°3067

" Plus le nombre des opérateurs se réduit et moins il y a de concur-rence, qui normalement doit avoir un effet positif pour le consom-mateur. " Non, ce n'est pas la bouillante Commissaire européen-ne, Neelie Kroes, qui commente ainsi le projet, mais les associations de consommateurs UFC-Que Choisir ou CLCV, qui redoutent une fin accélérée des tarifs réglementés. Christine Lagarde et Jean-François Cirelli ont eu beau réaffirmer que les tarifs resteraient régulés par l'Etat, l'opération renforce la position dominante des deux entreprises dans le gaz. En Europe, l'ensemble GdF-Suez sera le premier acheteur et distributeur de gaz, et le premier opérateur de réseau de transport et de distribution de gaz.
Pour les entreprises, cette fusion n'apporte pas un regain de concurrence dans l'immédiat. Ni dans le gaz, où GdF et Total se partagent le territoire français. Ni dans l'élec-tricité, où les " tarifs de retour " mis en place par l'Etat ont figé la situation pour les deux prochaines années.


Dans le trio de tête
le 06/09/2007 N°3067

Chiffre d'affaires énergie 2006, en euros
1. Gaz de France-Suez 71,9 milliards d'euros proforma, (mais 60,5 milliards sans Suez environnement).
2. E.on 68 milliards d'euros.
3. EdF 59 milliards d'euros.
Sources : Gaz de France, suez, " l'Usine Nouvelle "


Etape par étape : deux ans de péripéties
le 06/09/2007 N°3067

25 février 2006
Le Premier ministre, Dominique de Villepin, annonce le projet de fusion entre Suez et Gaz de France, juste après que le groupe italien Enel, allié à Veolia se soit proposé de racheter Suez.
22 mars
Enel renonce à son projet.
19 juin
La Commission ouvre une enquête approfondie, l'opération soulevant " d'importants
problèmes de concurrence ".
Eté 2006
Candidat à la présidentielle, Nicolas Sarkozy, initialement opposé, se rallie au principe de la fusion.
8 novembre
L'Assemblée approuve le projet de loi sur l'énergie, qui autorise la privatisation de Gaz de France, et donc la fusion.
14 novembre
Bruxelles donne le feu vert, sous conditions (cession de la participation de Suez dans Distrigaz, de centrales en Belgique...)
30 novembre
Le Conseil Constitutionnel reporte la fusion après le 1er juillet 2007, date d'ouverture à 100 % des marchés à la concurrence.


Etape par étape : deux ans de péripéties (suite)
le 06/09/2007 N°3067

23 mai 2007
Après l'élection de Nicolas Sarkozy le 6 mai, le gouver- nement se donne un mois pour régler la fusion, " qui n'est pas la seule solution possible ", selon François Fillon.
Eté 2007
Le processus semble au point mort. Suez discute en coulisses avec l'Elysée.
30 août
Nicolas Sarkozy déclare que Suez doit se " spécialiser dans l'énergie " et vendre son pôle environnement pour envisager la fusion.
Expiration sous un mois du délai pour mettre en oeuvre les " remèdes " exigés par la Commission Européenne.
3 septembre
Accord définitif entre l'Etat et Suez qui a accepté de filialiser le pôle environnement. Lancement effectif du processus de fusion.
Automne
Consultation des salariés et négociation des nouveaux délais de cessions avec la Commission européenne.
1er semestre 2008
Vote des assemblées générales extraordinaires, mise en Bourse simultanée d'une part majoritaire de Suez Environnement et début du processus d'intégration.

Après dix-huit mois de piétinements, la fusion Gaz de France-Suez est enfin engagée. L'opération va créer un acteur majeur de l'énergie européenne.

Premier gazier européen, première valorisation boursière, mais aussi record de durée pour une fusion : le mariage entre Gaz de France et Suez cumule les superlatifs. Les partenaires sociaux, échaudés par les rebondissements, restent hostiles. Et l'Europe poursuit ses projets de séparation des ...

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En entretien, les candidats n'hésitent plus à être exigeants sur l'intérêt du travail ou les engagements sociétaux de l'entreprise.

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- n° 3026 - p.52 à p.55

Mariage de méthodologie et de technologies informatiques, le "management par les processus" permet un pilotage en temps réel basé sur l'optimisation et le contrôle des processus transversaux dans l'entreprise.

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Candidats à l'export, vous n'êtes pas seuls !
Les Pouvoirs publics ont développé de multiples dispositifs pour vous conseiller, vous accompagner et vous aider financièrement.
Pour en savoir plus, consultez le site gouvernemental du commerce extérieur
Pour connaître les salons labellisés auxquels vous pouvez participer à coûts réduits, les détails de fonctionnement du VIE, le volontariat à l'international, les aides à la prospection, etc, le site www.ubifrance.fr

Le site des missions économiques permet d'obtenir des informations sur la situation économique d'un pays en général ainsi que des informations très utiles sur les secteurs d'activités clés.

Pour contacter la DRCE (Direction régionale du commerce extérieur) de votre région :
http://www.missioneco.org/drce/

Concernant l'assurance prospection, consultez le site www.coface.fr

Enfin, n'oubliez pas de faire un tour sur le site de votre région et celui de votre CCI.

Pour un échange entre entrepreneurs, consultez le site des conseillers du commerce extérieur de la France. Vous y trouverez l'annuaire des conseillers par pays, avec toutes leurs coordonnées.

D'autres informations sont à glaner au prochain salon Avenir International, qui se tiendra au CNIT Paris-La Défense, les 10 et 11 octobre prochains. Pour en savoir plus : www.avenir-export.com ou www.mondissimo.com

Au programme de ce salon de la mobilité internationale et du commerce international :
- le parcours des primo-exportateurs
- les nouvelles implantations (nouvelles provinces ou régions à conquérir en Chine, en Russie, Brésil, etc...)
- les actions des pôles de compétitivité
- les secteurs et emplois porteurs à l'international
- le SEPA, un nouvel espace de paiement européen
- les contrats locaux
- le coaching d'expatriés
- les femmes et l'expatriation
- la gestion de la retraite dans le cadre de la mobilité internationale

Pour mieux comprendre les enjeux des PME à l'exportation, retrouvez l'intégralité du rapport du Conseil économique et social
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- n° 3055 - p.63 à p.71

Finie la course insouciante à la puissance informatique ! Les factures d'électricité, qui explosent avec le coût de l'énergie et la multiplication des serveurs, appellent à la conception d'équipements et d'installations plus économes. La chasse au gaspi est ouverte.

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Cobotique / robotique, machines intelligentes, réalité augmentée, augmentée, fabrication additive, big data/prédictif, maquette numérique et blockchain : ces sept technologies dessinent l'industrie du futur et gagnent en maturité. Cependant, elle nécessitent encore beaucoup d'innovations afin de stabiliser des solutions pérennes pour l'Industrie 4.0. L'homogénéisation du format des échanges de données sera notamment un grand défi pour la transformation du dialogue entre les hommes et les machines. En France, 4100 entreprises sont engagées dans une démarche Industrie du futur. 127 robots pour 10 000 salariés étaient installés en 2015. Détails. Tour d'horizon d'une sélection d'entreprises qui proposent des solutions en lien avec l'industrie 4.0. Cobotique / robotique, machines intelligentes, réalité augmentée, augmentée, fabrication additive, big data/prédictif, maquette numérique et blockchain : ces sept technologies dessinent l'industrie du futur et gagnent en maturité. Cependant, elle nécessitent encore beaucoup d'innovations afin de stabiliser des solutions pérennes pour l'Industrie 4.0. L'homogénéisation du format des échanges de données sera notamment un grand défi pour la ...

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- n° 3026 - p.10 à p.13

Patronat et syndicats bouclent un accord sur la diversité. Les initiatives se multiplient dans les grands groupes. Mais les jeunes d'origine étrangère ont encore de mal à accéder aux responsabilités.

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- n° 3057 - p.68 à p.74

- "Le gratuit, un jackpot pour la high-tech "

Le téléchargement de musique, de vidéos et de séries télé s'est installé dans les habitudes. Souvent illégale, cette pratique soutient pourtant les ventes de la filière numérique...

Une aubaine pour les internautes. Consommer gratuitement de la musique, des films, des séries télé et autres clips est devenu leur sport préféré. Des milliards de fichiers circulent ainsi chaque jour sur le réseau, le plus souvent dans la plus grande illégalité. Sur le seul territoire français, parmi les quinze millions de personnes qui téléchargent des contenus sur le net, un tiers s'abstient de débourser le moindre centime pour se divertir. Ce sont autant de recettes qui échappent à tout un pan de l'industrie culturelle, parmi lesquels les auteurs, les producteurs mais aussi les distributeurs traditionnels qui sont obligés de repenser leur modèle économique. Cependant, la gratuité ne fait pas que des mécontents. Les gagnants ? Ils sont nombreux. En premier lieu les fabricants de produits informatiques et d'électronique grand public. Mais aussi les acteurs d'internet et de la téléphonie qui, grâce au trafic généré, trouvent de nouveaux débouchés commerciaux. Etat des lieux.

Les fournisseurs d'accès engrangent les abonnés
Sans conteste, les fournisseurs d'accès internet (FAI) figurent parmi les principaux bénéficiaires du développement des téléchargements en ligne. Pour rapatrier sur leurs PC des films ou de la musique, les férus d'internet ont dû remplacer leurs lignes téléphoniques RTC aux débits limités par une ligne ADSL. Du pain béni pour les France Télécom, Free et autres Neuf Cegetel, qui ont vendu par millions des accès à haut débit facturés 30 euros/mois. " La possibilité de télécharger des contenus devient l'une des principales raisons pour s'abonner à internet. Après l'e-mail et la réduction de la facture téléphonique ", explique Daniel Fava, le directeur de l'activité de Telecom Italia France, maison mère du fournisseur Alice (810 000 clients ADSL).
De fait, le nombre de foyers connectés a littéralement explosé ces dernières années : 3,7 millions en 2003, 9,4 millions en 2005 et 12 millions en 2006. Et avec eux, le téléchargement. " C'est une certitude. Cette pratique s'installe dans les habitudes des internautes ", souligne Laurent Michaud, de l'Institut de l'audiovisuel et des télécommunications (Idate), co-auteur avec Médiamétrie du premier observatoire sur ce phénomène. Ainsi, sur les 30 millions d'internautes français, la moitié télécharge et plus de 4 millions d'entre eux exclusivement du contenu gratuit. Sur les pays étudiés (Angleterre, Etats-Unis, France), un internaute récupère sur le réseau plus d'une cinquantaine de fichiers par trimestre, que ce soit des images, des photos, de la musique, des films... Et tout indique que le mouvement va s'accélérer. " En pourcentage du trafic sur internet, il y a de plus en plus de trafic de contenus gratuits légaux qui circule sur les réseaux, notamment grâce à l'essor des sites communautaires de partage de vidéos comme Youtube ou Dailymotion... " explique Laurent Michaud.
De plus, les internautes maîtrisent de mieux en mieux les outils de téléchargement, jusqu'ici réservés aux initiés. Comme la technologie dite du peer-to-peer (P2P), qui permet de rapatrier du contenu, légal ou non, via le PC d'autres internautes. " 48 % des foyers ayant une connexion internet, utilisent une application P2P " indique Bertrand Krug, directeur d'études pour Médiamétrie. Une maîtrise qui fait des Français des champions européens du piratage : 85 % des contenus téléchargés le sont de manière illégale selon l'étude de Médiamétrie/Idate ! Une donnée d'autant plus fiable que ce résultat s'appuie non seulement sur les déclarations des utilisateurs mais également sur les " mouchards " informatiques placés sur leur PC qui analysent le trafic. D'où les griefs des industriels du disque et du film vis-à-vis des FAI accusés de ne rien faire pour limiter le phénomène. Et comment ? Entre faire la police, et vendre les accès à haut débit, les fournisseurs ont choisi.


A chacun son baladeur
Officiellement, ils évitent d'aborder le sujet. Il n'y a pourtant pas de doute : les fabricants de baladeurs profitent largement de la prolifération des contenus gratuits. Steve Jobs, le patron d'Apple, l'a d'ailleurs reconnu indirectement. Selon lui, seuls 3 % des titres stockés sur les iPod ont été achetés sur le site de téléchargement iTunes. Le reste ? " Personne ne peut croire qu'ils ont été copiés depuis des CD acquis légalement. Il ne faut pas oublier que trois milliards de fichiers audio et vidéo s'échangent quotidiennement sur les réseaux P2P (de PC à PC) ", explique Marc Hispa, consultant chez BearingPoint. En France, où 48 % des foyers connectés à internet téléchargent la musique illégalement, le marché du baladeur numérique ne s'est jamais aussi bien porté. En 2007, les modèles d'Archos, de Creative ou d'Apple devraient se vendre à 6,2 millions d'unités, soit une hausse de 7,5 % par rapport à l'an dernier.
Aussi, Apple ne pouvait choisir meilleur timing pour lancer son iPhone, un Smartphone au design soigné doté des fonctionnalités d'un iPod avec écran large et d'un système d'exploitation performant pour des usages plus professionnels. Lancé en juin aux Etats-Unis au prix de 599 dollars, ce nouveau venu sur le marché des terminaux mobiles capitalise sur la lame de fond qui traverse le secteur : l'incorporation d'outils multimédias dans les portables.
" Après le design ou l'utilité professionnelle, les performances musicales, vidéos ou photographiques sont devenues une deuxième motivation d'achat ", explique Sonia Guillou, chef de produit télécoms chez Samsung. Il est impensable aujourd'hui pour un fabricant de mobiles, de commercialiser un portable sans MP3, sans appareil photo ni possibilité de lire des vidéos. " Nous entrons dans une segmentation des usages ", souligne encore Sonia Guillou. Selon Marc Chemouil, consultant chez GFK, seuls 30 % de terminaux portables n'incorporent pas de d'appareils photos. Quant aux téléphones MP3, ils devraient représenter 60 % des ventes en 2007 estimées à 22 millions d'unités en France.
Ces fonctionnalités ont un double avantage : elles développent de nouvelles habitudes de consommation et permettent de soutenir le prix des appareils, tirés vers le bas. En outre, elles offrent des arguments marketing de choc : ainsi, Samsung, pour le lancement de son modèle F 300, propose, en exclusivité, le dernier album de Cerrone prétéléchargé dans la carte mémoire fournie avec le téléphone. D'autres poussent la vente de ce type d'appareils et d'équipements avec des films. Ensuite, les consommateurs auront tout le loisir de télécharger leurs propres programmes, disponibles en gratuit ou en payant sur le net.


Les opérateurs à l'affût de nouvelles recettes
Les opérateurs mobiles sont des gagnants en puissance du modèle de la gratuité. A l'instar des Google et des Yahoo sur le réseau internet fixe, ils veulent empocher les milliards de dollars de rentrées publicitaires promis par le développement de l'internet mobile. " Les annonceurs sont prêts à investir significativement pour de la publicité ciblée et non plus généraliste " souligne Thierry Miléo, le directeur de l'activité télécoms et médias du groupe Atos Origin. Plus personnel, un SMS publicitaire serait cinq fois plus percutant qu'un mail !
Techniquement, le puzzle est en place : les portables ont des écrans de grande qualité pour visionner du contenu vidéo, et les transmissions sur réseaux 3G sont (enfin) rapides. Un écosystème se met en place avec des start-up spécialisées comme New Media Plus qui conçoit du contenu vidéo sponsorisé adapté aux mobiles ou encore CellCast qui veut décliner les sites communautaires français (Dailymotion, WAT de TF1) sur le mobile. Reste aux opérateurs à faire leur révolution tarifaire, eux qui sont habitués à tout facturer. Bouygues Telecom a été le premier à proposer un accès internet mobile illimité moyennant un forfait de 9,90 euros/mois, à l'instar de l'abonnement ADSL.
" Il faut passer sur un modèle gratuit. Nous ne nous posons pas de questions existentielles à ce propos. Il faut de l'audience pour espérer des revenus publicitaires et donc tout faire pour développer le marché. Le problème, c'est la transition. Combien de temps cela prendra-t-il pour que le marché décolle ", s'interroge Olivier Laury, le directeur des contenus pour Bouygues Telecom.


Logiciels, disques durs... toujours plus
L'industrie informatique surfe elle aussi sur la déferlante du gratuit. A commencer par les éditeurs de logiciels. Le succès du nouveau système d'exploitation Vista de Microsoft auprès du grand public est forcément lié à la promesse de profiter encore plus facilement de cette profusion de fichiers multimédias. Il se serait vendu à 40 millions d'exemplaires en trois mois après son lancement le 31 janvier 2007. Un record.
Real Networks, l'éditeur du célèbre logiciel RealMedia Player, en téléchargement gratuit dans sa version standard, affiche lui une marge nette insolente de 36,7 % pour un chiffre d'affaires de 395 millions de dollars. Mais le ciel se couvre. Deux fournisseurs américains de solutions de protection de données numériques (DRM) accusent à la fois Apple, Microsoft, Real Networks et Adobe d'avoir violé le Digital Millenium Copyright Act (DNCA) établi en 1998 par le président Clinton pour protéger les arts numériques.
Du côté des matériels, l'impact du gratuit est plus nuancé. " Le boom des ventes de disques durs externes est principalement dû à la production individuelle de photos et de vidéos numériques, même si internet, l'e-mail et l'usage de plus en plus fréquent de portables, limités en mémoire, sont d'autres catalyseurs ", explique Edouard Doutriaux, le directeur France de LaCie. Et difficile de faire le tri dans les fichiers entre les productions individuelles et les copies pirates. La menace d'une taxe supplémentaire pour compenser les copies illégales applicables sur ces produits, prévue en France, ne semble pas inquiéter la profession. " De toute façon, une telle loi n'aurait de sens que si elle est appliquée au minimum au niveau européen ", commente Eric Leblanc, le responsable des ventes de Iomega en France.
Pour la vente de PC, qui progresse régulièrement de 10 % tous les ans, une tendance se confirme. Selon une étude SVM/GKFK de janvier 2007, l'accès internet reste la motivation principale d'achat pour les particuliers. Ce sont eux qui portent la croissance des ventes, avec une progression de 34 % au premier trimestre 2007 en France selon le cabinet Gartner, alors que les ventes professionnelles reculent de 1 %. .


Aurélie Barbaux, Thierry Del Jésus, Luc Mathieu et Hassan Meddah

Youtube et MySpace alimentent la bulle

le 24/05/2007 N°3057

Les ventes à des prix records de Myspace puis de Youtube pour 540 millions de dollars à News Corp et 1,65 milliard à Google alimentent depuis deux ans la spéculation autour des sites de partage et des réseaux sociaux. Ainsi, Ruppert Mudoch, le patron de News Corp, évalue aujourd'hui son acquisition à 6 milliards de dollars, forte de ses 170 millions d'inscrits recensés en mars dernier. Derrière ces précurseurs, d'autres émergent, comme Joost, une plate-forme de diffusion gratuite de programmes télé qui vient de recevoir 45 millions de dollars d'apport de la part de plusieurs investisseurs dont CBS et Viacom. Leur objectif ? Récupérer au plus vite des recettes publicitaires liées à l'audience du site. Car le modèle des sites de partage ou des réseaux sociaux repose exclusivement sur la vente d'espace publicitaire. Pour générer du trafic, certains n'hésitent d'ailleurs pas à payer les internautes pour qu'ils apportent leurs contenus originaux. A l'image du français DailyMotion. Mais pour l'heure, les recettes se font attendre... Sans compter que la fréquentation risque de baisser face à la lutte contre le piratage.


Succés
le 24/05/2007 N°3057

53 fichiers par trimestre en moyenne sont téléchargés par un internaute en France.
Source : Idate, médiamétrie





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- "Un instrument de création de marchés"
Olivier Bomsel vient de publier " Gratuit ! ". Il décrypte, dans cet ouvrage, les mécanismes complexes du déploiement de l'économie numérique. Pour lui, la fin du gratuit " illégal " sur internet est proche.

La diffusion de contenus gratuits a inondé le net. Existe-t-il aujourd'hui une économie du gratuit ?
Le gratuit, parce qu'il est désirable, est avant tout un instrument de création de marchés. Il sert à créer des masses critiques d'utilisateurs qui vont initier des dynamiques d'usage et d'utilité d'un produit. C'est ce qu'on appelle l'effet de réseau, l'un des trois ingrédients, avec les standards et la promesse d'économies d'échelle, du déploiement de l'économie numérique. Pour financer le gratuit, les industriels ont recours à la publicité, à des modèles où certains paient pour d'autres ou encore exploitent une faille d'application du droit.
A qui pensez-vous ?
Prenez par exemple les fournisseurs d'accès à internet. Pour imposer le haut débit, ils se sont appuyés sur l'échange illégal de contenus gratuits audio et vidéo, via le " peer-to-peer " (partages de données entre ordinateurs, sans serveur central). L'industrie du logiciel se sert elle aussi des effets de réseau. Les logiciels gratuits (freeware ou shareware) ou à codes sources ouverts (libres) permettent le développement des services, la vente d'équipements pour les utiliser. Ils peuvent même servir d'arme stratégique. Ainsi Microsoft, en position de monopole, a tout intérêt à avoir comme principal concurrent un gratuit, car il dissuade tout autre concurrent payant.
Le gratuit n'est donc pas toujours illicite ?
Non. Mais, pour le consommateur il est toujours trompeur. Car, au final, ou bien d'autres paient pour lui, ou bien il paie autre chose trop cher. Mais, ce n'est pas nouveau. Le mécanisme existait déjà dans les services publics, mais les Etats étaient garants de l'équité des transferts. Avec le numérique, ce sont les firmes privées qui mènent la danse.
Peut-on sortir de cette illégalité ?
Le vol correspond à une phase d'installation du marché. Cette pratique a déjà été utilisée pour développer le marché américain du roman. Au XIXe siècle, seuls les auteurs américains étaient protégés par le copy- right. Pendant plus de cinquante ans, les éditeurs locaux ont donc publié sans rétribution les grands auteurs anglais pour développer leur marché. Ce n'est qu'en 1894 qu'une loi a été votée protégeant aussi les auteurs étrangers. Une fois le marché en question installé, l'industrie revient donc dans la légalité.
Aujourd'hui, dans le numérique, il est de nouveau temps de faire appliquer le respect du droit d'auteur, et de valoriser les contenus, qui retrouvent une valeur marchande. Le mouvement est enclenché aux Etats-Unis où le " peer-to-peer ", réprimé de façon plus coercitive qu'en Europe, ne représente plus que 40 % du trafic internet descendant, contre encore 80 % en France.
Et les sites de téléchargement payants sont florissants. En Europe, les créateurs de contenus retrouveront leur bien lors que les politiques le décideront. .

Propos recueillis par Aurélie Barbaux

Son parcours

le 24/05/2007 N°3057

Né en 1957, ingénieur civil des Mines, Olivier Bomsel est professeur d'économie industrielle à l'Ecole des mines de Paris.
> Depuis 1998, il codirige les recherches du Cerna (le laboratoire d'économie industrielle de l'Ecole des mines de Paris) sur l'économie numérique.

- "Piratage Les producteurs limitent la casse "

Procès, verrous technologiques, mise à disposition gratuite de leurs émissions... Chaînes de télévision, studios et maisons de disques explorent toutes les pistes pour contrer les sites gratuits de partage de contenus.

Les avocats de Google ne vont pas s'ennuyer. Après Viacom, qui réclame 1 milliard de dollars, la première division anglaise de football vient d'attaquer en justice YouTube, une filiale du géant d'internet. Elle lui reproche de diffuser sans autorisation des images du championnat. En France, Canal Plus a assigné le 14 mai Kewego, une plate-forme d'échanges de vidéos, pour contrefaçon et parasitisme. Le site propose gratuitement des extraits de deux programmes phares : Les Guignols de l'info et Nulle part ailleurs.
Ces procès en rafale illustrent l'impasse dans laquelle sont acculés les producteurs de contenus. Dépassés, ils se heurtent à des sites internet dont le modèle économique consiste à offrir toujours plus de chansons et de vidéos qui attireront les internautes et donc les recettes publicitaires. Des ripostes, autres que des attaques devant les tribunaux, existent pourtant. La première consiste à protéger les contenus, notamment avec des technologies de cryptage comme les DRM (Digital Rights Management) qui limitent le nombre de copies, donc la diffusion sur internet. Poussés par les producteurs, les sites de partage comme DailyMotion commencent à mettre en place des systèmes de tatouage numérique (voir " L'Usine Nouvelle " n°3056). Lorsque ces sites reçoivent une chanson ou une vidéo, ils vérifient son empreinte numérique et s'assurent qu'elle est libre de droits. Une solution idéale mais qui reste longue et complexe à mettre en oeuvre : chaque jour, 65 000 clips sont postés sur YouTube !
Seule la haute valeur ajoutée peut payer
Pour résister, les producteurs développent aussi leurs propres plates-formes de téléchargement et s'adressent directement au consommateur. Sécurisées, elles offrent par exemple à l'internaute, prêt à payer entre 1 et 6 euros l'unité, l'assurance de trouver rapidement le contenu qu'il cherche. Comme TF1 ou Canal Plus, MK2 a lancé le 16 mai son service de vidéo à la demande. Cependant, ces plates-formes ne sont adaptées qu'aux contenus à forte valeur ajoutée, comme les films. Pour le reste, " le modèle gratuit sera le grand gagnant ", pronostique James Mc Quivery, analyste chez Forrester, dans une étude publiée le 11 mai.
Peu à peu, les grandes chaînes de télévision mettent à disposition gratuitement leurs émissions, y compris leurs séries, sur internet. Une façon de contrer les sites de partage et de récupérer des revenus publicitaires transférés sur le net. Mieux, des chaînes n'hésitent plus à s'allier. NBC et NewsCorp lanceront cet été une offre de vidéo sur les portails MSN, Yahoo ! et AOL. Plusieurs milliers d'heures de clips musicaux, de séries et d'émissions seront disponibles gratuitement...et en toute légalité. .

Luc MATHIEU

Taxes

le 24/05/2007 N°3057

Aujourd'hui, 35 centimes sont perçus sur les CD vierges et 1,58 euro sur chaque DVD. Les sommes récoltées sont reversées aux différentes sociétés d'auteurs.

Copier... oui, à titre privé
le 24/05/2007 N°3057

Quiconque, en France comme dans une vingtaine de pays européens, a le droit de copier des oeuvres originales (musiques, films, photos...) à condition de ne pas en faire un commerce. La contrepartie ? S'acquitter d'une taxe comprise dans le prix des supports analogiques (cassettes VHS, audio...) et numériques (DVD, CD...) vierges et d'ici à la rentrée sur les disques durs externes et autres clés USB.




- "Le gratuit, un jackpot pour la high-tech "

Le téléchargement de musique, de vidéos et de séries télé s'est installé dans les habitudes. Souvent illégale, cette pratique soutient pourtant les ventes de la filière numérique...

Une aubaine pour les internautes. Consommer gratuitement de la musique, des films, des séries télé et autres clips est devenu leur sport préféré. Des milliards de fichiers circulent ainsi chaque jour sur le réseau, l...

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- n° 3030 - 13 p.

Le marché de l'emballage reste stable malgré la hausse des matières premières. La tendance est à la recherche d'emballages plus facilement dégradables. La réduction des emballages gagne elle aussi de nouveaux secteurs du métier.

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- n° 3026 - p.26 à p.27

Fonds d'investissement dédiés, acquisitions en cours, contrats records...L'électricité éolienne est dans l'air du temps. Une véritable surchauffe s'empare d'un secteur où la Fance ne joue pas les premiers rôles.

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L'Homme cherche sa place dans l'usine du futur | L'Usine Nouvelle 21/03/2019

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L'homme est au coeur de l'industrie 4.0 comme le rappelle chaque événement organisé autour du thème de l'usine du futur. Et pourtant les innovations technologiques en cours de déploiement dans l'industrie inquiètent, à juste titre, sur la place de l'humain dans le process. Considérer ces craintes est un impératif pour une transition réussie. Explication et détails, sous la forme d'un dossier. Sommaire. L'homme cherche sa place dans l'usine du futur. Automatisation et emploi, la bataille des chiffres. Formation : la mue des salariées de Septodont (fabricant d'anesthésiant dentaire). "Produire des données n'est pas un travail reconnu" (interview d'Antonio Casillo, sociologue et auteur du livre "En attendant les robots"). Allemagne : les syndicats, garde-fous de la technologie. Document de fond. Quelques données chiffrées. L'homme est au coeur de l'industrie 4.0 comme le rappelle chaque événement organisé autour du thème de l'usine du futur. Et pourtant les innovations technologiques en cours de déploiement dans l'industrie inquiètent, à juste titre, sur la place de l'humain dans le process. Considérer ces craintes est un impératif pour une transition réussie. Explication et détails, sous la forme d'un dossier. Sommaire. L'homme cherche sa place dans l'usine du ...

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L'IA, nouvel outil de précision des médecins | L'Usine Nouvelle 22/11/2018

Article (TECHNOLOGIES)

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Les progrès effectués par l’IA, intelligence artificielle, lui ouvrent peu à peu les portes de la médecine. En 2018, elle est capable de diagnostiquer avec plus d’efficacité que les médecins certaines maladies. Aux Etats-Unis, un dispositif médical permettant de détecter une déficience visuelle grâce à l’IA a été autorisé à la commercialisation. Ces nouvelles ressources permettent même d’anticiper plus en amont certaines maladies, comme les cancers, et donc de commencer les traitements plus tôt pour améliorer les chances de guérison. Cette petite révolution est annonciatrice d’une médecine "augmentée", où IA et médecins collaborent. La médecine "automatique", où l’IA serait seule maître à bord, n’est en revanche pas recommandée par les spécialistes, qui affirment que l’humain doit garder le contrôle. Le personnel médical va devoir faire preuve de pédagogie pour expliquer l’intérêt de l’IA aux patients, et la formation va également jouer un rôle primordial. La sécurisation des données de santé, utilisées pour "entraîner" l’IA, est également une problématique qui focalise l’attention, puisqu'il est nécessaire de les anonymiser pour respecter le droit à la vie privée. Sommaire. L’IA, nouvel outil de précision des médecins. A la pointe contre le cancer. Bernard Nordlinger : "L’IA n’a pas l’intuition d’un médecin". La cardiologie, cœur de cible. Données, santé et vie privée. Dossier. Pas de chiffres. Les progrès effectués par l’IA, intelligence artificielle, lui ouvrent peu à peu les portes de la médecine. En 2018, elle est capable de diagnostiquer avec plus d’efficacité que les médecins certaines maladies. Aux Etats-Unis, un dispositif médical permettant de détecter une déficience visuelle grâce à l’IA a été autorisé à la commercialisation. Ces nouvelles ressources permettent même d’anticiper plus en amont certaines maladies, comme les ...

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- n° 3124 - p.38 à p.40

Design, technologies, business model... Les acteurs des télécoms et de l'informatique revoient leurs copies pour faire enfin décoller l'internet sur les terminaux mobiles.
Les industriels ont changé leur fusil d'épaule. Ils n'essaient plus d'adapter l'internet aux terminaux mobiles, mais d'adapter les terminaux à l'internet ! " Les utilisateurs veulent retrouver en situation de mobilité le même internet que sur le PC ", explique Jean-Marc Tassetto, le directeur général grand public et marketing de SFR. D'où le succès de l'iPhone d'Apple, le premier modèle à proposer une navigation sur internet similaire à celle d'un micro-ordinateur. Les industriels vont désormais plus loin, proposant des terminaux optimisés avant tout pour la navigation sur internet... et dépourvus de la fonction téléphonie. Une révolution ! Le fabricant français de lecteurs multimédia portables Archos met ainsi sur le marché un produit de la taille d'une console de jeux avec un écran de 12 centimètres de diagonale et un affichage des pages web proche de celui d'un PC. Intel et son partenaire Compal ont quant à eux dévoilé un PC de poche à peine plus gros qu'un téléphone portable. Ces deux produits intègrent en standard une puce de communication 3G pour télécharger rapidement les pages web et sont vendus depuis le 19 novembre par SFR, à partir de 249 euros grâce à une forte subvention... et à la condition d'acheter un forfait d'accès illimité à internet à 24,90 euros. " L'usage d'internet s'individualise, chacun veut son propre terminal pour y accéder ", justifie Jean-Marc Tasseto. Orange et Bouygues Telecom pourraient emboîter le pas à SFR. Certes, en France, les revenus des services internet et multimédia sont encore embryonnaires, représentant moins de 10 % du chiffre d'affaires des opérateurs mobiles au deuxième trimestre 2008, mais ils connaissent de loin le plus fort développement, avec 40 % de croissance. UN BESOIN DE PUISSANCE ET D'ERGONOMIE Pour augmenter ces revenus, les opérateurs pourront compter sur l'expertise des acteurs de l'informatique, du web et de l'électronique grand public. Pour une raison simple : internet ayant été conçu en premier pour le PC, ce sont eux qui en connaissent le mieux le fonctionnement. Si Apple et Google ont été les plus visibles avec le lancement de leurs premières solutions, un autre acteur emblématique de cette industrie avance avec de grandes ambitions : Intel, le leader mondial des processeurs. Le PC de poche distribué par SFR, tout comme celui lancé par Telecom Italia en Italie, est équipé de processeurs Intel. Face à ses concurrents (Texas Instruments, Qualcomm, STMicroelectronics...), le fondeur met en avant un argument de poids en soulignant que son processeur Atom, destiné aux terminaux mobiles, repose sur la même architecture de base que ses processeurs pour PC et offre donc la puissance nécessaire à l'affichage fluide des applications web (lire page 40). Si de fortes capacités de calcul sont nécessaires, elles ne suffiront pas à faire décoller l'internet mobile. Les fabricants de terminaux parient pour cela sur de nouvelles ergonomies. Avec des écrans et des claviers trop petits, les smartphones de Nokia ou de Sony Ericsson ont montré leurs limites pour surfer sur le web. D'où le succès des nouveaux produits incluant de plus grands écrans, comme les mini-PC portables. L'utilisateur profite alors d'un écran d'environ 10 pouces et d'un véritable clavier, tout en pouvant ranger son appareil dans un sac à main. Une offre technologique qui a trouvé son public. Asus, l'un des pionniers de ce type de machines, devrait écouler 5 millions d'unités en 2008. LES TECHNOLOGIES RADIO EN PREMIÈRE LIGNE La révolution de l'internet mobile demandera aussi un effort de R& D soutenu. Et particulièrement dans le domaine très complexe des technologies radio. Leader des infrastructures mobiles, le suédois Ericsson anticipe le déploiement des réseaux de quatrième génération. " Nous sommes le premier contributeur en termes de propositions pour l'édification de la 4G auprès des organismes de normalisation ", indique Philippe de la Fortelle, le directeur marketing d'Ericsson France. A Massy, en région parisienne, l'équipementier démontre aux opérateurs la rapidité des transmissions 4G. Grâce à des liaisons sans fil atteignant un débit de 160 Mbps, il réalise une visioconférence sur un grand écran haute définition ! Cette course technologique bouscule tous les acteurs. Ainsi, Alcatel-Lucent et le japonais NEC ont mis un terme à leur société commune, créée en février dernier. " La 4G se déploie plus vite que prévu, notamment aux Etats-Unis. Or, d'un continent à l'autre, des versions différentes de cette technologie seront déployées ", justifie Michel Rahier, l'un des nouveaux directeurs exécutifs d'Alcatel-Lucent. DES MODÈLES ÉCONOMIQUES RÉVISÉS EN PROFONDEUR La révolution la moins perceptible aux yeux des utilisateurs est celle des modèles économiques. Elle est pourtant fondamentale et touche aussi bien les opérateurs cherchant à se rémunérer via les rentrées publicitaires que les éditeurs des plates-formes logicielles. Ainsi, Google et Apple ont déployé un système d'exploitation pour terminaux mobiles largement ouvert aux développeurs d'applications. " Leurs plates-formes logicielles favorisent la grande diffusion des applications. En quelques clics, un utilisateur peut installer un nouveau service sur son téléphone ", indique Laurent Geffroy, consultant pour le cabinet d'études Greenwich Consulting. Ce modèle a rapidement été copié par Nokia et ses rivaux, qui ont complètement revu en septembre dernier le positionnement de Symbian, le logiciel d'exploitation pourtant le plus diffusé sur les téléphones portables. Un pragmatisme de l'industrie du GSM de bon augure pour le décollage tant attendu de l'internet de poche. .
@ HASSAN MEDDAH
Design, technologies, business model... Les acteurs des télécoms et de l'informatique revoient leurs copies pour faire enfin décoller l'internet sur les terminaux mobiles.
Les industriels ont changé leur fusil d'épaule. Ils n'essaient plus d'adapter l'internet aux terminaux mobiles, mais d'adapter les terminaux à l'internet ! " Les utilisateurs veulent retrouver en situation de mobilité le même internet que sur le PC ", explique Jean-Marc ...

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- n° 3093 - p.71 à p.81

Appréciés pour leur légèreté et leurs propriétés mécaniques, les matériaux composites percent dans tous les secteurs. L'innovation sur les procédés de mise en forme permet de diversifier les applications. Les projets de développements collectifs, associant PME et grands groupes, accélèrent la mutation des industriels.

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- n° 3092 - p.22 à p.24

L'offensive du spécialiste des voitures de sport relance la course à la taille critique en Europe. Pour préserver leur rang sur la scène mondiale, les autres constructeurs devront se mettre au diapason et se chercher des alliés
Un nouveau mastodonte de l'automobile est né. Douze marques, dont neuf dans l'automobile et trois dans le poids lourd, près de 130 milliards d'euros de chiffre d'affaires cumulé, une présence sur tous les continents... le rapprochement de Porsche et de Volkswagen donne naissance à l'un des tout premiers groupes du monde. Le nouvel ensemble, qui affiche des dimensions inconnues jusque-là en Europe, force le respect. Et sonne le retour des grandes manoeuvres pour les industriels européens. Un mouvement en marche dans toute l'europe Le patron de PSA, Christian Streiff, qui ne manque pas de superlatifs pour qualifier ce nouveau leader, jugeait devant une poignée de journalistes le 4 mars sur le salon de Genève que " le mouvement de concentration dans l'automobile européenne était loin d'être terminé. " De six aujourd'hui, le Vieux Continent passera-t-il à quatre constructeurs demain ? L'hypothèse n'est pas infondée. Carlos Ghosn lui-même l'affirmait en avril 2007, lors du lancement de la Logan en Inde : " Un groupe automobile peut disparaître du jour au lendemain, et personne ne s'en émouvra. " Depuis l'annonce de Porsche, les rumeurs vont bon train. La famille Quandt, propriétaire de BMW, et les Peugeot entretenant de très bonnes relations, l'idée d'un mariage franco-allemand fait son grand retour. Sans confirmer ces informations, chez PSA on se dit ouvert à toute nouvelle opportunité. Et du côté de BMW, on ne cache pas ses intentions d'élargir son portefeuille de marques (BMW, Mini, Rolls-Royce) ainsi que ses coopérations. Ses dirigeants feraient d'ailleurs actuellement le tour des différents groupes européens pour étudier toutes les possibilités de partenariats. Renault est lui passé à l'offensive. L'allié de Nissan a mis la main, le 29 février dernier, sur 25 % du capital d'Avtovaz, le propriétaire de Lada et le numéro 1 du secteur en Russie. Quant à Mercedes et Fiat (échaudés par leurs expériences avec Chrysler et General Motors), s'ils semblent plus en retrait, il n'est pas sûr qu'ils puissent encore jouer longtemps leur partition en solo. plusieurs fers au feu dans les bureaux d'études Sur un marché déjà assez concentré (les dix premiers mondiaux captent 80 % des volumes), tout plaide en effet pour relancer la course aux regroupements. L'effet de taille va devenir une impérieuse nécessité pour affronter les prochains défis technologiques et commerciaux. " Les besoins en investissement vont aller croissant, estime Laurent Desplaces, associé spécialisé dans l'automobile au cabinet d'audit comptable KPMG. Ne serait-ce que pour faire face au développement de nouvelles technologies, à la multiplication du nombre de modèles et à la montée en puissance des marchés émergents. " Faute d'avoir trouvé l'innovation capable de remplacer le bon vieux moteur à combustion, les constructeurs doivent en tout cas maintenir plusieurs fers au feu dans leurs bureaux d'études. Hybride diesel, hybride essence, électrique, biocarburant, hydrogène... tous investissent parallèlement dans ces modes de propulsion pour rester dans le coup. le poids des exigences environnementales " En termes de cash, cela nécessite d'avoir une certaine assise financière, mais il faut également être capable de rentabiliser ces investissements coûteux ", confie David Weill, le directeur en charge de l'automobile chez AT Kearney. La montée en puissance des exigences environnementales et la floraison des " bonus- malus " anti-CO2 dans une dizaine de pays européens poussent aussi dans ce sens. L'Union européenne a elle-même conseillé aux constructeurs de constituer des pools de marques pour que leurs modèles franchissent la barre des 130 g/km de CO2 en moyenne à l'horizon 2012. Ces alliances sont tout aussi essentielles pour partir à la conquête des pays émergents. Pour percer sur ces marchés, il est indispensable d'investir dans des usines, des réseaux de ventes et dans le marketing sans obtenir, dans un premier temps, un retour immédiat sur le front des ventes. Renault, qui n'a vendu en Inde que 12 000 Logan l'an dernier, a d'ores et déjà prévu de débourser près de 800 millions d'euros pour implanter une nouvelle usine d'une capacité de 400 000 unités à Chennai, sur la côte est du sous-continent. Mais le français projette également d'en partager les coûts avec Nissan. PSA est pour l'instant parti seul en Russie mais il laisse volontiers courir le bruit qu'il pourrait - aimerait ? - partager les frais de son usine de Kaluga, basée à 150 km de Moscou, à l'image de ce qu'il a fait dans le véhicule utilitaire, avec Fiat, ou dans les voitures de poche, avec Toyota. En coulisse, il se murmure que Mitsubishi (qui fournit à Peugeot et à Citroën ses tout-terrain 4007 et C-Crosser) serait intéressé. l'aventure hasardeuse des fusions Pour les petits poucets du secteur, la course à la taille demeure une question d'actualité pour peser face à des fournisseurs (eux aussi en voie de concentration) de plus en plus durs en affaires. Hyperrentables mais générant de petits volumes, les BMW et autres Mercedes devront s'appuyer sur une alliance ou un groupe pour asseoir leur puissance de frappe au niveau des achats. Reste à savoir quelle forme pourraient prendre ces coopérations. La fusion reste une aventure hasardeuse. Après neuf ans de liaison, Daimler s'est séparé de Chrysler l'an dernier sans qu'aucune synergie n'ait pu être réellement nouée. Et si l'on prend l'exemple de Peugeot et de Citroën, il aura fallu attendre trente ans pour former avec ces deux marques un véritable groupe intégré. " Les alliances ciblées, telles que les mènent Renault ou même PSA avec BMW ou Toyota, sont plus porteuses, estime Bernard Jullien, le directeur du Gerpisa, un réseau de recherche sur l'industrie automobile dépendant de l'université d'Evry. Elles sont souvent plus respectueuses de la culture de chaque groupe tout en permettant de générer des synergies importantes, que ce soit en termes industriel, d'achats ou de recherche et développement. " les premiers de la classe... et les autres Et à ce petit jeu, certains constructeurs ont déjà pris un tour d'avance. Toyota et Volkswagen, bien sûr, mais aussi Renault-Nissan ou le coréen Hyundai-Kia, font partie des meilleurs élèves de la classe. " Ils ont réussi, en mêlant stratégies d'acquisitions et alliances, à percer sur la plupart des marchés du globe, note David Weill. Ils offrent en plus, avec leurs marques, une couverture complète des différents segments du marché. " En revanche, PSA, BMW, Fiat et Mercedes semblent à la traîne au vu de ces critères. S'ils veulent encore peser sur la scène mondiale demain, ils devront eux aussi se plier à l'exercice. Faute de quoi, ils pourraient être rapidement rayés du paysage sous les coups de boutoir des groupes des pays émergents. Bien visibles à Genève, les Tata, Brilliance et autres BYD sont en embuscade et ne perdent jamais une occasion d'afficher leurs velléités de conquête. Ils ne manquent pas non plus de cash pour partir à l'assaut du Vieux Continent, comme le prouve l'indien Tata, qui vient de mettre la main sur Jaguar et Land Rover. Du côté de PSA, la menace a été identifiée et le message reçu cinq sur cinq par Christian Streiff. .
@ par Thibaut De Jaegher
L'offensive du spécialiste des voitures de sport relance la course à la taille critique en Europe. Pour préserver leur rang sur la scène mondiale, les autres constructeurs devront se mettre au diapason et se chercher des alliés
Un nouveau mastodonte de l'automobile est né. Douze marques, dont neuf dans l'automobile et trois dans le poids lourd, près de 130 milliards d'euros de chiffre d'affaires cumulé, une présence sur tous les continents... le ...

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- n° 3063 - p.40 à p.42


Pour réussir à accroître la productivité des usines de 30 % d'ici à 2010, le manufacturier auvergnat redonne de l'autonomie à ses salariés. A eux de trouver les gisements de progrès qui permettront de tenir l'objectif... et de conserver la production en Europe de l'Ouest.

Le Bibendum est en guerre contre les coûts ! C'est Michel Rollier, le cogérant de Michelin qui l'affirme en lui assignant une cible ambitieuse : trouver au moins 1,5 milliard d'euros d'économie d'ici à 2010. Exigeant, l'objectif est tout sauf un voeu pieux. Surtout lorsque l'on sait que la main-d'oeuvre compte pour 40 % dans le prix d'un pneu. Le manufacturier clermontois en a fait un passage obligé pour le maintien de ses sites de production dans les pays " high cost ". " Nous pouvons encore produire en Europe de l'Ouest et en Amérique du Nord. A une condition : nous devons réduire drastiquement nos coûts de fabrication en améliorant notre productivité d'au moins 30 % d'ici à 2010 ", professe Jean-Christophe Guérin, le directeur de la prévention et de la performance industrielle du groupe.
Pour doper leur compétitivité face aux concurrents - externes ou internes - asiatiques, sud-américains et est-européens, les sites allemands viennent d'accepter de revenir à 39 heures de travail hebdomadaire. En France, les Bibendums comptent sur deux bottes secrètes. La première, c'est l'investissement technologique. A l'image de la méthode de fabrication ultraconfidentielle C3M lancée en 1998 et encore en phase de développement, les innovations techniques devront apporter un tiers des gains attendus. La seconde incombe aux usines : à charge pour elles de trouver les économies restantes en traquant dans leurs ateliers le moindre gisement de productivité.
une remise en forme de choc
Pas question pour ce chantier de laisser les sites de production mener seuls le combat. L'équipe qualité du groupe a donc concocté un programme de remise en forme " sur-mesure " pour ses 69 usines. Baptisé Michelin Manufacturing Way (MMW), ce programme d'amélioration des performances industrielles - mis au point en 2005 dans cinq sites pilotes - doit vulgariser les concepts mais surtout l'esprit du célèbre Toyota Production System. " Démarche commando, équipe pluridisciplinaire, management visuel et implication des opérateurs doivent désormais faire partie des "gènes" de chaque atelier ", résume Jean-Christophe Guérin.
Secouées par des plans de suppressions de postes à répétition (10 000 départs à la retraite ne seront pas remplacés d'ici à 2010) et plusieurs fermetures de sites, les usines se sont très vite approprié la démarche. Heureusement ! " Sans la participation des opérateurs, le déploiement d'une telle méthode est voué à l'échec et les gains sont ridicules ", assure le patron mondial du MMW. Une usine espagnole l'a appris à ses dépens. Trop pressée, elle a tenté de réduire le temps de changement d'outil sur une machine dédiée aux pneus de poids lourds mais en se privant des agents de fabrication. " Trop de commandes à honorer ", plaidèrent alors les managers. Après une semaine de cogitation, ingénieurs et cadres réussissent à réduire le délai nécessaire aux changements de dimensions de trente à quinze minutes moyennant un investissement de 400 000 euros. " Bien mais peut mieux faire ", juge le service central à Clermont-Ferrand qui reprend la main. Les qualiticiens réalisent alors le même chantier en impliquant les opérateurs. Le temps nécessaire tombe à cinq minutes avec... zéro euro investi ! Edifiant.
Clé de voûte du système, la participation des opérateurs ne se fait pas sans mal. Elle suppose de mettre à la portée du plus grand nombre des outils comme le 5S (pour l'ordre et la propreté) ou le Smed (pour les changements d'outil). " Nous n'avons pas cherché à les réinventer mais nous les avons accom-modés à la sauce Michelin ", souligne Jean-Christophe Guérin.
Quinze ingénieurs " maison " ont ainsi planché six mois durant en 2005, pour simplifier ces standards de l'amélioration des performances. S'inspirant des meilleures pratiques observées en externe (Valeo, Delphi, Toyota, Arcelor...) ou en interne, ce groupe de travail a mis au point quatre outils inédits - bientôt cinq - en y insufflant, à chaque fois, l'esprit participatif des chantiers Kaizen. Bib'Flex pour le Smed, Bib'Standard pour le 5S, Bib'Innov, Bib'Boost et Bib'Solve ont ainsi vu le jour (voir page 40). Leur vertu ? " Contrairement aux outils classiques, ils ne nécessitent pas de formations lourdes, répond Jean-Christophe Guérin. Savoir en utiliser un revient à savoir les uti- liser tous. " Cette simplicité associée à la robustesse du processus a permis une adoption rapide du Michelin Manufacturing Way. En une année seulement, les 69 usines du groupe s'y sont converties. Sur le site de Joué-lès-Tours (Indre-et-Loire) - consacré majoritairement à la fabrication de pneus pour poids lourds -, la méthodologie a permis de doper la productivité de 15 % en huit mois !
Le déploiement éclair de la méthode s'est également appuyé sur une nouvelle organisation dans les usines. " Si nous voulions que les opérateurs s'impliquent réellement, il fallait les associer sur l'ensemble des sujets concernant leur atelier ", assure Jean-François Valentin, le dynamique chef du personnel de Joué-lès-Tours. A l'ancienne structure pyramidale très hiérarchique, Michelin a donc substitué un ensemble d'équipes autonomes. " Nous avons mis l'usine à l'envers, complète Jean-François Boucher, responsable de l'accélération du progrès du site de Joué-lès-Tours. Les opérateurs sont désormais au centre de la vie de l'usine et tout remonte de là. "
Une nouvelle approche des relations
Déjà habitués à un haut degré de responsabilité en matière de qualité produits, les Bibendums doivent désormais gérer leurs cadences de production, la sécurité, la maintenance, les flux, la propreté... Chacune de ces thématiques est placée sous la responsabilité d'un opérateur dit " correspondant ". Sans pouvoir hiérarchique sur ses collègues, sa mission consiste à veiller, au sein d'une équipe de huit à vingt personnes, au respect des standards et des bonnes pratiques dans un domaine précis.
Dans certaines usines, l'autonomie a atteint un degré tellement élevé que 90 % des problèmes soulevés (gestion des absences, suivi des indicateurs...) se règlent entre salariés. " En plaçant les opérateurs au coeur du système, le management n'intervient qu'en dernier recours pour arbitrer un éventuel conflit ", se satisfait Alain Fourniau, le responsable de l'activité poids lourd à Joué-lès-Tours. Mieux, certaines usines en Allemagne arrivent à fonctionner sans la présence d'aucun chef la nuit et le week-end. Une révolte ? Non sire, une révolution... culturelle. .


Par Thibaut De Jaegher

Numéro 1 mondial du pneu

le 05/07/2007 N°3063

> 16,4 milliards d'euros de chiffre d'affaires
> 1,5 à 1,7 milliard d'économies programmées pour 2010
> 200 millions de pneus produits
> 69 usines
> 116 000 salariés

Source : Michelin (Chiffres 2006)


parlez-vous bibendum ?
le 05/07/2007 N°3063

> bib'standard Outil mêlant les concepts du 5S (Ranger, Ordonner, Nettoyer, Standardiser, Progresser) et l'esprit des chantiers Kaizen. Gain potentiel : 5 %.
> bib'flex Méthode inspirée du Smed (Single Minut Exchange of Die) permettant d'améliorer le temps nécessaire au changement des outils sur une machine. Gain attendu de 30 à 70 %.
> bib'boost Démarche permettant des avancées éclairs dans des domaines comme la qualité ou la sécurité.
> bib'innov Outil utilisé pour réaliser des progrès en repensant la conception du produit. Gain potentiel : 30 %.
> bib'solve Méthode de résolution de problèmes en trois étapes permettant de cerner la défaillance, de prendre des mesures rapides pour continuer à produire malgré la défaillance avant d'en traiter la cause originelle.


Le Kaizen à la mode auvergnate
le 05/07/2007 N°3063

Un tableau à six faces trône au pied de chaque ligne de production. Tenu par les salariés, il permet, d'un coup d'oeil, de faire le point sur la performance de l'équipe en matière de délais, de maintenance, de qualité, de sécurité et de coût. Une face reste libre pour traiter des autres domaines.



A chaque changement d'équipe, les responsables d'îlots transmettent aux opérateurs en cinq minutes chrono l'état d'avancement de la commande et les difficultés rencontrées.



Chaque opérateur tient lui-même ses indicateurs sur un tableau Velleda planté au milieu des lignes. Ce système " zéro informatique " permet à n'importe qui de suivre le tableau de marche de la production.



Avant de se lancer dans une traque à la productivité, il faut commencer par ranger son espace de travail. Comment ? En appliquant le Bib' Standard plus connu sous le nom de 5S. Sur un îlot de l'usine de Joué-lès-Tours (Indre-et-Loire), la démarche a divisé par 7 le nombre d'armoires contenant les outillages.



Gagner 50, 60 voire 70 % de productivité en une semaine, c'est possible ! En utilisant selon les besoins, le bon outil " Bib' " : Bib'Flex pour changer plus rapidement d'outil, Bib'Boost pour réussir une percée qualité, Bib'Innov pour revoir la conception d'un produit ou Bib'Solve pour résoudre les problèmes.


C3M, la techno secrète
le 05/07/2007 N°3063

> Développée depuis 1993, révélée au grand public en 1998, la technologie C3M demeure en 2007 une illustre inconnue ! Jalousement gardé, ce procédé permettrait - selon Michelin - de réduire le temps global de fabrication d'un pneu de 90 %. Comment ? Tout simplement en automatisant une fabrication encore en grande partie manuelle. Aujourd'hui, la technologie ne concernerait que les pneus de tourisme.
> En 2002, cinq usines seulement abritaient le précieux secret.


Un changement d'outil deux fois plus rapide grâce au Bib'Flex
le 05/07/2007 N°3063

Effarant ! Pour changer les moules servant à sculpter les pneus dans l'atelier cuisson de l'usine de Joué-lès-Tours (Indre-et-Loire), les techniciens parcouraient jusqu'à 4,5 kilomètres. Des outillages mal placés et une maintenance souvent en retard empêchaient de réaliser l'opération dans un délai plus court. " Le temps de refroidissement nous obligeait aussi à patienter 2 h 30 avant de commencer le travail ", se souvient José Jouet, monteur sur la ligne de cuisson. Fin 2006, la direction du site décide donc de tester les chantiers Bib'Flex sur cette ligne. Pendant une semaine, opérateurs, agents de maîtrise, agents de la maintenance et techniciens du bureau d'études planchent sur le problème et réussissent à diviser par deux le temps nécessaire à l'opération. Cerise sur le gâteau, les techniciens ne parcourent plus désormais que 1,4 kilomètre pour réaliser le même travail.





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Le Bibendum est en guerre contre les coûts ! C'est Michel Rollier, le cogérant de Michelin qui l'affirme en lui assignant une cible ambitieuse : trouver au moins 1,5 mil...

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La bataille de l'export | L'Usine Nouvelle 04/10/07

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La course à la taille est lancée
Trop petites, perdues dans la jungle des aides publiques, les PME ont du mal à inscrire la conquête de nouveaux marchés dans leur stratégie. Le gouvernement réoriente son action pour les soutenir et les aider à grandir.
Un salon centré sur les " primo-exportateurs " (Avenir International) les 10 et 11 octobre à La Défense, un village international dans le cadre de Planète PME la semaine suivante à Paris : les initiatives se multiplient pour convaincre les PME de partir à l'assaut des marchés étrangers. Entreprises et pouvoirs publics sont sur la même longueur d'onde. " Il faut plus de sociétés à l'international ", martèle Jean-François Roubaud, le président de la CGPME. Du côté du gouvernement, l'objectif est d'enrayer un déficit commercial galopant : 31,7 milliards d'euros en 2007 et 34,6 milliards en 2008 selon le projet de loi de Finances.

Depuis le lancement du plan Cap Export fin 2005, l'Etat ne ménage pas ses efforts. Il a défini cinq pays cibles (Chine, Russie, Japon, Etats-Unis, Inde), multiplié les voyages de prospection et mis au point de nouvelles aides comme l'extension du crédit d'impôt export. Mais pour l'instant rien n'y fait ! Le nombre de PME exportatrices stagne autour de 99 000. Pire : d'année en année, elles sont de moins en moins nombreuses à se lancer dans l'aventure pour la première fois.

De nombreux freins à leur développement

" Elles manquent de temps et de compétences ", estime Philippe Garsuault, le directeur de Pramex International, un cabinet spécialisé dans l'accompagnement des sociétés à l'étranger. Surtout, les handicaps structurels restent nombreux. Le rapport " PME et commerce extérieur " du Conseil économique et social (CES) publié l'été dernier dénonce leur petite taille. Les PME indépendantes représentent 79 % des entreprises exportatrices mais leur part, en valeur, dans le total des exportations n'excède pas les 15 %.

De la complexité administrative au déficit d'innovation en passant par un manque de financement, plusieurs freins nuisent à leur développement. " Les délais de paiement plombent la trésorerie des entreprises françaises ", constate Gilles Untereiner, le délégué général de la chambre de commerce et d'industrie franco-allemande. Elles doivent attendre en moyenne entre trente et soixante jours pour recouvrer leurs créances, contre dix à trente jours pour leurs homologues allemandes.

L'Allemagne, le modèle à suivre
Plus nombreuses, plus offensives, plus rigoureuses : c'est grâce à ses PME que l'Allemagne est depuis quatre ans championne du monde des exportations. Près de 70% des entreprises de 20 à 99 salariés et 80% de celles de 100 à 250 salariés exportent. " Ce dynamisme ne peut pas être attribué aux aides publiques car, dans ce domaine, la France est bien mieux outillée ", remarque Gilles Untereiner, le délégué général de la chambre de commerce et d'industrie franco-allemande. Le dispositif se concentre sur l'accompagnement des entreprises sur les salons, au travers de structures gérées conjointement par les Länder et les chambres de commerce et d'industrie locales.
Pas d'organismes qui se marchent sur les pieds, un objectif clairement défini et un travail collégial : la stratégie est payante. Selon une étude réalisée par Opinionway en 2007, 50 % des industriels exportateurs ont trouvé de nouveaux clients en participant à une foire ou à un salon à l'étranger.

" La différence de performances entre les deux pays est structurelle et culturelle ", estime Gilles Untereiner. Les PME ger- maniques sont plus grandes, plus puissantes mais aussi mieux organisées. Elles commencent la vente dans les pays proches, dans lesquels elles consolident leur position avant de se lancer sur les marchés lointains. Sans jamais confondre opportunité et opportunisme...

La comparaison avec le modèle allemand est également défavorable en matière d'innovation. Les dépenses consacrées à la recherche-développement rapportées au PIB n'atteignent que 2,14 % en France, contre 2,5 % outre-Rhin. Et la part des entreprises privées ne représente que 52 % de ces dépenses en France (très concentrées dans les grands groupes), contre 60 % en Allemagne.

Relancer la croissance des PME pour stimuler les exportations ? C'est le pari d'Hervé Novelli, le nouveau secrétaire d'Etat aux Entreprises et au Commerce extérieur.
Son plan Force 5, présenté en juin dernier, s'attaque aux différents fronts : il vise à simplifier l'environnement des PME, soutenir l'innovation, baisser la fiscalité et favoriser le financement. En matière de simplification administrative, l'Etat s'est engagé à dématérialiser l'ensemble des procédures à l'export avant la fin 2008 à travers un service en ligne unique pour saisir l'intégralité des formalités.

" La nouvelle équipe gouvernementale prend le problème par le bon bout mais elle doit aussi faire le ménage dans les aides et les structures d'accompagnement à l'export ", plaide Marc Gillaux, le directeur de Bretagne International, une structure d'accompagnement des PME à l'export. Le rapprochement programmé entre l'agence Ubifrance et les missions économiques devrait contribuer à proposer une offre plus adaptée aux besoins des industriels.

Une décision stratégique

" Aller à l'international, c'est comme investir dans une nouvelle machine. C'est une décision stratégique et pas une question d'opportunisme lié à une subvention ", résume Jérôme Trignau, le responsable commercial de Bretagne Chimie Fine, une PMI qui réalise 50 à 60 % de son chiffre d'affaires (20 millions d'euros) à l'export. Plus qu'une procédure de labellisation, une subvention pour former un groupement ou un crédit d'impôt export, les PMI ont besoin de structures opérationnelles pour les accompagner sur toute la durée d'un projet. Dans ce domaine, les cartes restent à redistribuer.


Catherine Mairet
La course à la taille est lancée
Trop petites, perdues dans la jungle des aides publiques, les PME ont du mal à inscrire la conquête de nouveaux marchés dans leur stratégie. Le gouvernement réoriente son action pour les soutenir et les aider à grandir.
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