m

Documents  L'Usine Nouvelle | enregistrements trouvés : 100

O

-A +A

P Q

UV

L'Usine Nouvelle


Déposez votre fichier ici pour le déplacer vers cet enregistrement.

... Lire [+]

UV

Ce que vous trouverez dans notre édition 2009-2010 de "L'Atlas des Usines" (version papier)

> Un classement régional, départemental, puis alphabétique de 3 753 sites de production, de plus de 85 salariés.

> Pour chaque site, une description détaillée, avec coordonnées complètes, e-mail et site internet, groupe d'appartenance et nationalité, effectifs au 31 décembre 2008 et 2007, activité (certifications, chiffre d'affaires, classement Seveso...) et équipe dirigeante.

> La structure industrielle et les chiffres clés des 65 premiers groupes industriels en France.
Ce que vous trouverez dans notre édition 2009-2010 de "L'Atlas des Usines" (version papier)

> Un classement régional, départemental, puis alphabétique de 3 753 sites de production, de plus de 85 salariés.

> Pour chaque site, une description détaillée, avec coordonnées complètes, e-mail et site internet, groupe d'appartenance et nationalité, effectifs au 31 décembre 2008 et 2007, activité (certifications, chiffre d'affaires, classement ...

Déposez votre fichier ici pour le déplacer vers cet enregistrement.

... Lire [+]

UV

SOMMAIRE

Les sièges sociaux
8 secteurs d'activité - 26 sous-secteurs d'activité - 6 000 entreprises - 30 000 dirigeants

Secteurs d'activité référencés :
- Aéronautique
- Agroalimentaire
- Automobile
- Bois - Papier - Matériaux
- Chimie - Pharmacie - Énergie
- Électrique - Électronique - Informatique
- Mécanique - Métallurgie - Sidérurgie
- Services - Textile

Index
- Index des Sociétés
- Index des Dirigeants
SOMMAIRE

Les sièges sociaux
8 secteurs d'activité - 26 sous-secteurs d'activité - 6 000 entreprises - 30 000 dirigeants

Secteurs d'activité référencés :
- Aéronautique
- Agroalimentaire
- Automobile
- Bois - Papier - Matériaux
- Chimie - Pharmacie - Énergie
- Électrique - Électronique - Informatique
- Mécanique - Métallurgie - Sidérurgie
- Services - Textile

Index
- Index des Sociétés
- Index des Dirigeants

Déposez votre fichier ici pour le déplacer vers cet enregistrement.

... Lire [+]

V

- n° 2960 - p.57 à p.67

La sécurité alimentaire, au premier plan des préoccupations de la Commission européenne qui multiplie les règlements sur le sujet.

Déposez votre fichier ici pour le déplacer vers cet enregistrement.

... Lire [+]

V

- n° 2962 - p.52 à p.61

Les sous-traitants font face à des réglementations de plus en plus sévères en matière d'environnement, mais aussi aux exigences croissantes des donneurs d'ordres.

Déposez votre fichier ici pour le déplacer vers cet enregistrement.

... Lire [+]

V

- n° 3011 - p.8 à p.11

Pour la première fois en France, la part des produits vendus sous marques de distributeurs dépasse en volume le score des marques nationales. Une nouvelle donne à laquelle les industriels devront s'adapter.

Déposez votre fichier ici pour le déplacer vers cet enregistrement.

... Lire [+]

V

- n° 3021 - p.71 à p.73

Si sa croissance ralentit, le nautisme demeure un secteur porteur d'emplois, d'investissements et d'ouverture internationale pour le grand Ouest de la France. Cette dynamique tient en partie à la variété des acteurs de cette filière.

Déposez votre fichier ici pour le déplacer vers cet enregistrement.

... Lire [+]

V

- n° 3023
- p.10 à p.14

Le contrôle qualité tant vanté par les industriels a du plomb dans l'aile. Jamais les rappels produits n'ont été si nombreux en Europe. Le phénomène est un effet pervers de la chasse aux coûts. C'est aussi le prix d'un modèle de production : 50% des produits dangereux interceptés sont d'origine chinoise.

Déposez votre fichier ici pour le déplacer vers cet enregistrement.

... Lire [+]

V

- n° 3023 - p.85 à p.94

Après plusieurs années de vaches maigres, le marché des grosses machines reprend nettement de la vigueur. Pour répondre aux exigences de leurs clients de l'aéronautique, de l'énergie ou de la mécanique, les constructeurs se livrent à une bataille acharnée sur le front des performances techniques et des prix.

Déposez votre fichier ici pour le déplacer vers cet enregistrement.

... Lire [+]

V

- n° 3024 - p.19 à p.22


La modification des habitudes de consommation, l’émergence de nouveaux marchés, la flambée du prix des matières premières et la pression environnementale contraignent les géants de l’automobile à revoir leur modèle en profondeur.


La planète automobile vit une révolution. Le sacre annoncé de Toyota, qui devrait détrôner d’ici peu General Motors de son rang de leader mondial, signe la fin d’une époque. Celle des constructeurs américains omnipotents, défenseurs d’un modèle unique où la voiture devait d’abord être grosse et puissante. Ils sont aujourd’hui exsangues. Leur manque d’anticipation des évolutions du marché, est venu à bout d’un siècle de règne sur l’industrie automobile mondiale.

La "Vieille Europe" souffre elle aussi. Le marché, saturé, se détourne des modèles traditionnels de grandes séries sur lesquels les constructeurs français avaient bâtis leur réputation industrielle, pour des véhicules plus pratiques, plus ludiques, plus sûrs et plus propres. La multiplication des modèles et l’émergence de marchés de niche imposent de nouveaux types d’organisation.

Satisfaire les nouvelles envies des consommateurs

"Minispace", "visiospace", "crossover". La créativité du marketing - et des bureaux d’études - est mise à rude épreuve pour inventer de nouveaux segments. L’objectif : relancer la demande qui s’essouffle sur les principaux marchés d’Europe, d’Amérique du Nord et du Japon. "En 1975, la Renault 5 s’arrogeait à elle seule 12 % du marché français. En 2005, pour atteindre le même résultat, Renault doit additionner les ventes de la Logan, de la Twingo, de la Modus et de la Clio", constate Laurent Petizon, spécialiste automobile chez Alix Partners.

L’hypersegmentation est née

Cette tendance marque la fin de l’âge d’or de la voiture de gamme moyenne qui assurait l’essentiel des ventes et de la marge des constructeurs généralistes. Traditionnellement, les gammes moyennes représentent 70 % du marché. Ce segment enregistrera un fort recul dans les années à venir. Au profit des deux extrémités du marché : l’entrée de gamme et les voitures de gamme supérieure et haut de gamme. Pris en étau, les constructeurs généralistes doivent revoir leur copie. Renault, qui avoue tirer plus de 60 % de ses bénéfices de la seule Mégane, prévoit de lancer 26 nouveaux modèles entre 2006 et 2009. Davantage de modèles, donc des séries plus courtes : l’anti-thèse d’un modèle économique basé sur les volumes et sur lequel les européens ont appuyé leur croissance.

Ne pas tomber dans l'excès

Il revient aux ingénieurs de trouver des solutions pour résoudre l’équation de la rentabilité sur des volumes plus faibles. Il faut limiter les coûts. La politique de plate-forme commune, initiée par Volkswagen au début des années 2000, doit être poussée plus à fond. Cette méthode consiste à bâtir plusieurs modèles sur une même plate-forme afin qu’ils partagent un maximum de composants. Elle demeure l’unique réponse des grands constructeurs européens. Mais ce modèle, peu flexible, connait ses limites : lorsque les modèles conçus ratent leur cible, comme la Renault Modus ou la Peugeot 1007, la plate-forme commune ne suffit plus à assurer la rentabilité. "Il faut aussi savoir maîtriser la diversité des versions par modèle. Sans tomber dans l’excès ", explique Arnaud Siraudin, un analyste du cabinet deconseil Hemeria. Renault propose en moyenne 45 versions différentes d’un même modèle (motorisations, couleurs, garnitures intérieures, etc.).

Cette diversité coûte cher à gérer. Les constructeurs japonais y ont renoncé par souci de rentabilité. Toyota et Nissan ne proposent en moyenne que 12 versions d’un même modèle. Le surcoût d’une gamme complexe est de 10 % par rapport à une gamme simple.Un potentiel de rationalisation des coûts que les constructeurs ne pourront pas longtemps négliger.

Si l’offre doit s’enrichir, la sélection des modèles doit être hyper rigoureuse. Pas question de rater sa cible. Des véhicules comme la Logan, plus grande qu’une Peugeot 207 mais moins chère qu’une minuscule 107, viennent bousculer la segmentation habituelle. L’arrivée de voitures chinoises ou indiennes va compliquer la donne. Selon Renault, une nouvelle typologie de clientèle émerge. Des clients pour lesquels le budget voiture n’est pas prioritaire. Ils veulent juste un véhicule spacieux, sûr mais pas cher pour aller d’un point A à un point B. Le constructeur français estime que cette tranche pourrait à terme représenter 20 %du marché.


La modification des habitudes de consommation, l’émergence de nouveaux marchés, la flambée du prix des matières premières et la pression environnementale contraignent les géants de l’automobile à revoir leur modèle en profondeur.


La planète automobile vit une révolution. Le sacre annoncé de Toyota, qui devrait détrôner d’ici peu General Motors de son rang de leader mondial, signe la fin d’une époque. Celle des constructeurs américains ...

Déposez votre fichier ici pour le déplacer vers cet enregistrement.

... Lire [+]

V

- n° 3024 - p.68 à p.73

Dans tous les domaines, de la production aux ventes, en passant par la R&D ou les ressources humaines, le constructeur japonais laisse sur place ses concurrents. Son secret ? Sept principes appliqués méthodiquement et sur lesquels le futur numéro 1 mondial s'appuie pour soutenir son irrésistible ascension.

Déposez votre fichier ici pour le déplacer vers cet enregistrement.

... Lire [+]

V

- n° 3024 - p.113 à p.122

SOMMAIRE

Biocarburants : la France pourra-t-elle fournir ?
Quand les american farmers deviennent des industriels
La deuxième génération est déjà en préparation

Déposez votre fichier ici pour le déplacer vers cet enregistrement.

... Lire [+]

V

- n° 3026 - p.10 à p.13

Patronat et syndicats bouclent un accord sur la diversité. Les initiatives se multiplient dans les grands groupes. Mais les jeunes d'origine étrangère ont encore de mal à accéder aux responsabilités.

Déposez votre fichier ici pour le déplacer vers cet enregistrement.

... Lire [+]

V

- n° 3026 - p.26 à p.27

Fonds d'investissement dédiés, acquisitions en cours, contrats records...L'électricité éolienne est dans l'air du temps. Une véritable surchauffe s'empare d'un secteur où la Fance ne joue pas les premiers rôles.

Déposez votre fichier ici pour le déplacer vers cet enregistrement.

... Lire [+]

V

- n° 3026 - p.52 à p.55

Mariage de méthodologie et de technologies informatiques, le "management par les processus" permet un pilotage en temps réel basé sur l'optimisation et le contrôle des processus transversaux dans l'entreprise.

Déposez votre fichier ici pour le déplacer vers cet enregistrement.

... Lire [+]

V

- n° 3026 - p.72 à p.74

Les nanoparticules constituent un outil de plus pour les producteurs de peintures et de revêtements. Intégrées comme additifs, elles accroissent la résistance à l'abrasion ou aux rayures et augmentent la protection UV ou la résistance à la corrosion.

Déposez votre fichier ici pour le déplacer vers cet enregistrement.

... Lire [+]

V

- n° 3027 - p.10 à p.13

Quels sont les risques pour la santé et l'environnement ?
Où en sont les applications ?
Le public est-il suffisamment informé ?
A-t-on les moyens de sécuriser leur utilisation ?

Déposez votre fichier ici pour le déplacer vers cet enregistrement.

... Lire [+]

V

- n° 3027 - p.14 à p.17

Un excédent commercial en baisse, des parts de marché en recul à l'étranger..Le "Made in France" est en perte de vitesse. Les industriels doivent inverser la tendance s'ils veulent garder leur position de deuxième exportateur mondial.

Déposez votre fichier ici pour le déplacer vers cet enregistrement.

... Lire [+]

V

- n° 3027 - p.86 à p.93

Insuffisance de moyens, manque d'autonomie : la crise des universités est profonde. Sur le marché de l'emploi, leurs diplômés font les frais d'une faible professionnalisation des cursus et de mécanismes d'orientation défaillants.

Déposez votre fichier ici pour le déplacer vers cet enregistrement.

... Lire [+]

V

- n° 3028 - p.66 à p.69

Un bog change forcément l'image interne ou externe de l'entreprise. En mieux ou en pire. Voici quelques précautions à prendre pour en tirer profit.

Déposez votre fichier ici pour le déplacer vers cet enregistrement.

... Lire [+]

V

- n° 3030 - p.75 à p.85

Les nouveaux composants en béton et en terre cuite accélèrent la réalisation des structures sur les chantiers. Les techniques d'assemblage deviennent aussi plus simples, avec le développement de la pose à joint mince. En amont, les usines de composants progressent en productivité et en flexibilité.

Déposez votre fichier ici pour le déplacer vers cet enregistrement.

... Lire [+]

V

- n° 3030 - 13 p.

Le marché de l'emballage reste stable malgré la hausse des matières premières. La tendance est à la recherche d'emballages plus facilement dégradables. La réduction des emballages gagne elle aussi de nouveaux secteurs du métier.

Déposez votre fichier ici pour le déplacer vers cet enregistrement.

... Lire [+]

V

- n° 3031 - p.73 à p.83

La traçabilité des emballages de produits alimentaires est désormais obligatoire. Abrités jusqu'à présent derrière leurs clients industriels, les fabricants se retrouvent coresponsables en cas de rappel de produits.

Déposez votre fichier ici pour le déplacer vers cet enregistrement.

... Lire [+]

V

- n° 3032 - p.81 à p.98

Des véhicules hors d'usage aux vieux journaux, en passant par les emballages ou les réfrigérateurs, la réglementation sur la fin de vie des produits se généralise. Alors que la flambée des matières premières se confirme, les technologies de recyclage progressent. Le déchet est désormais considéré comme une matière première exploitable.

Déposez votre fichier ici pour le déplacer vers cet enregistrement.

Microsoft contre-attaque | L'Usine Nouvelle 30/11/06

Article

... Lire [+]

V

- n° 3033 - p.34 à p.38

Le géant de Redmond engage son virage stratégique vers les services en ligne et part à la conquête de nouveaux marchés. Tout en cherchant à protéger sa position dominante sur le poste de travail.

Déposez votre fichier ici pour le déplacer vers cet enregistrement.

Piloter l'usine du futur | L'Usine Nouvelle 30/11/06

Article

... Lire [+]

V

- n° 3033 - p.89 à p.118

Ultraflexible, hyper réactive, l'usine, demain, sera pilotable au doigt et à l'oeil. A partir d'un simple PC peut-être. Une prouesse rendue possible par une automatisation et des moyens de communication poussés à l'extrême. Jusqu'au plus près de l'atelier, au coeur du process.

Déposez votre fichier ici pour le déplacer vers cet enregistrement.

... Lire [+]

H

- n° 3054 - p.44 à p.46

Santé - Plus de 750 000 accidents du travail sont déclarés chaque année. Mais entre la rigueur administrative des caisses primaires d'assurance maladie et les réticences de certains employeurs, les victimes peinent à faire valoir leurs droits. Par emmanuelle souffi

Il ne pensait pas devoir mener un tel combat. En mission à l'étranger pour un projet de surveillance de fabrication dans une usine, Paul* a un accident vasculaire cérébral à son hôtel. Son employeur demande à la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) la reconnaissance en accident du travail. Demande rejetée au motif qu'il n'était pas dans l'entreprise. Epaulé par sa hiérarchie, cet ingénieur, partiellement paralysé mais toujours en activité, engage un bras de fer avec la sécurité sociale. Nouvelle expertise médicale, nouveau refus de la commission de recours amiable de la CPAM. Assisté par la Fédération nationale des accidentés du travail et des handicapés (Fnath), il obtient gain de cause devant le tribunal des affaires de la sécurité sociale de Nanterre (Hauts-de-Seine). Puis devant la cour d'appel de Versailles en 2004. Six ans et demi après les faits ! Et c'est seulement depuis janvier qu'il perçoit une rente...
Cette histoire est symptomatique des difficultés que doivent surmonter nombre de victimes pour faire reconnaître l'origine professionnelle de leur accident, même quand il a lieu dans l'entreprise. La reconnaissance n'est pas seulement symbolique. Elle ouvre droit à des indemnités journalières supérieures que lors d'un arrêt de travail " ordinaire ", au versement d'une rente, à la gratuité des soins... A l'avenir, avec l'accord interprofessionnel sur les accidents du travail et les maladies professionnelles négocié en février - dont les décrets d'application ne sont pas encore parus -, il pourra même bénéficier d'une réparation forfaitaire personnalisée en fonction des dommages subis.
Beaucoup de salariés affrontent d'abord leur direction. " Les employeurs ne respectent pas tous le principe de la déclaration, regrette Yves Bongiorno, le responsable de l'amélioration des conditions de travail à la CGT Métallurgie et membre du conseil supérieur de prévention des risques professionnels. Le registre d'accidents bénins est rarement disponible à l'infirmerie. Or, il doit être transmis tous les ans à la sécurité sociale. " Et c'est ce registre qui permet de confronter les enregistrements aux informations des employeurs. Les déclarations d'accident, parfois rédigées au conditionnel, ne sont pas toujours communiquées aux comités d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT).
Un impact sur les cotisations
Certaines directions tentent aussi d'éviter les arrêts de travail. " Elles essayent de réduire la gravité de l'accident pour que le salarié poursuive son activité ", accuse Yves Bongiorno. La loi autorise les entreprises à réserver des postes doux aux victimes d'incidents bénins. En échange, l'accident n'est pas déclaré. Or, en cas de complications, le salarié aura toutes les peines du monde à le faire reconnaître postérieurement par la CPAM puisqu'il ne s'était pas arrêté. Ar-kema, à Jarry (Isère), compte une dizaine de postes aménagés. " Ce ne sont pas des fonctions essentielles, souligne Jean-Patrice Veyret, le secrétaire du CHSCT. Cela permet d'occuper le salarié en attendant qu'il reprenne son poste. " Celui-ci n'a pas toujours les moyens de refuser. " Des pressions existent dans certaines entreprises, mais le fait de reprendre le travail correspond parfois au souhait du salarié, nuance l'avocat Michel Ledoux. En revanche, si c'est pour éviter de payer plus, c'est condamnable. "
Car l'enjeu est bel et bien financier, surtout pour les entreprises de plus de 200 salariés : plus elles affichent un faible taux d'accidents du travail, moins leur cotisation à la branche accidents du travail et maladies professionnelles (AT-MP) sera élevée. " Il y a un vrai intérêt à contester devant les tribunaux car les coûts grimpent très vite ", note David Jonin, avocat au cabinet Gide Loyrette Nouel. Entre les surcotisations et les indemnités à verser, un décès au bureau peut représenter 400 000 euros. Plus 100 000 euros de dommages et intérêts en cas de faute inexcusable. Avec le récent accord AT-MP, la facture risque d'augmenter, les partenaires sociaux ayant souhaité faire payer davantage les entreprises les plus " dangereuses ".
batailler avec les cpam
Au-delà de l'employeur, la victime et ses proches doivent surtout batailler avec les CPAM pour faire établir le caractère professionnel. Le salarié dispose d'une présomption d'imputabilité - en vertu de laquelle un accident survenant dans l'entreprise est présumé lié au travail. C'est à la sécurité sociale de démontrer le contraire en interrogeant les collègues, la famille, surtout en cas de suicide (lire page 45)... " Chaque déclaration est analysée pour en déterminer les causes, précise Alain Prey, le responsable du département des risques professionnels à la CPAM de Normandie. On va au fond des choses. " Un avis que ne partagent pas toujours les accidentés. Paul* a en mémoire l'expertise médicale " bâclée " ordonnée par la sécu. Michèle*, dont le mari, électricien, est handicapé à 80 % après être tombé d'un toit, a fait le " forcing " pour obtenir sa mise en invalidité... Le refus est parfois motivé par de simples pièces manquantes.
En cas de dépression - reconnue dans certains cas comme accident du travail depuis un arrêt de la Cour de cassation du 1er juillet 2003 - ou plus largement de troubles psychosociaux, la bataille est encore plus rude. Ici aussi, le nerf de la guerre est budgétaire. Les caisses sont dans une logique de maîtrise des dépenses. Or, ne pas reconnaître la réalité des accidents de travail concourt à transférer leur prise en charge sur le régime général de la sécurité sociale. Ce que nie le Medef. " La sous-déclaration a un impact sur la collectivité, car on fait payer aux assurés des frais qui devraient être financés par les employeurs ", regrette Arnaud de Broca, le secrétaire général de la Fnath. La branche AT-MP reverse chaque année près de 400 millions d'euros à titre de compensations au régime général. Selon certains experts, le montant de la sous-déclaration s'élèverait même à 10 milliards d'euros par an ! Soit quasiment le trou de la sécurité sociale. .
*Les prénoms ont été modifiés.


A savoir

le 03/05/2007 N°3054

> Un accident du travail survient " par le fait ou à l'occasion du travail " (art. L411-1 du code de la sécurité sociale), c'est-à-dire au cours du travail ou pendant le trajet de la résidence (ou de la cantine) au lieu d'activité (art. L-2).


une procédure qui peut durer
le 03/05/2007 N°3054

> La déclaration Le salarié doit informer dans les 24 heures l'employeur de son accident. Ce dernier a 48 heures pour le déclarer à la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM). Il mentionne les circonstances de l'accident et l'identité des témoins visuels. La victime doit faire établir un certificat médical décrivant les lésions. Sans ce document, la CPAM n'instruira pas le dossier.
> L'instruction La CPAM a ensuite un mois pour décider du caractère professionnel de l'accident, qui donne droit à une plus large réparation. Elle peut procéder à une enquête, entendre des témoins si le lien de causalité est difficile à établir.
> La contestation Si la caisse rejette la demande de reconnaissance, la victime dispose de deux mois pour contester cette décision devant la commission de recours amiable. De même pour l'employeur qui estime non-fondé le classement en accident du travail.
> Le recours en justice En cas de refus définitif de la CPAM, le salarié peut saisir le tribunal des affaires de la sécurité sociale. La procédure est complexe et longue. L'appui d'une association de victimes, comme la Fnath (Fédération nationale des accidentés du travail et des handicapés), est conseillé. Le juge peut ordonner une nouvelle expertise médicale afin de déterminer si l'accident a un lien avec l'activité professionnelle. L'employeur a également la possibilité de contester la reconnaissance en accident du travail. Il faut compter environ deux ans pour obtenir un jugement et deux années de plus si la Caisse ou l'employeur font appel de la décision de reconnaissance.


Michel Ledoux, avocat
le 03/05/2007 N°3054

" La reconnaissance des troubles psychosociaux est encore difficile. "
Santé - Plus de 750 000 accidents du travail sont déclarés chaque année. Mais entre la rigueur administrative des caisses primaires d'assurance maladie et les réticences de certains employeurs, les victimes peinent à faire valoir leurs droits. Par emmanuelle souffi

Il ne pensait pas devoir mener un tel combat. En mission à l'étranger pour un projet de surveillance de fabrication dans une usine, Paul* a un accident vasculaire cérébral à son ...

Déposez votre fichier ici pour le déplacer vers cet enregistrement.

... Lire [+]

V

- n° 3054 - p.52 à p.54

Chimie i La maîtrise et l'association de plusieurs techniques à l'échelle du nanomètre ouvrent de nouvelles perspectives d'applications. Avec un rendement parfois 90 fois plus élevé que celui obtenu avec des matériaux traditionnels

Grâce à un nanocatalyseur de l'américain Headwaters, le chimiste allemand Degussa s'apprête à révolutionner la production du peroxyde d'hydrogène. En utilisant une voie de synthèse directe, Degussa estime qu'il peut réduire de moitié ses investissements en capital et économiser 20 % sur la production de l'eau oxygénée.
La catalyse est une adepte des nanotechnologies depuis longtemps. Dès les années 1960, la catalyse des hydro- carbures a vécu une révolution grâce aux zéolithes, des aluminosilicates dont les pores ont des dimensions nanométriques. Mais cette nanocatalyse procédait encore par tâtonnements, tant pour obtenir ses catalyseurs que pour apprendre à les utiliser. Aujourd'hui, le succès de la technique de Degussa/Headwaters témoigne de l'émergence d'une autre nanocatalyse, contrôlée, calculée. Elle résulte de la convergence nanométrique des cata-lyseurs, de leurs supports, de l'asso-ciation des deux et des méthodes de conception et d'analyse.
D'autant que les laboratoires de recherche multiplient les développements. L'Institut Fritz Haber de Berlin vient de montrer comment fabriquer des nanotubes de carbone par synthèse directe en exploitant des roches volcaniques. Ces nanotubes ont un intérêt en catalyse, en particulier comme matériau support, c'est-à-dire des substrats sur lesquels on fixe le catalyseur proprement dit. Mais comme les procédés de fabrication des nanotubes sont coûteux, leurs applications en catalyse sont encore bridées. Le nouveau procédé pourrait faire sauter le verrou.
Une surface accrue pour ancrer plus de catalyseur
Le laboratoire national américain Argonne (ANL) a démontré que des surfaces de platine/nickel nano-structurées, utilisées dans une pile à combustible à électrolyte polymère, ont une activité 90 fois plus élevée que les catalyseurs commerciaux actuels pour la réduction de l'oxygène, l'un des principaux goulets d'étranglement pour les piles à combustible dédiées à l'automobile. " L'alliage platine-nickel est bien connu. Mais nous pouvons désor-mais en contrôler et adapter minutieusement la surface, afin d'obte- nir les propriétés désirées ", expli- que Vojislav Stamenkovic, chercheur à l'ANL.
De leur côté, l'université technique de Dresde et l'Institut Weizmann de Rehovot ont étudié les nanoplaquettes de disulfure de molybdène (MoS2), déjà utilisées comme catalyseurs dans la désulfuration des carburants. Les chercheurs ont montré qu'en contrôlant finement la géométrie des plaquettes, on pouvait obtenir un effet similaire à celui de plaquettes beaucoup plus petites en adoptant une forme générale octahédrique, par ailleurs plus facile à fabriquer.
Si la catalyse s'intéresse autant à l'échelle nanométrique, c'est que la matière s'y comporte différemment. A commencer par les effets de surface : puisque le volume varie avec le cube de la dimension linéaire (contre le carré pour la surface), une masse donnée de catalyseur expose une surface utile de plus en plus grande à mesure que sa structure se miniaturise. C'est vrai pour les particules, les structures plus complexes ou encore les supports de catalyse qui, en offrant plus de surface, permettent d'ancrer plus de catalyseurs. C'est la clé du succès précoce des zéolithes dont on estime habituellement qu'ils servent chaque année à traiter plus de sept milliards de barils de pétrole dans le monde. En plus de leur surface utile très élevée, les zéolithes ont des pores que l'on peut utiliser pour autoriser ou interdire le transport de molécules. Et il est possible de contrôler finement leur diamètre en modifiant le nombre d'atomes d'oxygène dans l'anneau qui forme le pore. Avec le temps, l'industrie a appris à contrôler finement cette structure, optimisant le fonctionnement de son produit vedette.
Au-delà des effets de surface, les nanocatalyseurs ont des propriétés que le matériau équivalent, à l'échelle macroscopique, ne présente pas toujours. Il a même été suggéré d'enrichir le tableau périodique d'un nouveau paramètre, le nombre d'atomes, parce qu'en dessous d'un certain nombre d'atomes (de l'ordre de 100 à 200), on observe une transformation de propriétés aussi variées que le moment magnétique, la réactivité chimique ou encore les structures probables.
Par exemple, l'or est d'ordinaire peu réactif. Pourtant, on sait désormais utiliser l'or comme catalyseur de l'oxydation directe d'éthylène en oxyde d'éthylène, précurseur d'antigels entre autres. Cet or catalytique est obtenu en déposant sur un substrat d'oxyde de titane des îlots d'atomes d'or de 3 à 5 nanomètres de diamètre et de deux atomes d'épaisseur. A cette échelle, les cristaux ont une structure icosahédrique (polyèdre à vingt faces) et non cubique face centrée comme l'or habituel. Surtout ils ont une activité élevée qui a fait ses preuves, par exemple, pour l'oxydation du monoxyde de carbone.
Au-delà du passage des matériaux à l'échelle nanométrique, il importe de pouvoir les associer de manière intelligente. Par exemple, on sait que la catalyse homogène offre souvent une sélectivité meilleure que la catalyse hétérogène. Quand un catalyseur est en solution, il faut cependant l'en retirer en fin de procédé, ce qui n'est pas toujours simple à une échelle industrielle.
Une solution à ce dilemme, parmi d'autres, est offerte par les ingénieurs du néerlandais Hybrid Catalysis qui fabriquent des catalyseurs à partir de silsesquioxanes, sortes de cages moléculaires solubles faciles à " outiller " pour des applications de catalyse. Cette catalyse est essentiellement homogène, mais les catalyseurs sont faciles à récupérer en fin de course par nanofiltration, gommant la limite entre les deux types de catalyse.
Les taux de conversion explosent
Les chercheurs de l'américain Hyperion Catalysis, eux, utilisent des nanotubes de carbone comme supports de catalyse, avec des résultats impressionnants si on les compare à une chimie analogue utilisant un support de charbon actif. Pour l'hydrogénation du nitrobenzène, par exemple, le taux de conversion taquine les 90 % lorsqu'ils sont utilisés comme support, alors qu'il approche seulement les 10 % au bout de plusieurs heures avec un catalyseur de particules de palladium nanométrique sur un support en charbon actif.
Pour une autre réaction industrielle, l'hydrogénation du cyclohexene, Hyperion Catalysis atteint un taux de conversion de 80 % quand le charbon actif est remplacé par des nanotubes, au lieu des 30 à 50 % avec un catalyseur commercial Pd/C.
L'association intelligente des matériaux est aussi à l'origine de la technologie NxCat de Headwaters Nanokinetix, qui fournit les catalyseurs du procédé Degussa. NxCat combine des nanoparticules - de composition contrôlée de 3 nanomètres environ (représentant quelque 1 300 atomes) - ancrées de manière précise sur une surface elle-même structurée avec précision. Selon Nanokinetix, cela conduit à une meilleure catalyse, dans laquelle on promeut seulement la réaction voulue, et à un catalyseur qui se désactive moins vite et s'agglomère moins qu'un catalyseur plus conventionnel.
Dans le cas de Degussa, cela rend possible une voie de synthèse, mais la technologie a aussi le potentiel d'améliorer des procédés existants. Headwater estime ainsi que pour le reformage catalytique du pétrole, le passage à NxCat, en permettant une amélioration de cinq points de l'indice d'octane, revient à obtenir du super au lieu de l'essence standard.
Ces améliorations des nanomatériaux ne seraient pas possibles sans les progrès des techniques de conception et d'analyse. Des outils théoriques établis - comme la théorie de la fonctionnelle de densité ou celle des orbitales moléculaires - permettent désormais de prédire le comportement d'un catalyseur et de le modéliser. De leur côté, les avancées des techniques d'imagerie, notamment par rayons X, permettent d'observer les catalyseurs au niveau des sites élémentaires où se produit l'activité recherchée et d'observer leur mécanisme en fonctionnement. Enfin, l'arsenal des procédés de nanofabrication, développés par plusieurs industries en parallèle, promet un contrôle toujours plus fin de la fabrication des matériaux.
En 2004, une étude de Business Communications estimait que le marché de la nanocatalyse était de 3,7 mil-liards de dollars et allait passer à 5 milliards en 2009. La croissance prévue (6,3 % par an) est inférieure à celle des nanotechnologies en général. Parce que la nanocatalyse a déjà un pied dans la place... .


Philippe Deroin

Les débouchés se multi-plient

le 03/05/2007 N°3054

> Chimie industrielle
> Pétrochimie
> Pots catalytiques
> Piles à combustible
> Anti-pollution
> Pharmacie
> Nano-machines


Les clés d'une meilleure efficacité
Des catalyseurs sur mesure
le 03/05/2007 N°3054

Les catalyseurs peuvent de plus en plus être fabriqués sur mesure, par exemple sous forme de nanoparticules avec un nombre d'atomes ou de molécules très faible.


Les clés d'une meilleure efficacité
Des supports mieux adaptés
le 03/05/2007 N°3054

Les supports de catalyse, auxquels on attache les catalyseurs proprement dits, peuvent être fabriqués de manière toujours plus précise. Tant les nouveaux types de supports comme les nanotubes de carbone ou les supports établis qui continuent à s'améliorer, comme les zéolithes.


Les clés d'une meilleure efficacité
Une combinaison catalyseur-support maîtrisée
le 03/05/2007 N°3054

La précision toujours plus grande des nano-technologies permet de combiner nanocatalyseur et support nanostructuré de manière à ancrer le catalyseur où et comme on veut. Ce qui permet d'optimiser l'activité et la sélectivité de la catalyse.


Les clés d'une meilleure efficacité
Des outils de modélisation et d'analyse plus puissants
le 03/05/2007 N°3054

Les progrès de la modélisation permettent de prévoir la structure et le comportement d'un catalyseur nanométrique. Tout comme les outils d'observation, tels que la microscopie haute résolution, la microscopie à force atomique, la technique synchrotron ou la spectroscopie à rayon X.


également dans cette partie
le 03/05/2007 N°3054

55lUne pâte pour modeler les nanoparticules


également dans cette partie
le 03/05/2007 N°3054

55lLe thermoformage économe en film


également dans cette partie
le 03/05/2007 N°3054

56lLa semaine en bref


La nanocatalyse simplifie la chimie
le 03/05/2007 N°3054

Le procédé DSHP de Degussa Headwaters devrait être commercialisé avant fin 2007. En permettant une synthèse directe de l'eau oxygénée, il promet de réduire de moitié la dépense en capital et de 20 % le coût de production. Le mode de production le plus courant du peroxyde d'hydrogène est l'auto-oxydation d'anthraquinone, un procédé éprouvé mais relativement complexe, même présenté de manière simplifiée (ci-dessus). En revanche, DSHP, en rendant possible la synthèse directe, conduit à un dispositif de production beaucoup plus simple.
Chimie i La maîtrise et l'association de plusieurs techniques à l'échelle du nanomètre ouvrent de nouvelles perspectives d'applications. Avec un rendement parfois 90 fois plus élevé que celui obtenu avec des matériaux traditionnels

Grâce à un nanocatalyseur de l'américain Headwaters, le chimiste allemand Degussa s'apprête à révolutionner la production du peroxyde d'hydrogène. En utilisant une voie de synthèse directe, Degussa estime qu'il ...

Déposez votre fichier ici pour le déplacer vers cet enregistrement.

... Lire [+]

V

- n° 3055 - p.63 à p.71

Finie la course insouciante à la puissance informatique ! Les factures d'électricité, qui explosent avec le coût de l'énergie et la multiplication des serveurs, appellent à la conception d'équipements et d'installations plus économes. La chasse au gaspi est ouverte.

Déposez votre fichier ici pour le déplacer vers cet enregistrement.

... Lire [+]

V

- n° 3057 - p.24 à p.26

Profitant du dynamisme des produits vendus sous marques de distributeurs, des groupes de taille européenne se constituent et se spécialisent. Ces "pros" de la performance industrielle et de la chasse aux coûts sont aujourd'hui à la recherche de la taille critique.

Déposez votre fichier ici pour le déplacer vers cet enregistrement.

... Lire [+]

V

- n° 3057 - p.37à p.39

La ville a connu une émergence rapide de la recherche médicale, puis des biotechnologies, filière bien épaulée par les collectivités ces dernières années. Le pôle Atlantic Biothérapies vient fédérer ce secteur fort de trente PME.

Nantes regroupe ses forces dans la recherche médicale. Depuis quelques jours, la capitale des Pays de la Loire dispose d'une Maison de la recherche clinique. Cet immeuble de 5 200 mètres carrés regroupera en centre-ville le Cancéropôle Grand Ouest, le Centre d'investigation clinique de biothérapie et la nouvelle administration déléguée régionale de l'Inserm. Une concentration qui traduit l'importance de la recherche médicale dans la ville et, avec elle, des biotechnologies.
En deux décennies, Nantes a connu l'émergence d'un pôle dans ces deux domaines. L'Inserm, quasiment inexistante dans les années 1980, a vu naître neuf entités sous l'impulsion de scientifiques comme Jean-Paul Soulillou, le chef du service néphrolo- gie-immunologie clinique du CHU, créateur de l'Institut de transplantation et de recherche en transplantation (Itert). Nantes lui doit d'être aujourd'hui un centre mondialement reconnu dans le domaine des greffes du rein et du pancréas. C'est aussi le cas de Denis Escande, récemment dé-cédé, qui a créé ex nihilo en 1994 l'unité U533 de l'Inserm qui réunit aujourd'hui une équipe de scientifiques où se côtoient des cardiologues, des généticiens et des physiologistes forts d'une notoriété mondiale dans le domaine des maladies cardio-vasculaire. Nantes est aussi une place forte de la médecine nucléaire et de la thérapie génique avec l'équipe de Philippe Moullier récemment distinguée pour des avancées dans le domaine de la cécité infantile.
De ce substrat est née une génération d'entreprises, comme TC Land, qui développe des biomarqueurs et des molécules dans la transplantation et les maladies auto-immunes, ou Chelatec, qui fournit des outils de diagnostic ou thérapeutiques via la création ou la transformation de molécules radiomarquées. Atlantic Biothérapies est arrivé à point nommé pour fédérer une trentaine de PME à Nantes et Angers (Maine-et-Loire), accompagnées par Atlanpole, la technopole nantaise. Même si les acteurs locaux sont conscients de la taille modeste de Nantes au regard de grands pôles européens comme Munich ou Cambridge. " Il faudrait doubler le nombre d'entreprises pour s'affirmer ", estime Franck Grimaud, le patron de Vivalis, spécialisée dans la production de banques cellulaires, de vaccins viraux et de protéines thérapeutiques.
De nouveaux outils
Atlantic Biothérapies se place sur le domaine des biomédicaments, un champ allant de la découverte de nouvelles cibles à l'évaluation préclinique et clinique, en passant par la vectorisation et la bioproduction. " Nous disposons de toutes les briques de l'édifice ", note Jean-François Balducchi, le délégué général d'Atlanpole. De nouveaux outils devraient bientôt compléter le dispositif. " Plusieurs équipements d'intérêt général pour la filière vont émerger : une plate-forme d'immuno-monitorage associant des acteurs publics et privés pour optimiser les essais cliniques et précliniques, un centre de production de protéines recombinantes et un institut de formation de techniciens et d'ingénieurs en bioproduction ", annonce Olivier Kitten, le directeur délégué du pôle de compétitivité. Cette dernière initiative est unique en France, et un bâtiment spécifique, capable de reproduire les conditions de production GMP (Good Manufacturing Practice), lui sera dédié.
Concentrer les acteurs
Les collectivités, dont Nantes Métropole, ont assez vite mesuré l'enjeu mais aussi la fragilité des biotechnologies en leur apportant leur aide, notamment immobilière, à travers ses trois pépinières réunies sous le label Bio Ouest. " Sans cette offre d'hébergement, nous serions probablement allés à Lyon ", note Franck Grimaud, qui a débuté son activité dans l'une d'entre elles. Dernière en date, sur l'Ile de Nantes, en plein centre-ville, une ancienne halle industrielle d'Alstom a été transformée en pépinière, pour 5,8 millions d'euros. Inauguré en décembre 2006, cet immeuble nommé Bio Ouest-Ile de Nantes héberge déjà les sociétés Atlangène (groupe Silliker-Mérieux Alliance), laboratoire d'analyse et de recherche pour l'agroalimentaire, Biofortis, qui travaille sur la nutrition, et TC Land. A proximité se développe l'Institut génétique Nantes Atlantique (Igna), l'un des leaders français dans l'analyse d'ADN. L'ensemble représente déjà près d'une centaine d'emplois.
L'ambition de Nantes Métropole est de concentrer 85 % de la recherche en biotechnologies de l'agglomération d'ici à 2013 sur l'Ile de Nantes avec un campus hospitalo-universitaire qui réunira au même endroit des structures de recherche préclinique et clinique, d'enseignement et de soins. " Ce regroupement doit permettre d'atteindre une masse critique de niveau européen en recherche biomédicale ", assure Jean-Paul Soulillou, qui est également le président d'Atlantic Biothérapies.
Le site accueillera, à terme, l'Institut nantais du thorax, l'Itert, ainsi qu'un plateau de biologie. L'opération prévoit la construction de 80 000 mètres carrés, dont 10 000 pour la recherche. L'investissement, évalué à 250 millions d'euros, sera financé dans le cadre d'un bail emphytéotique, la forme hospitalière du partenariat public-privé. Sont également programmés 9 000 mètres carrés de locaux réservés aux biotechnologies, dont 4 000 livrables dès 2009.
S'ouvrir à la pharmacie
À ce projet de centre-ville s'ajoute, au nord, un autre quartier de biotechnologies autour du CHU Nord Laënnec. L'unité d'ingénierie génique de l'établissement du sang et le Cyclotron (lire p. 38) s'y installeront. Bio Ouest y est déjà implantée avec des sociétés comme Atlanstat, en croissance dans le secteur des analyses biostatistiques d'essais cliniques. C'est également dans son voisinage que Vivalis, filiale du groupe choletais Grimaud, a récemment ouvert son usine de bioproduction.
Le handicap majeur de Nantes ? La ville est encore dépourvue de grandes sociétés de pharmacie. Elle compte néanmoins sur la présence d'Eurofins Scientific, l'un des leaders mondiaux des bioanalyses. Et le groupe, dont le siège est toujours installé à Nantes, ne cesse de grandir. Il a ainsi récemment lancé un projet d'extension de 4 000 mètres carrés qui permettrait de doubler son site, au nord de la ville. .


De notre correspondant, Emmanuel Guimard

sous les projecteurs
mondial de la distribution d'acier. Un hymne à l'acier !

le 24/05/2007 N°3057

" Installé à Reims, dans la Marne, notre nouveau siège social regroupant 1 100 de nos 6 400 salariés au niveau mondial, va être entièrement repensé. Pour ce projet mené sur 2007-2010, nous construisons un bâtiment - pour l'accueil de nos grands comptes - présentant différentes utilisations de l'acier dans l'architecture, et avons lancé un concours européen de sculptures monumentales. 650 candidats de 29 pays s'y sont inscrits. 411 dossiers nous sont parvenus, dont 20 ont été retenus, avec l'appui de l'organisation Scalène*. Aujourd'hui, un jury vient de sélectionner trois oeuvres finalistes. L'une d'elles, réalisée d'ici à la fin de l'année avec l'aide des Compagnons du devoir, sera installée sur le site de notre nouveau siège. Le gagnant recevra 40 000 euros, les deux autres artistes 5 000 euros. Une façon originale de valoriser l'acier et ses possibilités auprès de nos clients. " . Propos recueillis par C. M.


Chantal Gobin, P-DG de Biomatlante, PME de 32 salariés spécialisée dans les substituts osseux
le 24/05/2007 N°3057

" Pionnière des biotechnologies, notre entreprise, située à Vigneux-de-Bretagne, près de Nantes, valorise les travaux de l'équipe nantaise du professeur Guy Daculsi, expert d'envergure mondiale dans les biomatériaux et tissus calcifiés. Elle est un acteur du pôle de compétitivité Atlantic Biothérapies. Nous espérons, dans ce cadre, des partenariats avec d'autres PME nantaises évoluant dans des secteurs connexes comme les prothèses. "


Atlantic Biothérapies, pierre angulaire de la filière
le 24/05/2007 N°3057

> Pôle de compétitivité mondial, Atlantic Biothérapies réunit 31 entreprises, dont 24 de R&D en biotechnologies de santé, pour un total de 700 emplois.
> Côté recherche, il compte 28 unités mixtes de recherche adossées à 2 CHU et 2 centres de lutte contre le cancer, soit 908 personnels de recherche parmi ses adhérents.
> Depuis sa création, il a labellisé 31 projets représentant un budget de 56 millions d'euros. Et a obtenu 5 millions d'euros de financement.


Un cyclotron unique au monde en construction
le 24/05/2007 N°3057

La médecine nucléaire nantaise disposera en 2008 de son cyclotron Arronax, un accélérateur de particules de très haute énergie (70 millions d'électronvolts à 750 microampères) en cours de fabrication par le belge IBA. Cet outil unique au monde, d'un coût de 34,5 millions d'euros, permettra d'avancer dans la production de nouveaux produits radio-pharmaceutiques ou radio-isotopes très prometteurs dans le diagnostic par imagerie scintigraphique ou le traitement par radiothérapie vectorisée. C'est le cas de l'Astate 211, en l'alpha-immunothérapie, mais aussi du cuivre 64 ou de l'iode 124, en cancérologie. L'outil devrait permettre de fixer dans la ville des industriels de la radio-pharmacie comme Cisbio. Le projet est suivi par Jean-François Chatal, le coordonnateur de la médecine nucléaire à Nantes. Ce scientifique fut l'instigateur d'une fédération médicale interhospitalière associant les soins, avec le centre anticancéreux René-Gauducheau, et la recherche clinique.

La ville a connu une émergence rapide de la recherche médicale, puis des biotechnologies, filière bien épaulée par les collectivités ces dernières années. Le pôle Atlantic Biothérapies vient fédérer ce secteur fort de trente PME.

Nantes regroupe ses forces dans la recherche médicale. Depuis quelques jours, la capitale des Pays de la Loire dispose d'une Maison de la recherche clinique. Cet immeuble de 5 200 mètres carrés regroupera en ...

Déposez votre fichier ici pour le déplacer vers cet enregistrement.

... Lire [+]

V

- n° 3057 - p.68 à p.74

- "Le gratuit, un jackpot pour la high-tech "

Le téléchargement de musique, de vidéos et de séries télé s'est installé dans les habitudes. Souvent illégale, cette pratique soutient pourtant les ventes de la filière numérique...

Une aubaine pour les internautes. Consommer gratuitement de la musique, des films, des séries télé et autres clips est devenu leur sport préféré. Des milliards de fichiers circulent ainsi chaque jour sur le réseau, le plus souvent dans la plus grande illégalité. Sur le seul territoire français, parmi les quinze millions de personnes qui téléchargent des contenus sur le net, un tiers s'abstient de débourser le moindre centime pour se divertir. Ce sont autant de recettes qui échappent à tout un pan de l'industrie culturelle, parmi lesquels les auteurs, les producteurs mais aussi les distributeurs traditionnels qui sont obligés de repenser leur modèle économique. Cependant, la gratuité ne fait pas que des mécontents. Les gagnants ? Ils sont nombreux. En premier lieu les fabricants de produits informatiques et d'électronique grand public. Mais aussi les acteurs d'internet et de la téléphonie qui, grâce au trafic généré, trouvent de nouveaux débouchés commerciaux. Etat des lieux.

Les fournisseurs d'accès engrangent les abonnés
Sans conteste, les fournisseurs d'accès internet (FAI) figurent parmi les principaux bénéficiaires du développement des téléchargements en ligne. Pour rapatrier sur leurs PC des films ou de la musique, les férus d'internet ont dû remplacer leurs lignes téléphoniques RTC aux débits limités par une ligne ADSL. Du pain béni pour les France Télécom, Free et autres Neuf Cegetel, qui ont vendu par millions des accès à haut débit facturés 30 euros/mois. " La possibilité de télécharger des contenus devient l'une des principales raisons pour s'abonner à internet. Après l'e-mail et la réduction de la facture téléphonique ", explique Daniel Fava, le directeur de l'activité de Telecom Italia France, maison mère du fournisseur Alice (810 000 clients ADSL).
De fait, le nombre de foyers connectés a littéralement explosé ces dernières années : 3,7 millions en 2003, 9,4 millions en 2005 et 12 millions en 2006. Et avec eux, le téléchargement. " C'est une certitude. Cette pratique s'installe dans les habitudes des internautes ", souligne Laurent Michaud, de l'Institut de l'audiovisuel et des télécommunications (Idate), co-auteur avec Médiamétrie du premier observatoire sur ce phénomène. Ainsi, sur les 30 millions d'internautes français, la moitié télécharge et plus de 4 millions d'entre eux exclusivement du contenu gratuit. Sur les pays étudiés (Angleterre, Etats-Unis, France), un internaute récupère sur le réseau plus d'une cinquantaine de fichiers par trimestre, que ce soit des images, des photos, de la musique, des films... Et tout indique que le mouvement va s'accélérer. " En pourcentage du trafic sur internet, il y a de plus en plus de trafic de contenus gratuits légaux qui circule sur les réseaux, notamment grâce à l'essor des sites communautaires de partage de vidéos comme Youtube ou Dailymotion... " explique Laurent Michaud.
De plus, les internautes maîtrisent de mieux en mieux les outils de téléchargement, jusqu'ici réservés aux initiés. Comme la technologie dite du peer-to-peer (P2P), qui permet de rapatrier du contenu, légal ou non, via le PC d'autres internautes. " 48 % des foyers ayant une connexion internet, utilisent une application P2P " indique Bertrand Krug, directeur d'études pour Médiamétrie. Une maîtrise qui fait des Français des champions européens du piratage : 85 % des contenus téléchargés le sont de manière illégale selon l'étude de Médiamétrie/Idate ! Une donnée d'autant plus fiable que ce résultat s'appuie non seulement sur les déclarations des utilisateurs mais également sur les " mouchards " informatiques placés sur leur PC qui analysent le trafic. D'où les griefs des industriels du disque et du film vis-à-vis des FAI accusés de ne rien faire pour limiter le phénomène. Et comment ? Entre faire la police, et vendre les accès à haut débit, les fournisseurs ont choisi.


A chacun son baladeur
Officiellement, ils évitent d'aborder le sujet. Il n'y a pourtant pas de doute : les fabricants de baladeurs profitent largement de la prolifération des contenus gratuits. Steve Jobs, le patron d'Apple, l'a d'ailleurs reconnu indirectement. Selon lui, seuls 3 % des titres stockés sur les iPod ont été achetés sur le site de téléchargement iTunes. Le reste ? " Personne ne peut croire qu'ils ont été copiés depuis des CD acquis légalement. Il ne faut pas oublier que trois milliards de fichiers audio et vidéo s'échangent quotidiennement sur les réseaux P2P (de PC à PC) ", explique Marc Hispa, consultant chez BearingPoint. En France, où 48 % des foyers connectés à internet téléchargent la musique illégalement, le marché du baladeur numérique ne s'est jamais aussi bien porté. En 2007, les modèles d'Archos, de Creative ou d'Apple devraient se vendre à 6,2 millions d'unités, soit une hausse de 7,5 % par rapport à l'an dernier.
Aussi, Apple ne pouvait choisir meilleur timing pour lancer son iPhone, un Smartphone au design soigné doté des fonctionnalités d'un iPod avec écran large et d'un système d'exploitation performant pour des usages plus professionnels. Lancé en juin aux Etats-Unis au prix de 599 dollars, ce nouveau venu sur le marché des terminaux mobiles capitalise sur la lame de fond qui traverse le secteur : l'incorporation d'outils multimédias dans les portables.
" Après le design ou l'utilité professionnelle, les performances musicales, vidéos ou photographiques sont devenues une deuxième motivation d'achat ", explique Sonia Guillou, chef de produit télécoms chez Samsung. Il est impensable aujourd'hui pour un fabricant de mobiles, de commercialiser un portable sans MP3, sans appareil photo ni possibilité de lire des vidéos. " Nous entrons dans une segmentation des usages ", souligne encore Sonia Guillou. Selon Marc Chemouil, consultant chez GFK, seuls 30 % de terminaux portables n'incorporent pas de d'appareils photos. Quant aux téléphones MP3, ils devraient représenter 60 % des ventes en 2007 estimées à 22 millions d'unités en France.
Ces fonctionnalités ont un double avantage : elles développent de nouvelles habitudes de consommation et permettent de soutenir le prix des appareils, tirés vers le bas. En outre, elles offrent des arguments marketing de choc : ainsi, Samsung, pour le lancement de son modèle F 300, propose, en exclusivité, le dernier album de Cerrone prétéléchargé dans la carte mémoire fournie avec le téléphone. D'autres poussent la vente de ce type d'appareils et d'équipements avec des films. Ensuite, les consommateurs auront tout le loisir de télécharger leurs propres programmes, disponibles en gratuit ou en payant sur le net.


Les opérateurs à l'affût de nouvelles recettes
Les opérateurs mobiles sont des gagnants en puissance du modèle de la gratuité. A l'instar des Google et des Yahoo sur le réseau internet fixe, ils veulent empocher les milliards de dollars de rentrées publicitaires promis par le développement de l'internet mobile. " Les annonceurs sont prêts à investir significativement pour de la publicité ciblée et non plus généraliste " souligne Thierry Miléo, le directeur de l'activité télécoms et médias du groupe Atos Origin. Plus personnel, un SMS publicitaire serait cinq fois plus percutant qu'un mail !
Techniquement, le puzzle est en place : les portables ont des écrans de grande qualité pour visionner du contenu vidéo, et les transmissions sur réseaux 3G sont (enfin) rapides. Un écosystème se met en place avec des start-up spécialisées comme New Media Plus qui conçoit du contenu vidéo sponsorisé adapté aux mobiles ou encore CellCast qui veut décliner les sites communautaires français (Dailymotion, WAT de TF1) sur le mobile. Reste aux opérateurs à faire leur révolution tarifaire, eux qui sont habitués à tout facturer. Bouygues Telecom a été le premier à proposer un accès internet mobile illimité moyennant un forfait de 9,90 euros/mois, à l'instar de l'abonnement ADSL.
" Il faut passer sur un modèle gratuit. Nous ne nous posons pas de questions existentielles à ce propos. Il faut de l'audience pour espérer des revenus publicitaires et donc tout faire pour développer le marché. Le problème, c'est la transition. Combien de temps cela prendra-t-il pour que le marché décolle ", s'interroge Olivier Laury, le directeur des contenus pour Bouygues Telecom.


Logiciels, disques durs... toujours plus
L'industrie informatique surfe elle aussi sur la déferlante du gratuit. A commencer par les éditeurs de logiciels. Le succès du nouveau système d'exploitation Vista de Microsoft auprès du grand public est forcément lié à la promesse de profiter encore plus facilement de cette profusion de fichiers multimédias. Il se serait vendu à 40 millions d'exemplaires en trois mois après son lancement le 31 janvier 2007. Un record.
Real Networks, l'éditeur du célèbre logiciel RealMedia Player, en téléchargement gratuit dans sa version standard, affiche lui une marge nette insolente de 36,7 % pour un chiffre d'affaires de 395 millions de dollars. Mais le ciel se couvre. Deux fournisseurs américains de solutions de protection de données numériques (DRM) accusent à la fois Apple, Microsoft, Real Networks et Adobe d'avoir violé le Digital Millenium Copyright Act (DNCA) établi en 1998 par le président Clinton pour protéger les arts numériques.
Du côté des matériels, l'impact du gratuit est plus nuancé. " Le boom des ventes de disques durs externes est principalement dû à la production individuelle de photos et de vidéos numériques, même si internet, l'e-mail et l'usage de plus en plus fréquent de portables, limités en mémoire, sont d'autres catalyseurs ", explique Edouard Doutriaux, le directeur France de LaCie. Et difficile de faire le tri dans les fichiers entre les productions individuelles et les copies pirates. La menace d'une taxe supplémentaire pour compenser les copies illégales applicables sur ces produits, prévue en France, ne semble pas inquiéter la profession. " De toute façon, une telle loi n'aurait de sens que si elle est appliquée au minimum au niveau européen ", commente Eric Leblanc, le responsable des ventes de Iomega en France.
Pour la vente de PC, qui progresse régulièrement de 10 % tous les ans, une tendance se confirme. Selon une étude SVM/GKFK de janvier 2007, l'accès internet reste la motivation principale d'achat pour les particuliers. Ce sont eux qui portent la croissance des ventes, avec une progression de 34 % au premier trimestre 2007 en France selon le cabinet Gartner, alors que les ventes professionnelles reculent de 1 %. .


Aurélie Barbaux, Thierry Del Jésus, Luc Mathieu et Hassan Meddah

Youtube et MySpace alimentent la bulle

le 24/05/2007 N°3057

Les ventes à des prix records de Myspace puis de Youtube pour 540 millions de dollars à News Corp et 1,65 milliard à Google alimentent depuis deux ans la spéculation autour des sites de partage et des réseaux sociaux. Ainsi, Ruppert Mudoch, le patron de News Corp, évalue aujourd'hui son acquisition à 6 milliards de dollars, forte de ses 170 millions d'inscrits recensés en mars dernier. Derrière ces précurseurs, d'autres émergent, comme Joost, une plate-forme de diffusion gratuite de programmes télé qui vient de recevoir 45 millions de dollars d'apport de la part de plusieurs investisseurs dont CBS et Viacom. Leur objectif ? Récupérer au plus vite des recettes publicitaires liées à l'audience du site. Car le modèle des sites de partage ou des réseaux sociaux repose exclusivement sur la vente d'espace publicitaire. Pour générer du trafic, certains n'hésitent d'ailleurs pas à payer les internautes pour qu'ils apportent leurs contenus originaux. A l'image du français DailyMotion. Mais pour l'heure, les recettes se font attendre... Sans compter que la fréquentation risque de baisser face à la lutte contre le piratage.


Succés
le 24/05/2007 N°3057

53 fichiers par trimestre en moyenne sont téléchargés par un internaute en France.
Source : Idate, médiamétrie





<< liste résultats







- "Un instrument de création de marchés"
Olivier Bomsel vient de publier " Gratuit ! ". Il décrypte, dans cet ouvrage, les mécanismes complexes du déploiement de l'économie numérique. Pour lui, la fin du gratuit " illégal " sur internet est proche.

La diffusion de contenus gratuits a inondé le net. Existe-t-il aujourd'hui une économie du gratuit ?
Le gratuit, parce qu'il est désirable, est avant tout un instrument de création de marchés. Il sert à créer des masses critiques d'utilisateurs qui vont initier des dynamiques d'usage et d'utilité d'un produit. C'est ce qu'on appelle l'effet de réseau, l'un des trois ingrédients, avec les standards et la promesse d'économies d'échelle, du déploiement de l'économie numérique. Pour financer le gratuit, les industriels ont recours à la publicité, à des modèles où certains paient pour d'autres ou encore exploitent une faille d'application du droit.
A qui pensez-vous ?
Prenez par exemple les fournisseurs d'accès à internet. Pour imposer le haut débit, ils se sont appuyés sur l'échange illégal de contenus gratuits audio et vidéo, via le " peer-to-peer " (partages de données entre ordinateurs, sans serveur central). L'industrie du logiciel se sert elle aussi des effets de réseau. Les logiciels gratuits (freeware ou shareware) ou à codes sources ouverts (libres) permettent le développement des services, la vente d'équipements pour les utiliser. Ils peuvent même servir d'arme stratégique. Ainsi Microsoft, en position de monopole, a tout intérêt à avoir comme principal concurrent un gratuit, car il dissuade tout autre concurrent payant.
Le gratuit n'est donc pas toujours illicite ?
Non. Mais, pour le consommateur il est toujours trompeur. Car, au final, ou bien d'autres paient pour lui, ou bien il paie autre chose trop cher. Mais, ce n'est pas nouveau. Le mécanisme existait déjà dans les services publics, mais les Etats étaient garants de l'équité des transferts. Avec le numérique, ce sont les firmes privées qui mènent la danse.
Peut-on sortir de cette illégalité ?
Le vol correspond à une phase d'installation du marché. Cette pratique a déjà été utilisée pour développer le marché américain du roman. Au XIXe siècle, seuls les auteurs américains étaient protégés par le copy- right. Pendant plus de cinquante ans, les éditeurs locaux ont donc publié sans rétribution les grands auteurs anglais pour développer leur marché. Ce n'est qu'en 1894 qu'une loi a été votée protégeant aussi les auteurs étrangers. Une fois le marché en question installé, l'industrie revient donc dans la légalité.
Aujourd'hui, dans le numérique, il est de nouveau temps de faire appliquer le respect du droit d'auteur, et de valoriser les contenus, qui retrouvent une valeur marchande. Le mouvement est enclenché aux Etats-Unis où le " peer-to-peer ", réprimé de façon plus coercitive qu'en Europe, ne représente plus que 40 % du trafic internet descendant, contre encore 80 % en France.
Et les sites de téléchargement payants sont florissants. En Europe, les créateurs de contenus retrouveront leur bien lors que les politiques le décideront. .

Propos recueillis par Aurélie Barbaux

Son parcours

le 24/05/2007 N°3057

Né en 1957, ingénieur civil des Mines, Olivier Bomsel est professeur d'économie industrielle à l'Ecole des mines de Paris.
> Depuis 1998, il codirige les recherches du Cerna (le laboratoire d'économie industrielle de l'Ecole des mines de Paris) sur l'économie numérique.

- "Piratage Les producteurs limitent la casse "

Procès, verrous technologiques, mise à disposition gratuite de leurs émissions... Chaînes de télévision, studios et maisons de disques explorent toutes les pistes pour contrer les sites gratuits de partage de contenus.

Les avocats de Google ne vont pas s'ennuyer. Après Viacom, qui réclame 1 milliard de dollars, la première division anglaise de football vient d'attaquer en justice YouTube, une filiale du géant d'internet. Elle lui reproche de diffuser sans autorisation des images du championnat. En France, Canal Plus a assigné le 14 mai Kewego, une plate-forme d'échanges de vidéos, pour contrefaçon et parasitisme. Le site propose gratuitement des extraits de deux programmes phares : Les Guignols de l'info et Nulle part ailleurs.
Ces procès en rafale illustrent l'impasse dans laquelle sont acculés les producteurs de contenus. Dépassés, ils se heurtent à des sites internet dont le modèle économique consiste à offrir toujours plus de chansons et de vidéos qui attireront les internautes et donc les recettes publicitaires. Des ripostes, autres que des attaques devant les tribunaux, existent pourtant. La première consiste à protéger les contenus, notamment avec des technologies de cryptage comme les DRM (Digital Rights Management) qui limitent le nombre de copies, donc la diffusion sur internet. Poussés par les producteurs, les sites de partage comme DailyMotion commencent à mettre en place des systèmes de tatouage numérique (voir " L'Usine Nouvelle " n°3056). Lorsque ces sites reçoivent une chanson ou une vidéo, ils vérifient son empreinte numérique et s'assurent qu'elle est libre de droits. Une solution idéale mais qui reste longue et complexe à mettre en oeuvre : chaque jour, 65 000 clips sont postés sur YouTube !
Seule la haute valeur ajoutée peut payer
Pour résister, les producteurs développent aussi leurs propres plates-formes de téléchargement et s'adressent directement au consommateur. Sécurisées, elles offrent par exemple à l'internaute, prêt à payer entre 1 et 6 euros l'unité, l'assurance de trouver rapidement le contenu qu'il cherche. Comme TF1 ou Canal Plus, MK2 a lancé le 16 mai son service de vidéo à la demande. Cependant, ces plates-formes ne sont adaptées qu'aux contenus à forte valeur ajoutée, comme les films. Pour le reste, " le modèle gratuit sera le grand gagnant ", pronostique James Mc Quivery, analyste chez Forrester, dans une étude publiée le 11 mai.
Peu à peu, les grandes chaînes de télévision mettent à disposition gratuitement leurs émissions, y compris leurs séries, sur internet. Une façon de contrer les sites de partage et de récupérer des revenus publicitaires transférés sur le net. Mieux, des chaînes n'hésitent plus à s'allier. NBC et NewsCorp lanceront cet été une offre de vidéo sur les portails MSN, Yahoo ! et AOL. Plusieurs milliers d'heures de clips musicaux, de séries et d'émissions seront disponibles gratuitement...et en toute légalité. .

Luc MATHIEU

Taxes

le 24/05/2007 N°3057

Aujourd'hui, 35 centimes sont perçus sur les CD vierges et 1,58 euro sur chaque DVD. Les sommes récoltées sont reversées aux différentes sociétés d'auteurs.

Copier... oui, à titre privé
le 24/05/2007 N°3057

Quiconque, en France comme dans une vingtaine de pays européens, a le droit de copier des oeuvres originales (musiques, films, photos...) à condition de ne pas en faire un commerce. La contrepartie ? S'acquitter d'une taxe comprise dans le prix des supports analogiques (cassettes VHS, audio...) et numériques (DVD, CD...) vierges et d'ici à la rentrée sur les disques durs externes et autres clés USB.




- "Le gratuit, un jackpot pour la high-tech "

Le téléchargement de musique, de vidéos et de séries télé s'est installé dans les habitudes. Souvent illégale, cette pratique soutient pourtant les ventes de la filière numérique...

Une aubaine pour les internautes. Consommer gratuitement de la musique, des films, des séries télé et autres clips est devenu leur sport préféré. Des milliards de fichiers circulent ainsi chaque jour sur le réseau, l...

Déposez votre fichier ici pour le déplacer vers cet enregistrement.

... Lire [+]

V

- n° 3059 - p.12 à p.18

Le marché chinois continue de faire rêver les entreprises du monde entier. Mais pour elles l'ère du tapis rouge s'éloigne. Plus fort, l'empire du Milieu entend conduire désormais son développement à sa manière.

Déposez votre fichier ici pour le déplacer vers cet enregistrement.

... Lire [+]

V

- n° 3059 - p.62 à p.64

Pour exister aux yeux des internautes, il faut apparaître dans les premières pages de résultats des moteurs de recherche. Des outils sont là pour s'en assurer. Mode d'emploi.

Déposez votre fichier ici pour le déplacer vers cet enregistrement.

... Lire [+]

V

- n° 3061 - p.83 à p.91

La planète a de plus en plus soif d'énergie. Elle a besoin de l'atome. D'ici à 2030, la production d'électricité nucléaire doublera et se sera étendue à tous les continents. Au-delà, une nouvelle génération de réacteurs, plus efficaces, devra prendre le relais.

Déposez votre fichier ici pour le déplacer vers cet enregistrement.

... Lire [+]

V

- n° 3062 - p.12 à p.16

Renouvelables, sans CO², propres...Les énergies vertes emportent l'adhésion des politiques et surtout celle des investisseurs. Un engouement réel pour une industrie qui se structure, et devrait croître encore.

Déposez votre fichier ici pour le déplacer vers cet enregistrement.

... Lire [+]

V

- n° 3062 - p.42 à p.44

De plus en plus, les repreneurs organisent une transition avec leur prédécesseur. Pas toujours simple, cet accompagnement est fondamental pour la pérennité de l'entreprise. Une donnée d'autant plus importante qu'un tiers des PME vont changer de mains dans les cinq prochaines années.

Déposez votre fichier ici pour le déplacer vers cet enregistrement.

... Lire [+]

V

- n° 3062 - p.50 à p.52

Grâce à des méthodes physiques et chimiques, des empilements de couches toujours plus complexes transforment le vitrage en verre fonctionnel.

Déposez votre fichier ici pour le déplacer vers cet enregistrement.

... Lire [+]

V

- n° 3063 - p.40 à p.42


Pour réussir à accroître la productivité des usines de 30 % d'ici à 2010, le manufacturier auvergnat redonne de l'autonomie à ses salariés. A eux de trouver les gisements de progrès qui permettront de tenir l'objectif... et de conserver la production en Europe de l'Ouest.

Le Bibendum est en guerre contre les coûts ! C'est Michel Rollier, le cogérant de Michelin qui l'affirme en lui assignant une cible ambitieuse : trouver au moins 1,5 milliard d'euros d'économie d'ici à 2010. Exigeant, l'objectif est tout sauf un voeu pieux. Surtout lorsque l'on sait que la main-d'oeuvre compte pour 40 % dans le prix d'un pneu. Le manufacturier clermontois en a fait un passage obligé pour le maintien de ses sites de production dans les pays " high cost ". " Nous pouvons encore produire en Europe de l'Ouest et en Amérique du Nord. A une condition : nous devons réduire drastiquement nos coûts de fabrication en améliorant notre productivité d'au moins 30 % d'ici à 2010 ", professe Jean-Christophe Guérin, le directeur de la prévention et de la performance industrielle du groupe.
Pour doper leur compétitivité face aux concurrents - externes ou internes - asiatiques, sud-américains et est-européens, les sites allemands viennent d'accepter de revenir à 39 heures de travail hebdomadaire. En France, les Bibendums comptent sur deux bottes secrètes. La première, c'est l'investissement technologique. A l'image de la méthode de fabrication ultraconfidentielle C3M lancée en 1998 et encore en phase de développement, les innovations techniques devront apporter un tiers des gains attendus. La seconde incombe aux usines : à charge pour elles de trouver les économies restantes en traquant dans leurs ateliers le moindre gisement de productivité.
une remise en forme de choc
Pas question pour ce chantier de laisser les sites de production mener seuls le combat. L'équipe qualité du groupe a donc concocté un programme de remise en forme " sur-mesure " pour ses 69 usines. Baptisé Michelin Manufacturing Way (MMW), ce programme d'amélioration des performances industrielles - mis au point en 2005 dans cinq sites pilotes - doit vulgariser les concepts mais surtout l'esprit du célèbre Toyota Production System. " Démarche commando, équipe pluridisciplinaire, management visuel et implication des opérateurs doivent désormais faire partie des "gènes" de chaque atelier ", résume Jean-Christophe Guérin.
Secouées par des plans de suppressions de postes à répétition (10 000 départs à la retraite ne seront pas remplacés d'ici à 2010) et plusieurs fermetures de sites, les usines se sont très vite approprié la démarche. Heureusement ! " Sans la participation des opérateurs, le déploiement d'une telle méthode est voué à l'échec et les gains sont ridicules ", assure le patron mondial du MMW. Une usine espagnole l'a appris à ses dépens. Trop pressée, elle a tenté de réduire le temps de changement d'outil sur une machine dédiée aux pneus de poids lourds mais en se privant des agents de fabrication. " Trop de commandes à honorer ", plaidèrent alors les managers. Après une semaine de cogitation, ingénieurs et cadres réussissent à réduire le délai nécessaire aux changements de dimensions de trente à quinze minutes moyennant un investissement de 400 000 euros. " Bien mais peut mieux faire ", juge le service central à Clermont-Ferrand qui reprend la main. Les qualiticiens réalisent alors le même chantier en impliquant les opérateurs. Le temps nécessaire tombe à cinq minutes avec... zéro euro investi ! Edifiant.
Clé de voûte du système, la participation des opérateurs ne se fait pas sans mal. Elle suppose de mettre à la portée du plus grand nombre des outils comme le 5S (pour l'ordre et la propreté) ou le Smed (pour les changements d'outil). " Nous n'avons pas cherché à les réinventer mais nous les avons accom-modés à la sauce Michelin ", souligne Jean-Christophe Guérin.
Quinze ingénieurs " maison " ont ainsi planché six mois durant en 2005, pour simplifier ces standards de l'amélioration des performances. S'inspirant des meilleures pratiques observées en externe (Valeo, Delphi, Toyota, Arcelor...) ou en interne, ce groupe de travail a mis au point quatre outils inédits - bientôt cinq - en y insufflant, à chaque fois, l'esprit participatif des chantiers Kaizen. Bib'Flex pour le Smed, Bib'Standard pour le 5S, Bib'Innov, Bib'Boost et Bib'Solve ont ainsi vu le jour (voir page 40). Leur vertu ? " Contrairement aux outils classiques, ils ne nécessitent pas de formations lourdes, répond Jean-Christophe Guérin. Savoir en utiliser un revient à savoir les uti- liser tous. " Cette simplicité associée à la robustesse du processus a permis une adoption rapide du Michelin Manufacturing Way. En une année seulement, les 69 usines du groupe s'y sont converties. Sur le site de Joué-lès-Tours (Indre-et-Loire) - consacré majoritairement à la fabrication de pneus pour poids lourds -, la méthodologie a permis de doper la productivité de 15 % en huit mois !
Le déploiement éclair de la méthode s'est également appuyé sur une nouvelle organisation dans les usines. " Si nous voulions que les opérateurs s'impliquent réellement, il fallait les associer sur l'ensemble des sujets concernant leur atelier ", assure Jean-François Valentin, le dynamique chef du personnel de Joué-lès-Tours. A l'ancienne structure pyramidale très hiérarchique, Michelin a donc substitué un ensemble d'équipes autonomes. " Nous avons mis l'usine à l'envers, complète Jean-François Boucher, responsable de l'accélération du progrès du site de Joué-lès-Tours. Les opérateurs sont désormais au centre de la vie de l'usine et tout remonte de là. "
Une nouvelle approche des relations
Déjà habitués à un haut degré de responsabilité en matière de qualité produits, les Bibendums doivent désormais gérer leurs cadences de production, la sécurité, la maintenance, les flux, la propreté... Chacune de ces thématiques est placée sous la responsabilité d'un opérateur dit " correspondant ". Sans pouvoir hiérarchique sur ses collègues, sa mission consiste à veiller, au sein d'une équipe de huit à vingt personnes, au respect des standards et des bonnes pratiques dans un domaine précis.
Dans certaines usines, l'autonomie a atteint un degré tellement élevé que 90 % des problèmes soulevés (gestion des absences, suivi des indicateurs...) se règlent entre salariés. " En plaçant les opérateurs au coeur du système, le management n'intervient qu'en dernier recours pour arbitrer un éventuel conflit ", se satisfait Alain Fourniau, le responsable de l'activité poids lourd à Joué-lès-Tours. Mieux, certaines usines en Allemagne arrivent à fonctionner sans la présence d'aucun chef la nuit et le week-end. Une révolte ? Non sire, une révolution... culturelle. .


Par Thibaut De Jaegher

Numéro 1 mondial du pneu

le 05/07/2007 N°3063

> 16,4 milliards d'euros de chiffre d'affaires
> 1,5 à 1,7 milliard d'économies programmées pour 2010
> 200 millions de pneus produits
> 69 usines
> 116 000 salariés

Source : Michelin (Chiffres 2006)


parlez-vous bibendum ?
le 05/07/2007 N°3063

> bib'standard Outil mêlant les concepts du 5S (Ranger, Ordonner, Nettoyer, Standardiser, Progresser) et l'esprit des chantiers Kaizen. Gain potentiel : 5 %.
> bib'flex Méthode inspirée du Smed (Single Minut Exchange of Die) permettant d'améliorer le temps nécessaire au changement des outils sur une machine. Gain attendu de 30 à 70 %.
> bib'boost Démarche permettant des avancées éclairs dans des domaines comme la qualité ou la sécurité.
> bib'innov Outil utilisé pour réaliser des progrès en repensant la conception du produit. Gain potentiel : 30 %.
> bib'solve Méthode de résolution de problèmes en trois étapes permettant de cerner la défaillance, de prendre des mesures rapides pour continuer à produire malgré la défaillance avant d'en traiter la cause originelle.


Le Kaizen à la mode auvergnate
le 05/07/2007 N°3063

Un tableau à six faces trône au pied de chaque ligne de production. Tenu par les salariés, il permet, d'un coup d'oeil, de faire le point sur la performance de l'équipe en matière de délais, de maintenance, de qualité, de sécurité et de coût. Une face reste libre pour traiter des autres domaines.



A chaque changement d'équipe, les responsables d'îlots transmettent aux opérateurs en cinq minutes chrono l'état d'avancement de la commande et les difficultés rencontrées.



Chaque opérateur tient lui-même ses indicateurs sur un tableau Velleda planté au milieu des lignes. Ce système " zéro informatique " permet à n'importe qui de suivre le tableau de marche de la production.



Avant de se lancer dans une traque à la productivité, il faut commencer par ranger son espace de travail. Comment ? En appliquant le Bib' Standard plus connu sous le nom de 5S. Sur un îlot de l'usine de Joué-lès-Tours (Indre-et-Loire), la démarche a divisé par 7 le nombre d'armoires contenant les outillages.



Gagner 50, 60 voire 70 % de productivité en une semaine, c'est possible ! En utilisant selon les besoins, le bon outil " Bib' " : Bib'Flex pour changer plus rapidement d'outil, Bib'Boost pour réussir une percée qualité, Bib'Innov pour revoir la conception d'un produit ou Bib'Solve pour résoudre les problèmes.


C3M, la techno secrète
le 05/07/2007 N°3063

> Développée depuis 1993, révélée au grand public en 1998, la technologie C3M demeure en 2007 une illustre inconnue ! Jalousement gardé, ce procédé permettrait - selon Michelin - de réduire le temps global de fabrication d'un pneu de 90 %. Comment ? Tout simplement en automatisant une fabrication encore en grande partie manuelle. Aujourd'hui, la technologie ne concernerait que les pneus de tourisme.
> En 2002, cinq usines seulement abritaient le précieux secret.


Un changement d'outil deux fois plus rapide grâce au Bib'Flex
le 05/07/2007 N°3063

Effarant ! Pour changer les moules servant à sculpter les pneus dans l'atelier cuisson de l'usine de Joué-lès-Tours (Indre-et-Loire), les techniciens parcouraient jusqu'à 4,5 kilomètres. Des outillages mal placés et une maintenance souvent en retard empêchaient de réaliser l'opération dans un délai plus court. " Le temps de refroidissement nous obligeait aussi à patienter 2 h 30 avant de commencer le travail ", se souvient José Jouet, monteur sur la ligne de cuisson. Fin 2006, la direction du site décide donc de tester les chantiers Bib'Flex sur cette ligne. Pendant une semaine, opérateurs, agents de maîtrise, agents de la maintenance et techniciens du bureau d'études planchent sur le problème et réussissent à diviser par deux le temps nécessaire à l'opération. Cerise sur le gâteau, les techniciens ne parcourent plus désormais que 1,4 kilomètre pour réaliser le même travail.





<< liste résultats









| à lire aussi |






Pour réussir à accroître la productivité des usines de 30 % d'ici à 2010, le manufacturier auvergnat redonne de l'autonomie à ses salariés. A eux de trouver les gisements de progrès qui permettront de tenir l'objectif... et de conserver la production en Europe de l'Ouest.

Le Bibendum est en guerre contre les coûts ! C'est Michel Rollier, le cogérant de Michelin qui l'affirme en lui assignant une cible ambitieuse : trouver au moins 1,5 mil...

Déposez votre fichier ici pour le déplacer vers cet enregistrement.

... Lire [+]

V

- n° 3063 - p.59 à p.69

Né de l'internet grand public, le web 2.0 associe outils innovants de partage de connaissance en ligne et nouveaux usages de communication interactifs et collaboratifs. Cette vague va toucher toutes les entreprises. Des salariés aux dirigeants.

Déposez votre fichier ici pour le déplacer vers cet enregistrement.

... Lire [+]

V

- n° 3067 - p.10 à p.12

Après dix-huit mois de piétinements, la fusion Gaz de France-Suez est enfin engagée. L'opération va créer un acteur majeur de l'énergie européenne.

Premier gazier européen, première valorisation boursière, mais aussi record de durée pour une fusion : le mariage entre Gaz de France et Suez cumule les superlatifs. Les partenaires sociaux, échaudés par les rebondissements, restent hostiles. Et l'Europe poursuit ses projets de séparation des réseaux et des opérateurs. Mais le groupe part avec de sérieux atouts en France et dans le monde (Brésil, Etats-Unis...). Il compte être un acteur majeur dans la bataille mondiale de l'énergie. Revue des enjeux.

Réussir l'intégration
Préparée depuis dix-huit mois, la fusion des deux groupes devrait se faire vite, une fois donné le feu vert des actionnaires. Tous les organigrammes sont sur pied. Avec Gérard Mestrallet comme numéro 1 et Jean-François Cirelli comme vice-président directeur général délégué. Et il va falloir intégrer des salariés et cadres d'une entreprise privée, Suez, avec des " agents " de GdF.
Aucun des grands syndicats français n'a participé au comité central d'entreprise et au comité européen de GdF et de Suez qui ont eu lieu le week-end dernier, juste avant la publication des bans de la fusion " nouvelle mouture ". Si Jean-François Cirelli ne voit pas ce qui pourrait interrompre ce projet, les syndicats, eux, restent sur le pied de guerre. " Inacceptable " pour la CGT, le projet est aussi rejeté par FO et la CFDT. " On s'attend forcément à des réductions d'emploi pour obtenir les synergies annoncées ", explique Jacques Mouton, le délégué fédéral de la CFDT, en charge de Gaz de France. " Les dirigeants nous annoncent qu'il n'y a pas de doublons dans les services énergétiques - Elyo et Cofatech - quand nos propres analyses nous disent le contraire. " La consultation des partenaires sociaux, qui devrait commencer dès la fin de cette semaine, s'annonce houleuse. Les syndicats font monter les enchères : le gouvernement s'apprête à ouvrir les discussions sur les régimes spéciaux, dont le fameux statut des Industries électriques et gazières (IEG).

Garder son avance dans le gaz
Trois terminaux méthaniers en Europe, des contrats avec le Nigeria, le Qatar, le Yemen, la Norvège... Le nouvel ensemble sera un champion du gaz naturel et du GNL (gaz naturel liquéfié) : premier acheteur et vendeur en Europe, l'entreprise possèdera aussi le principal réseau de transport et de stockage. La fusion permet également une diversification de l'approvisionnement. Il faudra toute cette puissance pour contenir l'offensive des grands fournisseurs que sont le russe Gazprom et l'algérien Sonatrach. Le russe vend discrètement du gaz naturel aux entreprises françaises depuis novembre 2006 et Sonatrach aura un accès direct au marché en 2010. L'autre écueil pourrait venir de la Commission européenne, décidée à séparer les réseaux de transport des autres activités énergétiques, et que la puissance du nouveau GdF-Suez pourrait agacer.

Conquérir des parts de marché dans l'électricité
C'était l'un des objectifs de la fusion annoncée, l'an dernier, par Dominique de Villepin. Le mariage devait créer un vrai concurrent à EdF, franco-belge. Suez apporte à Gaz de France des outils de production électrique, via la CNR et la Shem (15 % du parc français), un vrai savoir-faire dans la construction et l'exploitation de centrales nucléaires et des compétences en ingénierie (Tractebel).
De son côté, Gaz de France possède un portefeuille de plus 11 millions de clients particuliers dans le gaz. Des conditions nécessaires, mais pas suffisantes pour damer le pion à EdF. Les consommateurs finaux ne quitteront pas l'opérateur historique tant que les tarifs régulés seront maintenus. Les entreprises qui le peuvent font le même raisonnement depuis la mise en place des tarifs de retour. Sauf intervention européenne, le marché est figé jusqu'en 2009. Le nouveau groupe a donc deux ans pour muscler son offre électrique en France.

Assurer l'envol de Suez environnement
" Le fait de conserver une minorité (35 %) dans le capital de Suez Environnement montre que nous maintenons un lien fort ", répétait lundi à Paris Gérard Mestrallet. On est loin des synergies tant vantées entre énergie et environnement. Pour les deux dirigeants, rien n'est changé. " Le pôle environnement aura des perspectives de croissance attractives ", affirment-ils. Un résultat brut d'exploitation supérieur à 3 milliards d'euros à l'horizon 2010, contre 2 milliards en 2006 et 2,35 milliards prévus en 2007, des chiffres qui resteront consolidés ans le nouveau groupe. L'entité construite et maintenue obstinément, depuis dix ans, dans le périmètre de Suez par Gérard Mes-trallet prendra son indépendance le jour même de la fusion, courant 2008. Un pacte d'actionnaires devrait la protéger pour deux à trois ans des attaques d'éventuels prédateurs, comme Veolia ou Decaux. Une fusion vaut bien une scission ! .


Virginie Lepetit

L'Etat prend la main dans le nouveau groupe

le 06/09/2007 N°3067

Répartition de l'actionnariat du futur groupe
Groupe Bruxelles Lambert
5,3 %
Employés
3,4 %
Crédit agricole
1,8 %
CDC
1,5 %
Areva
1,2 %
Autres
51,2 %


Et les clients ?
le 06/09/2007 N°3067

" Plus le nombre des opérateurs se réduit et moins il y a de concur-rence, qui normalement doit avoir un effet positif pour le consom-mateur. " Non, ce n'est pas la bouillante Commissaire européen-ne, Neelie Kroes, qui commente ainsi le projet, mais les associations de consommateurs UFC-Que Choisir ou CLCV, qui redoutent une fin accélérée des tarifs réglementés. Christine Lagarde et Jean-François Cirelli ont eu beau réaffirmer que les tarifs resteraient régulés par l'Etat, l'opération renforce la position dominante des deux entreprises dans le gaz. En Europe, l'ensemble GdF-Suez sera le premier acheteur et distributeur de gaz, et le premier opérateur de réseau de transport et de distribution de gaz.
Pour les entreprises, cette fusion n'apporte pas un regain de concurrence dans l'immédiat. Ni dans le gaz, où GdF et Total se partagent le territoire français. Ni dans l'élec-tricité, où les " tarifs de retour " mis en place par l'Etat ont figé la situation pour les deux prochaines années.


Dans le trio de tête
le 06/09/2007 N°3067

Chiffre d'affaires énergie 2006, en euros
1. Gaz de France-Suez 71,9 milliards d'euros proforma, (mais 60,5 milliards sans Suez environnement).
2. E.on 68 milliards d'euros.
3. EdF 59 milliards d'euros.
Sources : Gaz de France, suez, " l'Usine Nouvelle "


Etape par étape : deux ans de péripéties
le 06/09/2007 N°3067

25 février 2006
Le Premier ministre, Dominique de Villepin, annonce le projet de fusion entre Suez et Gaz de France, juste après que le groupe italien Enel, allié à Veolia se soit proposé de racheter Suez.
22 mars
Enel renonce à son projet.
19 juin
La Commission ouvre une enquête approfondie, l'opération soulevant " d'importants
problèmes de concurrence ".
Eté 2006
Candidat à la présidentielle, Nicolas Sarkozy, initialement opposé, se rallie au principe de la fusion.
8 novembre
L'Assemblée approuve le projet de loi sur l'énergie, qui autorise la privatisation de Gaz de France, et donc la fusion.
14 novembre
Bruxelles donne le feu vert, sous conditions (cession de la participation de Suez dans Distrigaz, de centrales en Belgique...)
30 novembre
Le Conseil Constitutionnel reporte la fusion après le 1er juillet 2007, date d'ouverture à 100 % des marchés à la concurrence.


Etape par étape : deux ans de péripéties (suite)
le 06/09/2007 N°3067

23 mai 2007
Après l'élection de Nicolas Sarkozy le 6 mai, le gouver- nement se donne un mois pour régler la fusion, " qui n'est pas la seule solution possible ", selon François Fillon.
Eté 2007
Le processus semble au point mort. Suez discute en coulisses avec l'Elysée.
30 août
Nicolas Sarkozy déclare que Suez doit se " spécialiser dans l'énergie " et vendre son pôle environnement pour envisager la fusion.
Expiration sous un mois du délai pour mettre en oeuvre les " remèdes " exigés par la Commission Européenne.
3 septembre
Accord définitif entre l'Etat et Suez qui a accepté de filialiser le pôle environnement. Lancement effectif du processus de fusion.
Automne
Consultation des salariés et négociation des nouveaux délais de cessions avec la Commission européenne.
1er semestre 2008
Vote des assemblées générales extraordinaires, mise en Bourse simultanée d'une part majoritaire de Suez Environnement et début du processus d'intégration.

Après dix-huit mois de piétinements, la fusion Gaz de France-Suez est enfin engagée. L'opération va créer un acteur majeur de l'énergie européenne.

Premier gazier européen, première valorisation boursière, mais aussi record de durée pour une fusion : le mariage entre Gaz de France et Suez cumule les superlatifs. Les partenaires sociaux, échaudés par les rebondissements, restent hostiles. Et l'Europe poursuit ses projets de séparation des ...

Déposez votre fichier ici pour le déplacer vers cet enregistrement.

... Lire [+]

V

- n° 2067 - p.40 à p.43

Sixième distributeur français, Système U compte quelque 3 000 PME parmi ses fournisseurs réguliers. Comment ont-ils amorcé le courant d'affaires ? Quelles sont les règles à suivre ? "L'Usine Nouvelle" lève le voile sur les méthodes d'achats des "nouveaux commerçants". Ici, un seul sésame : le magasin !
L'immeuble de la centrale parisienne de Système U est à l'image de l'enseigne : pas de démesure, ni de signes extérieurs de richesse. A peine franchie l'entrée de cet immeuble modeste de l'Est parisien, la voix du comédien Daniel Prévost délivre en boucle les spots radio des " nouveaux commerçants ". A quelques semaines de la retraite, Philippe Guider, le responsable commercial du groupe de charcuterie Aoste, a voulu profiter de cette période de calme pour venir saluer " son " acheteuse. " Chez Système U, le turn-over aux achats est faible, bien plus que dans les autres grandes centrales françaises, glisse-t-il. Cela permet de développer les affaires dans le temps. De ce point de vue, c'est une boutique un peu à part. "
Atypique, l'ex-Unico l'est aussi par sa taille et son implantation. Sixième enseigne française par le chiffre d'affaires, Système U est l'antithèse d'un groupe global. Les 863 magasins - surtout des supermarchés - ne sont implantés qu'en France, surtout dans l'Ouest. Un pedigree très " local ", avec un fort accent sur les produits frais. Dernière spécificité, et non des moindres, Système U est une enseigne constituée de commerçants indépendants comme Leclerc ou Intermarché. Contrairement aux succursalistes intégrés (Carrefour, Casino ou Auchan), pilotés de façon centralisée, les 754 commerçants associés sont des chefs d'entreprise, propriétaires de leurs magasins. Ce sont eux les véritables dirigeants de l'enseigne.


Des patrons de magasins autonomes

Une autonomie qui fait du patron de magasin l'homme clé pour travailler avec Système U. Celui-ci a toute liberté pour constituer son assortiment " local " qui peut représenter jusqu'à 20 % des références physiques d'un point de vente. Les produits frais, les fruits et légumes, les spécialités régionales ou la boucherie sont les premiers concernés. Mais pas seulement. En 1999, trois ans après sa création, la Phocéenne de Cosmé-tique (6 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2005) a réussi à faire référencer une vingtaine de différents savons végétaux en direct dans un hypermarché U du Sud-Est. " Nous étions en pleine crise de la vache folle et nos produits ne contenait pas de graisses animales, se souvient Eric Renard, le patron de la Phocéenne. Le directeur du magasin s'est laissé convaincre. " Trois ans plus tard, l'entreprise signait un premier accord national autorisant la livraison directe dans un entrepôt.
Pour de nombreuses PME, c'est donc dans le point de vente que s'engage la première négociation. De manière classique, le commerçant exige une remise, généralement facturée en fin d'année, calculée à la référence sur la base d'un pourcentage du chiffre d'affaires réalisé dans son magasin. Ce premier référencement constitue aussi la clé pour atteindre l'échelon départemental ou régional. Les associés U d'un même département se réunissent environ une fois par mois dans le cadre des groupements d'échanges et de propositions (GEP) afin de comparer leurs performances et la pertinence de leur assortiment local.
Les fournisseurs, dont les produits affichent de bonnes rotations, ont toutes les chances de faire parler d'eux lors de ces réunions. Et peuvent ainsi se retrouver dans plusieurs magasins d'une même région. L'écho remonte vite jusqu'à la centrale nationale, à Créteil (Val-de-Marne). " Au mois de mars, les chefs de produits nationaux commencent à déceler ce qui remonte des GEP, explique Christian Carrère, le responsable depuis 1999 des relations avec les PME chez Système U. Si les produits sont intéressants et peuvent trouver leur place au niveau national en apportant des spécificités à l'enseigne, on propose des rendez-vous avec les fabricants concernés. "

repérer les perles rares

Avec une équipe de 7 " messieurs PME " - un par région et par famille de produits -, Système U est l'enseigne française la mieux dotée pour repérer les perles rares et piloter la relation avec les quelque 3 000 petites et moyennes entreprises qui constituent le gros des fournisseurs alimentaires (900) et non alimentaires. " On peut aller chercher une PME parce qu'elle correspond à un besoin que nous couvrons mal sur une catégorie de produits, poursuit Christian Carrère. Ou encore pour développer cette offre sous notre marque. "
Au fournisseur de savoir s'il est prêt à abandonner la sienne. Eric Renard, de la Phocéenne de Cosmétique, n'a jamais voulu sauter le pas. La fromagerie Pochat, elle, n'a pas hésité. Un temps référencée dans quatre magasins savoyards avec son reblochon, l'entreprise d'Annecy a finalement décroché un contrat pour fournir la marque U au niveau national. Idem pour le fabricant de confiture lot-et-garonnais Lucien Georgelin (18 millions d'euros de chiffre d'affaires), repéré cet hiver par la structure " PME ". L'entreprise livrera bientôt huit entrepôts avec quatre desserts de fruits vendus sous la marque U. " Il n'y a pas eu vraiment de contrat pour officialiser le référencement, explique Lucien Georgelin. Cela a marché sur la confiance. Mais les documents échangés pour la mise au point et l'élaboration des recettes montrent bien que le marché est enclenché ", poursuit-il. Il n'y a pas d'engagement formel dans le temps de la part de l'enseigne. Pas plus que sur les volumes, sauf si le fournisseur doit consentir un investissement spécifique pour répondre à l'appel d'offres. Contrepartie implicite : en devenant sous-traitant pour l'enseigne, l'industriel échappe aux dépenses marketing et au paiement du référencement, ce droit d'entrée réclamé pour les marques.

Définir la coopération commerciale

Pour le fabricant attaché à sa marque, la négociation au niveau national implique donc des budgets beaucoup plus importants. Comme dans toutes les centrales, les discussions s'orientent vite vers les dépenses de coopération commerciale. " Nous parlons des moyens que nous allons mettre en oeuvre ensemble pour construire le business, concède Christian Carrère. On définit, par exemple, le nombre de catalogues promotionnels dans lesquels la marque sera présente dans l'année ou, encore, le niveau de remise au consommateur adossé à la carte de fidélité de l'enseigne pour l'achat du produit. " Tous ces services, qui incluent aussi l'emplacement en tête de gondole (réservée souvent aux gros fournisseurs), sont facturés de manière distincte, en plus des remises de fin d'année.
Sur le fond, ces services associés constituent des accélérateurs de vente que personne ne conteste. Mais leur prix a fait l'objet de dérives sévères jusqu'en 2006. Selon les enseignes, la position du fabricant sur le marché et les familles de produits, la facture a pu atteindre jusqu'à 30 % du chiffre d'affaires réalisé avec un distributeur. Pour un service pas toujours bien défini. La tête de gondole peut être fictive ou laissée à la discrétion du patron de point de vente... " Pas de cela chez nous " , assure-t-on à Créteil. L'en-seigne a pourtant été condamnée en novembre 2006 à payer une amende record de 76 millions d'euros pour des services facturés non rendus. Une décision sévère, qui doit encore être jugée en appel. " Dans presque tous les cas, les calendriers d'animations commerciales prises au niveau national ou régional sont correctement respectés au niveau local ", reconnaît un fournisseur qui souligne la réputation " partenariale " de l'enseigne.

Une enseigne reputée transparente

ement national n'exonère pas la force de vente du fabricant de visites régulières sur le terrain. Pour le suivi des affaires, tout d'abord. Mais aussi pour vérifier que les produits sont bien en rayon hors périodes de promotion. Ce qui n'est pas toujours automatique.
Dans les magasins les plus importants - ou ceux dans lesquels le fa- bricant réalise un gros chiffre d'affaires - l'associé U pourra exiger une nouvelle négociation - baptisée " appel d'offres " - afin de garantir la présence effective du produit en linéaire. Un " deuxième round " qui n'est pas du goût de tous les industriels. " Il y a quelques points de vente U que je préfère laisser à d'autres, tellement les conditions y sont dures, explique Joël Pétillon, le patron du fabricant de chaussettes Kindy (25 millions d'euros de chiffre d'affaires). Economiquement, cela ne tient plus la route. " Une fausse note pour cette enseigne réputée transparente qui montre qu'on ne travaille pas avec Système U, mais bien avec les patrons de ses points de vente. Un système auquel l'enseigne n'est en tout cas pas prête à renoncer. Le taux de fidélité de ses clients est l'un des plus forts de la profession et elle affiche la croissance la plus dynamique et régulière du secteur. Sa part de marché est passée de 6,5 % en 2000 à 8,5 % en 2006. Au premier semestre 2007, ses ventes ont encore bondi de 7 %. De loin, la meilleure performance du commerce français.


Yves Dougin

Le groupement d'indépendants qui grimpe
le 06/09/2007 N°3067

> Chiffre d'affaires 2006
12,55 milliards d'euros (hors carburant)
> Croissance 2006/2005
+ 3,3 %
> Part de marché 2006
8,5 % (+ 0,1 %)
> Trois enseignes
Marché U 143 magasins, 5 000 références
Super U 672 magasins, 12 000 références
Hyper U 48 magasins, 20 000 références
> 1 100 fournisseurs alimentaires
900 PME et 200 grands groupes
> Les PME fournissent
29,8 % du nombre de références de produits de grande consommation (PGC) et frais en libre service (FLS) et génèrent 30,2 % du chiffre d'affaires de l'enseigne.


Trois portes d'entrée pour atteindre les linéaires
le 06/09/2007 N°3067

1
les achats locaux
863 magasins
754 associés
Chaque magasin constitue une porte d'entrée possible chez Système U.
Ce que l'on y négocie
> Le complément d'assortiment local (20 % des références).
> Les accords " magasins ". Ils peuvent concerner les produits faisant déjà l'objet de contrats nationaux ou régionaux en livraison directe.
2
les achats régionaux
5 centrales régionales
28 entrepôts
Ce que l'on y négocie
> Le complément d'assortiment régional (30 % des références).
> Les services d'agencement et d'immobilier : plomberie, chauffage, gros oeuvre...
3
les achats nationaux
3 centrales > Alimentaire + services supports (Créteil-94) > Bazar (Nantes Carquefou-44) > Textile (Bonneuil-sur-Marne-94)
Ce que l'on y négocie
> Les accords nationaux sur entrepôt ou en livraison directe.
> Les produits du tronc d'assortiment national (TAN), commun à tous les points de vente (55 % des références).
> Le référencement des fournisseurs de marques de distributeurs.
> L'équipement mobilier des magasins (120 millions d'euros d'achats par an) : meubles froids, gondoles, caisses, chariots, balances, matériels de stations- service...


Neuf mois pour élaborer une confiture à la marque U
le 06/09/2007 N°3067

Après deux mois de travail d'identification du besoin et de définition du cahier des charges, l'enseigne émet son appel d'offres aux fournisseurs. La plupart des échanges d'informations transitent par workflow. Une dizaine de personnes sont impliquées. Une centaine d'étapes seront nécessaires jusqu'à la livraison du produit en magasin.
Chez système u
> Dépouillement et analyse des propositions
> Analyse qualité / dégustation
> Choix définitif du fournisseur (en fin de période J-21).
> Création du packaging (maquettes et exécution des documents)
> Réalisation du packaging (photogravure et impression)
> Derniers tests produits (en fin de période J-12 semaines)
> Livraison à l'entrepôt
> Livraison au magasin
> Le produit est en rayon
Chez le fournisseur
> Réponse aux questions préliminaires (agrément IFS, garantie non-OGM, critères prix...)
> Envoi des premières propositions commerciales écrites
> Envois des premiers échantillons
> Audit éventuel de l'usine
> Définition du plan de charges
> Calage des lignes de production
> Livraison des rouleaux d'étiquettes
> Démarrage de la production
Sixième distributeur français, Système U compte quelque 3 000 PME parmi ses fournisseurs réguliers. Comment ont-ils amorcé le courant d'affaires ? Quelles sont les règles à suivre ? "L'Usine Nouvelle" lève le voile sur les méthodes d'achats des "nouveaux commerçants". Ici, un seul sésame : le magasin !
L'immeuble de la centrale parisienne de Système U est à l'image de l'enseigne : pas de démesure, ni de signes extérieurs de richesse. A peine ...

Déposez votre fichier ici pour le déplacer vers cet enregistrement.

... Lire [+]

V

- n° 3067 - p.81 à p.92

Augmenter la productivité pour rester compétitif en Europe. Pour y parvenir, les industriels misent sur la prochaine génération de machines-outils. Celle qui sera en mesure de se substituer aux opérateurs. Les prototypes sont testés maintenant.

Déposez votre fichier ici pour le déplacer vers cet enregistrement.

... Lire [+]

V

- n° 3068 - p.76 à p.77

Les premiers robots apparaissent sur les chantiers. Ils remplacent l'homme pour les tâches les plus pénibles. A la clé, une meilleure sécurité sur les zones à risques comme la déconstruction de sites nucléaires ou chimiques.

Pendant qu'un robot ponceur fignole un plafond, un drone inspecte les fondations du chantier, sous l'oeil indifférent d'un androïde, conducteur de pelleteuse. Une scène on ne peut plus banale dans quelques mois, à en croire les groupes de BTP et les fabricants de ces engins... Le robot ponceur achève sa phase prototype chez Bouygues Construction. Le conducteur de pelleteuse, le HRP-3, était présenté en juin dernier par les japonais Kawada et Kawasaki Heavy Industries. Doté d'une autonomie de deux heures, cet androïde remplacera l'ouvrier sur les chantiers à risque. Et le drone, conçu par le français Bertin Technologies, vole déjà de ses propres hélices pour inspecter un barrage ou des lignes électriques. Les constructeurs trouvent là l'occasion de montrer une nouvelle facette de leur métier, technologique celle-là. Tout en répondant mieux aux appels d'offres plus complexes, de démantèlement de centrales nucléaires ou de dépollution chimique. Autant de chantiers où se multiplient les postes de travail pénibles ou dangereux...


Des techniques déjà bien maîtrisées

Cet engouement pour les robots n'est devenu possible qu'avec la banalisation de la robotique. Les dernières versions d'androïdes en provenance du Japon disposent de coques étanches IP 65 pour résister à une pluie battante et marchent désormais sur un sol irrégulier. La multiplication des articulations anthropomorphiques (plus de 50 degrés de liberté) leur permet de manipuler des outils comme un tournevis et même toutes les commandes d'une pelleteuse avec les systèmes d'embrayage et de levage.
Sur les robots de conception plus simple, les efforts ont porté sur le bras manipulateur de type Scara (voir glossaire). L'association, sur un même bras, de trois ou quatre axes redondants, permet d'exécuter une tâche (ponçage, perçage, etc.) à vitesse constante, sans rencontrer d'obstacles. Et pour éviter le parasitage entre les circuits électriques et les contacteurs de commandes des articulations - toujours plus nombreux - les cons-tructeurs ont installé des filtres.
Par ailleurs, fabricants et intégrateurs ont planché sur la robotisation de fonctions spécifiques aux métiers de la construction. " Le ponçage du béton au moyen d'un disque rotatif a nécessité la conception de capteurs d'effort adaptés ", explique Philippe Bidault, chercheur au Centre de robotique intégrée d'Ile-de-France (CRIIF). Ce dernier et l'éditeur Robosoft ont ensuite combiné ces capteurs avec de nouveaux algorithmes pour mesurer le retour d'effort d'un disque ponceur en rotation. Une mesure indispensable pour obtenir un travail précis : par exemple, 2 millimètres exactement.
Ces innovations ont convaincu Bouygues, Vinci ou en encore Hochtief, en Allemagne, de se lancer dans le développement de prototypes. Bouygues Construction a lancé deux modèles conçus avec sa filiale ETDE, l'éditeur Robosoft et l'intégrateur Modules associés. Ils devraient passer à la phase industrielle début 2008.
Le premier modèle, un ponceur, s'activera bientôt sur un chantier de démantèlement nucléaire pour décontaminer une couche de béton radioactive. " Grâce à lui, nous allons diminuer considérablement la pénibilité d'un poste, encore occupé aujourd'hui par des ouvriers en combinaison antiradiation ", se félicite Christian Griffault, le directeur technique de Bouygues Construction Ile-de-France. Le second robot est destiné au perçage de trous sur de larges portions de tunnels. Enfin, avec Bertin Technologies et la PME Hélios, le groupe exploite un drone d'inspection d'ouvrages d'art métalliques ou en béton. De son côté, Barriquand, une filiale de Sogea Construction (Groupe Vinci) a déjà mis en service le robot 3-axes ProKutter, pour le fraisage de canalisations.
Le BTP parie aussi sur les grands " pondeurs " de bâtiments, ceux qui fabriquent les édifices étage après étage. Malgré l'échec d'un prototype japonais, destiné à ériger des tours, un autre projet (FutureHome) a réuni Européens, Japonais et Canadiens autour de la conception intégrée et automatisée de bâtiments modulaires. Aujourd'hui, le projet américain de robot portique " Contour Craft " tient la corde (voir encadré p.76).

L'industrie donne le ton

Les robots capables de mener à bien des tâches répétitives iront bientôt pointer sur des chantiers plus traditionnels. " Mais il faut encore gagner la bataille de l'autonomie ", rappelle Christian Griffault. A terme, ces robots devront réaliser leur mission à tous les étages d'un bâtiment de logements en évitant les obstacles et les ouvriers. Un défi que tentent déjà de relever certains robots industriels.
Les chercheurs du CRIIF et les développeurs sont d'accord : les progrès viendront des capteurs et des nouveaux algorithmes, indispensables pour mieux cartographier l'environnement. Sur les drones d'inspection, les améliorations porteront sur la miniaturisation pour faciliter l'accès aux lieux les plus confinés.
Quant à l'androïde japonais HRP-3 et à sa version chantier HRP-13, télécommandés, ils remplacent pour l'instant l'homme dans les zones à risques. Sans leur maître, les pauvres n'ont plus leur tête ! .


Olivier Ketels

De quoi parle-t-on ?
le 13/09/2007 N°3068

> degré de liberté
Il est lié au nombre de rotations dont dispose la machine. Trois rotations correspondent à trois degrés de liberté.
> bras scara
Selon l'architecture Scara, développée par un groupe de laboratoires japonais, les deux derniers degrés de liberté s'effectuent autour de deux axes parallèles.
> desserte intelligente
Elle caractérise l'autonomie de déplacement d'un robot dans un environnement dynamique : repérage et évitement des obstacles et des déplacements de personnes.


Un "pondeur" de maisons... à la chaîne
le 13/09/2007 N°3068

Berok Khoshnevis n'en démord pas. Cet ingénieur californien veut prouver l'efficacité d'un robot bâtisseur de lotissements. Un " pondeur ", dans le jargon. Un premier bras dessine les contours de la maison en coulant le béton au fur et à mesure. Un second bras positionne ensuite les autres matériaux (fenêtres, poutrelles etc.). Le robot trois axes se déplace sur rail de façon à fabriquer à la chaîne un lotissement complet. Le centre de technologies rapides de fabrications automatisées (Craft) doit le tester en conditions réelles à la fin de l'année, après avoir résolu les difficultés liées à l'écoulement continu du béton. Date de mise en service prévue : 2012.


également dans cette partie
le 13/09/2007 N°3068

78lVive le graphène libre !



80lLe partage des données matériaux réduit les cycles de conception



82lLa semaine en bref


le robot mobile (drone)
le 13/09/2007 N°3068

Missions
Atteindre les zones inaccessibles
Inspection vidéo, maintenance
Technologies mises en oeuvre
Guidage par fil, radiocommandé ou numérique (avec une station au sol), propulsion par hélices ou ailes battantes, vision par caméra CCD
Première mise en service
HoverEye de Bertin Technologies déjà en activité


le robot monotâche
le 13/09/2007 N°3068

Missions
Assurer les tâches pénibles
Opérations mécaniques répétitives : perçage, ponçage, soudage, empilage, traitement de surface...
Technologies mises en oeuvre
Contrôle d'effort, bras manipulateur, scrutateur laser, lasers de positionnement, contrôle d'assiette pour les tâches de grande précision
Première mise en service
Robot perceur Bouygues en janvier 2008


le robot androïde
le 13/09/2007 N°3068

Missions
Evoluer dans les zones à risques
Manutention, pilotage d'engins de levage...
Technologies mises en oeuvre
Bras et jambes anthropomorphiques, contrôle par télécommande, moto-réducteurs, centrales inertielles, vision par caméra CDD
Première mise en service
HRP-3 de Kawasaki Heavy Industries et Kawada Industries commercialisé en 2010
Les premiers robots apparaissent sur les chantiers. Ils remplacent l'homme pour les tâches les plus pénibles. A la clé, une meilleure sécurité sur les zones à risques comme la déconstruction de sites nucléaires ou chimiques.

Pendant qu'un robot ponceur fignole un plafond, un drone inspecte les fondations du chantier, sous l'oeil indifférent d'un androïde, conducteur de pelleteuse. Une scène on ne peut plus banale dans quelques mois, à en ...

Déposez votre fichier ici pour le déplacer vers cet enregistrement.

... Lire [+]

V

- n° 3071 - p.56 à p.59

Syndicats, patronat et gouvernement planchent ce 4 octobre 2007, sur l'amélioration des conditions de travail. Au coeur de leurs travaux : les risques psychosociaux. Des troubles mis en évidence par les récents suicides dans l'industrie, mais qui restent difficile à appréhender pour les entreprises.

Déposez votre fichier ici pour le déplacer vers cet enregistrement.

... Lire [+]

V

- n° 3071 - p.85 à p.92

Moins de 100 000 PME françaises exportent. Leur petite taille est leur principale faiblesse. Pouvoirs publics et organisations professionnelles se mobilisent pour les aider.

Déposez votre fichier ici pour le déplacer vers cet enregistrement.

... Lire [+]

V

- n° 3085 - p.66 à p.68

Des PC plus simples et surtout beaucoup moins chers... C'est possible grâce à Linux et à la technologie de mémoire flash. Les outsiders du marché multiplient les offres. Les géants observent.
C'est une petite révolution dans le monde informatique grand public. Depuis le 23 janvier, un ordinateur portable à moins de 300 euros est disponible en France. C'est le fabricant taïwanais Asus- tek qui relève le défi. Lancé en Asie en octobre 2007 et dans les pays anglo-saxons occidentaux en novembre, son modèle EEE PC a été écoulé à 380 000 exemplaires. En 2008, le fabricant compte en vendre 500 000 en France et 5 millions dans le monde. Mais pour passer de 500 euros - prix actuel minimum pour un notebook - à 300 euros, Asustek a dû réduire la taille de l'écran à 7 pouces (17,8 cm de diagonale), remplacer le disque dur par une mémoire flash de quelques gigabits et opter pour un processeur à 600 Mhz et 512 Mo de mémoire vive. Une configuration suffisante pour faire tourner le système d'exploitation open source gratuit Linux, installé à la place d'un traditionnel Windows, gourmand en ressources et payant. " L'EEE PC n'est pas un PC ultraportable, mais un terminal d'accès internet destiné aux néophytes de l'informatique ", précise Thomas Franchi, le directeur du marketing d'Asustek en France. Son slogan : " L'internet facile, partout, pour tous ". Linux pour les nuls ! Un comble ! Alors qu'il est impossible de trouver un PC sous Linux sur les rayonnages des grandes enseignes - les fabricants affirment qu'il n'y a pas de demande et que Linux est trop compliqué - le système d'exploitation open source serait l'idéal pour équiper les " PC pour les nuls ". Pourquoi ? Linux est gratuit. Surtout, il peut être modifié et personnalisé pour développer des machines avec des interfaces adaptées aux publics visés. Seule contrainte, il faut publier ses développements pour que toute la communauté en profite. Le grand public pourrait donc utiliser Linux ? Asustek n'est pas le premier à en faire le pari. Substantiel, start-up française créée en 2002, a développé l'Ordissimo, un ordinateur pour débutants doté d'un système d'exploitation basé sous Linux et dont les mises à jour sont automatisées. Il peut être testé pendant trois mois pour 79 euros, puis loué 9,95 euros par mois ou acheté. Lancé en septembre 2005, il est aujourd'hui distribué dans 250 points de vente des enseignes Darty, Digital et Boulanger. Mais à l'achat, les prix des Ordissimo rattrapent ceux des PC traditionnels, notamment dans leur version portable. " Il est impossible d'acheter un PC sans Vista auprès des fournisseurs chinois ", explique Christophe Berly, le cofondateur, qui distribue quelques centaines de machines par mois. un pc préinstallé Sur la même idée, Neuf Cegetel a décidé de marier intimement PC et connexion réseau haut débit par ADSL. Son offre EasyGate consiste en la fourniture d'un PC design avec clavier et souris (l'écran étant en option) pour 99 euros et d'un abonnement de 9,90 euros par mois pour n'avoir plus à s'occuper de rien. L'ordinateur est, en effet, livré préinstallé avec plus de 80 logiciels open source. Toutes les mises à jour logicielles et la maintenance sont effectuées automatiquement en ligne par l'opérateur. Ainsi verrouillé, le système est protégé des virus et des maladresses. Pour la conception de la machine, Neuf a étroitement travaillé avec le sous-traitant électronique français Asteel (lire page 67). " Nous positionnons l'EasyGate comme un deuxième ordinateur pour la maison, plutôt destiné aux enfants afin qu'ils ne mobilisent pas le PC familial. Nous avons même lancé une version indépendante de l'offre d'abonnement Neuf ", affirme Frédéric Charlier, le père du projet chez l'opérateur télécoms. 92 % des utilisateurs seraient satisfaits, mais Neuf Cegetel ne communique pas leur nombre. les nouveaux entrants ciblent l'enseignement Difficile de percer sur ce marché émergent des NetPC. Surtout qu'à défaut d'assurer d'importants volumes aux fournisseurs chinois, les machines proposées au public restent chères (300 euros sans écran, clavier ou souris) comparées à un portable de grande marque suréquipé. Les nouveaux entrants, comme DomoBox avec son Ordipost Zen ou Feelnet, ciblent donc plutôt le marché de l'enseignement avec des solutions plus faciles à entretenir et moins fragiles qu'un PC sous Windows. Linutop, qui fabrique ses PC sous Linux en Estonie, mise, lui, sur la basse consommation de son système pour s'imposer, dans des applications professionnelles. google pourrait changer la donne Pour faire encore baisser les prix, l'abonnement est donc la meilleure solution. Exclusivité mondiale, en France l'EEE PC d'Asus est vendu 200 euros chez SRF avec un abonnement à la 3G de vingt-quatre mois. Aux Etats-Unis, Zonbu, start-up californienne créée par deux français, teste la vente d'un PC à 99 dollars avec un abonnement de 12,95 dollars par mois pour disposer d'applications en ligne et d'un espace de 25 Go de stockage. Mais Google pourrait changer la donne ! Le fabricant Everex vend chez Wal-Mart un ordinateur de bureau à 199 dollars et lance le 25 janvier un portable avec disque dur à 399 dollars, le Cloudbook. Les deux machines tournant sous un OS Linux développé par Google, le GOS. Les leaders du marché du PC, HP, Dell, Acer, Lenovo ou Toshiba, eux, se contentent d'observer et limitent Linux au monde professionnel et encore, timidement. Pour combien de temps ?
@ Aurélie Barbaux
Des PC plus simples et surtout beaucoup moins chers... C'est possible grâce à Linux et à la technologie de mémoire flash. Les outsiders du marché multiplient les offres. Les géants observent.
C'est une petite révolution dans le monde informatique grand public. Depuis le 23 janvier, un ordinateur portable à moins de 300 euros est disponible en France. C'est le fabricant taïwanais Asus- tek qui relève le défi. Lancé en Asie en octobre 2007 et dans ...

Déposez votre fichier ici pour le déplacer vers cet enregistrement.

... Lire [+]

V

- n° 3085 - p.70 à p.71

Le look d'un ordinateur est aujourd'hui aussi, voire plus, important que ses prouesses technologiques. Les fabricants de PC viennent à peine de le comprendre.
Apple a montré la voie d'une informatique design il y a dix ans avec ses iMac. Et jusque-là, à part Sony et ses modèles Vaio faits d'un alliage de magnésium et de carbone, aux formes épurées, peu de fabricants de PC se sont détournés des chemins gris et balisés de la bureautique. Mais au-jourd'hui, la tendance s'inverse. Objet du quotidien, le PC doit séduire, les femmes notamment. " Le design est désormais le premier critère de choix pour l'achat d'un ordinateur portable ", explique Alain Kergoat, le directeur marketing de Toshiba Informatique France. HP, le premier fabricant mondial, a mené en 2005 une étude mondiale sur les attentes des consommateurs en matière de design dans l'optique de renouveler sa gamme. Les résultats ont confirmé l'humeur du temps : les clients attendent plus de finesse, de sophistication et des couleurs par petites touches. HP l'a traduit dans une technologie brevetée, baptisée Imprint, inspirée du monde de la cosmétique. Elle permet de travailler les couleurs, l'insertion de motifs et d'appliquer des vernis spécifiques. Le fabricant s'est aussi doté d'une équipe interne de designers. Et, en mars 2007, il a sorti sa première édition spéciale, avec un design fleuri sur ton blanc, destiné à un public plutôt féminin. En décembre, les plus jeunes ont eu droit à leur modèle, la version " chocolate ". Et en mars prochain, c'est une édition tirant sur les rouges, plus masculine, qui sera commercialisée. 500 designers pour relooker toute la gamme Dell, le numéro 2 mondial derrière HP, a lui aussi tenté la différenciation. Il offre depuis juin 2007 le choix entre huit couleurs de coques pour ses portables. " Nous avons été surpris par le succès du rose, en France notamment ", précise Vincent Baijot, responsable marketing chez Dell Europe. Mais le constructeur ne va pas s'arrêter là. Il y a dix-huit mois, il a engagé 500 designers pour relooker tous ses ordinateurs. De nouveaux portables sont attendus début 2008. " La connectivité et le design sont aujourd'hui les deux facteurs différenciants ", estime Gianfranco Lanci, le président du fabricant taïwanais Acer. Pour passer du constat à l'action, il a fait appel au bureau de design d'un autre industriel, en l'occurrence BMW, qui a revu le look de ses portables. Le fruit de son travail, une gamme " Gemstone " inspirée de la pierre. Vers la personnalisation Quatrième mondial, le chinois Lenovo se lance sur le marché grand public et arrive déjà avec un design épuré bien qu'assez sage. Toshiba, le cinquième mondial, ne s'est réveillé qu'il y a six mois. Il faudra donc attendre le deuxième trimestre 2008, pour découvrir ses nouveaux modèles. Contraint d'aller sur le marché grand public pour assurer à ses fournisseurs chinois des volumes suffisants, l'allemand MaxData a, quant à lui, relooké dès mi-2007 toute sa gamme Belinea en blanc. Aussi design soient-ils, ces nouveaux PC sont toujours des objets de série. On est encore loin de la personnalisation vantée cet automne par HP dans sa campagne publicitaire " PC personal again ". Pour un PC bien à soi, il reste la solution des autocollants, avec des sites comme nvouspc.com ou coovz.com, qui proposent de réaliser sur mesure des stickers pour tous types de matériel électronique. Original, mais, attention, difficile à poser. .
@ A.B.
Le look d'un ordinateur est aujourd'hui aussi, voire plus, important que ses prouesses technologiques. Les fabricants de PC viennent à peine de le comprendre.
Apple a montré la voie d'une informatique design il y a dix ans avec ses iMac. Et jusque-là, à part Sony et ses modèles Vaio faits d'un alliage de magnésium et de carbone, aux formes épurées, peu de fabricants de PC se sont détournés des chemins gris et balisés de la bureautique. Mais ...

Déposez votre fichier ici pour le déplacer vers cet enregistrement.

... Lire [+]

V

- n° 3090

Les distributeurs cherchent à rendre les courses moins ennuyeuses. A grand renfort de technologies. Un marché en or pour les intégrateurs de solutions.
Pressions accrues sur les prix et les marges, consommateurs zappeurs et exigeants, concurrence d'internet... Les centaines de millions d'euros injectés depuis deux ans dans les baisses de prix par les distributeurs ne parviennent pas à stopper la valse des étiquettes : les produits alimentaires ont augmenté de 2,39 % depuis janvier. Les commerçants doivent mener l'offensive sur deux fronts : gagner en efficacité opérationnelle pour améliorer leur productivité, et inventer de nouvelles manières de " draguer " le chaland plus sûrement que par le seul attrait du discount. A grand renfort de technologies. Un marché en or pour les grands pourvoyeurs de solutions logicielles, comme IBM ou Microsoft, les fabricants de matériels et de systèmes d'encaissement ou les fabricants de puces RFID, capables de rendre les magasins intelligents. Pour l'équipementier de télécoms Motorola, le développement d'outils de communication intelligents pour le commerce est même devenu une planche de salut. L'achat, en 2007, du fabricant de lecteurs de code à barres Symbol, très fortement implanté dans la grande distribution, permet aujourd'hui au groupe américain de s'imposer comme un acteur majeur du secteur (lire " L'UN " n° 3085). Mais pour les enseignes, l'obsession du moment porte d'abord sur les zones de caisses, dont l'engorgement aux heures de pointe symbolise le pire moment des courses. Les dernières générations de magasins, comme la chaîne de supermarchés Fresh and Easy que le britannique Tesco déploie aux Etats-Unis, sont toutes équipées de zones de caisses sans caissière (self-check out). Radical dans l'approche, ces systèmes de caisses commencent à fleurir un peu partout en France. Caisses sans caissière et paiements sans contact Selon l'association Perifem, qui conseille les distributeurs dans les aspects techniques de leur métier, entre 15 et 20 % des 10 685 magasins implantés sur le territoire auraient déjà installé des îlots de caisses automatiques pour les courses de moins de 10 articles. Des marchés sur lesquels on retrouve, à côté d'IBM et de Microsoft, les grands fabricants de systèmes d'encaissements. L'allemand Wincor Nixdorf, premier fabricant mondial de distributeurs de billets de banques, et l'américain NCR, l'inventeur des caisses enregistreuses, ont fait du commerce leur priorité après le secteur bancaire. C'est NCR, par exemple, qui a harmonisé les systèmes d'encaissements des 850 magasins de Système U en France, en déployant l'an passé près de 10 000 licences logicielles TP.net, fondées sur une architecture Microsoft. Un travail qui permet aujourd'hui à Système U d'être l'un des distributeurs les plus actifs sur le déploiement de caisses sans caissière. Il est le premier à avoir implanté un système unique en Europe de gestion informatisée des espèces (le paiement en billets et pièces est complètement automatisé), développé par Wincor Nixdorf. Ces nouveaux dispositifs ne devraient toutefois pas dépasser 10 à 15 % de l'ensemble des lignes de caisses. Les nouvelles solutions de paiement sans contact utilisant les technologies sans fil NFC (Near Field Communication), et utilisables à partir d'un téléphone portable ou d'une carte de fidélité, pourraient encore changer la donne. Ces technologies permettront d'aller plus loin dans l'optimisation du paiement. C'est en effet le caissier qui ira au client, et non l'inverse. Expérimentée à grande échelle à Caen et à Strasbourg, dans le cadre de l'opération " Payez mobile ", les systèmes de paiement à partir de téléphones portables pourraient se généraliser dès 2009. Dans ces deux villes, 1 000 clients ont été équipés d'un téléphone NFC muni d'une carte SIM contenant une application permettant l'opération de paiement sans contact. Au-delà de 20 euros, le client doit toutefois saisir un code personnel pour valider la transaction. Pendant la durée du test, 200 commerçants ont été équipés d'un terminal de paiement compatible NFC. La somme est directement prélevée sur la facture de l'opérateur. Ces derniers sont d'ailleurs en pointe dans le développement de ces nouvelles applications qui leur permettent de capter et de fidéliser leur clientèle. Bouygues Telecom et la société de transport Semitag ont lancé des expérimentations à Grenoble. Orange, la filiale de France Télécom a réalisé des tests locaux avec la SNCF à Rennes, et l'opérateur britannique O2 s'est rapproché de Visa pour un déploiement à Londres. Considérée comme une extension logique de la RFID - des puces à radiofréquence lisibles à distance - la technologie NFC pourrait constituer une étape intermédiaire avant le déploiement généralisé des puces RFID sur les produits. la rfid fait son entrée dans les magasins Stade ultime, ce déploiement permettra d'obtenir directement le montant total de ses courses en passant son chariot sous un portique équipé d'un lecteur. Précurseur dans ce domaine, Metro vient de décider de sauter le pas. En partenariat avec IBM, le distributeur allemand va implanter dans ses supermarchés Real près de 30 000 références munies de puces RFID. Près d'un quart des points de vente sont déjà équipés de lignes de caisses automatiques. Les produits seront donc scannés automatiquement, sans quitter le chariot. Mais que les clients se rassurent, les puces seront désactivées dès la sortie des magasins, pour éviter tout traçage jusqu'au domicile de l'acheteur. Pour l'instant. .
Yves Dougin
Les distributeurs cherchent à rendre les courses moins ennuyeuses. A grand renfort de technologies. Un marché en or pour les intégrateurs de solutions.
Pressions accrues sur les prix et les marges, consommateurs zappeurs et exigeants, concurrence d'internet... Les centaines de millions d'euros injectés depuis deux ans dans les baisses de prix par les distributeurs ne parviennent pas à stopper la valse des étiquettes : les produits alimentaires ...

Déposez votre fichier ici pour le déplacer vers cet enregistrement.

... Lire [+]

V

- n° 3090 - p.34 à p.35

L'opérateur public investit à tour de bras pour affronter l'ouverture du marché et la concurrence d'internet. Et être à la hauteur des meilleurs groupes postaux européens.
L'usine de Wissous (Essonne), récemment mise en service, incarne les défis que devra relever La Poste face à l'ouverture totale du courrier à la concurrence, d'ici à la fin 2010. L'installation, située près d'Orly, atteindra sa pleine capacité en juin 2008, pour traiter plus de cinq millions d'objets par jour. Solystic, la filiale de l'américain Northrop Grumman, a fourni les douze machines de tri, dont neuf pour les plis de petit format et trois pour les grands formats. aucun site ne devrait être fermé Ces trieuses " dernier cri " traitent chacune près de 40 000 plis à l'heure, soit deux fois plus que les machines classiques. Grâce à la reconnaissance optique, elles lisent l'adresse du destinataire et trient les plis par quartier, voire, pour les petits formats, selon l'ordre de la tournée du facteur. L'image scannée des adresses non reconnues est dirigée vers l'un des sept centres de tri numérique du territoire. La Poste mise sur la mécanisation pour distribuer en 2011 90 % des lettres prioritaires au lendemain de leur dépôt, contre à peine 66 % en 2003. Quant aux facteurs, ils trient moins et s'orientent vers de nouveaux services, comme le relevage de l'index de consommation de gaz des particuliers. Le site de Wissous, qui dessert le sud parisien, est l'une des cinq plates-formes industrielles courrier (PIC) dédiées au tri en service. La Poste maillera le territoire avec trente-cinq PIC d'ici à 2010, au sein d'installations nouvelles, comme à Wissous, ou rénovées. En l'espace de deux ans, c'est un tour de force ! Tandis que les unités de tri s'agrandissent, les petits centres de tri urbains, devenus obsolètes, parfois installés sur plusieurs étages, vont changer de vocation et se limiter à la collecte, à la préparation et à la distribution du courrier. " Mais il n'y aura pas de fermeture de sites ", promet-on à La Poste. une filiale commune avec la SNCF va être créée Le réseau des PIC constitue la colonne vertébrale de Cap Qualité Courrier, ce programme qui mobilise 3,4 milliards d'euros de 2004 à 2010 (dont 1,3 milliard en 2008). L'opérateur investit beaucoup pour rattraper son retard, alors que ses homologues européens ont déjà bien engagé leur modernisation. Ainsi, la Deutsche Post, en Allemagne, ou la TNT Post, aux Pays-Bas, s'y sont mises il y a cinq ou sept ans. Or le français entend bien rester dans le trio de tête du marché européen. Une ambition confirmée par son nouveau plan stratégique 2008-2012, lequel doit faire passer la marge opérationnelle du groupe de 5,8 % à 6,1 % en 2008, puis à 8,5 % en 2012. Tout en se fixant des objectifs de meilleure qualité de service, La Poste veut ainsi égaler les niveaux de rentabilité de son homologue allemand. Celui-ci a réalisé une marge de 6,4 %, dès 2006. La mise en oeuvre de Cap Qualité Courrier, cheville ouvrière de ce plan, incombe à Muriel Barneoud, à la tête des grands programmes et de la direction industrielle. " J'ai toujours aimé les usines ", assure-t-elle. Et parce qu'elle a passé quatorze ans dans la finance, elle reste très attentive à la rentabilité et au retour sur investissement des projets. Ses équipes se trouvent aussi en première ligne, lorsqu'il faut trouver des solutions de rechange, en cas de panne de l'un des trois TGV postaux, par exemple. A ce titre, La Poste va renforcer son offre de fret ferroviaire à grande vitesse par la création de Fret GV, une filiale commune avec la SNCF. Elle sera opérationnelle en 2009. Et, si le courrier continuera à prendre la voie des airs, l'opérateur s'apprête toutefois à céder sa filiale Europe Airpost à l'irlandais Air Contractors. Outre le pilotage de l'outil industriel et logistique, Muriel Barneoud s'est attelée à la " révolution " de l'offre, en vue d'apporter une nécessaire valeur ajoutée aux services de distribution. Cela passe par le développement du marketing direct, qui représente près de 20 % du chiffre d'affaires de l'activité courrier, avec un fort potentiel de croissance. Prisé par les grands groupes, le marketing direct n'est, en effet, utilisé que par 1 % des PME. " Nos clients demandent de plus en plus de précision ", poursuit Muriel Barneoud. Il ne suffit plus d'acheminer un pli dans un laps de temps donné, mais de le délivrer à une date précise chez le destinataire. vers une plus grande traçabilité du courrier A Wissous, une ère de stockage de 6 000 mètres carrés permettra de gérer la distribution en juste-à-temps. De plus, La Poste compte se doter d'un système d'interprétation de l'enveloppe (SIE), afin de lire l'adresse du destinataire, mais aussi celle de l'expéditeur, ou la date d'affranchissement. Pour offrir une plus grande traçabilité. En parallèle, l'opérateur historique multiplie ses offres de gestion dématérialisée des documents. Car la concurrence vient aussi d'internet. Les envois croissants de factures par e-mail ont fait subir au groupe une perte de 200 millions d'euros en cinq ans. .
Chrystelle Carroy
L'opérateur public investit à tour de bras pour affronter l'ouverture du marché et la concurrence d'internet. Et être à la hauteur des meilleurs groupes postaux européens.
L'usine de Wissous (Essonne), récemment mise en service, incarne les défis que devra relever La Poste face à l'ouverture totale du courrier à la concurrence, d'ici à la fin 2010. L'installation, située près d'Orly, atteindra sa pleine capacité en juin 2008, pour traiter plus ...

Déposez votre fichier ici pour le déplacer vers cet enregistrement.

... Lire [+]

V

- n° 3090 - p.60 à p.62

Plusieurs techniques de laboratoire permettent de créer des métaux et alliages nanostructurés dans la masse, avec une forte augmentation de leur résistance mécanique. Mais pour les industrialiser, il faut adapter les procédés à la production en continu
On les maltraite un peu, mais c'est pour leur bien ! Soumis à de fortes déformations, métaux et alliages peuvent acquérir des propriétés mécaniques hors du commun. Un phénomène bien connu des métallurgistes, lié à la diminution de la tailles des cristaux (ou grains). Grâce à une panoplie de techniques de " déformation plastique sévère " (Severe Plastic Deformation, SPD), de nombreux laboratoires travaillent aujourd'hui à la mise au point de métaux dont les grains sont de taille submicronique, voire nanométrique (inférieure à 100 nanomètres). Des métaux nanostructurés, dont la résistance à la traction peut augmenter de 50 à 100 %, par rapport aux caractéristiques obtenues par des traitements thermomécaniques traditionnels. Ces résultats ont notamment été obtenus avec le titane et avec des alliages cuivreux par l'Ipam (Institute for Physics of Advanced Materials), un laboratoire basé à Ufa (Russie) et dirigé par Ruslan Valiev, considéré comme le " pape " du SPD. Des propriétés identiques ont été mises en évidence dans des alliages d'aluminium ou de magnésium, mais également dans des aciers. L'intérêt est de réaliser des pièces plus résistantes, ou d'utiliser moins de matière afin de gagner du poids, pour des applications dans l'automobile, l'aéronautique, le médical... Des perspectives qui mobilisent des laboratoires en Russie, aux Etats-Unis, en Allemagne, en Autriche, au Japon ou encore en Corée du Sud. En France, des chercheurs travaillent sur le sujet, notamment à l'université de Rouen, au Cnam de Paris et à l'université Paris-Sud d'Orsay. L'état des recherches sera exposé lors de la quatrième conférence internationale sur les nanomatériaux obtenus par SPD (nanoSPD4), qui se tiendra à Goslar, en Allemagne du 18 au 22 août prochain. Les études se focalisent sur la maîtrise des phénomènes physiques mis en jeu par les méthodes de déformation SPD, et sur l'adaptation des procédés à une production en continu. Elles sont stimulées par la concurrence, car la déformation sévère n'est pas seule en lice pour réaliser des " nanométaux ". La métallurgie des poudres, en particulier, dispose maintenant d'une palette de poudres nanométriques, accompagnée des techniques pour les compacter et fabriquer des pièces. Il est vrai que les métallurgistes des poudres ont eux aussi des problèmes à résoudre : la porosité du matériau final, et la croissance des tailles de grains sous l'effet de la température (frittage des poudres), qui risque de limiter l'effet " nano ". de nombreux procédés de déformation De leur côté, les adeptes de la déformation sévère font preuve d'une imagination débordante, en inventant de multiples méthodes aux acronymes énigmatiques : Ecap, HPT, MDF, ARB, RCS, TE... Le principe reste toujours le même : il s'agit d'imposer une très forte déformation plastique à un échantillon de matériau, sans modifier sensiblement sa géométrie. Mais les moyens techniques diffèrent. Avec l'Ecap (Equal Channel Angular Pressing), une barre de métal est pressée dans un canal présentant un angle abrupt : c'est au niveau du coude que le métal est " sévèrement " déformé - cisaillé, en fait. En répétant l'opération, il est possible d'accumuler dans le métal une très grande déformation, jusqu'à obtenir la finesse de grains souhaitée. C'est la méthode la plus répandue dans les laboratoires, et donc la mieux maîtrisée. Mais il y a d'autres manières d'obtenir des résultats analogues. Certaines sont basées sur le principe du laminage, telles l'ARB (Accumulative Roll Bonding) et le RCS (Repetitive Corrugation and Straightening). D'autres sont plus spécifiques : le MDF (Multidirectional Forging), comme son nom l'indique, consiste à appliquer successivement des charges à l'échantillon selon plusieurs axes, le HPT (High Pressure Torsion) applique une torsion à un disque de métal, tandis que le procédé TE (Twist Extrusion) combine extrusion et torsion... augmenter la résistance et la ductilité Chaque méthode a ses atouts et ses inconvénients. Mais tous ces procédés ont un souci commun : le gain obtenu en résistance mécanique ne doit pas se " payer " par un manque de ductilité du matériau (son aptitude à se déformer), avec des risques de rupture, évidemment préjudiciables aux applications. Et un inconvénient majeur : ils sont discontinus, ce qui est peu propice à une utilisation industrielle. " Accroître simultanément la limite élastique et la ductilité est un défi majeur pour les métaux nanostructurés, qui suscite de nombreuses recherches et publications ", indique Xavier Sauvage, chargé de recherche au groupe de physique des matériaux de l'université de Rouen, et qui travaille sur la stabilité des nanostructures obtenues par SPD, avec des équipes russe, allemande et autrichienne. Pour réunir les deux propriétés, les chercheurs peuvent jouer sur la composition des alliages utilisés et sur des traitements thermiques postérieurs au procédé de déformation SPD. Yunthian Zhu, professeur au département d'ingénierie et de science des matériaux à l'université de Caroline du Nord, a ainsi proposé une stratégie permettant de concilier au mieux résistance et ductilité dans des alliages d'aluminium. L'équipe américaine a montré qu'en chauffant à basse température l'alliage traité par laminage cryogénique (encore une autre technique de SPD !), dont les grains sont en moyenne de 100 nanomètres, on peut augmenter simultanément la limite d'élasticité et l'allongement de l'échantillon. " De toute façon, les métaux nanostructurés obtenus par SPD ont en général une plus grande ductilité que ceux réalisés par consolidation de nanopoudres ", se plaît à souligner Yunthian Zhu. L'autre point clé du développement des métaux nanostructurés est l'aptitude des procédés à fonctionner en continu, dans une perspective d'industrialisation et de réduction des coûts de production. Un critère qui, à lui seul, suffit à opérer une sélection naturelle entre les multiples méthodes SPD, toutes n'étant pas aptes à produire en continu. Les efforts ont notamment porté sur l'Ecap. C'est l'équipe russe de l'Ipam qui a mis au point le procédé Ecap-Conform (voir schémas page précédente), dans lequel la filière d'extrusion coudée est alimentée en continu grâce à un dispositif d'entraînement de la barre métallique. passer à l'échelle industrielle D'autres procédés, tels l'ARB et le RCS, sont a priori bien placés, car ils sont dérivés du laminage. L'avenir de ces techniques dépendra de leur capacité à passer à l'échelle de la métallurgie industrielle. Mais des chercheurs explorent déjà les possibilités d'une évolution inverse : l'utilisation de techniques SPD à une échelle miniature, pour fabriquer des éléments de MEMS (Micro Electro-Mechanical System). .
par Thierry lucas
Plusieurs techniques de laboratoire permettent de créer des métaux et alliages nanostructurés dans la masse, avec une forte augmentation de leur résistance mécanique. Mais pour les industrialiser, il faut adapter les procédés à la production en continu
On les maltraite un peu, mais c'est pour leur bien ! Soumis à de fortes déformations, métaux et alliages peuvent acquérir des propriétés mécaniques hors du commun. Un phénomène bien connu des ...

Z