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Documents  Le Monde | enregistrements trouvés : 62

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Le Monde


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- 13 p.

Partout dans le monde, comme à notre porte, la pénurie menace. Pour que chacun ait accès à l'eau, ressource essentielle au développement durable de la planète, les actions se multiplient. Chacun a un rôle à jouer.

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- n° Supplément au n°19189 - 7 p.

Comment relever le défi énergétique d'une demande doublée d'ici 2050 ? Par les énergies fossiles, le retour de "King Coal Page II. La réouverture des mines de charbon PageIV. Les biocarburants, l'éolien Page VI. Enfouir le CO², mener une politique d'économie

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Banlieues : un an après | Le Monde 26/10/06

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- n° 19207 SUPPLEMENT - 8 p.

Les émeutes d'octobre et novembre 2005 ont obligé les pouvoirs publics et les acteurs économiques et sociaux à revoir leur action dans les quartiers "sensibles". Douze mois plus tard, premier état des lieux.

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- n° Supplément au Monde du 21 novembre 2006 - p.2 à p.3

Le géant américain de la distribution, qui est aussi l'entreprise la plus puissante de la planète, est sous le feu de critiques des démocrates, vainqueurs des élections du 7 novembre 2006 au Congrès et à la Chambre des représentants. Ils lui reprochent, tout comme les syndicats, sa politiqtue de bas salaires et les destructions d'emplois causées par ses achats massifs en Chine. Les partisans de l'enseigne soulignent au contraire que les gains de productivité réalisés permettent de limiter la hausse des prix des produits de consommation, au bénéfice des plus pauvres. Le géant américain de la distribution, qui est aussi l'entreprise la plus puissante de la planète, est sous le feu de critiques des démocrates, vainqueurs des élections du 7 novembre 2006 au Congrès et à la Chambre des représentants. Ils lui reprochent, tout comme les syndicats, sa politiqtue de bas salaires et les destructions d'emplois causées par ses achats massifs en Chine. Les partisans de l'enseigne soulignent au contraire que les gains de ...

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- n° supplément au n°19243 - 12 p.


SOMMAIRE :

Le monde associatif en mal de statistiques
L'épargne solidaire
Des placements "de bon père de famille"
Les legs
Le secteur se professionnalise
La télé caritative
L'e-benevolat, une nouvelle voie
Aide à l'enfance
Aide internationale
Football à Lille
La protection animale, l'action sociale

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- n° 19356 - p.25

Il a 15 ans, il a attiré des millions de fans et permis la création de milliers d'emplois. Mais le plus grand parc européen d'attractions a aussi frôlé la faillite. Le rééchelonnement de sa dette, sa restructuration lui permettent de voir l'avenir avec plus de sérénité.

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- p.2-3

andis que l'indien Tata Consultancy Services ouvre au Mexique un centre d'appels, en France, SFR veut externaliser une partie de sa relation clients, provoquant la colère des 1 900 téléopérateurs concernés, inquiets du moins-disant social. Désireux de serrer leurs coûts, des groupes ont recours à des sous-traitants ou à des filiales dont le terrain de jeu, grâce à Internet et à la présence d'une main-d'oeuvre qualifiée, est la planète entière, d'Irlande en Inde en passant par le Maroc ou les Philippines. L'activité se développe, créant des milliers d'emplois au Nord comme au Sud. andis que l'indien Tata Consultancy Services ouvre au Mexique un centre d'appels, en France, SFR veut externaliser une partie de sa relation clients, provoquant la colère des 1 900 téléopérateurs concernés, inquiets du moins-disant social. Désireux de serrer leurs coûts, des groupes ont recours à des sous-traitants ou à des filiales dont le terrain de jeu, grâce à Internet et à la présence d'une main-d'oeuvre qualifiée, est la planète entière, ...

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Energie : les futurs | Le Monde 10/10/07

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- n° Supplément au n°19505 - 10 p.

Le XXIe siècle marquera une transition énergétique. Le pétrole et le gaz en déclin céderont peu à peu la place à des énergies n'émettant pas de CO2. Il en va de l'avenir de la planète. Une boîte à outils dans laquelle puiser. C'est ainsi que les participants à la dernière phase du Grenelle de l'environnement, qui se tiendra fin octobre à Paris, devraient considérer le rapport de Jean Syrota intitulé " Perspectives énergétiques de la France à l'horizon 2020-2050 ". Commandé par Dominique de Villepin en juin 2006 et remis prochainement à son successeur François Fillon, c'est le fruit du travail d'environ 80 experts placés sous la houlette de l'ancien président de la commission de régulation de l'énergie.
- Les trois défis de l'hydrogène :
Trois obstacles à surmonter : celui de la production dans des conditions environnementales et économiques satisfaisantes, celui du stockage, et celui du coût des installations. Energie propre ". L'hydrogène est volontiers paré, par ses promoteurs, de toutes les vertus écologiques : non polluant, silencieux, abondant... La réalité est plus complexe. Si cette filière énergétique offre des perspectives prometteuses, elle doit, pour s'imposer comme une alternative crédible, surmonter trois obstacles : celui de la production d'hydrogène dans des conditions environnementales et économiques satisfaisantes, celui du stockage de ce gaz, enfin, celui du coût des installations.
- Le bilan écologique des agrocarburants est mitigé :
Appelés à un développement massif, les carburants issus des végétaux sont-ils si vertueux ?. Pas une semaine ne passe sans que les associations de défense de l'environnement ou certains organismes internationaux ne donnent l'alerte sur les périls écologiques liés au développement rapide des biocarburants - ou agrocarburants. Ces inquiétudes sont généralement liées à l'utilisation des sols. Quant à l'intérêt de ces carburants pour lutter contre le réchauffement, il fait l'objet de discussions dans la communauté scientifique. La difficulté d'évaluer la contribution au changement climatique des différentes cultures rend improbable, pour l'heure, un consensus sur la question.
- Les " pompes vertes " de Thierry Breton :
Depuis le 1er janvier 2007, les automobilistes français peuvent se fournir en E85 dans des stations-service pourvu que leur véhicule soit équipé d'un moteur capable d'utiliser ce carburant composé à 85 % d'éthanol produit à partir de betterave et de céréales.

Le gouvernement Villepin s'était engagé à équiper la France de 500 pompes fin 2007, mais on en compte moins de 200 (sur 14 000 stations-service), selon le site www.bioethanolcarburant.com.

Les partisans de l'E85 accusent les compagnies pétrolières de tout faire pour freiner son développement. Le litre d'E85 est vendu environ 80 centimes (contre 1,30 euro pour l'essence), mais il est moins performant : avec un litre d'E85, l'automobiliste parcourt moins de kilomètres (près de 50 %) qu'avec un litre de SP95.

Toutefois, il émet environ 70 % de CO2 en moins, essentiellement parce que les plantes servant à le fabriquer ont absorbé du dioxyde de carbone durant leur croissance. Les constructeurs ont commencé à proposer des modèles adaptés, notamment Saab, Ford et Renault.



- L'Australie teste l'enfouissement :
Au lieu d'être rejeté dans l'atmosphère, le CO2 sera comprimé et piégé sous terre. Premier exportateur de charbon au monde, l'Australie se penche maintenant sur le " charbon propre ", et cela pourrait commencer à porter ses fruits. C'est du moins ce qu'affirme ZeroGen, entreprise australienne qui conduit actuellement un projet de faisabilité de centrale électrique au charbon à faible émission de CO2. ZeroGen, propriété de l'Etat du Queensland, vient de rendre publics de premiers tests concluants. Son objectif : faire fonctionner une centrale produisant 100 mégawatts de courant, tout en captant 400 000 tonnes de CO2 chaque année.
- Le charbon propre ne sera pas prêt avant 2020 :
La consommation de houille ne cessera de croître d'ici à 2030, notamment en Chine et aux Etats-Unis, pour produire de l'électricité. Si le voyageur se déplace dans la province chinoise du Shanxi, il ne fera pas seulement un voyage dans l'espace, il se déplacera aussi dans le temps. A reculons. C'est là, dans ce berceau de l'industrie charbonnière chinoise, que l'on retrouve l'enfer des gueules noires. Pour l'Occident, il appartient au passé et aux livres. Le Shanxi, c'est Germinal. Souvent en pire. Et c'est là que réside peut-être l'un des problèmes environnementaux les plus cruciaux. Pour les 33 millions d'habitants de cette région du Nord-Est et pour la planète. Ici une mine, là un terril.
- La victoire des centrifugeuses :
Pour enrichir l'uranium, la France renonce à la technique de la diffusion gazeuse et se tourne vers celle de l'ultracentrifugation, moins coûteuse. La France nucléaire s'apprête à négocier un virage technologique délicat. L'usine d'Eurodif - filiale d'Areva - du Tricastin, sur la commune de Pierrelatte (Drôme), va réduire son activité d'enrichissement de l'uranium. Elle cédera la place d'ici à 2009 à une nouvelle unité voisine, dont la construction vient de commencer. Ce passage de témoin sonnera le glas de la technologie d'enrichissement par diffusion gazeuse : la France se convertira à l'ultracentrifugation, moins coûteuse en énergie et donc plus compétitive. Les Etats-Unis sont engagés sur la même voie.
- La première usine automobile propre :
Volvo annonce avoir réussi, dans ses installations de Gand, en Belgique, à ramener de quelque 4 000 tonnes à zéro les rejets de CO² produits par la combustion d'énergie fossile. Dans cette plaine industrielle flamande, entre bras autoroutiers et canaux, on ne voit qu'elles : trois éoliennes hautes de 100 mètres qui surplombent les ateliers, les hangars et les parkings géants de Volvo Europe Truck, à Gand-Oostakker. Alimentant des turbines de 2 MW, les pales blanches tournent inlassablement pour fournir à l'usine de montage - la plus grande du constructeur suédois en Europe - 50 % de son électricité.
- La Chine construit deux nouvelles centrales thermiques par semaine :
Pour Pékin, la responsabilité doit être partagée avec les pays développés qui lui font fabriquer les produits qu'ils consomment. Le rythme de croissance de l'économie chinoise, plus de 11 % cette année, et l'augmentation de la demande d'énergie qu'elle implique donnent le tournis. Elles bouleversent la donne mondiale en matière énergétique. En août, les importations chinoises de pétrole ont ainsi grimpé de 19 % par rapport au même mois de l'année précédente, soit 3,3 millions de barils par jour. Déjà, la Chine importe pas loin de la moitié de ses besoins. Premier producteur mondial de charbon, le pays devrait cette année en devenir importateur net pour la première fois de son histoire.
Le XXIe siècle marquera une transition énergétique. Le pétrole et le gaz en déclin céderont peu à peu la place à des énergies n'émettant pas de CO2. Il en va de l'avenir de la planète. Une boîte à outils dans laquelle puiser. C'est ainsi que les participants à la dernière phase du Grenelle de l'environnement, qui se tiendra fin octobre à Paris, devraient considérer le rapport de Jean Syrota intitulé " Perspectives énergétiques de la France à ...

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- n° Supplément au n°19506 - 7 p.

Face au besoin croissant de sécurité, des solutions adaptées se développent dans tous les secteurs : technologies, industries, services, télécommunications...Ce marché de la "sécurité globale" est promis à un bel avenir : son chiffre d'affaires est amené à progresser de 15% par an sur la prochaine décennie.

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- n° Supplément au Monde du 27/07/07 intitulé : Cahiers Compétitivité : Recherche et innovation - 8 p.

La recherche française se situe au deuxième rang européen en matière d'investissements et de nombre de brevets déposés. Une bonne position. Mais pour lutter contre les géants mondiaux et lui accorder toute la place qu'elle mérite dans notre économie, l'union des forces de recherche est indispensable.

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- n° Supplément au n° 19522 - 8 p.

'affaire Gautier-Sauvagnac - le parquet de Paris enquête sur les comptes de l'Union des industries et métiers de la métallurgie - interroge à nouveau sur les dérives des relations entre organisations patronales et syndicales telles qu'elles existent depuis soixante ans. Elle crée aussi le doute sur leur légitimité à parler au nom de leurs mandants, alors que le dialogue social, sur le terrain, est bien vivant. La négociation sur la représentativité et le financement des syndicats, qui devait s'ouvrir en 2008, pourrait débuter plus tôt que prévu. Dans ce numéro spécial, " Le Monde Economie " en présenteles enjeux et les issues possibles
'affaire Gautier-Sauvagnac - le parquet de Paris enquête sur les comptes de l'Union des industries et métiers de la métallurgie - interroge à nouveau sur les dérives des relations entre organisations patronales et syndicales telles qu'elles existent depuis soixante ans. Elle crée aussi le doute sur leur légitimité à parler au nom de leurs mandants, alors que le dialogue social, sur le terrain, est bien vivant. La négociation sur la repr...

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- n° 19533 - p.11

Article paru dans l'édition du 11.11.07
La Commission informatique et libertés demande que les usagers soient mieux informés

La publicité en ligne est en train de franchir un nouveau palier dans l'exploitation de l'intimité des individus. Grâce à l'efficacité des outils de collecte et de mise en relations du Web, des formats émergent qui sont capables d'exploiter l'énorme quantité de données que les internautes livrent sur leurs blogs, leurs pages personnelles..., souvent sans précautions. Ces formats entendent aussi infiltrer les liens toujours plus nombreux que les internautes tissent avec leurs " cyber-amis ".

Facebook, le réseau social actuellement le plus en vogue de l'Internet, a dévoilé, mardi 6 novembre, une offre publicitaire donnant aux annonceurs accès aux " profils " de ses 50 millions de membres et à la multitude de données privées (sexe, âge, préférences sexuelles, politiques, religieuses...) qu'ils contiennent. Les internautes auront néanmoins le droit de refuser une telle intrusion.

Le site, d'origine américaine, qui permet de créer gratuitement sa page personnelle, puis de multiplier les liens avec d'autres, encourage désormais les marques à créer leurs propres " profils " et à interagir avec ceux des internautes. Elles peuvent ainsi les inciter à recommander leurs produits à leurs connaissances.

" Nous allons aider vos marques à faire partie des conversations quotidiennes " entre les membres, a déclaré Mark Zuckerberg, le tout jeune PDG et fondateur (23 ans) de Facebook, dans une lettre aux annonceurs révélée par la presse américaine. " Il y a toujours eu du bouche-à- oreille, mais c'est une nouvelle façon de l'utiliser. Facebook devient tout à la fois un média et un outil de relations publiques ", selon David Kenny, patron de Digitas, filiale numérique du groupe publicitaire Publicis. " Le réseau social parie sur le fait qu'un conseil d'ami a en général plus d'influence qu'une pu blicité ", ajoute Kris Oser, du cabinet américain eMarketer.

MySpace (110 millions de membres), grand rival de Facebook, a aussi lancé en juillet son programme de publicités ciblées, qui range les internautes par catégories en fonction de leur profil et des messages qu'ils échangent. Google, le moteur de recherche le plus populaire du Web, utilise déjà son outil de messagerie, GMail, pour envoyer des publicités ciblées aux internautes. Et il a racheté la régie publicitaire Doubleclick - Bruxelles doit donner son feu vert -, qui lui donnera accès à une mine d'informations sur les consultations et les achats en ligne.

Les annonceurs se réjouissent : la publicité " ultra-ciblée " est leur Saint-Graal, elle promet une efficacité maximale. Mais les internautes joueront-ils le jeu ? Et quid de la protection de leurs données personnelles ?

Les premiers formats publicitaires apparus sur Internet étaient de simples " bannières " (statiques, puis animées, avec des vidéos). Hormis les adversaires résolus de toute forme de réclame, elles sont aujourd'hui globalement bien tolérées par les internautes car jugées peu " intrusives ". De fait, les plus raffinées d'entre elles se contentent d'exploiter des informations " contextuelles ". Elles ciblent les internautes en fonction des sites qu'ils ont visités avant d'arriver sur la page sur laquelle elles lui apparaissent.

Puis, à partir de 2002, capitalisant sur l'efficacité de son moteur de recherche, Google a popularisé le concept de " liens sponsorisés ". Les annonceurs ont pu acheter des mots-clés. Si ces derniers faisaient l'objet d'une requête sur le moteur Google, leurs sites apparaissaient dans la réponse à cette requête. L'offre a été plébiscitée par les annonceurs, à tel point que Google capte aujourd'hui environ 40 % du total des dépenses publicitaires en ligne. Les marques apprécient tout particulièrement la possibilité, grâce à l'offre automatisée de Google, de mesurer instantanément le taux de retour sur investissement de leur publicité.

Les internautes ont suivi, Google ayant su ne pas sacrifier la pertinence des réponses à leurs recherches au profit des annonceurs. En effet, les " liens sponsorisés " restent clairement identifiables, et n'apparaissent pas toujours en première place dans les réponses aux requêtes.

Les offres de Facebook et de MySpace pourraient susciter davantage de crispations. Les défenseurs des données personnelles sur Internet ont vivement réagi à l'annonce de Facebook, mardi.

" C'EST ÉCoeURANT "

Marc Rotenberg, directeur de l'Electronic Privacy Information Center (EPIC), une association américaine, crie à la trahison : " Les réseaux sociaux se sont développés sur la confiance : leurs membres pouvaient restreindre l'accès à leurs profils et choisir les cyber-amis qu'ils voulaient. Aujourd'hui, ces réseaux veulent valoriser leur vie privée : c'est écoeurant. " Jeff Chester, directeur du Center for digital democracy, autre groupe d'influence basé à Washington, encourage les utilisateurs de MySpace et de Facebook à protester en quittant ces réseaux pour d'autres " plus respectueux de leur vie privée ". Il réclame que la Commission fédérale du commerce américaine enquête sur les offres publicitaires de ces réseaux. " Le droit des données personnelles américain est quasi-inexistant. En France, nous avons une législation plus protectrice mais Facebook, qui n'a pas encore de filiale en France, n'a pas vraiment de raisons de faire des fleurs à un petit pays comme le nôtre ", juge Charles Simon, de l'Internet Society (ISOC), une autre association.

Si les publicités " ultra-ciblées " de Facebook suscitent globalement l'intérêt des professionnels de la publicité et du marketing, certains doutent de leur efficacité. " La difficulté, pour Facebook, va être de trouver des internautes qui veuillent bien se prêter au jeu, notamment à celui des recommandations commerciales ", estime Jennifer Simpson, du Yankee Group, un cabinet d'études. Pas sûr que les membres du réseau acceptent d'abreuver leurs cyber-amis de messages commerciaux : ils risqueraient trop de les perdre. " Vous imaginez un internaute avertir tout son réseau de cyber-connaissances, y compris son chef, qu'il vient de se réserver sur Travelocity un super voyage de trois semaines à Cancun, alors que son entreprise est en plein boom ? ", ajoute M. Oser, de eMarketer, qui ne croit pourtant pas que les membres de Facebook vont déserter. " Ma fille de 15 ans, qui comme ses copines, est complètement accro, m'explique que Facebook ne peut pas faire autrement que de vendre de la publicité, sinon il disparaîtra [car il ne pourra pas financer son développement] ", raconte-t-il.

Pour beaucoup cependant, Facebook aura du mal, avec sa nouvelle offre publicitaire, à devenir un nouveau Google. Du coup, l'énorme valorisation de Facebook laisse certains songeurs. Ainsi de Barry Diller, le président du groupe de médias InterActive Corp, pour qui Facebook " est un outil intelligent mais il ne vaut pas 15 milliards de dollars ". Pour Maurice Lévy, président de Publicis, " tout ce qui est réseau social est à la mode, mais on n'a pas eu la démonstration que cela génère des revenus importants ".

Cécile Ducourtieux et Laurence Girard

CHIFFRES

Article paru dans l'édition du 11.11.07
LA PUBLICITÉ EN LIGNE EN 2007. Dans le monde, les annonceurs sur Internet vont dépenser 31 milliards de dollars (21,1 milliards d'euros) en 2007, selon l'agence ZenithOptimedia. Les deux tiers (21 milliards de dollars) viennent de groupes américains. En cas de récession, ces derniers pourraient n'investir que 17,25 milliards, selon le cabinet eMarketer.

LES PERSPECTIVES POUR 2011. S'il n'y a pas de récession, les annonceurs américainssur le Web vont dépenser 42 milliards de dollars en 2011, selon eMarketer. Presque 40 % ira à l'achat de " liens sponsorisés " popularisés par Google (mots-clés achetés par les annonceurs pour que leurs sites soient valorisés lors d'une recherche). Sur ces 42 milliards,2,5 milliards pourraient aller sur les réseaux " sociaux " comme Facebook.

LES MÉDIAS TRADITIONNELS PÉNALISÉS. En 2006, les cent premiers annonceurs américains ont dépensé, pour la publicité sur Internet, 558 millions de dollars de plus qu'en 2005. Dans le même temps, ils ont diminué leurs investissements de 230 millions de dollars sur les médias traditionnels (télévision, radio, journaux...)

Et si les réclames de Facebook étaient illégales ?
Article paru dans l'édition du 11.11.07
Selon William McGeveran, professeur à la faculté de droit du Minnesota, cité vendredi 9 novembre par le site Internet du New York Times, l'offre de publicités ciblées lancée par Facebook pourrait tomber sous le coup d'une loi plus que centenaire, toujours en vigueur dans l'Etat de New York.

Ce texte stipule que " toute personne dont le nom, le portrait, l'image ou la voix est utilisé à l'intérieur de l'Etat dans un but publicitaire ou d'échange sans avoir donné au préalable un consentement écrit pourra saisir la justice ".

En conséquence, M. McGeveran explique qu'il est donc possible de poursuivre les publicitaires qui utilisent ainsi le nom et l'image sans autorisation écrite pour peu que la petite annonce ou la publicité ait été vue sur un écran d'ordinateur installé à New York.



Article paru dans l'édition du 11.11.07
La Commission informatique et libertés demande que les usagers soient mieux informés

La publicité en ligne est en train de franchir un nouveau palier dans l'exploitation de l'intimité des individus. Grâce à l'efficacité des outils de collecte et de mise en relations du Web, des formats émergent qui sont capables d'exploiter l'énorme quantité de données que les internautes livrent sur leurs blogs, leurs ...

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Selon l'avis rendu jeudi, les lois " Royer " puis " Raffarin " ont empêché la concurrence dans la distribution. Et elles n'ont pas empêché le petit commerce de péricliter
Sur trente-quatre ans de réglementation de l'urbanisme commercial, tirons un trait. C'est la conclusion rendue, jeudi 11 octobre, par le conseil de la concurrence qui avait été saisi en mai, par Thierry Breton, alors ministre de l'économie, pour analyser les propositions émises par la commission de modernisation de l'équipement commercial. L'instance prône une réforme en profondeur des lois Royer et Raffarin plutôt que des aménagements.
" Il faut en finir avec les autorisations administratives fondées sur des critères économiques pour l'ouverture des grandes surfaces ", indique le Conseil de la concurrence. Pour lui, les projets d'implantation ou d'agrandissement d'un magasin de plus de 300 m2 doivent être soumis au seul permis de construire qui intégrerait néanmoins les impératifs d'aménagement du territoire et d'environnement. " Nous avons toujours estimé que cette loi ne fonctionnait pas et donnait aux autorités administratives un pouvoir de créer des magasins ou pas alors que ce n'est pas leur métier ", indique Jérôme Bédier, président de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD).
Pour le conseil, non seulement ces lois n'ont pas freiné le déclin du petit commerce mais elles ont créé une barrière réglementaire à l'entrée de nouveaux acteurs, notamment les enseignes maxidiscompte, favorisé la concentration, renforcé le pouvoir des grandes enseignes sur leurs fournisseurs et même, contrairement à une idée reçue, limité la création d'emplois.
Selon l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), la France est le pays dans lequel les barrières à l'entrée sont les plus fortes. Le coût moyen d'une demande d'autorisation pour une extension est faible : de 10 à 15 euros le m2 pour les grandes surfaces de plus de 1 000 m2 et de 30 à 50 euros le m2 pour les établissements de moins de 1 000 m2. Résultat : les autorisations d'extension sont plus nombreuses que les ouvertures, ce qui favorise de fait les enseignes déjà présentes.
De plus, l'existence d'un seuil en terme de mètres carrés a eu pour effet d'inciter certains acteurs à préférer les petits formats, alors que de plus grands auraient pu être plus efficaces. Les enseignes de maxidiscomptes ont privilégié les surfaces de moins de 300 m2. " Le paysage est figé, l'entrée de nouveaux distributeurs s'est tarie notamment pour les acteurs étrangers ", souligne le conseil. Et cela explique que contrairement en Allemagne où il représente 30 % du marché, en France, le maxidiscompte n'atteint que 13 %. Interrogé par les sages de l'instance, l'enseigne Lidl a reconnu que pour être visible, il fallait au moins avoir quarante magasins, or chaque demande d'autorisation lui coûte 1 million d'euros.
FORTE CONCENTRATION
Autre effet négatif : il perdure une forte concentration au profit de quelques enseignes. Selon TNS Secodip, les quatre premiers groupes de distribution totalisent ainsi 66 % de parts de marché. Une situation qui peut ici ou là empêcher les baisses de prix. Reprenant les propos de Michel-Edouard Leclerc, le conseil affirme que dans l'agglomération lyonnaise où dominent les enseignes de deux grands groupes, les prix sont plus élevés qu'à Nantes où quatre grands distributeurs sont implantés.
Ce vent de libéralisme ne risque-t-il pas de faire disparaître un peu plus le commerce de proximité ? Le conseil s'en défend : " Ce n'est sûrement pas par la restriction malthusienne qu'on y parviendra ! Il faut plutôt renforcer le droit de la concurrence. " De fait, il plaide pour que le seuil à partir duquel il peut être saisi pour examiner une fusion soit abaissé à 50 millions d'euros ; ainsi qu'obliger des enseignes à vendre des magasins là où une position dominante serait avérée.
Ces recommandations sont désormais entre les mains du gouvernement, pressé par la commission européenne de faire évoluer le dispositif actuel. Compte tenu des élections municipales de mars 2008, il faudra attendre la loi de modernisation économique prévue pour le printemps pour réformer la loi Raffarin.
L'avis du conseil de la concurrence s'inscrit dans le droit fil des propositions de la commission Attali. Il est vrai que le président du conseil, Bruno Lasserre, siège dans cette instance chargée de trouver les moyens de stimuler la croissance. Pour accélérer la concurrence dans la grande distribution et faire baisser les prix, ses membres affirment qu'il faut en finir avec les lois " Royer " et " Raffarin ", mais aussi la loi Galland qui empêche les distributeurs de fixer librement leur prix. " La suppression de ces trois lois ferait baisser de 2 % à 4 % l'indice des prix à la consommation et entraînerait une augmentation de plusieurs centaines de milliers d'emplois ", soutiennent-ils.
Nathalie Brafman

Selon l'avis rendu jeudi, les lois " Royer " puis " Raffarin " ont empêché la concurrence dans la distribution. Et elles n'ont pas empêché le petit commerce de péricliter
Sur trente-quatre ans de réglementation de l'urbanisme commercial, tirons un trait. C'est la conclusion rendue, jeudi 11 octobre, par le conseil de la concurrence qui avait été saisi en mai, par Thierry Breton, alors ministre de l'économie, pour analyser les propositions émises ...

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LA DEUXIÈME étape de la réforme de la " loi Galland " est en marche. C'est ce que Christine Lagarde, ministre de l'économie, et Luc Chatel, secrétaire d'Etat chargé de la consommation et du tourisme, ont confirmé lors d'une réunion lundi 23 juillet avec les principaux représentants des fournisseurs, des distributeurs et des consommateurs. L'objectif de cette réunion était de faire un point d'étape sur le bilan de la loi du 2 août 2005 en faveur des petites et moyennes entreprises, dite loi Dutreil, et évoquer la méthode et le calendrier concernant la deuxième étape de la réforme de la loi Galland de 1996. Bercy en a profité pour réaffirmer la volonté du gouvernement d'oeuvrer en faveur du pouvoir d'achat des ménages à l'heure où la hausse des matières premières menace de peser sur les prix alimentaires.
La loi Dutreil a autorisé les distributeurs à répercuter une partie de la baisse des " marges arrière " dans les prix de vente au consommateur, permettant de freiner l'inflation des produits dits de grande consommation. Depuis janvier 2007, le plafond de ces ristournes accordées au titre de la " coopération commerciale ", en échange de prestations (mise en avant des produits, promotions...) a été abaissé à 15 %, après avoir été ramené à 20 % en janvier 2006. Selon les premières analyses de Guillaume Cerutti, directeur général de la DGCCRF (direction de la concurrence), les prix des produits de grande marque ont baissé de 3,2 % entre mai 2006 et mai 2007, les distributeurs ont accru leurs ventes de 2,8 % sur cette même période et la part des produits fabriqués par les PME dans le chiffre d'affaires des moyennes et grandes surfaces a augmenté de 3 % sur cette année.
PRIX " TROIS FOIS NET "
Une commission - baptisée pour l'instant la " Commission X " car Philippe Seguin, président de la Cour des comptes, ne la présidera finalement pas - devra plancher jusqu'à l'automne et devra rédiger un rapport sur les conséquences de la loi Dutreil. Les professionnels et les associations de consommateurs sont invités à nourrir sa réflexion d'ici fin septembre. " Le gouvernement présentera au parlement d'ici à la fin de l'année ce rapport ", a indiqué M. Chatel.
L'objectif est de présenter un projet de loi " de modernisation de la vie économique " qui aille plus loin dans la réforme de la loi Galland au printemps 2008. L'idée serait de retenir, pour calculer le seuil de revente à perte, non plus le prix net facturé par l'industriel mais le prix " trois fois net ", c'est-à-dire après déduction des remises conditionnelles et de la coopération commerciale.
Certains grands acteurs de la distribution - au premier rang desquels Leclerc, Cora ainsi que la Fédération du commerce et de la distribution (FCD) - auraient préféré un calendrier plus serré d'autant que les discussions sur les prix entre les distributeurs et leurs fournisseurs se font au début de l'année. " Avec ce calendrier, on prend un an de plus dans les négociations sur les prix avec les fournisseurs ", regrette Michel-Edouard Leclerc. Même constat pour Jérôme Bédier, président de la FCD qui veut néanmoins continuer " à pousser le gouvernement pour aller très vite ". " C'est un sujet complexe. Nous avons mis dix-huit mois entre la première rencontre et le changement de la loi, là on prendra six mois ", dit-on chez Mme Lagarde.
Du côté des associations de consommateurs, on ne veut pas de précipitation. " La formation des prix est encore très opaque. La création d'une autorité indépendante de régulation sur les prix serait aussi à l'étude ", indique Alain Bazot, président d'UFC-Que Choisir.
Le projet de loi pourrait aussi prendre en compte la réforme de la loi Raffarin sur l'urbanisme commercial ainsi que l'ouverture des magasins le dimanche. Au cours d'un point presse, mi-juillet, M. Bédier s'était dit favorable à un assouplissement de la loi sur l'ouverture des magasins le dimanche qui permettrait aux commerces d'ouvrir dix dimanches par an, contre cinq actuellement. " D'une manière ou d'une autre, le consommateur nous demandera d'ouvrir le dimanche plus qu'aujourd'hui. Nous, ce que l'on souhaite, c'est avancer sur ce dossier. Or, depuis quelques années, ça n'avance pas ", avait déclaré M. Bédier. Mme Lagarde a proposé de favoriser l'ouverture des commerces à raison notamment d'un dimanche sur deux ou un dimanche par mois selon les endroits.
Nathalie Brafman

LA DEUXIÈME étape de la réforme de la " loi Galland " est en marche. C'est ce que Christine Lagarde, ministre de l'économie, et Luc Chatel, secrétaire d'Etat chargé de la consommation et du tourisme, ont confirmé lors d'une réunion lundi 23 juillet avec les principaux représentants des fournisseurs, des distributeurs et des consommateurs. L'objectif de cette réunion était de faire un point d'étape sur le bilan de la loi du 2 août 2005 en faveur ...

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V

Le président de la République a annoncé, jeudi 30 août, lors de l'université du Medef, sa volonté de faire baisser les prix à la consommation, afin de relancer le pouvoir d'achat des Français. Nicolas Sarkozy compte y parvenir en "intégrant toutes les marges arrière dans le calcul du seuil de revente à perte". Derrière ce vocabulaire technique, le président a repris son costume de ministre de l'économie pour appeler à une poursuite de la réforme de la loi Galland sur les relations commerciales entre distributeurs et fabricants. Votée en 1996, cette loi définit de façon très rigide un seuil de revente à perte en dessous duquel une enseigne de distribution ne peut pas descendre, sauf à s'exposer à des poursuites. La question est de savoir comment est calculé ce seuil. Dans la loi Galland, le tarif négocié entre un fabricant et un distributeur servait de limite infranchissable. Comme le fabricant reste maître de fixer ses tarifs, il paraît difficile dans ce schéma d'établir une vraie concurrence entre les enseignes et tirer ainsi les prix les vers le bas.
En 2006, une réforme de la loi Galland a été initiée. Pour calculer son prix net d'achat, qui sert de référence pour le calcul du seuil de revente à perte, un distributeur peut désormais défalquer une partie des "marges arrière". Il s'agit de sommes facturées par les enseignes à leurs fournisseurs pour la mise en valeur d'un produit dans un rayon ou dans un catalogue.
Cette réforme se veut progressive. La première étape actuellement en vigueur prévoit qu'au-delà d'un seuil de 20 % de "marges arrière", le distributeur peut réintégrer ces sommes dans le calcul du prix net d'achat du produit, afin de le faire baisser d'autant. Au lieu de mettre dans sa poche la totalité des "marges arrière", le distributeur peut désormais choisir d'en redistribuer une partie au consommateur sous la forme de baisse de prix, afin de doper son chiffre d'affaires.
M. Sarkozy veut donc maintenant accélérer ce mécanisme en autorisant les distributeurs à basculer la totalité des "marges arrière" et non plus seulement 20 %. Une mesure qui vise à intensifier la concurrence entre enseignes. Reste à savoir si le consommateur en sera le premier bénéficiaire.
Stéphane Lauer

Le président de la République a annoncé, jeudi 30 août, lors de l'université du Medef, sa volonté de faire baisser les prix à la consommation, afin de relancer le pouvoir d'achat des Français. Nicolas Sarkozy compte y parvenir en "intégrant toutes les marges arrière dans le calcul du seuil de revente à perte". Derrière ce vocabulaire technique, le président a repris son costume de ministre de l'économie pour appeler à une poursuite de la réforme ...

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Au service du pouvoir d'achat, le distributeur doit parvenir à négocier le prix
réoccupation majeure des Français : le pouvoir d'achat. Face à cette réalité, le président de la République et le gouvernement ont clairement exprimé leur volonté de prendre ce problème à bras-le-corps, en proposant notamment une réforme de la loi Galland. Cette réforme est plus que nécessaire, mais elle doit être très ambitieuse. Aujourd'hui, en effet, les conditions d'une véritable maîtrise des prix ne sont pas réunies. La raison en est simple, le distributeur ne peut pas négocier les tarifs ni les conditions générales de vente des industriels. A ma connaissance, ce système qui bride la concurrence n'existe qu'en France.
Le paradoxe, c'est que la distribution est encore trop souvent stigmatisée, considérée comme responsable de l'augmentation du coût de la vie. Nous ne pouvons plus accepter un tel procès, d'autant que la concurrence entre distributeurs en France est déjà très vive. Le prix des matières premières augmente ? Aussitôt on appelle les distributeurs à absorber seuls ces hausses. Le coût de la rentrée scolaire fait débat ? Aussitôt on demande aux distributeurs de vendre à prix coûtant. Pourtant, le prix final est bien le résultat d'un long processus aux multiples intervenants. Le niveau des prix aux consommateurs relève donc d'une responsabilité partagée. La nôtre est surtout de proposer aux consommateurs des produits de qualité au meilleur prix partout sur le territoire. C'est d'ailleurs la nature même de notre métier de commerçant.
Les faits sont là pour témoigner de l'impérieuse nécessité d'une réforme complète. En effet, l'application de la première réforme partielle a permis, à partir de 2006, une baisse des prix de vente aux consommateurs des marques nationales. Dans le même temps, nous avons supporté une augmentation substantielle des prix des fournisseurs (de 6 % en moyenne), qui définissent unilatéralement les conditions de vente de leurs produits.
Afin de ne pas répercuter ces hausses dans nos prix de vente, nous, distributeurs, les avons absorbées par des ajustements : en réduisant nos marges (à titre d'exemple, le résultat opérationnel de Carrefour en France a baissé de près de 6 % au premier semestre) et en augmentant nos prestations commerciales (les marges arrière), seul espace de négociation restant avec l'industriel. Qui plus est, ces marges arrière sont source de contentieux et d'insécurité juridique où le distributeur est seul responsable, y compris pénalement. Ce système a atteint aujourd'hui ses limites.
Les objectifs à atteindre sont donc clairs : il faut des règles du jeu favorisant la concurrence et la transparence. Cela suppose à l'évidence que le distributeur puisse négocier le prix. Il faut donc définir un prix net, interdire purement et simplement les marges arrière et permettre la négociabilité des conditions générales des ventes et des tarifs.
Sans réforme ou avec une réforme partielle du système actuel, dans le contexte des fortes hausses des matières premières que nous subissons, le risque de ne pas pouvoir contenir la hausse des prix est réel.
Voilà pourquoi il est urgent de sortir de cette situation antiéconomique et opaque pour créer une situation simple, normale, bénéfique au consommateur et à son pouvoir d'achat. Nous souhaitons simplement que les industriels proposent leurs tarifs et leurs conditions de vente et qu'ensuite, sur cette base, s'ouvre une négociation. C'est plus simple, plus efficace, plus conforme à la réalité économique et plus sûr. Chacun y joue son rôle. C'est ce système qui régit nos relations, caractérisées par la confiance et la fidélité, avec les multiples PME qui fabriquent nos marques propres.
Prenons conscience que les conditions d'une véritable maîtrise des prix sont la transparence et la concurrence. La bataille pour le pouvoir d'achat ne se gagnera que si le commerçant peut faire son métier : négocier ses prix d'achat et déterminer ses prix de vente avec pour seul souci la satisfaction du consommateur.
José-Luis Duran
Au service du pouvoir d'achat, le distributeur doit parvenir à négocier le prix
réoccupation majeure des Français : le pouvoir d'achat. Face à cette réalité, le président de la République et le gouvernement ont clairement exprimé leur volonté de prendre ce problème à bras-le-corps, en proposant notamment une réforme de la loi Galland. Cette réforme est plus que nécessaire, mais elle doit être très ambitieuse. Aujourd'hui, en effet, les ...

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V

Selon la ministre de l'économie, les chiffres de croissance du PIB au troisième trimestre (+ 0,7 %) sont "encourageants". Elle estime que la détaxation des heures supplémentaires et la révision de la loi Galland "sont de nature à soutenir la consommation".
près le chiffre décevant du deuxième trimestre (0,3 %), l'Insee a annoncé une progression du produit intérieur brut (PIB) de 0,7 % au troisième trimestre. Qu'en pensez-vous ?
La croissance a plus que doublé en trois mois. C'est une très bonne nouvelle. Et surtout, ses trois moteurs sont allumés : la consommation des ménages (0,8 %), l'investissement des entreprises (1 %) et le commerce extérieur avec une contribution positive de 0,1 %.
Ces chiffres, encourageants, montrent que l'économie française n'est pas mono-dépendante, alors que l'on a longtemps dit que la croissance était principalement tirée par la consommation. Les turbulences financières de l'été n'ont pas eu, pour l'instant, d'effets directs sur l'économie réelle. Il n'y a eu ni réticences des consommateurs ou des entreprises ni tassement de l'activité.
Comment expliquez-vous le scepticisme croissant de l'opinion sur la politique économique du gouvernement ?
Nous devons faire œuvre de pédagogie sur l'économie, sur ses mécanismes et sur ce que sont des mouvements de marchés qui répondent à des phénomènes d'offre et de demande. Bien sûr, le consommateur direct n'y pense pas lorsqu'il achète ses yaourts ou ses fruits et fait son plein d'essence, mais il y a une accélération phénoménale de la demande.
Mon collègue indien m'a dit que jusqu'à une période récente, la grande majorité du 1,1 milliard d'Indiens ne faisait qu'un repas par jour. Ils en font deux aujourd'hui. Quand on double la demande de riz, de céréales, de soja, etc., cela a un effet mécanique sur le prix des matières premières qui se répercute à la marge sur tous les produits alimentaires. On pourrait faire le même commentaire sur la consommation chinoise d'énergie.
Dans cet environnement, c'est d'abord en travaillant plus que l'on dégagera des marges pour le pouvoir d'achat des Français. La détaxation des heures supplémentaires a eu de premiers effets sur la paie du mois d'octobre, et nous espérons qu'elle aura un impact croissant au fil des semaines.
Ne craignez-vous pas que le ralentissement aux Etats-Unis ne pèse sur notre croissance au quatrième trimestre ?
L'économie américaine suit un cheminement très particulier. Malgré de grandes turbulences financières et la crise de l'immobilier, elle continue de créer des emplois dans une proportion considérable (160 000 en septembre) et affiche, sur les trois derniers mois, un rythme de croissance de 3,6 %. Il n'y a pas de ralentissement économique d'ensemble aux Etats-Unis. Je ne le dis pas par américanisme forcené, mais parce que cette réalité aura des effets induits, à l'horizon de trois ou quatre mois, sur les économies européennes.
Je me félicite aussi que nous ayons fait adopter la détaxation des heures supplémentaires cet été et que nous ayons lancé, avec le projet de loi sur la consommation de Luc Chatel, la révision définitive de la loi Galland sur les relations entre les producteurs et les distributeurs. Ces deux réformes sont de nature à jouer un rôle contracyclique et à soutenir la consommation.
La Fédération du commerce et de la distribution (FCD) pense que le projet de loi Chatel ne va pas assez loin et que vous vous arrêtez en chemin…
En aucune manière ! Nous passons une première étape. Il y en aura une deuxième ensuite, le président de la République s'y est engagé. Le principe de la négociabilité totale des conditions générales de vente et des tarifs va être examiné. Mais il nous faut aussi nous assurer que nous sommes en mesure de préserver les conditions d'une juste concurrence.
Dès que le projet de loi sur la consommation aura été voté, nous passerons à la deuxième étape. Cela devrait nous permettre, dans une conjoncture de hausse du prix de l'énergie et des matières premières, de soutenir le pouvoir d'achat.
Les heures supplémentaires, n'est-ce pas ce sur quoi rognent les entreprises en cas de ralentissement ?
Le moral des chefs d'entreprise est bon, notamment dans les services. Les enquêtes sur l'utilisation des heures supplémentaires sont bien orientées. La situation du marché du travail continue de s'améliorer. Tout cela m'incite à l'optimisme.
La Commission européenne a revu à la hausse les chiffres du déficit public français. Vous jugez ces prévisions pessimistes. Mais comment espérez-vous tenir les vôtres (2,4 % et 2,3 %) alors que la croissance n'atteindra pas 2 % cette année ?
Je ne partage pas votre diagnostic pour la croissance en 2007. A la fin du mois d'août, beaucoup annonçaient 1,7 %. Aujourd'hui la plupart assurent 1,9 %. Et l'Insee intègre en permanence, et sur plusieurs mois, des données nouvelles pour affiner ses taux de croissance.
L'objectif du gouvernement n'est pas modifié, et j'attends de voir avec sérénité. Par ailleurs, dans ses prévisions 2008, la Commission raisonne à législation constante. Nous, nous sommes décidés à mener les réformes jusqu'au bout et nous pensons que cette dynamique portera ses fruits sur le plan économique.
Dans un tout autre ordre d'idées, nous nous félicitons d'avoir obtenu de Bruxelles, avec le soutien tacite de l'Allemagne, que la discussion sur l'architecture de la TVA et sur ses taux réduits s'ouvre le plus tôt possible en 2008 et soit conclue sous présidence française, et pas en 2010.
Les tensions sociales actuelles vous inquiètent-elles ?
Toute grève, quand elle dure, perturbe le fonctionnement de l'économie et des entreprises. Le rebond de la croissance française pourrait en pâtir. Tenons-en compte.
Propos recueillis par Claire Guélaud

Selon la ministre de l'économie, les chiffres de croissance du PIB au troisième trimestre (+ 0,7 %) sont "encourageants". Elle estime que la détaxation des heures supplémentaires et la révision de la loi Galland "sont de nature à soutenir la consommation".
près le chiffre décevant du deuxième trimestre (0,3 %), l'Insee a annoncé une progression du produit intérieur brut (PIB) de 0,7 % au troisième trimestre. Qu'en pensez-vous ?
La croissance a ...

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Luc Chatel, secrétaire d'Etat à la consommation, propose un texte afin de remettre à plat le système des marges arrière
Luc Chatel, secrétaire d'Etat à la consommation, doit soumettre au Conseil d'Etat d'ici la fin de la semaine un texte de loi visant à réformer les lois Galland et Dutreil sur les relations commerciales entre distributeurs et fournisseurs. Le texte devrait être soumis en conseil des ministres le 31 octobre et voté au Parlement en décembre, pour une application dès début 2008. Cette réforme tente de remettre à plat le système des " marges arrière " et du seuil de revente à perte afin de faire baisser les prix dans les grandes surfaces pour redonner du pouvoir d'achat aux Français.
Quels sont les principaux points de votre projet de loi " pour le développement de la concurrence au service du consommateur " ?
L'objectif vise dès 2008 à faire bénéficier le consommateur de la totalité des " marges arrière " ou " coopération commerciale ". Ce sont des sommes facturées par les enseignes à leurs fournisseurs pour la mise en valeur d'un produit dans un rayon ou dans un catalogue. Le consommateur était la victime d'une négociation entre les enseignes et leurs fournisseurs, les uns augmentant leurs tarifs, les autres augmentant leurs factures de coopérations commerciales, tout cela au détriment du prix final payé par le consommateur. Désormais, les " marges arrière " seront intégrées dans un contrat unique et leur réduction pourra être discutée en même temps que les remises sur facture des fournisseurs.
Mais pour faire baisser les prix, les distributeurs réclament de pouvoir négocier les prix avec leurs fournisseurs. Etes-vous prêt à aller jusque-là ?
Nous n'avons aucun tabou. Dans les prochains jours, je constituerai un groupe de travail qui sera chargé de me faire des propositions sur ce sujet. Si c'est une idée qui permet de faire davantage baisser les prix, alors creusons-la ! Simplement, il sera impossible pour des raisons techniques de la mettre en oeuvre au 1er janvier 2008. Nous pouvons imaginer des expérimentations, comme permettre aux distributeurs de négocier les prix uniquement avec les grands fournisseurs ou dans certains secteurs.
Donc, ce point ne fera pas partie de la loi ?
Non, mais cela ne signifie pas non plus qu'elle sera renvoyée aux calendes grecques. Si d'ici la fin de l'année, j'obtiens des propositions concrètes sur ce point, si les discussions avec les distributeurs, avec les fournisseurs permettent d'avancer, on aura une fenêtre de tir avec la loi de " modernisation de l'économie " qui sera discutée par le Parlement au printemps 2008.
Avec la forte augmentation du prix des matières premières, les fournisseurs annoncent d'importantes hausses, qui risquent inévitablement de se répercuter sur les consommateurs. Ne sera-t-il pas difficile dans ces conditions de protéger le pouvoir d'achat ?
Raison de plus pour remettre de la souplesse, de la transparence et de la concurrence dans le système ! Quoi qu'il en soit, il est hors de question que le consommateur soit l'otage d'un rapport de forces entre industriels et distributeurs. On assiste ces derniers jours à une montée au créneau des uns et des autres. Chacun essaie, dans l'attente de notre réforme, de pousser ses pions à son avantage. Il y a des hausses de matières premières alimentaires mais dans le coût de prix de revient de certains produits, l'impact de cette hausse est marginal. Pendant quatre ou cinq ans, le lait a perdu entre 20 % et 25 % or je n'ai jamais vu le prix du yaourt baisser. On ne peut pas éternellement avoir des alignements à la hausse et jamais à la baisse. Que certains profitent du changement de législation pour augmenter massivement leurs prix est inacceptable.
Dans son prérapport remis lundi 15 octobre, la commission Attali préconise d'abroger non seulement la loi Galland, mais aussi les lois Royer et Raffarin, qui portent sur le commerce et l'implantation des grandes surfaces. Etes-vous prêt à la suivre sur ce point ?
Il est vrai qu'un certain nombre de réglementations sur le commerce des biens et services en France n'est effectivement plus adapté à notre époque et constitue un frein à l'emploi, à la croissance et à la consommation. La loi sur l'équipement commercial dite " loi Raffarin " a rendu difficile l'émergence de nouveaux acteurs, limitant de fait la concurrence.
Pour revenir à la loi Galland, la commission Attali propose de mettre fin à l'interdiction de la revente à perte. Cela fera-t-il partie de votre loi ?
Non et c'est l'un de mes points de désaccord avec elle. A court terme, supprimer le seuil de revente à perte peut faciliter la vente ponctuelle d'un produit mais à plus long terme, elle présente plus de risques que d'avantages.
Mais cela permettrait de baisser les prix et donc augmenter le pouvoir d'achat, comme l'appelle de ses voeux Nicolas Sarkozy ?
Un grand distributeur pourra toujours se rattraper sur la quantité, mais les acteurs plus petits ne pourront pas suivre et seront fragilisés. Ce n'est pas une telle mesure qui va faciliter une baisse durable des prix.
Propos recueillis par Nathalie Brafman
RAPPEL :
LOI ROYER DU 27 DÉCEMBRE 1973 .
Jean Royer, soucieux de protéger les petits commerçants, propose au Parlement de réglementer l'ouverture des centres commerciaux. Cette loi soumet à autorisation toute nouvelle implantation de plus de 1 000 mètres carrés de surface de vente ou tout agrandissement.
LOI DU 5 JUILLET 1996 SUR L'URBANISME COMMERCIAL, DITE LOI " RAFFARIN ". Jean-Pierre Raffarin, alors ministre des PME, du commerce et de l'artisanat, rend le régime d'autorisation plus contraignant. Le seuil à partir duquel une autorisation des commissions départementales d'équipement commercial est nécessaire descend à 300 m².
5 JUILLET 2005. Bruxelles envoie une mise en demeure à Paris, contestant la compatibilité de ces dispositions avec les principes de liberté d'établissement et de liberté de prestations de services.
OCTOBRE 2006. Le gouvernement met en place une commission de modernisation de l'urbanisme commercial.
13 DÉCEMBRE 2006. Bruxelles engage la deuxième étape de cette procédure précontentieuse en adressant à la France un avis motivé.


LOI GALLAND DU 3 JUILLET 1996. Elle définit un seuil de revente à perte. Or, le distributeur ne peut pas négocier le tarif proposé par son fournisseur. En revanche, il peut lui réclamer des marges arrière, des sommes qui sont facturées pour la mise en valeur d'un produit dans un rayon ou dans un catalogue.
LOI DUTREIL DU 1ER AOÛT 2003. Elle a autorisé les distributeurs à réintégrer une partie des marges arrière dans leurs prix de vente finaux.
Luc Chatel, secrétaire d'Etat à la consommation, propose un texte afin de remettre à plat le système des marges arrière
Luc Chatel, secrétaire d'Etat à la consommation, doit soumettre au Conseil d'Etat d'ici la fin de la semaine un texte de loi visant à réformer les lois Galland et Dutreil sur les relations commerciales entre distributeurs et fournisseurs. Le texte devrait être soumis en conseil des ministres le 31 octobre et voté au Parlement ...

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V

Elle détaille une série de mesures en faveur de la croissance
M. Attali présentera lundi 15 octobre à Nicolas Sarkozy des mesures en faveur de la croissance et du pouvoir d'achat, comme la libéralisation plus forte du commerce
abrogation des lois Royer, Galland et Raffarin, mise en place d'une autorité unique de concurrence, introduction dans le droit français des actions de groupe pour les consommateurs, création avant 2012 de dix " Ecopolis ", qui seront autant d' " espaces urbains durables " : la commission pour la libération de la croissance française, présidée par Jacques Attali, a adopté, jeudi 11 octobre, une première série de propositions qui visent toutes, à des degrés divers, à améliorer le pouvoir d'achat des Français.
C'est probablement dans le domaine de la politique du territoire et du logement que la commission innove le plus en proposant, malgré le relatif échec des villes nouvelles sorties de terre dans les années 1970, " de construire des villes d'un genre nouveau, véritables laboratoires de la modernité urbaine ". Ces Ecopolis, d'au moins 50 000 habitants, intégreraient une haute qualité environnementale et les toutes nouvelles technologies de communication. Elles devront aussi " encourager la mixité sociale ", indique la commission, sans donner de plus amples précisions sur les moyens d'atteindre cet objectif.
Cette première série de propositions sur le pouvoir d'achat avait été explicitement demandée par le président de la République. Elle devrait contribuer à nourrir les différents rendez-vous prévus entre le gouvernement et les syndicats, notamment la conférence sociale du 23 octobre, à Bercy. La commission Attali se réserve, toutefois, la possibilité de revenir sur ce thème, en faisant des propositions sur le revenu des Français dans son rapport final, prévu pour décembre.
Dans la droite ligne des nombreux rapports déjà écrits sur la libération du marché des biens et des services - Rapport Cahuc-Kramarz, rapport du Conseil d'analyse économique sur Les leviers de la croissance française etc. -, la Commission Attali insiste sur la nécessité de mettre fin aux barrières dans la distribution et le commerce, qui " réduisent considérablement le potentiel de ce secteur en termes de pouvoir d'achat, de croissance et d'emploi ". Elle propose d'abroger les lois Galland, Royer et Raffarin qui, dit-elle, ont échoué sur le terrain des prix et qui ont eu un impact négatif sur l'emploi. Leur abrogation " pourrait conduire à une diminution consolidée de 2 % à 4 % des prix à la consommation et à une augmentation de pratiquement un million d'emplois dans le secteur du commerce de détail et de l'hôtellerie-restauration ". D'après les calculs des rapporteurs, les gains en termes de croissance pourraient " être de l'ordre de 0,8 point de PIB en cumulé sur plusieurs années ".
La Commission propose donc de restaurer la liberté tarifaire dans la distribution et le commerce de détail en mettant fin à l'interdiction de la revente à perte. Elle avance plusieurs mesures de nature à dynamiser le commerce de détail et les fournisseurs indépendants, dont l'obligation de paiement à date pour les grands distributeurs à l'égard des PME. Elle suggère de créer une seule autorité indépendante et unique de concurrence - il en existe deux aujourd'hui - et défend l'introduction dans le droit français des actions de groupe pour les consommateurs, cette introduction devant être réservée à " des associations représentatives et agréées, pour une période déterminée " par le ministère de l'économie et des finances.
En matière de logement, la Commission commence par relever la situation " toujours très insatisfaisante " en France de ce " facteur majeur " de croissance. Elle rappelle l'existence de 3,5 millions de mal logés et de 900 000 personnes " sans domicile personnel ", note la proportion plus faible en France de propriétaires de leurs logements (57 % contre 66 % aux Etats-Unis) et souligne l'insuffisance de l'offre, les difficultés d'accès au logement et la trop faible mobilité résidentielle, qui pénalisent aussi le logement social.
Pour pouvoir construire 500 000 logements nouveaux par an, dont 120 000 logements sociaux, il faut d'abord récupérer le foncier nécessaire. Pour ce faire, la Commission suggère de regrouper à l'échelon intercommunal les compétences locales en matière d'urbanisme et d'habitat, d'autoriser l'Etat à exproprier le foncier disponible des communes qui ne respecte pas les objectifs de la loi SRU en matière de logements sociaux. Elle entend aussi favoriser la mobilité du logement, en réduisant les frais annexes à l'achat et à la location et en créant une Bourse internet des offres et des demandes dans le logement social. Et souhaite que l'on propose " d'ici 10 ans à tous les locataires modestes d'accéder à la propriété à travers des financements adaptés ".
Claire Guélaud

Elle détaille une série de mesures en faveur de la croissance
M. Attali présentera lundi 15 octobre à Nicolas Sarkozy des mesures en faveur de la croissance et du pouvoir d'achat, comme la libéralisation plus forte du commerce
abrogation des lois Royer, Galland et Raffarin, mise en place d'une autorité unique de concurrence, introduction dans le droit français des actions de groupe pour les consommateurs, création avant 2012 de dix " Ecopolis ", ...

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Luc Chatel, le secrétaire d'Etat à la consommation, présente, mercredi 31 octobre, en conseil des ministres, son projet de loi réformant le système des " marges arrière " et de la revente à perte
Le conseil des ministres devait examiner, mercredi 31 octobre, le projet de loi pour le développement de la concurrence au service des consommateurs, soutenu par Luc Chatel, secrétaire d'Etat à la consommation. Cette loi vise à réformer les lois Galland et Dutreil sur les relations commerciales entre fournisseurs et distributeurs. Le texte devrait être voté au Parlement en décembre, pour une application début 2008.
Dans les grandes lignes, cette réforme vise à remettre à plat le système des " marges arrière " - sommes facturées aux fournisseurs pour la mise en valeur d'un produit dans un rayon ou dans un catalogue promotionnel - et du seuil de revente à perte en dessous duquel un distributeur ne peut pas descendre.
Avec le nouveau texte, ce seuil devrait baisser. En effet, la loi prévoit que l'intégralité des marges arrière puisse être réintégrée dans les prix de vente finaux. Les distributeurs sont dans leur ensemble déçus par ce texte. Ils plaident pour la fin de ce système et souhaitent pouvoir négocier librement les prix. Manifestement, M. Chatel s'est rangé du côté des industriels et s'est abstenu de remettre en cause le principe de non-discrimination qui les oblige à proposer le même tarif à leurs clients. Le secrétaire d'Etat n'exclut toutefois pas d'inscrire la " négociabilité " des prix dans la loi de modernisation de l'économie au printemps 2008 ( Le Monde du 17 octobre)
Campagne de publicité dans la presse, courrier envoyé à Nicolas Sarkozy, rencontre avec Christine Lagarde, la ministre de l'économie, et M. Chatel, les patrons des grandes enseignes n'ont pas ménagé leurs efforts, ces derniers temps, pour faire passer leur message : la France ne doit plus rester un cas unique en Europe.
En Allemagne et en Italie, poser la question de la négociabilité des prix entre distributeurs et fournisseurs est presque incongru. Outre-Rhin, ce sont les discompteurs qui font la loi et donnent le " la " en matière de prix.
En Italie, comme en Espagne ou en Belgique, les relations entre fournisseurs et distributeurs semblent plus simples qu'en France. " La liberté de négociation est totale avec les fournisseurs industriels. Un prix est proposé par ce dernier. Puis, il est discuté par le distributeur ", explique Patrick Espasa, directeur général d'Auchan pour l'Italie. Comme les cinq premières enseignes n'y représentent que 48 % du marché, elles se regroupent en centrale d'achat pour négocier les meilleurs tarifs. Quant à la revente à perte, l'Italie l'autorise sous certaines conditions. " Elle ne peut excéder trois périodes de dix jours sur une année et sur cinquante produits. Le distributeur doit informer les clients de la quantité du produit à l'entrée du magasin et déposer cette information à la mairie. Il ne doit pas être en rupture de stock et il n'a pas le droit de se réapprovisionner ", indique M. Espasa.
Au Royaume-Uni, le distributeur est roi. " La véritable négociabilité n'existe qu'en Grande-Bretagne. Ailleurs, je publie des tarifs uniques. S'il y a une exception, elle n'est pas française mais anglaise, contrairement à ce que disent pouvoirs publics et clients ", confirme un professionnel.
La raison de cette situation inverse de celle de la France est le poids énorme de la grande distribution : quatre chaînes - Tesco, Sainsbury, Morrison et Asda - contrôlent 75 % de l'alimentation.
Par ailleurs, les marques des distributeurs (MDD) y sont plus développées que dans l'Hexagone. Tesco réalise 50 % de ses ventes avec ses MDD. " Toutefois, malgré une guerre des prix permanente entre les distributeurs, la plupart des fournisseurs sont parvenus à protéger leurs marges. Certains ont joué sur l'augmentation des volumes créée par la concurrence à couteaux tirés, d'autres ont privilégié la qualité et l'originalité en augmentant leurs prix ", affirme Neil Saunders, spécialiste du secteur au cabinet Verdict Research.
Apparemment, fournisseurs et distributeurs n'ont pas la même définition de la négociabilité des prix. Les uns parlent de propositions de tarifs, les autres de tarifs imposés.
Nathalie Brafman et Marc Roche (à Londres)

Luc Chatel, le secrétaire d'Etat à la consommation, présente, mercredi 31 octobre, en conseil des ministres, son projet de loi réformant le système des " marges arrière " et de la revente à perte
Le conseil des ministres devait examiner, mercredi 31 octobre, le projet de loi pour le développement de la concurrence au service des consommateurs, soutenu par Luc Chatel, secrétaire d'Etat à la consommation. Cette loi vise à réformer les lois Galland ...

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Les annonces d'augmentation de prix des produits agroalimentaires se multiplient. Après Danone et Bonduelle, qui prévoient des hausses d'environ de 10 %, c'est au tour de Lactalis, numéro un européen du fromage, de "relever fortement ses prix", entre 15 % et 17 %, selon Michel Léonard, le président du directoire du groupe dans un entretien publié par Les Echos, jeudi 11 octobre.
Les causes de cette flambée sont connues : les cours des matières premières ont bondi, tirant les prix à la production de l'industrie agroalimentaire vers le haut, +4,5 % en un an. En revanche, les prix à la consommation n'ont augmenté, dans le même temps, que de 1,2 % d'après l'Insee. L'institut de statistiques estime le délai de rattrapage entre les cours des marchés mondiaux et les tickets de caisse, d'environ six mois. Reste à savoir dans quelle proportion les consommateurs seront affectés.
Les distributeurs vont-ils rogner sur leurs marges ou répercuter aux consommateurs dans leur majeure partie ces hausses ? "Il est clair et net que les clients paieront plus cher", affirme Jérôme Bédier, président de la Fédération des entreprises de commerce et de distribution (FCD). "Par contre, il est impossible à l'avance de déterminer dans quelle proportion", ajoute-t-il.
"LE COÛT DES MATIÈRES PREMIÈRES : 3 % DU PRIX DE PRODUCTION"
François Carlier, directeur d'études à l'UFC-Que Choisir, estime de son côté,"logique" que les prix à la consommation augmentent tout en restant "raisonnables". Car pour l'association de consommateurs, les problème se situent ailleurs. "A moyen terme, on constate que les prix à la consommation augmentent systématiquement plus vite que les prix des matières premières", déplore François Carlier. A titre d'exemple, entre 2000 et 2006, les cours de la viande bovine a grimpé de 12 % alors que les prix à la consommation ont, eux, gagné 22 %. Même constat pour le lait, qui, avant la flambée de 2007, avait baissé de 10 % alors que le consommateur payait 6 % de plus. Pour Jérôme Bédier, cette différence est imputable à "l'augmentation de la valeur ajoutée dans les produits agroalimentaires. Aujourd'hui, le coût des matières premières ne représente que 2 à 3 % du prix de production", analyse-t-il.
Les positions des associations de consommateurs et des distributeurs convergent sur un point : le maintien "artificiel" des marges arrières, par la loi Galland, est le principal coupable de cette inflation. L'UFC-Que Choisir dénonce également la loi Royer-Raffarin limitant les implantations de surfaces commerciales. "Paradoxalement, ce système s'est avéré très favorable pour la grande distribution car cela a créé des situations de monopoles, préjudiciables pour les prix et donc les consommateurs", a souligné François Carlier.
La commission Attali pour la "libération de la croissance" estime que la libéralisation du secteur de la distribution permettrait une baisse des prix à la consommation comprise entre deux et quatre points.

avec Reuters

Les annonces d'augmentation de prix des produits agroalimentaires se multiplient. Après Danone et Bonduelle, qui prévoient des hausses d'environ de 10 %, c'est au tour de Lactalis, numéro un européen du fromage, de "relever fortement ses prix", entre 15 % et 17 %, selon Michel Léonard, le président du directoire du groupe dans un entretien publié par Les Echos, jeudi 11 octobre.
Les causes de cette flambée sont connues : les cours des matières ...

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Pendant des années, les petits commerçants des centres-villes se sont souvent sentis seuls. Face à la " modernité " des hypermarchés, ils avaient bien compris que leurs boutiques semblaient parfois anachroniques, ou inutiles. Depuis quelques années, la petite épicerie de quartier est réhabilitée. Les grandes surfaces concentrées en périphérie des villes ont montré limites et effets pervers. Et, surtout, les maires ont pris conscience que leurs centres-villes, privés de la diversité des petits commerces, mouraient à petit feu. Dans les grandes villes, des quartiers sont confrontés à une monoactivité étouffante. Georges Sarre, maire (MRC) du 11e arrondissement de Paris, a ainsi fait de sa lutte contre " l'envahissement " par les grossistes de textiles chinois un combat symbolique, contre les excès du tout-marché.
Les politiques ont donc entrepris de corriger le tir. Mais cela n'est pas si facile, en particulier parce que toute action publique dans ce domaine touche à des éléments sacrés de la culture française : liberté du commerce, droit de propriété. Paris, qui voulait protéger son petit commerce avec son nouveau plan local d'urbanisme (PLU), vient d'en faire l'expérience : les dispositions sur le sujet ont été invalidées.
La situation est d'autant plus complexe qu'un texte législatif, la loi Dutreil du 2 août 2005, du nom du ministre du commerce de l'époque, exprimait cette préoccupation. Mais deux ans après son entrée en vigueur théorique, elle n'est toujours pas appliquée... L'article 58 devait donner la possibilité aux municipalités de préempter les baux, afin de préserver la diversité commerciale. Il devait aussi leur permettre de préserver leur " zone d'exception touristique ", quand elles en ont une, de la pression immobilière, qui opère une sélection de fait entre les commerces : seuls les plus rentables - banques, assurances ou grandes enseignes d'habillement - sont capables de payer un loyer annuel de plusieurs milliers d'euros le mètre carré pour les meilleurs emplacements. A Paris, ce phénomène d'éviction est à l'oeuvre, notamment sur les Champs-Elysées.
Mais les décrets d'application - une arme " très attendue " par Jacques Pélissard, président de l'Association des maires de France (AMF) - ne sont jamais venus. M. Dutreil avait pourtant présenté à maintes reprises son projet de décret, et annoncé autant de fois " l'imminence " de sa publication. Lui-même croyait, au moment de quitter ses fonctions au printemps, que les décrets étaient au Conseil d'Etat pour validation.
En fait, le cabinet d'Hervé Novelli, le secrétaire d'Etat chargé des entreprises, a travaillé sur un nouveau projet, finalement envoyé au Conseil d'Etat en juillet. Le texte antérieur " nécessitait d'être modifié ", assure l'entourage de M. Novelli.
L'une des difficultés les plus ardues touche les indemnisations : comment une commune peut-elle préempter, sans léser financièrement les petits commerçants ? Le nouveau projet permet au maire de saisir le juge de l'expropriation s'il estime que le prix proposé par le propriétaire lui semble " excessif ". Ainsi, le juge fixera le prix de façon " définitive ". Mais pour Pierre Simon, président de la Chambre de commerce et d'industrie de Paris (CCIP), " le juge de l'expropriation n'est pas compétent. Il est habitué à estimer les murs, mais pas les baux commerciaux ". François Moutot, directeur général de l'Assemblée permanente des chambres de métiers (APCM), souhaiterait, lui, une expertise indépendante. " Cela nécessite une modification législative, répond M. Simon. Il faut prendre mieux en compte l'intérêt patrimonial du propriétaire. Il représente une vie de travail. " Mais, pour l'AMF, l'argument est irrecevable. Son président, M. Pélissard ne trouve en rien " choquant " que le juge de l'expropriation ait une " extension de ses compétences sur les baux ".
LIBERTÉ ET DIVERSITÉ
Les consultations conduites par M. Novelli pour élaborer au plus juste le fameux décret n'ont pas permis de rapprocher les points de vue. Ce désaccord a cassé un consensus. Celui qui revenait à admettre un frein à la liberté du commerce au nom... de la diversité commerciale. Autre difficulté, majeure elle aussi. En cas de préemption, la municipalité doit rétrocéder le commerce au bout d'un an. Si elle ne trouve aucun acquéreur, elle doit se retourner vers l'acheteur originel. Au final, elle n'aura pas pu éviter un changement de l'activité du commerce.
En attendant l'avis du Conseil d'Etat, prévu en septembre, des maires ont déjà commencé à appliquer l'article 58. Ils délimitent un périmètre de sauvegarde et tentent d'y interdire la transformation de " commerces de bouche " en une autre activité. Le PLU contesté de la Ville de Paris avait ainsi défini une zone protégée, s'étalant sur près de 270 kilomètres de rues. Mais le préfet de la région Ile-de-France, alors Bertrand Landrieu, a introduit en janvier un recours en justice. Le 2 août, le tribunal administratif de Paris lui a donné raison. L'un des arguments du préfet et des juges est précisément l'atteinte au droit de propriété, bien que Paris se soit réclamé de l'esprit de la loi Dutreil. Mais le tribunal a estimé que la Ville ne pouvait pas se prévaloir du texte en l'absence de décrets. " Pourtant un tiers des communes de l'Ile-de-France le font déjà ", souligne M. Simon.
Au-delà du débat sur la validité juridique d'une loi en attente de décrets, Régis de Castelnau, dirigeant d'un cabinet d'avocats spécialisé dans les collectivités locales, qui publiera à l'automne un ouvrage, Le Maire et le commerce de proximité (éditions de l'Association des petites villes de France), affirme que le jugement du tribunal administratif de Paris était " parfaitement prévisible ". Il se dit surpris que la municipalité parisienne ait cru pouvoir agir de la sorte. En effet, même si l'objectif est le même que celui de la loi Dutreil, l'avocat estime que le moyen choisi, le règlement, n'était pas adapté au droit français. " La loi Dutreil donne bien aux collectivités publiques des moyens d'intervenir pour assurer la diversité du commerce de proximité, estime-t-il, mais à condition de devenir acteurs économiques, en rachetant à leur valeur les fonds de commerce qui les intéressent. Et non pas en adoptant des mesures réglementaires contraignantes. "
L'application de la loi Dutreil soulève encore d'autres questions. Une ville est-elle vouée à gérer un parc de commerces ? Peut-elle avoir une trésorerie à la hauteur de ses ambitions ? La ministre de l'économie, Christine Lagarde, s'est engagée à ce que la loi entre en application avant la fin de l'année.
Jean-Louis Andreani et Mustapha Kessous



Pendant des années, les petits commerçants des centres-villes se sont souvent sentis seuls. Face à la " modernité " des hypermarchés, ils avaient bien compris que leurs boutiques semblaient parfois anachroniques, ou inutiles. Depuis quelques années, la petite épicerie de quartier est réhabilitée. Les grandes surfaces concentrées en périphérie des villes ont montré limites et effets pervers. Et, surtout, les maires ont pris conscience que leurs ...

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V

- n° 19535 - p.22

Une vague de regroupements secoue depuis trois ans la presse quotidienne régionale, confrontée à une crise qui l'oblige à chercher de nouveaux équilibres. Une tendance qui pourrait perdurer
epuis trois ans, une vingtaine de quotidiens régionaux - un tiers du secteur de la presse quotidienne régionale (PQR) - ont changé de mains. Ce mouvement a touché des titres qui régnaient depuis longtemps sur une région, tels La Voix du Nord (Lille), Le Progrès (Lyon) ou Le Courrier de l'Ouest (Angers), et redistribué les cartes. " Entre 750 et 800 millions d'euros ont été investis dans la PQR ces dernières années ", affirme Jean-Clément Texier, banquier spécialiste des médias.

C'est la vente de la dizaine de quotidiens régionaux de la Socpresse (ex-Groupe Hersant) à Serge Dassault, en juin 2004, qui a donné le la. Lagardère s'est aussi mis de la partie : il a revendu en août, pour 160 millions d'euros, ses journaux du Sud ( Nice-Matin, Var-Matin, La Provence et Corse-Matin) au Groupe Hersant Média (GHM, ex-France-Antilles), dont le premier actionnaire est Philippe Hersant, fils de Robert Hersant, décédé. Le Groupe Le Monde s'est également dégagé de son activité dans la PQR afin de se désendetter : le Groupe Sud Ouest (GSO) devrait racheter les journaux du Midi ( Midi libre, L'Indépendant...) pour 90 millions d'euros . GSO, qui a créé par ailleurs un groupement d'intérêt économique baptisé Média Sud-Europe avec La Dépêche du Midi (Toulouse), pourrait ensuite céder 50 % des actions au groupe toulousain. Un pôle Bordeaux-Toulouse-Montpellier serait ainsi créé, fort de 850 000 exemplaires et 4 500 personnes. Il occuperait la troisième place de la PQR, derrière SIPA Ouest-France, et surtout le nouveau leader en diffusion, l'ensemble de L'Est républicain (Nancy) et du Crédit mutuel.

Le Groupe Ouest-France, qui édite le premier quotidien français, a renforcé sa position fin 2005 en acquérant le pôle Ouest de la Socpresse ( Le Courrier de l'Ouest, Le Maine libre...). Le Groupe Est Républicain, lui, a racheté en février 2006 le pôle Rhône-Alpes de la Socpresse ( Le Progrès, Le Dauphiné...). Il a créé Est Bourgogne Rhône-Alpes (EBRA), société détenue à 51 % par L'Est républicain et à 49 % par le Crédit mutuel, qui contrôle L'Alsace (Mulhouse), mais aussi Le Républicain lorrain (Metz) et Les Dernières Nouvelles d'Alsace (Strasbourg). EBRA, dirigé par Gérard Lignac, 79 ans, est ainsi devenu le premier groupe de PQR.

D'autres regroupements sont en cours. Trois groupes indépendants, La Montagne, la Nouvelle République du Centre-Ouest (NRCO) et La République du Centre viennent de créer, via des échanges de participations, une structure commune, Grand Centre (600 000 exemplaires diffusés dans 17 départements). " La proximité géographique plaide pour ce rapprochement de trois groupes indépendants, à identité et culture semblables ", explique Jacques Camus, directeur général de La République du Centre. Pour l'instant, les européens sont restés en dehors du jeu : seul le belge Rossel a mis la main en 2005 sur La Voix du Nord (Lille) et Nord-Eclair (Roubaix), eux aussi anciens fiefs de l'empire Hersant.

" DÉPERDITION DE SUBSTANCE "

" La filière est en crise. Si on ne fait pas ces regroupements, on va tous disparaître ", assure Jean-Michel Baylet, président du Groupe La Dépêche. " Ces regroupements ont une cohérence géographique et économique. Avant, la taille raisonnable était de 200 000 exemplaires. Aujourd'hui, c'est plutôt 600 000 ", souligne Michel Comboul, président du SPQR et président du Groupe Nice-Matin. Confrontée à la concurrence d'Internet et des gratuits, la PQR doit aussi, comme la presse quotidienne nationale, faire face à la baisse de la publicité extra-locale. Ces regroupements s'expliquent par la nécessité de réaliser des économies en rationalisant les coûts d'impression, des achats, de la distribution, et en créant des synergies publicitaires. Parfois au prix de vastes plans de restructuration.

Le mouvement oblige tous les acteurs à repenser leur stratégie. " Ceux qui ont pu mener des restructurations sont ceux qui ont misé sur la presse gratuite ", souligne Jean-Clément Texier. Comme SIPA Ouest-France, qui possède le groupe de presse gratuite Spir, Sud-Ouest avec S3G ou GHM avec la Comareg ( Paru vendu...). Certains misent sur d'autres solutions, comme Le Télégramme (Morlaix), dont la diffusion ne cesse d'augmenter et qui se diversifie avec Regionsjob, site Internet d'offres d'emploi...

" La constitution de ces groupes est inachevée. Ces nouveaux champions ont-ils les structures juridiques adéquates et les moyens financiers suffisants à leur développement ? ", questionne M. Texier. Pour se mettre à l'abri des spéculateurs, Ouest-France a bâti en 1990 un modèle actionnarial unique : sa holding, SIPA, est détenue par une association loi 1901, l'Association pour le soutien des principes de la démocratie humaniste. Pourtant, François-Régis Hutin, PDG du groupe SIPA Ouest-France, a une vision assez pessimiste : " C'est un désastre : des titres comme Le Progrès, Le Dauphiné, Midi libre, Le Républicain lorrain, avec une politique éditoriale claire et une forte identité, sont aujourd'hui fondus dans des groupes, avec un risque de déperdition de substance. Ces groupes vont-ils les redynamiser, commercialement et sur le plan de la qualité de l'information, du service au lecteur ? Je l'espère... "

L'existence de ces groupes est liée à des hommes. Se pose donc la question de la succession de deux figures, François-Régis Hutin (SIPA Ouest-France) et Gérard Lignac (EBRA). Certains groupes n'ont pas terminé leur expansion comme GHM, dont les deux premiers actionnaires sont Philippe Hersant et Aude Ruettard, petite-fille de Robert Hersant. " Tous les groupes de presse situés à la frontière de nos titres pourraient nous intéresser [La Voix du Nord, Le Dauphiné libéré] s'ils venaient à bouger dans les années à venir ", indique Frédéric Aurand, président du directoire de GHM. Autant d'éléments laissant penser que les grandes manoeuvres ne sont pas finies.

Pascale Santi
CHIFFRES
DIFFUSION.

En dix ans, la diffusion de la PQR a baissé de plus de 10 %, soit 700 000 exemplaires de moins (5,7 millions aujourd'hui).

La PQR a progressé de 0,5 % au deuxième trimestre de 2007, mais recule de 0,9 % sur le premier semestre, selon l'OJD. Elle n'a donc guère profité des élections présidentielle et législatives.

AUDIENCE.

Ouest-France est le quotidien le plus lu (2,308 millions de lecteurs), selon l'EPIQ 2006, devant La Voix du Nord et Sud Ouest (1 million chacun), et Le Dauphiné libéré (901 000).


Une vague de regroupements secoue depuis trois ans la presse quotidienne régionale, confrontée à une crise qui l'oblige à chercher de nouveaux équilibres. Une tendance qui pourrait perdurer
epuis trois ans, une vingtaine de quotidiens régionaux - un tiers du secteur de la presse quotidienne régionale (PQR) - ont changé de mains. Ce mouvement a touché des titres qui régnaient depuis longtemps sur une région, tels La Voix du Nord (Lille), Le ...

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- n° Supplément au n°19540 - 1p.

Les projecteurs se braquent sur les organisations non gouvernementales (ONG) humanitaires au moment des crises ou des dérapages. Leur économie, basée en grande partie sur le don et la confiance, s'emballe avec l'émotion liée au tsunami asiatique de décembre 2004 ou se fragilise lorsque des errements, comme celui de L'Arche de Zoé, surviennent ou que leur utilisation des fonds collectés est contestée. Mais ce secteur, qui regroupe des associations de quartier comme de grandes ONG, offre un visage hétéroclite.

En France, il est en plein développement. En 2006, 40 800 associations humanitaires (+ 50 % en six ans) totalisaient 2,6 milliards d'euros de budget. 13 % ont des salariés, soit 40 500 équivalents temps plein (ETP). Ce décor est planté par l'enquête de Viviane Tchernonog pour le CNRS et le Centre d'économie de la Sorbonne, qui sera publiée lors d'un colloque de l'Association pour le développement de la documentation sur l'économie sociale (Addes), lundi 26 novembre. "Malgré la présence de quelques très grosses ONG, le secteur humanitaire ne représente que 4 % du monde associatif français, mais il est en très forte croissance aussi bien en nombre d'emplois qu'en poids économique", explique-t-elle. De nombreux postes ont été créés sur des missions d'intervention (coordination, logistique, professionnels de santé...) et la collecte de dons. Le secteur est aussi particulièrement attractif pour les bénévoles - 94 700 ETP recensés - "mais les humanitaires refusent ou sélectionnent beaucoup les candidatures, alors que les autres secteurs en manquent", souligne la chercheuse : le manque de formation pose parfois problème.


"GÉNÉROSITÉ"


Près de 60 % de leurs ressources proviennent de financements privés (dons et recettes d'activité). Le financement public (41 %, sans compter les apports de personnel ou de locaux) est d'abord assuré par les collectivités locales. Parmi les associations, les grandes ONG se distinguent. Selon le rapport Argent et organisations de solidarité internationale publié en 2005 et réalisé par la Commission coopération développement (organe de concertation entre les ONG et le ministère des affaires étrangères), 124 grandes ONG disposaient en 2003 d'un budget total de 651,93 millions d'euros, provenant à 63 % de ressources privées. Mais la part publique est aux deux tiers assurée, dans leur cas, par des bailleurs de fonds internationaux, le principal étant l'Union européenne. "Environ 1 % de l'aide publique au développement française est confiée aux ONG. La France est la dernière, au sein des pays développés, sur ce point", déplore Henri Rouillé d'Orfeuil, président de Coordination Sud, la plate-forme de représentation de 140 ONG françaises. "A part Médecins sans frontières (MSF), qui est leader dans sa branche, nous ne pouvons pas nous comparer à Action Aid et à Oxfam en Grande-Bretagne ou aux grandes organisations néerlandaises ou allemandes", poursuit-il.

Nombre d'ONG cherchent à limiter les financements publics, pour préserver leur indépendance. "Il est parfois difficile d'accepter certains bailleurs de fonds, d'autant que les factions présentes sur le terrain des affrontements sont de plus en plus informées de qui finance quoi. C'est donc l'accès aux populations et la sécurité des équipes qui est en question", explique Marc Sauvagnac, directeur général délégué de MSF France.

Les grandes organisations fonctionnent à la fois comme des associations et des entreprises : "Nos outils se rapprochent de ceux d'une entreprise, avec l'utilisation du marketing direct ou d'un centre de logistique à Bordeaux, qui fabrique des kits d'intervention, emploie plus de 70 salariés et réalise près de 40 millions d'euros de chiffre d'affaires", témoigne M. Sauvagnac. Cette dualité se retrouve aussi dans les personnels, entre humanitaires issus du terrain et professionnels recrutés en externe. Chez MSF France, la grille salariale évolue entre environ 1 600 et 5 600 euros.

Les ONG doivent aussi faire certifier leurs comptes dès lors qu'elles reçoivent au moins 150 000 euros de subventions publiques ou 153 000 euros de dons - avec reçus fiscaux. "Notre rôle n'est pas de juger les décisions de gestion mais de donner une assurance raisonnable que les comptes sont réguliers et sincères", explique Jean-Pierre Vercamer, responsable de l'audit des associations et des fondations chez Deloitte. "Nous sommes très souvent un garde-fou contre d'éventuels dérapages. Nous faisons passer des messages. Parfois, nos certifications sont assorties de réserves. Parfois les comptes ne sont pas certifiés, ce que les grandes associations sollicitant la générosité des citoyens, à l'image des sociétés faisant appel public à l'épargne, ne peuvent se permettre. Les grandes ONG sont comme les sociétés du CAC 40 : le plus grand risque pour elles est un risque de notoriété", explique M. Vercamer.

Ainsi, après l'affaire de l'ARC en 1985, cette association "a réagi très vite, pour être aujourd'hui citée comme une association exemplaire par la Cour des comptes. Si l'on ne réagit pas, cela engendre la suspicion, "le don en méfiance", et on risque de disparaître", explique M. Vercamer. Les associations sont aussi placées, notamment, sous la surveillance de la Cour des comptes. Mais le degré d'évaluation de leurs actions par les bailleurs de fonds institutionnels reste inégal, l'Union européenne étant souvent citée en exemple pour ses contrôles.



Adrien de Tricornot
Les projecteurs se braquent sur les organisations non gouvernementales (ONG) humanitaires au moment des crises ou des dérapages. Leur économie, basée en grande partie sur le don et la confiance, s'emballe avec l'émotion liée au tsunami asiatique de décembre 2004 ou se fragilise lorsque des errements, comme celui de L'Arche de Zoé, surviennent ou que leur utilisation des fonds collectés est contestée. Mais ce secteur, qui regroupe des as...

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- n° Supplément au n°19540 - 1 p.

Le 17 octobre, le Comité de la charte de déontologie des organisations sociales et humanitaires - une association française - publiait les résultats d'un sondage TNS Sofres sur les attentes des particuliers qui font des dons : "Ce qu'ils réclament en priorité, c'est l'honnêteté et la transparence des ONG qu'ils soutiennent. Après seulement vient la question de l'efficacité", explique Michel Soublin, président du Comité. Une semaine plus tard éclatait l'affaire de L'Arche de Zoé. "Bien sûr que les dérives existent, convient M. Soublin. Mais sont-elles plus nombreuses que dans les entreprises ou dans les administrations ? En tout cas, on imagine mal placer un flic derrière chaque humanitaire. La très grande majorité de ces ONG font un travail remarquable sur des terrains où parfois personne n'ose aller, ne l'oublions pas non plus."

Le scandale de L'Arche de Zoé est, selon lui et de nombreux autres experts, révélateur du développement un peu anarchique de l'humanitaire, particulièrement en France : "Beaucoup de gens, des jeunes surtout, n'acceptent pas de travailler dans un cadre qui existe déjà. Mais pourquoi créer une nouvelle structure alors que tant d'autres auraient pu accueillir les bénévoles de L'Arche ?" Si le Comité de la Charte refuse régulièrement d'accorder son label à des petites ONG qui souhaitent l'obtenir, être une association importante ne préserve pas des affairistes. Tout le monde a encore en tête les détournements opérés par Jacques Crozemarie au sein de l'Association pour la recherche sur le cancer (ARC) - 27 % seulement des sommes collectées allaient à la recherche - mais il faut aussi se souvenir de la gestion de l'association Raoul-Follereau, dédiée à la lutte contre la lèpre. Un rapport de l'Inspection générale des affaires sociales (IGAS) de 2001 a révélé que la structure n'avait ni budget, ni comptabilité, ni organigramme, et finançait des églises en Afrique ou subventionnait des cardinaux conservateurs au Vatican.

Si, en 2002, Sylvie Brunel démissionnait, elle, de la présidence d'Action contre la faim, dénonçant les "dérives du business humanitaire" et "des salaires net à 4 573 euros pour les cadres dirigeants", cette question des rémunérations ne semble pas être la priorité de tous ceux qui se soucient d'éthique humanitaire. "Il est contradictoire de souhaiter élever le niveau de professionnalisation des associations et de râler sur le montant des salaires offerts pour attirer des responsables compétents, constate M. Soublin. Une inquiétude, néanmoins, c'est la surenchère qui commence à pointer, tel ou tel dirigeant d'ONG estimant devoir être aussi bien payé que son confrère de l'association d'en face. On pourrait de temps en temps se croire dans le monde de l'entreprise..."

Même si, depuis la loi de 1991, la certification des comptes des ONG les plus importantes est devenue obligatoire, ce dispositif ne règle pas tout. Le travail des commissaires aux comptes est certes important, mais l'habillage des chiffres est toujours possible. Beaucoup de professionnels, rejoignant les préoccupations de gouvernance du monde de l'entreprise, souhaitent un renforcement du rôle des administrateurs qui siègent dans les conseils des ONG. "S'il y avait eu des administrateurs indépendants au conseil de L'Arche, l'opération au Darfour aurait peut-être pu être évitée", estime M. Soublin.

Autre progrès à réaliser : le contrôle sur le terrain. Un point relevé par la Cour des comptes lors de son examen en 2004 de l'utilisation des fonds octroyés par le ministère des affaires étrangères aux ONG. Un certain laxisme "prévaut dans la gestion des structures locales" : frais de mission et de déplacement "pas toujours encadrés par des textes" ; "utilisation à titre privé des matériels des associations" ; "rémunérations accessoires accordées dans une grande opacité"... En France, le Comité indique ne pas réaliser de contrôles sur le terrain, mais il vérifie la qualité des systèmes de reporting mis en place depuis les sièges des ONG.

Marie-Béatrice Baudet



Le 17 octobre, le Comité de la charte de déontologie des organisations sociales et humanitaires - une association française - publiait les résultats d'un sondage TNS Sofres sur les attentes des particuliers qui font des dons : "Ce qu'ils réclament en priorité, c'est l'honnêteté et la transparence des ONG qu'ils soutiennent. Après seulement vient la question de l'efficacité", explique Michel Soublin, président du Comité. Une semaine plus tard ...

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- n° 19543 - p.21

Même si le nombre d'apprentis parmi les étudiants ne constitue encore qu'à peine plus de 1 % des effectifs toutes filières confondues, l'apprentissage bénéficie d'une faveur soutenue depuis plus de dix ans dans l'enseignement supérieur. Les grandes écoles qui pratiquent l'alternance mettent en avant la formule et les universités proposent déjà 600 formations, du DUT (diplôme universitaire de technologie à bac + 2) aux plus prestigieux masters (bac + 5) (Le Monde du 20 novembre).

UNE OPINION PUBLIQUE CONVERTIE.

"L'apprentissage est devenu à la mode, parce que le chômage massif des jeunes a traumatisé l'opinion et tué le modèle du tout-école", analyse André Geay, auteur de L'Ecole de l'alternance (L'Harmattan, 1998) et ancien directeur d'un centre de formation d'apprentis (CFA). Le diplôme, même le meilleur, n'est plus suffisant pour les employeurs ; il leur faut l'expérience en plus. En alliant les deux, l'apprentissage se trouve désormais paré de toutes les vertus.

Dans les années 1980, pourtant son image était déplorable. A l'exception de quelques formations d'ingénieurs et de BTS (brevet de technicien supérieur, à bac + 2), ce mode d'enseignement était réservé aux jeunes en situation d'échec scolaire. Jusqu'à ce que, en 1993, "l'Essec - grande école de management - s'ouvre à l'apprentissage, rappelle André Geay. A ce moment-là, on crie au fou, mais le fait que d'excellents élèves puissent faire ce choix dépoussière l'alternance." Dans la foulée de cet établissement, d'autres grandes écoles de management se sont engouffrées dans cette voie, suivies par les premiers masters d'universités.


DES ÉTUDIANTS DEMANDEURS.

85 % des 15-24 ans interrogés par l'Ifop (sondage réalisé pour l'UNP-IUT auprès de 322 jeunes de 15 à 24 ans et de 240 dirigeants d'entreprise et cadres supérieurs) déclarent fin 2006 que la possibilité d'une formation en alternance par apprentissage constitue un critère important ou très important dans le choix d'une filière.

Car les études coûtent de plus en plus cher, et il est appréciable pour une population étudiante aux conditions de vie souvent précaires de se voir offrir ses frais de scolarité tout en percevant entre 25 % et 78 % du smic pour étudier - ce sont les termes du contrat d'apprentissage -, voire plus d'un demi-smic en cas de contrat de professionnalisation.

Beaucoup apprécient aussi le fait que l'alternance apporte une transition douce vers la vie active. "C'est une façon de penser conjointement les deux séquences que sont les études et la première expérience en entreprise, rappelle Jean-Jacques Arrighi, chercheur au Centre d'études et de recherches sur les qualifications (Céreq), et de ne pas arriver au diplôme sans avoir mis un pied dans le monde du travail."

Les travaux du Céreq montrent pourtant qu'on s'insère, à peu de chose près, de la même manière que l'on soit diplômé du supérieur après une formation par alternance ou après un parcours classique. Trois ans après leur sortie d'études, les bac + 3 apprentissage sont 96 % à avoir intégré une entreprise contre 94 % parmi les étudiants sous statut scolaire.


DES ÉCOLES ET DES UNIVERSITÉS CONVAINCUES.

Les établissements aussi trouvent leur compte : il faut à peu près dix fois moins d'étudiants en alternance que d'étudiants classiques pour rentabiliser une formation à l'université. Cette différence de "rentabilité" explique pour une bonne part l'engouement des établissements. Le mouvement pourrait encore s'amplifier puisque le rapport Hetzel - du nom de son auteur devenu conseiller à Matignon - proposait fin 2006 d'augmenter le contingent de 10 000 places dès cette année.

La formule permet aux écoles les moins cotées de remplir leurs promotions. Et toutes parviennent ainsi à recruter un public qui n'aurait pas postulé s'il avait dû financer les quelques milliers d'euros annuels de frais de scolarité.

Même si l'apprentissage version enseignement supérieur attire les enfants de cadres, le public n'est pas le même que celui des étudiants classiques. "Hors ceux qui ont vraiment envie d'être mis tout de suite en situation, les étudiants qui n'ont pas de problèmes d'argent préfèrent encore la voie classique parce que mener de front des études et un travail en entreprise demande beaucoup d'énergie", observe Corinne Hahn, enseignante en statistiques à l'ESCP-EAP.


DES ENTREPRISES RAVIES.

Si ce n'est le temps consacré par le tuteur à son élève, un apprenti de 20 ans coûte en moyenne moins de 5 700 euros par an à son patron, une fois déduits la prime perçue et le crédit d'impôt. En 2007, les crédits à la formation en alternance (apprentissage et contrats de professionnalisation) s'élèvent à 1,3 milliard d'euros.

Un apprenti du supérieur est d'autant moins cher que "les entreprises signent des contrats en alternance pour recruter des jeunes qu'elles auraient de toute manière embauchés" : comme le résume M. Arrighi, "l'apprentissage dans le supérieur fonctionne comme un prérecrutement"... à bon compte. Dès la signature du contrat, les entreprises pensent "embauche". Alain Bernard, directeur du CFA de l'Essec, s'étonne parfois des salaires élevés qu'on propose à ses étudiants et regrette "cette surenchère pour attirer les meilleurs", qui fait aussi qu'il est plus facile de signer un contrat à bac + 5 qu'un CAP.

La loi du 30 mars 2006 oblige les entreprises de plus de 250 salariés à former en alternance 2 % de leurs effectifs en 2007 et 3 % les années suivantes. Des secteurs nouveaux s'y mettent comme la banque, qui avait plutôt une tradition de promotion interne. L'enseignement supérieur a toutes chances d'être la clé de ce développement.



Maryline Baumard

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Lexique et chiffres

Lexique


Il existe deux types de formation en alternance :


Le contrat d'apprentissage est un CDD de un à trois ans pour les 16-25 ans. Il offre une formation théorique et pratique conduisant à une qualification professionnelle sanctionnée par un diplôme de l'enseignement, un titre d'ingénieur ou un titre répertorié.



Le contrat de professionnalisation s'adresse depuis 2004 aux 16-25 ans et aux demandeurs d'emploi de 26 ans et plus. Il permet d'acquérir une qualification. Les bénéficiaires de ces deux contrats sont rémunérés selon leur âge et leur niveau de formation ou l'ancienneté du contrat. Le choix du type de contrat varie en fonction de l'organisme de formation et la branche professionnelle.



Chiffres


Le plan de cohésion sociale fixe pour objectif 500 000 apprentis tous niveaux confondus, à l'horizon 2009. 1 300 entreprises se sont engagées dès 2005 à accueillir des apprentis. Leur liste est disponible sur www.institut-entreprise.fr. On peut aussi faire son apprentissage en Europe. Quelques idées sur le site www.centre-inffo.fr/depart.




Article paru dans l'édition du 23.11.07

Même si le nombre d'apprentis parmi les étudiants ne constitue encore qu'à peine plus de 1 % des effectifs toutes filières confondues, l'apprentissage bénéficie d'une faveur soutenue depuis plus de dix ans dans l'enseignement supérieur. Les grandes écoles qui pratiquent l'alternance mettent en avant la formule et les universités proposent déjà 600 formations, du DUT (diplôme universitaire de technologie à bac + 2) aux plus prestigieux masters ...

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- n° 19656 - 15 p.

SOMMAIRE :

Avec ou sans croissance ?
Alimentation, automobile, mode, tourisme, éducation : une prise de conscience au quotidien
Labels, communication, engagement social, nouvelles professions : l'entreprise s'engage
L'habitat sous contraintes
Reportages

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- n° 19659 - p.10

L'industrie du disque a-t-elle enfin pris la mesure de la révolution que lui impose Internet ? De nouveaux partenariats pour la distribution de musique numérique se multiplient, difficiles à envisager il y a encore un an.

Jeudi 3 avril, trois des quatre grandes "majors" du disque (Universal Music, Sony BMG et Warner Music) ont annoncé la création d'une société avec MySpace, le site communautaire le plus visité au monde. Cette dernière proposera aux internautes de l'écoute gratuite ou du téléchargement payant.



CHRONOLOGIE
1995 : le format de compression audio MP3 se diffuse sur le Web.

1999 : lancement de Napster, premier site populaire de partage de fichiers MP3. Jugé illégal, il ferme en 2001.



2001 : sortie de l'iPod d'Apple, baladeur numérique le plus vendu au monde. En 2003, Apple lance iTunes, site de téléchargement payant.



2007 : Amazon propose des téléchargements payants sans "DRM" (protections) avec EMI. Nokia annonce le lancement de "Come's with music". En payant plus cher certains de ses téléphones, le client aura un accès gratuit au catalogue Universal pendant un an.


[-] fermerLa semaine précédente, Sony BMG assurait vouloir distribuer son catalogue sur le Web, contre un abonnement mensuel. Selon le Financial Times, les majors discuteraient par ailleurs avec Apple : contre un abonnement ou une surtaxe sur son baladeur iPod, il serait possible d'accéder de façon illimitée à la musique sur iTunes, la boutique en ligne du constructeur californien.

Jusqu'à présent, les majors toléraient à peine les ventes à l'unité de chansons popularisées par iTunes. Mais " elles n'ont plus le choix et doivent tester d'autres choses", selon Paul Verna, du cabinet eMarketer. De fait, les ventes sur iTunes et les autres plates-formes légales ne compensent pas la baisse de leurs revenus sur les CD. En 2007, les ventes de disques ont chuté de 10,3 % par rapport à 2006 en Europe, selon le cabinet Jupiter Research.

Trois modes de distribution de musique numérique émergent. Les plates-formes à la Deezer en France : depuis un PC, l'internaute peut écouter gratuitement des chansons mais sans les télécharger. Les sites se financent par la publicité, en partie reversée aux maisons de disque. Il y a aussi les abonnements couplés à un forfait mobile (Nokia au Royaume-Uni, SFR en France) ou à un accès haut débit fixe (Neuf Cegetel en France), pour télécharger de la musique illimitée. Une partie de l'abonnement revient aux majors. Enfin, il y a les tentatives à la Apple (ou Nokia) de surtaxe sur les appareils contre du téléchargement illimité.


LE PIRATAGE RESTE MASSIF


Les représentants des artistes restent prudents. Pour Catherine Kerr-Vignale, de la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (Sacem), " les majors cherchent pour l'heure à donner l'impression aux consommateurs de ne pas avoir à payer, d'où cette idée de partenariats avec des constructeurs". Pour la Sacem, la question sera, si une offre à la Apple arrive en Europe, de fixer un prix minima pour rémunérer les ayants droit. Marc Guez, de la société civile des producteurs phonographiques, est contre le paiement d'un forfait pour un accès illimité : "C'est comme si on ne payait qu'une seule fois l'accès à Canal+ : la chaîne ne pourrait pas survivre." Mais il estime judicieux un abonnement mensuel de 5 à 7 euros. "La musique a un coût, l'accès gratuit c'est dangereux, c'est un non-sens économique", ajoute Jérôme Roger, de l'Union des producteurs phonographiques français indépendants.

Certains sont persuadés que seuls les modèles gratuits ou quasi gratuits s'imposeront, car les techniques de "peer to peer" (partage de fichiers) ont banalisé la gratuité. Et le piratage reste massif : pour un téléchargement légal, il y en aurait encore vingt de "pirates". "L'argent de poche des jeunes passe dans les jeux vidéo et les portables, plus dans les disques. La gratuité est inévitable" pour le musicien Philippe Axel.

Même à l'Ifpi, représentant l'industrie du disque mondiale, on reconnaît : "Les modèles gratuits basés sur la publicité ciblent bien les jeunes qui ont plus de temps que d'argent." Les consommateurs n'accepteront de payer des abonnements que si la musique est proposée sans "DRM", empêchant de copier une chanson d'un matériel à l'autre. " C'est le seul moyen de faire la différence d'avec l'offre gratuite", selon Mark Mulligan, de Jupiter Research.

Ces différents modèles ne compenseront pas la baisse des ventes de CD avant 2010, selon Jupiter Research. D'où l'intérêt supposé des majors pour la "licence globale" : l'idée serait de faire payer les acteurs qui tirent profit de la musique digitale, mais ne payent pas les ayants droit : opérateurs de télécommunications, fournisseurs d'accès à Internet...

Cécile Ducourtieux et Nicole Vulser
L'industrie du disque a-t-elle enfin pris la mesure de la révolution que lui impose Internet ? De nouveaux partenariats pour la distribution de musique numérique se multiplient, difficiles à envisager il y a encore un an.

Jeudi 3 avril, trois des quatre grandes "majors" du disque (Universal Music, Sony BMG et Warner Music) ont annoncé la création d'une société avec MySpace, le site communautaire le plus visité au monde. Cette dernière proposera ...

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Vers l'Internet à tout faire | Le Monde 06/04/08

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- n° 19659 - p.14

Vous avez fait partie des premiers concepteurs d'Internet. Quel regard portez-vous sur l'évolution du Réseau mondial ?

Vinton Cerf : Beaucoup plus de personnes tentent aujourd'hui d'innover sur Internet. Pour décrire son mode d'évolution actuel, j'utilise souvent le modèle de la fourmilière. Si vous observez deux ou trois fourmis pendant toute une journée, il est probable que peu de choses intéressantes se produiront. Mais il y en a des millions. Et, chaque jour, une ou deux fourmis font une découverte dont profite la fourmilière. Internet fonctionne ainsi. Avec près de 1,3 milliard d'utilisateurs, soit seulement 20 % de la population mondiale, de nouvelles expériences sont tentées quotidiennement. Je suis toujours un peu fébrile lorsque je lis les pages business de la presse, car j'y découvre souvent que quelqu'un a inventé un nouvel usage d'Internet, et qu'il va falloir encore nous adapter...


LA TOILE DE 1 À 3
WWW : World Wide Web. Toile (d'araignée) mondiale. Application d'Internet, fondée sur la navigation entre les pages de sites à l'aide de liens hypertextes, créée en 1989 par Tim Berners-Lee.

WEB 1.0 : Désignation de la première version du Web d'Internet.

WEB 1.5 : Evolution du Web utilisant des pages dynamiques avec remises à jour.

WEB 2.0 : Terme inventé par Dale Dougherty et popularisé en 2004 pour désigner les applications interactives et la possibilité pour un site d'exploiter des informations provenant d'un autre site.

WEB 3.0 : Internet des objets. Evolution du Web permettant d'attribuer une adresse Internet à des objets munis d'une puce électronique leur permettant de communiquer entre eux et avec des sites sur la Toile.

Qu'apporte le Web 2.0 en matière de nouvelles utilisations du Réseau (blogs, chats, échanges de fichiers) ?

A mes yeux, le terme Web 2.0 relève largement du slogan marketing. Il laisse entendre qu'une nouvelle génération du Web apparaît. Je pense plutôt qu'Internet se transforme selon un phénomène de coévolution : il interagit avec tout ce qui l'entoure, et s'adapte. Les nouvelles applications poussent le Réseau jusqu'à ses limites et contraignent à créer de nouvelles solutions techniques. Cela dit, je dois reconnaître que certaines innovations associées au Web 2.0 sont, elles, tout à fait réelles. Dans le passé, les premiers systèmes d'échanges d'informations entre les entreprises n'ont pas bien fonctionné par manque de standardisation : c'est justement ce qu'apporte le Web 2.0. Et cette avancée arrive au bon moment. Aux Etats-Unis, les gros investissements réalisés lors du passage à l'an 2000 ont permis d'automatiser l'activité interne des sociétés. Reste à effectuer l'étape suivante : l'automatisation des échanges entre les entreprises. Et quel meilleur outil pour le faire qu'Internet ?


Les internautes bénéficieront-ils aussi de ces échanges ?


Les consommateurs interagissent déjà avec les entreprises via le Web. Cela se passe plutôt bien pour effectuer des transactions, avec des confirmations par mail. Mais les entreprises doivent souvent retranscrire les ordres des internautes à la main pour les communiquer à leurs partenaires. C'est cela qu'il faut automatiser. C'est notamment possible grâce à des applications comme Google Earth ou Google Maps, qui ont été conçues de façon à permettre à d'autres entités de les intégrer à leurs propres services sur le Web. Ainsi, les scientifiques localisent sur Google Earth leurs réseaux de capteurs, sismiques par exemple. Pour accéder aux données, il suffit de cliquer sur l'icône qui les représente. De plus en plus, les chercheurs pourront ainsi travailler ensemble en agglomérant différents réseaux de capteurs indépendants et en corrélant ces informations avec la géographie ou la climatologie.


Et en matière de commerce électronique ?


Prenez, par exemple, une entreprise qui dispose de la liste des appartements disponibles à Dallas, au Texas. Elle peut injecter ces informations dans Google Maps. Lorsqu'une personne cherche à se loger, la base de données de l'agence présente la carte localisant l'ensemble des appartements répondant aux critères demandés. Une telle agence utilise ainsi les ressources sous-jacentes du Web pour augmenter la valeur de son information.


Peut-on attendre des applications du même type sur téléphone mobile ?


Bien sûr. Cet objet, vous le portez sur vous où que vous alliez. Vous pouvez donc poser des questions qui n'ont de sens que si le système d'information associé sait où vous êtes. Trouver le cinéma le plus proche, par exemple.

Lemobile ouvre la voie à l'obtention d'informations géographiquement indexées de grande valeur. Il existe déjà 3 milliards de mobiles dans le monde, dont 15 % peuvent accéder à Internet, soit près d'un demi-milliard d'appareils... Demain, le premier contact avec Internet d'une fraction significative de la population mondiale sera réalisé via un téléphone mobile et non via un ordinateur.


Avoir recours au mobile dégrade le confort d'utilisation du Web...


A première vue, oui. L'écran n'a pas du tout la même taille. Quant au clavier, il est parfait si vous ne mesurez pas plus de 10 cm... Mais la plupart d'entre nous sont plus grands !

Il faut donc imaginer de nouvelles pratiques. Le mobile pouvant détecter la présence d'un écran d'ordinateur dans la pièce, il n'y a aucune raison pour qu'il ne puisse pas le piloter. Idem avec un clavier sans fil. Les gens sont tellement habitués à utiliser Internet avec un seul outil à la fois qu'ils ne pensent pas que le téléphone mobile peut devenir le coeur d'un petit réseau.


Quel impact cela aura-t-il sur la vie quotidienne ?


Imaginez une telle utilisation du téléphone mobile dans les voitures. Celles-ci disposent souvent d'un récepteur GPS et d'une instrumentation indiquant, par exemple, combien il reste d'essence. L'important, c'est que le téléphone mobile puisse relier la voiture à Internet. Et cela marche dans les deux sens. La voiture obtiendra des informations du Web, et lui en fournira. Sa vitesse, par exemple : cette donnée pourra rester anonyme tout en étant accessible aux opérateurs de réseaux routiers, qui l'exploiteront pour détecter des encombrements, et informer en retour les autres conducteurs.


Ce que vous décrivez ne s'inscrit-il pas déjà dans le Web 3.0, l'Internet des objets ?


Tout à fait. De façon générale, l'Internet des objets permettra de déléguer la gestion des objets à des tiers. Il sera ainsi possible d'adresser à des sites de services des demandes telles que : "Enregistrer tel film", sans avoir à se plonger dans la liste des chaînes ni dans les programmes de diffusion. Les machines s'en chargeront. Elles communiqueront entre elles pour déterminer le prochain passage de ce film et l'enregistrer pour nous.

Des milliards d'objets seront ainsi dotés de capacités de communication entre eux. Ce qui permettra de masquer la complexité des technologies à l'oeuvre. Tout se passera dans les coulisses.

Michel Alberganti
Vous avez fait partie des premiers concepteurs d'Internet. Quel regard portez-vous sur l'évolution du Réseau mondial ?

Vinton Cerf : Beaucoup plus de personnes tentent aujourd'hui d'innover sur Internet. Pour décrire son mode d'évolution actuel, j'utilise souvent le modèle de la fourmilière. Si vous observez deux ou trois fourmis pendant toute une journée, il est probable que peu de choses intéressantes se produiront. Mais il y en a des ...

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- n° 19662 - 11 p.

Emploi, scolarisation, accessibilité des bâtiments : les différents volets de la "Loi handicap" du 11 février 2005 affirment le principe de non-discrimination et renforcent les droits des personnes handicapées. Pour que chacun trouve sa place, dans une société ouverte et attentive.

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- n° supplément au n°19711 - 8 p.

Les enjeux de la révolution numérique mondiale sont multiples : compétitivité et croissance, modernisation du service public, généralisation de l'accès à l'information...La France se doit de saisir cette formidable opportunité, qui se révèle aussi un véritable défi en matière de décision publique.

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- n° 19786 - p.1 et p.7


Le secteur photovoltaïque croît au rythme de 40 % par an

Même si elle ne représente encore qu'une part marginale de la production mondiale d'électricité, avec moins de 1 %, l'énergie solaire photovoltaïque connaît une croissance soutenue. Affichant un rythme d'augmentation des capacités installées dans le monde de 40 %, elle semble bien partie pour prendre le dessus sur l'énergie éolienne. Selon ses promoteurs, elle a le potentiel pour devenir la principale source d'énergie durant le XXIe siècle.

L'Europe joue un rôle moteur dans ce décollage, avec 75 % de la consommation mondiale, mais seulement 24 % de la production d'équipements, un secteur où la Chine occupe de plus en plus de place.

Réunis jusqu'au vendredi 5 septembre à Valence, en Espagne, plus de 4 000 chercheurs et un millier d'exposants ont analysé les progrès et les problèmes de la filière. Ils s'attendent à une pause de la croissance dans les prochaines années, les capacités de production dépassant, pour la première fois, la demande. Les tarifs de rachat de l'électricité d'origine photovoltaïque, favorables au développement du secteur, pourraient être remis en cause par les responsables politiques.

De son côté, la recherche progresse à un rythme soutenu, permettant l'augmentation des rendements, donc la baisse des prix. Les économies d'échelle provoquées par la croissance du secteur vont dans le même sens. L'un des enjeux majeurs des années à venir sera l'élargissement du marché, actuellement concentré sur quelques pays.

L'énergie solaire photovoltaïque est en phase de décollage

Les capacités installées dans le monde augmentent au rythme de 40 % par an. Réunis en Espagne, chercheurs et industriels oscillent entre enthousiasme et prudence

Quelle fête ! Les industriels et scientifiques du photovoltaïque n'en finissent pas de s'étonner : jamais ils n'avaient été aussi nombreux à se réunir. La 29e Conférence de l'énergie solaire photovoltaïque, qui doit s'achever, vendredi 5 septembre, à Valence, a réuni plus de 4 000 chercheurs et un millier d'exposants. Cette affluence est à l'image d'un marché qui a explosé depuis plusieurs années, à la suite de l'instauration en Allemagne, en 2000, d'un tarif de rachat avantageux de l'électricité produite par les panneaux solaires.

Une augmentation de 40 % par an des capacités installées dans le monde, un chiffre d'affaires mondial de 24 milliards d'euros, une capacité de production installée de 3 800 mégawatt-crête (MWc) en 2007 : l'énergie photovoltaïque est sortie de la marginalité. Et les perspectives sont plus qu'encourageantes : les analystes financiers voient le marché passer à 5 000 MWc en 2008, 7 000 en 2010, et jusqu'à 20 000 en 2012.

Mais, avec la maturité, pourrait survenir la première crise : " On peut aller vers une situation où l'on produit plus que le marché ne peut absorber ", avertit Winfried Hoffmann, vice-président de l'European Photovoltaic Industry Association (EPIA). Il pourrait donc y avoir une " consolidation du secteur ", c'est-à-dire la disparition de plusieurs entreprises dans un marché qui a pris des allures de ruée vers l'or. Deuxième effet, plus favorable : une baisse de prix permettant de relancer la demande.

" Le problème est que le marché est concentré sur cinq pays, l'Allemagne, les Etats-Unis, l'Espagne, le Japon et l' Italie, observe Ernesto Macias, président de l'EPIA. Et si l'Europe assure 75 % de la consommation, elle ne couvre que 24 % de l'approvisionnement. Les autres pays devraient faire des efforts pour développer leurs marchés. " Clairement visée, la Chine, qui s'assure une part grandissante de la production de panneaux solaires - Suntech est ainsi devenue en quelques années une des premières firmes du secteur -, mais dont la consommation reste très faible, avec 100 MW en 2007.

Le photovoltaïque est-il déjà en surchauffe ? " La récession économique refroidit l'enthousiasme des investisseurs, observe Stephan Droxner, analyste pour le cabinet LBBW. Et l'on sent monter les critiques de responsables politiques sur le coût des mesures de soutien au photovoltaïque. "

Ainsi, en Espagne, le marché devrait se contracter à la suite de la décision du gouvernement de José Luis Rodriguez Zapatero de limiter l'aide au photovoltaïque à 300 MWc installés en 2009. Mais d'autres marchés pourraient décoller, notamment la France, qui a adopté un tarif de rachat de 57 centimes par kilowattheure (kWh) : " EDF est dépassée par le succès, observe Jean-Louis Bal, de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe). Elle traite 800 raccordements d'installations solaires au réseau chaque mois. "

Si le solaire doit traverser une crise de croissance, celle-ci ne devrait être que passagère. C'est que la ressource est immense : " Elle est dix mille fois supérieure à la consommation électrique actuelle de l'humanité, observe le chercheur Jean-François Guillemoles. Et c'est une quantité inépuisable pour des millions d'années. "

PARITÉ AVEC LE RÉSEAU D'ICI 2020

Daniel Lincot, président du comité scientifique du congrès de Valence, complète : " En moyenne, en France, un mètre carré de sol reçoit chaque année 1 mégawattheure. Si on récupère 10 % de cette énergie, cela représente 16 litres de pétrole ; 5 000 km2 assureraient toute la consommation électrique du pays, soit 540 terawattheure. " Pour ses promoteurs, le solaire est l'énergie de l'avenir. Selon Hans-Josef Fell, député au Bundestag, " le photovoltaïque a la capacité de remplacer dans quelques décennies l'énergie nucléaire en Allemagne ".

Ces perspectives appartiennent cependant encore au domaine du rêve : le coût de production de l'électricité photovoltaïque reste très élevé, allant, selon les pays, de 30 à 60 centimes d'euros par kWh. Les experts estiment cependant que la " parité avec le réseau ", c'est-à-dire l'égalité entre le coût de production d'un kWh par une maison équipée et le prix facturé par le réseau pour fournir ce kWh à la maison, sera atteinte d'ici 2020. La recherche progresse en effet rapidement, tandis que le développement de l'industrie fait baisser les prix par économie d'échelle. D'immenses possibilités existent aussi dans l'électrification rurale des pays pauvres.

Le secteur devra cependant prendre en compte l'environnement, qui ne se réduit pas à l'absence d'émission de gaz carbonique. " On peut raisonnablement équiper l'Europe de 50 000 MW en photovoltaïque, assure Wolfgang Palz, qui a piloté jusqu'en 2002 les énergies renouvelables à la Commission européenne. Mais il ne faut pas se leurrer : cela signifie des panneaux vraiment partout. Il faudra chercher une bonne intégration. Or tous ces industriels qui veulent de l'argent facile ne cherchent pas à faire de jolies photopiles. "

Si le photovoltaïque a vocation à équiper les toits des bâtiments, il peut aussi passer par des centrales qui occupent une très grande surface au sol. Mais il faudra démontrer que c'est le meilleur usage qu'on puisse faire de celui-ci.

Les acteurs du solaire assurent que leur souci est altruiste : " Il y a un caractère d'urgence qui donne une particularité à cette communauté, affirme Daniel Lincot. Nous voulons résoudre un problème collectif, pas simplement produire plus de choses, comme d'autres secteurs tels l'automobile ou les écrans plats. "
Hervé Kempf

Le secteur photovoltaïque croît au rythme de 40 % par an

Même si elle ne représente encore qu'une part marginale de la production mondiale d'électricité, avec moins de 1 %, l'énergie solaire photovoltaïque connaît une croissance soutenue. Affichant un rythme d'augmentation des capacités installées dans le monde de 40 %, elle semble bien partie pour prendre le dessus sur l'énergie éolienne. Selon ses promoteurs, elle a le potentiel pour devenir ...

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Et "Petit Daniel" devint Danone | Le Monde 02/04/09

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- n° 19964 - p.3

L'homme a 103 ans. La marque de yaourts dont il a inspiré le nom, et que son père avait créée à Barcelone quand il n'était qu'adolescent, en a, elle, 90. Jeudi 2 avril, Daniel Carasso devrait, malgré sa discrétion, faire une apparition publique pour l'anniversaire de Danone ("petit Daniel", en espagnol), l'une des marques françaises les plus connues à l'étranger, avec L'Oréal et Chanel.

Aujourd'hui encore, l'empreinte de Daniel Carraso reste forte. Pourtant, il a déjà près de 70 ans quand, en 1973, il fusionne son groupe agroalimentaire avec le verrier BSN présidé par Antoine Riboud. L'âge de prendre une retraite amplement méritée. Plus de trente ans plus tard, Daniel Carraso est toujours président d'honneur du groupe et il dispose d'une secrétaire et d'un bureau, au siège, boulevard Haussmann, à Paris. Il y est un des seuls, avec le PDG actuel, Franck Riboud, à déroger à la règle de l'open space. Contrairement au bureau de Franck Riboud, le mobilier y est ancien. Pas de table standard, pas d'ordinateur non plus, mais des pots de yaourt en porcelaine des années 1930, et beaucoup de photos d'archives.

Quand il est à Paris, c'est-à-dire souvent, ce vieux monsieur élégant, très grand, toujours en costume trois-pièces et cravate, passe chez Danone chaque après-midi. L'autre moitié du temps, il vit à Barcelone - sa famille est d'ailleurs restée minoritaire dans la branche espagnole du groupe. Ici, à Paris, le PDG lui-même aime venir échanger avec "Daniel". "Depuis le décès d'Antoine (Riboud, en 2002), il a pris le rôle du père de l'entreprise, et il joue le jeu", confie Franck Riboud. Ce qui le caractérise le mieux ? Son "optimisme permanent".

En dépit de son âge, Daniel Carasso aime toujours recevoir les managers de Danone venus du monde entier pour s'informer des produits. "Il pose beaucoup de questions, il nous pousse à aller de l'avant", raconte Agnès Berthet-d'Anthonay, à la direction de la communication. Elle l'a côtoyé quand elle travaillait au centre de recherche du groupe, où il continue d'aller, là aussi, toujours à la recherche d'un contact. Il y a quelques années, il s'est même rendu en Chine, constater l'intérêt qu'avait le groupe à vouloir s'y développer.

Certes, l'homme incarne le mythe Danone, l'histoire de ce yaourt originaire des Balkans lancé en Espagne par son père Isaac en 1919, et par lui-même en France et aux Etats-Unis, où il avait fallu l'appeler "Dannon" pour que la prononciation demeure. Certes, il est le père du yaourt industriel, vendu au départ dans les pharmacies, puis dans les crémeries, où l'on se battait pour avoir du Danone, et, au final dans les rayons de la grande distribution, qui a progressivement pris le pouvoir sur les industriels. Certes, il est aussi la mémoire du groupe, celui qui a connu l'époque où Danone était sans concurrent, puis celle où la société a été rejointe sur le marché des produits laitiers frais en plein essor par des entreprises comme Chambourcy ou Yoplait. Et enfin, l'époque où, cette fois, ce sont des groupes étrangers, Nestlé ou Unilever, qui sont venus conquérir le territoire français.

Mais, plus que des étapes successives, Daniel Carasso incarne surtout une ligne directrice. Et si les Français associent Danone aux Riboud, père et fils, c'est en fait le tandem Carasso qui représente la marque. Aux deux premiers revient sans aucun doute l'héritage social - le double modèle économique et social pensé par Antoine et adapté par Franck à la mondialisation - et la réputation d'entreprise à l'écoute de son environnement. Mais aux Carasso est attachée l'image des produits, ce qui a fait leur succès. En trois mots : la qualité, la publicité et l'innovation. "BSN, c'était de l'industrie lourde, du verre. Daniel nous a apporté la culture du consommateur", explique l'actuel PDG. "La famille Riboud, c'est BSN. Danone, c'est la famille Carasso. Même si après il y a eu symbiose", reconnaît-il.

Avec quatre-vingt-dix ans de recul, entre le Danone actuel et celui de la première moitié du XXe siècle, les parallèles sont étonnants. Notamment l'obsession de la santé. Si, aujourd'hui, le groupe répète à qui veut l'entendre que sa mission est de fournir "la santé par l'alimentation au plus grand nombre", Isaac Carasso, dès l'origine, n'avait pas voulu vendre un banal produit, mais un yaourt sophistiqué et bon pour la santé. Pour se lancer, il s'était d'ailleurs appuyé sur les travaux d'Elie Metchnikoff, chercheur d'origine russe de l'Institut Pasteur, qui avait établi les vertus des ferments lactiques, censés aider à lutter contre les maladies et la vieillesse. Isaac aimait déjà avoir la caution des scientifiques. C'est toujours le cas pour le géant des produits laitiers frais qu'est devenue l'entreprise.

Autre parallèle : le goût de l'innovation. C'est Daniel qui s'est lancé le premier dans le yaourt aromatisé, celui aux fruits, le velouté ou l'allégé. Il y a deux ans, après Actimel ou Danacol, Danone s'est lancé sur le créneau de la dermonutrition, avec Essensis, le "yaourt qui nourrit la peau". Une innovation pas forcément heureuse - le groupe vient de le retirer des rayons, faute de clients -, mais qui pourrait renaître un jour sous une forme ou sous une autre.

Côté publicité, le registre est similaire : "Danone, le dessert des digestions heureuses". Est-ce le slogan d'Activia, le yaourt qui facilite le transit intestinal, un des produits phares du groupe ? Non, c'est celui du premier yaourt commercialisé en France, il y a quatre-vingts ans.

Mais si la famille Carasso a jeté les bases du futur groupe, il y avait une ambition que Daniel ne pouvait réaliser seul : "Faire de Danone une marque mondiale", comme il l'explique dans un film réalisé il y a cinq ans par l'entreprise. En 1972, son chemin a croisé celui d'Antoine Riboud, à la tête de BSN, un géant du verre qui, après l'échec de son OPA sur Saint-Gobain, a décidé d'investir dans le contenu. "Il m'a fait rêver, je l'ai fait rêver", raconte M. Carasso, simplement.

En 1994, BSN est même devenu Danone. Aujourd'hui, la marque est présente dans 50 pays ; elle vend 140 millions de pots de yaourt par jour, et 51 milliards chaque année.

Laetitia Clavreul
L'homme a 103 ans. La marque de yaourts dont il a inspiré le nom, et que son père avait créée à Barcelone quand il n'était qu'adolescent, en a, elle, 90. Jeudi 2 avril, Daniel Carasso devrait, malgré sa discrétion, faire une apparition publique pour l'anniversaire de Danone ("petit Daniel", en espagnol), l'une des marques françaises les plus connues à l'étranger, avec L'Oréal et Chanel.

Aujourd'hui encore, l'empreinte de Daniel Carraso reste ...

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- n° 19964 - 7 p.

La consommation. Tel est le thème de la 7e édition de la Semaine du développement durable qui débute. Quel mot ! Un gros mot ? Il y a moins d'un an, associé à "société de...", il pouvait encore paraître attrayant. Quelques Lehman Brothers et Madoff plus tard, c'est de cette consommation dont vient tout le mal : trop chère, trop polluante, trop discriminatoire. Alors de nouvelles pratiques ont surgi : les paniers AMAP, les produits bio, les producteurs en vente directe. Transformant cette consommation, ex-pilier du capitalisme, en acte citoyen : acheter, ce geste simple et quotidien, peut devenir le plus militant et le plus efficace qui soit.


Deux contraintes, cependant. D'une part, l'argent, qui manque à beaucoup et risque de manquer davantage, et, d'autre part, le respect de l'environnement, devenu comme par enchantement essentiel pour 95 % des Français. En effet, acheter 500 g de fraises le 2 janvier sur un marché rennais n'a pas les mêmes conséquences environnementales que d'acheter le même jour un potiron. Selon que ces petits fruits rouges viennent du Maroc ou du Brésil, qu'ils sont cultivés hors sol ou en plein soleil, les retombées ne seront pas les mêmes pour l'économie des pays exportateurs et leurs populations, mais aussi pour les agriculteurs français, les politiques d'aide mises en place au niveau national ou européen.
Fabienne Simon, directrice de département chez TNS-Sofres, a effectivement observé un changement d'attitude du consommateur, mais bien avant la crise, dès le milieu de 2007. "On vivait alors dans un monde que l'on ne comprenait plus, dont on ne faisait plus partie. Il y a eu comme un soulagement avec l'éclatement de la crise. On s'est dit : "J'avais raison." Ça ne pouvait pas durer comme cela", témoigne Mme Simon.
Un mal pour un bien ? Ce sentiment revient souvent dans les témoignages recueillis. A nous de choisir : fraises en hiver ou potiron ?

Nicolas Catherine Pacary
La consommation. Tel est le thème de la 7e édition de la Semaine du développement durable qui débute. Quel mot ! Un gros mot ? Il y a moins d'un an, associé à "société de...", il pouvait encore paraître attrayant. Quelques Lehman Brothers et Madoff plus tard, c'est de cette consommation dont vient tout le mal : trop chère, trop polluante, trop discriminatoire. Alors de nouvelles pratiques ont surgi : les paniers AMAP, les produits bio, les ...

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- n° 19984 - p.16 à p.17

Quatrième du genre depuis 1981, cette enquête explore les changements de mentalité dans tous les domaines, de la famille aux institutions, du travail au vivre ensemble. Des résultats souvent surprenants

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- n° 20257 - p.13

L'éclatement de la bulle Internet, il y a dix ans (à partir du 13 mars 2000), a signé la fin d'une période de folle spéculation autour des start-up.

Aux Etats-Unis, nombre de sociétés de services ou de commerce en ligne y ont survécu. Certaines sont devenues des mastodontes. A l'instar de Google : pour 2009, onze ans après sa création, l'éditeur du moteur de recherche affiche un chiffre d'affaires de 23,6 milliards de dollars (17,4 milliards d'euros), un profit de 6,5 milliards de dollars... Peut-être la croissance la plus rapide de toute l'histoire.


La plate-forme d'enchères eBay, le cybermarchand Amazon ou le portail d'information Yahoo! engrangent plusieurs milliards de dollars de revenus annuels. D'autres géants, financièrement moins performants mais plébiscités par les internautes, sont nés après le krach boursier : le site de partage de vidéos YouTube (propriété de Google), le réseau social Facebook, le site de minimessages Twitter... Aucun leader de cette taille n'a réussi à émerger en France.

Pour les acteurs de l'Internet hexagonal, cette absence de leaders mondiaux ancrés en France s'explique avant tout par un marché intérieur trop étroit. "Quand on démarre une société ici, on ne peut compter que sur 30 millions de clients potentiels contre plus de 200 millions aux Etats-Unis. Et s'internationaliser coûte cher : l'Europe des affaires n'existe pas. Il y a des droits du travail, des fiscalités, des habitudes de consommation différentes", argue Pierre Kosciusko-Morizet, fondateur du cybermarchand PriceMinister et président de l'Acsel (Association de l'économie numérique).

Cela permet d'expliquer pourquoi les sociétés françaises "lèvent" souvent moins de capital en Bourse ou auprès des fonds spécialisés qu'aux Etats-Unis. "Les investisseurs les valorisent moins parce que, précisément, ils anticipent une croissance moins rapide que de l'autre côté de l'Atlantique", selon lui. Et c'est un vrai cercle vicieux qui s'enclenche : disposant de moins d'argent pour leur développement, les sociétés ont par exemple davantage de mal à racheter des concurrents ou à exporter leur modèle dans d'autres pays.

Mais les Français font aussi leur mea-culpa. "D'autres, comme les Israéliens ou les Néerlandais, ont l'humilité de le reconnaître : pour donner une chance à leur société de devenir un leader mondial, ils la lancent aux Etats-Unis", note Fabrice Sergent. Cet ex-cadre dirigeant du groupe Lagardère a franchi le pas : il s'est installé à New York il y a cinq ans, y a relocalisé sa société de services pour téléphones mobiles, CellFish. "Depuis, elle est passée de zéro à 100 millions de dollars de chiffre d'affaires, et elle a créé 100 emplois en France", affirme-t-il. Les entrepreneurs pécheraient aussi par manque d'ambition : "Leur but est trop souvent d'imiter les modèles américains", note M. Kosciusko-Morizet.

"Ne soyons quand même pas trop négatifs : nous avons aussi nos succès !", plaide Olivier Sichel, du fonds de capital-risque Sofinnova Partners. De fait, hormis la Chine qui a réussi à imposer ses propres géants de l'Internet (Alibaba, Baidu) ou le Japon, aussi très protectionniste (eBay a du mal à y percer face à des sites comme Rakuten), les autres pays occidentaux n'ont pas fait mieux que la France.

L'Hexagone a quand même vu naître des sociétés aux concepts originaux. Dailymotion, par exemple, qui a lancé sa plate-forme de partage de vidéos avant YouTube et est son seul rival significatif, même s'il est loin derrière en terme d'audience. "Le nombre de ses visiteurs américains vient de dépasser celui de ses visiteurs français", se félicite Philippe Collombel du fonds Partech, l'un des investisseurs de Dailymotion.

Il y a aussi Meetic, un des pionniers de la rencontre amoureuse sur Internet. En février 2009, il a fusionné ses activités avec celles de l'américain Match.com. L'ensemble pèse désormais 164 millions d'euros de chiffre d'affaires pour 920 000 abonnés en France.

Quant à Pixmania, il est l'un des plus gros cybermarchand européen. Créé en 2000 par deux frères, Jean-Emile et Steve Rosenblum, il emploie 1 400 personnes, et a réalisé un chiffre d'affaires de 772 millions d'euros pour l'exercice 2008-2009. En 2006, il est passé dans le giron du Britannique DSGi.

Parmi les sociétés encore indépendantes, il y a Iliad, le fournisseur d'accès à Internet fondé par Xavier Niel, qui, avec sa Freebox, la première du genre sur le marché, en 2002, a inventé les offres "triple play" (haut débit, télévision sur Internet et téléphone fixe illimité). Aussi, PriceMinister, qui ne publie pas ses chiffres mais dont l'audience talonne celle d'eBay en France et dont les revenus ont progressé de 20 % en 2009, malgré la crise. Enfin, Vente-privée, autre succès du Web marchand français, qui a inventé le concept des ventes "flash" en ligne, et fait aujourd'hui fantasmer les investisseurs du monde entier.

L'expérience du Minitel

La France s'illustre particulièrement dans le commerce en ligne. "Historiquement, nous sommes forts en distribution : nous avons inventé le concept de l'hypermarché et celui de la vente à distance", rappelle M. Kosciusko-Morizet.

"Amazon a eu du mal à s'implanter chez nous : à l'époque, il y avait pléthore de concurrents sur la vente de livres en ligne : Bol.fr, la Fnac, Alapage, Chapitre.com...", souligne Olivier Sichel, qui fut, entre 2000 et 2002, PDG du cybermarchand Alapage.

"Nous avons aussi un avantage unique : l'expérience du Minitel. La télématique, c'était déjà des services en ligne. Pierre-François Grimaldi, le fondateur d'iBazar (un site d'enchères cédé à eBay), Marc Simoncini, celui de Meetic, Xavier Niel, celui d'Iliad, sont tous des anciens du Minitel", relève M. Sergent. "Et puis, pendant les deux ou trois ans qui ont suivi l'éclatement de la bulle Internet, pour les sociétés de services en ligne, c'était difficile de tenir financièrement, parce que le marché publicitaire n'avait pas encore décollé. Cela explique aussi la prévalence des cybermarchands", ajoute M. Sichel.



Cécile Ducourtieux, avec Laurence Girard
L'éclatement de la bulle Internet, il y a dix ans (à partir du 13 mars 2000), a signé la fin d'une période de folle spéculation autour des start-up.

Aux Etats-Unis, nombre de sociétés de services ou de commerce en ligne y ont survécu. Certaines sont devenues des mastodontes. A l'instar de Google : pour 2009, onze ans après sa création, l'éditeur du moteur de recherche affiche un chiffre d'affaires de 23,6 milliards de dollars (17,4 milliards ...

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- n° 20263 - p.28

Pour le sociologue Jean-Didier Urbain, les prochaines années vont voir à la fois émerger un tourisme de proximité à l'échelle européenne et un tourisme au sein des villes même. La technologie va occuper une place de plus en plus importante. Guy Raffour affirme : "...la tendance à l'horizon 2020 et plutôt aux formules "tout compris" et à la carte...". Les voyages sur mesure, en famille ou en tribu ou autour d'une thématique devraient avoir le vent en poupe, pour Philippe Gloaguen (Guide du routard). De nouveaux comportements liés à la question de l'environnement apparaissent. Une autre tendance se profile : la propension à fragmenter et à étaler les congés en dehors de juillet-août. Pour le sociologue Jean-Didier Urbain, les prochaines années vont voir à la fois émerger un tourisme de proximité à l'échelle européenne et un tourisme au sein des villes même. La technologie va occuper une place de plus en plus importante. Guy Raffour affirme : "...la tendance à l'horizon 2020 et plutôt aux formules "tout compris" et à la carte...". Les voyages sur mesure, en famille ou en tribu ou autour d'une thématique devraient avoir le ...

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Les Français partent de moins en moins en vacances PICOUET Martine | Le Monde 18/03/2010

Article (FILIERES ET MARCHES)

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- n° 20263 - p.28

Pour la sixième année consécutive, les Français sont moins partis en vacances, révèle le Baromètre Opodo 2010. L'autre enseignement de ce baromètre concerne le succès croissant d'Internet et du e-tourisme. (Chiffres)

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- n° 20281 - p.1 à p.11

DD " pour les intimes. Alors que le développement durable vient de se faire des initiales, dans la rue et dans les Salons, signe incontestable de succès et de reconnaissance dans la population, la polémique fait son travail de sape, à tous les niveaux. Dans les médias, la controverse enfle sur la science climatique. Sur la Toile, les voix autorisées - ou non - s'invectivent. Jusqu'à Nicolas Sarkozy, qui n'a pas hésité, au Salon de l'agriculture, à lancer à propos de l'environnement : " Ça commence à bien faire ", précédant de peu le report sine die de la taxe carbone, annoncé le 23 mars. Report ? " Abandon pur et simple ", réplique Nicolas Hulot, dont la fondation se retire - provisoirement ? - du Grenelle de l'environnement, estimant que " la classe politique, à droite comme à gauche (...) , n'a pas pris la mesure des enjeux écologiques ". Le doute s'installe. Faut-il être ou ne pas être pour la protection de l'environnement ?

Pourtant, les actes importent bien plus que les symboles. Ainsi, l'aggravation, mardi 30 mars, par la cour d'appel de Paris, du jugement de condamnation des différents protagonistes du naufrage de l' Erika, et la consécration du " préjudice écologique ". En application du Grenelle, les mesures sur les économies d'énergie dans le bâtiment ou la conversion à l'agriculture biologique avancent - certes lentement. Des faits aussi : l'habitat, les transports et une nouvelle venue, l'informatique, constituent les secteurs les plus émetteurs de gaz à effet de serre. Alors, peut-être faut-il se poser d'autres questions...

Comment concevoir des maisons éco-responsables à faible coût dans des régions sismiques ou inondables ? Comment peut-on se déplacer quotidiennement sans stress et sans pollution superflue ? Comment redonner au mot voyage son sens premier d'échange et d'enrichissement ? Que -penser de tous ces salons " éco-responsables " ou de la Semaine du développement durable qui s'achève ? Une dernière interrogation, qui taraude peut-être le lecteur : Le Monde est-il un journal " vert " ?

Catherine Pacary

SOMMAIRE :

- Les salons "verts", un bon filon
- "Le Monde" est-il écoresponsable ?
- Mondes virtuels, pollution réelle
- L'écotourisme, business "de niche"
- Concilier éthique et envie d'ailleurs
- La voiture, demain, j'arrête !
- Comment bien bâtir en zones à risques ?
- Et si le commerce pouvait sauver la planète...
DD " pour les intimes. Alors que le développement durable vient de se faire des initiales, dans la rue et dans les Salons, signe incontestable de succès et de reconnaissance dans la population, la polémique fait son travail de sape, à tous les niveaux. Dans les médias, la controverse enfle sur la science climatique. Sur la Toile, les voix autorisées - ou non - s'invectivent. Jusqu'à Nicolas Sarkozy, qui n'a pas hésité, au Salon de l'agriculture, ...

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- n° 20401 - 12

Le regain des voyages d'affaires, séminaires d'entreprise et autres conventions de force de vente a largement contribué au net redressement des comptes des principales enseignes hôtelières observé au cours du premier semestre.
Toutefois, le principal relais de croissance de l'industrie hôtelière se situe dans les pays émergents où la clientèle des particuliers ne cesse de se développer.
Chiffres

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Ces PME sont notamment fragilisées par la volatilité des changes. Mais si le pari de vendre à l'étranger est très risqué, il peut, en cas de réussite, être très bénéfique

Les entreprises françaises sont de moins en moins nombreuses à exporter, révèle le Baromètre export 2010, publié jeudi 25 novembre par la société d'assurance-crédit Euler Hermes.

Le constat semble paradoxal, car 81 % des 882 responsables de petites et moyennes entreprises (PME) interrogés pour cette étude disent vouloir augmenter leur part de chiffre d'affaires réalisée à l'exportation. Dans les pays émergents particulièrement : la Chine devient ainsi le deuxième pays (après l'Allemagne) visé par ces sociétés françaises. Pour les douze mois à venir, les responsables de PME sont donc confiants et estiment que leurs perspectives commerciales sont favorables.

Seules la moitié des entreprises interrogées souhaitent se développer dans la zone euro (en dehors de l'Allemagne). De fait, les exportations vers les BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine), toutes tailles d'entreprises confondues, ont augmenté de 17 % entre septembre 2009 et 2010, et de 28 % vers la Chine.

Néanmoins, " ce rebond est très inférieur à celui du commerce mondial, et en particulier de l'Allemagne, relève Karine Berger, chef économiste d'Euler Hermes. Malgré six trimestres consécutifs en hausse, les exportations n'ont pas encore retrouvé leur niveau d'avant la crise. "

Les PME restent en effet trop peu nombreuses à exporter. Et pour cause : les entreprises exportatrices sont aussi plus fragiles que les autres, révèle l'étude d'Euler Hermes. Elles sont plus nombreuses à faire faillite, un phénomène qui préexistait à la crise et a perduré. " Pour 100 entreprises nouvellement arrivées sur les marchés étrangers en 2000, seules huit le sont restées en continu jusqu'en 2009 ", précisait une note publiée en août par la direction générale des douanes. Et encore, " ces entreprises sont de grande taille et, pour près d'une entreprise sur cinq, dépendantes d'un groupe ".

Outre ces exemples peu encourageants, les PME redoutent aussi l'instabilité des taux de change, et en particulier la volatilité actuelle de l'euro. Si la dépréciation de l'euro par rapport au dollar leur a été favorable entre fin 2009 et juillet 2010, la récente appréciation n'est pas de nature à les rassurer. Enfin, " les risques d'impayés et les risques souverains sont aussi revenus au premier plan ", précisent les experts d'Euler Hermes.

Le " Mittelstand " allemand

Néanmoins, les PME qui franchissent le pas et réussissent au point de réaliser plus de 50 % de leur chiffre d'affaires à l'exportation sont plus résistantes que la moyenne des entreprises, analyse Euler Hermes. " Les entreprises qui se révèlent pérennes se positionnent d'entrée sur plus de pays, cinq contre moins de deux pour la moyenne ", précise la note de la direction générale des douanes.

L'exemple des PME allemandes est riche d'enseignements. Deux universitaires, Bernd Venohr, professeur à l'Institut de management de Berlin, et Klaus Meyer, de l'université de Bath (Angleterre), résument en une phrase les raisons du succès du Mittelstand, le tissu de moyennes et grosses entreprises du pays : " Elles concentrent leurs ressources limitées sur un marché de niche, qu'elles peuvent dominer mondialement, en investissant massivement en recherche et développement, et en créant des réseaux mondiaux de distribution et de service. " Un modèle visiblement difficile à transposer.



Ces PME sont notamment fragilisées par la volatilité des changes. Mais si le pari de vendre à l'étranger est très risqué, il peut, en cas de réussite, être très bénéfique

Les entreprises françaises sont de moins en moins nombreuses à exporter, révèle le Baromètre export 2010, publié jeudi 25 novembre par la société d'assurance-crédit Euler Hermes.

Le constat semble paradoxal, car 81 % des 882 responsables de petites et moyennes entreprises ...

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Quelques conseils pour éviter les erreurs trop grossières avec ses collègues de moins de 30 ans

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Ce néologisme anglosaxon, contraction de "glamour" et "camping", est le nouveau concept à la mode pour les urbains fortunés, à la recherche de séjours écolo-chics. Le haut de gamme est une nouvelle manne pour l'industrie du camping qui, en 2010, a hébergé 19,2 millions de touristes, soit 104 millions de nuitées. Avec 8 634 sites, la France reste le premier parc européen et le deuxième au monde après les Etats-Unis.
Dans la catégorie luxe encore minoritaire mais le secteur ne cesse de monter en gamme, on retrouve les Original Caping, lancés en 2008 en Vendée par Alain Dominique Perrin proposant aux campeurs de bénéficier des services d'un hôtel de luxe dans un cadre préservé.
Ce néologisme anglosaxon, contraction de "glamour" et "camping", est le nouveau concept à la mode pour les urbains fortunés, à la recherche de séjours écolo-chics. Le haut de gamme est une nouvelle manne pour l'industrie du camping qui, en 2010, a hébergé 19,2 millions de touristes, soit 104 millions de nuitées. Avec 8 634 sites, la France reste le premier parc européen et le deuxième au monde après les Etats-Unis.
Dans la catégorie luxe encore ...

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Ethiques, écologiques ou sociales, les motivations sont diverses, mais, depuis un an, les consommateurs plébiscitent le " Made in France ". La tendance s'affirme sur le Net et les initiatives se multiplient.

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Internet : les formations existent, les emplois aussi...Des clés pour bien choisir et se former aux métiers de demain.

SOMMAIRE :

- Ces écoles qui forment au Web
- Quand l'entreprise devient un cas d'école
- Passe ta W@ac d'abord
- Sept métiers pour tisser sa Toile
- Sur le Web, lettres recommandées
- L'intelligence économique se forge une e-réputation
- Le e-commerce a trouvé la recette
- Les jeunes pousses de la vente en ligne
- "Les PME veulent de vrais polyvalents"
Internet : les formations existent, les emplois aussi...Des clés pour bien choisir et se former aux métiers de demain.

SOMMAIRE :

- Ces écoles qui forment au Web
- Quand l'entreprise devient un cas d'école
- Passe ta W@ac d'abord
- Sept métiers pour tisser sa Toile
- Sur le Web, lettres recommandées
- L'intelligence économique se forge une e-réputation
- Le e-commerce a trouvé la recette
- Les jeunes pousses de la vente en ligne
- "Les PME ...

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L'autoportrait est sombre. Amenés à définir leur génération, ce sont les mots " sacrifiée " ou " perdue " qui leur viennent le plus souvent à l'esprit. A l'automne 2013, les jeunes de 18 à 34 ans étaient conviés par France Télévisions à répondre à un long questionnaire en ligne sur eux-mêmes et leur génération. 210 000 se sont pris au jeu de cette opération " Génération quoi ? ". Leurs 21 millions de réponses fournissent un matériau de recherche exceptionnel pour les deux sociologues de la jeunesse Cécile Van de Velde et Camille Peugny, maîtres de conférences respectivement à l'EHESS et à l'université Paris-VIII, qui ont contribué à concevoir le questionnaire. Ils en tirent aujourd'hui pour Le Monde les principaux enseignements, en se focalisant sur la tranche d'âge des 18-25 ans, centrale pour l'analyse. L'autoportrait est sombre. Amenés à définir leur génération, ce sont les mots " sacrifiée " ou " perdue " qui leur viennent le plus souvent à l'esprit. A l'automne 2013, les jeunes de 18 à 34 ans étaient conviés par France Télévisions à répondre à un long questionnaire en ligne sur eux-mêmes et leur génération. 210 000 se sont pris au jeu de cette opération " Génération quoi ? ". Leurs 21 millions de réponses fournissent un matériau de recherche ...

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Ainsi, la France connaît-elle, à son tour, le phénomène des " shrinking cities ", ces villes en déclin qui parsèment le territoire des Etats-Unis. Ce n’est pas un cas unique en Europe, comme on peut notamment le constater en Wallonie, à l’est de l’Allemagne ou dans le nord de l’Angleterre. En revanche, les villes néerlandaises, où prévaut une stricte limitation du commerce en périphérie, sont moins touchées.

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Pour sa quatrième réunion depuis sa création en février 2014 par François Hollande, le Conseil stratégique de l’attractivité a réuni une vingtaine de patrons de grands groupes internationaux et a vanté la qualité des infrastructures aériennes, portuaires et routières français. L’accent a été mis sur la logistique et les avantages géographiques de la France comme plate-forme d’exportation.

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Le commerce en ligne explose. Certes. Mais gare à l’emballement. Les solutions d’avenir ont en fait toutes les chances d’être des propositions hybrides, combinant différents canaux de vente pour séduire un consommateur avide de vitesse, de choix, mais aussi d’authenticité et de relations...

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