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- n° 4051 - p.33 à p.44

Face aux menaces de crises énergétiques et aux enjeux de lutte contre le changement climatique, le devenir des transports découlera moins des politiques de transport que des choix globaux de société. Ces choix, notre pays devra les assumer, au prix de débats diffiles.

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Scoutisme : un monde, une promesse | Etudes 01/03/07

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- n° 219 - p.359 à p.370

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- n° 4065 - p.581 à p.584

Le 15 mars dernier, la cour d’assises de Périgueux condamnait à un an de prison avec sursis le docteur Laurence Tramois, qui avait prescrit d’injecter des substances mortelles à une malade dont le décès était proche. L’infirmière qui avait procédé aux injections, Chantal Chanel, bénéficiait d’un acquittement. Comment ne pas se réjouir de la compréhension du tribunal, en regardant l’image si largement diffusée de ces deux sympathiques jeunes femmes, et en comprenant combien le médecin était attachée à sa patiente??
Le 14 juin 2006, la cour d’assises d’Angers avait acquitté Morten Jensen, qui avait mis fin à la vie de sa jeune épouse qui se mourait d’un cancer. Elle était presque inconsciente, mais laissait échapper de temps à autre quelques gémissements. Le mari manifestait la plus grande tendresse. Un après-midi, il s’allonge auprès de son épouse pour qu’elle sente sa présence, et administre d’un coup la dose de tranquillisants prévue pour vingt-quatre heures. Le décès s’ensuit rapidement.

C’est presque comme des héros que ces trois personnes furent présentées dans bien des médias, notamment à la télévision. Tous les ingrédients étaient réunis pour alimenter l’émotion collective?: des personnes auxquelles chacun pouvait s’identifier, sensibles à la souffrance d’autrui, et s’exposant par pure compassion aux foudres de la justice.
Les partisans de la légalisation de l’euthanasie, et tout spécialement les militants de l’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité (ADMD), s’emparèrent de ces deux cas. Les trois personnes étaient poursuivies pour un chef d’accusation qui pouvait leur valoir trente ans de prison. La loi était inadaptée. Elles ont été acquittées ou n’ont été condamnées qu’à une peine symbolique. Autre preuve de l’inadaptation de la loi?!

Il n’est pas question ici de mettre en cause la clémence des deux tribunaux. Mais comment se fait-il que ces cas aient généralement été présentés avec complaisance, sans inciter à prendre quelque recul??
Le docteur Tramois était affectivement liée à sa patiente. Elle a agi, dit-elle, " sous une pression psychologique et familiale intense ". Sa responsabilité a été jugée, de ce fait, atténuée. Cela aurait dû être l’occasion de rappeler qu’un médecin devrait éviter de soigner ses proches, car cette proximité peut faire perdre la distance indispensable à toute décision médicale.
C’est sous la même emprise de l’émotion que Morten Jensen provoqua la mort de son épouse. A sans doute fait défaut un médecin compétent qui, pour calmer les douleurs de la malade, aurait augmenté, dans les limites du nécessaire, les doses d’antalgiques et de sédatifs, ou même aurait seulement expliqué que les gémissements entendus ne traduisaient pas une réelle souffrance. En tout cas, M. Jensen est " passé à l’acte " sous l’effet d’une impulsion non préméditée. Il n’a abrégé l’existence de celle qu’il aimait que de quelques jours. Mais, toute sa vie durant, il aura à en porter le poids.

Car on n’oublie pas facilement de tels gestes de mort. On ne tue pas impunément son semblable, fût-ce au regard de sa seule conscience. Semble probant, en la matière, le comportement de cet ancien sénateur qui ne cesse, depuis quelques années, de raconter comment il a fait mourir son père, et de réclamer simultanément la légalisation de l’euthanasie. Comme si ce changement de la législation lui était indispensable pour légitimer à ses propres yeux ce qui était à proprement parler un parricide.

La charge est trop lourde pour les proches; il faut donc la confier aux médecins. Telle est la logique de bien des discours, oubliant que les médecins ne se situent pas au-dessus du lot commun de l’humanité, que les équipes soignantes sont concernées, et que les familles sont de fait impliquées dans de tels gestes.
Ces questions commencent à être abordées dans la presse écrite, mais encore bien peu à la télévision. L’émotion est-elle donc devenue l’ingrédient indispensable pour captiver l’attention du téléspectateur et obtenir le meilleur taux d’audience??
Le degré suprême de manque d’objectivité fut atteint dans l’affaire Vincent Humbert, ce jeune tétraplégique qui avait demandé au Président de la République " le droit de mourir ". Eprouvante, dramatique était sa situation. Il était soigné avec compétence et générosité, affection même, dans un service de rééducation de Berck-sur-Mer. Les membres de l’équipe soignante de ce service avaient beaucoup à dire?; aucun d’entre eux n’eut droit à la moindre minute d’interview télévisée. N’étaient rapportés que les propos de ceux qui avaient fait de Vincent Humbert le héraut, ou l’otage, de la cause du " droit à la mort ", et l’enfermaient ainsi dans le rôle qu’il avait initialement choisi. Car il écoutait attentivement ce qui était dit de lui.
On peut légitimement se demander pourquoi certaines personnes ont été voir ce jeune homme à Berck-sur-Mer. Notamment, qu’allaient donc y faire le président et la vice-présidente de l’ADMD, qui ont publiquement reconnu avoir fait le voyage??
Le " cas Vincent Humbert " représenta pour cette association une rampe de lancement pour l’amplification de ses campagnes d’opinion. Madame Humbert fut abondamment sollicitée, magnifiée telle une icône de l’amour maternel, jusqu’au moment où elle s’est " rendu compte [qu’elle] avait été manipulée, pour défendre une cause qui [la] dépassait * ". L’ADMD multiplia les initiatives?: conférences de presse, lancement de pétitions, influence exercée sur des journalistes, envoi de représentants dans de grandes émissions politiques télévisées, interpellation des candidats à la présidence de la République, rédaction d’un Livre Blanc, Fin de vie, à l’intention de " l’ensemble des responsables qui ont en charge l’évolution de la société ". Bref, tous les moyens d’un intense lobbying.

Dans le Livre Blanc, sont rapportés vingt-sept récits de maladies graves ou de fins de vie. Il s’agit surtout de lettres témoignant de la souffrance des familles, sans aucune enquête complémentaire. Des récits à l’état brut, destinés, une fois de plus, à susciter l’émotion, sans aucune distance critique. Ils tendent à montrer que les lois sur les droits des malades, et notamment sur le droit de refuser des traitements, ne sont pas encore suffisamment respectées, et que demeurent de graves défaillances dans le soulagement de la douleur. Mais, au lieu de conclure qu’il y a encore bien des progrès à accomplir dans ces domaines, ces cas sont rapportés pour demander que la législation reconnaisse un droit de demander une " aide active à mourir ".

Le plus significatif - et inquiétant - dans ce livret réside dans une proposition de loi. Il y est stipulé que " toute personne placée en état de dépendance qu’elle estime incompatible avec sa dignité " a le droit de demander à " bénéficier " d’une " assistance médicalisée pour mourir ", c’est-à-dire, comme on peut le comprendre à la lecture du texte, d’une assistance au suicide ou d’un acte d’euthanasie pratiqués sous contrôle médical. Le médecin en charge du patient, s’il refusait d’y prendre part, serait " tenu d’orienter immédiatement l’auteur de la demande vers un autre praticien susceptible de déférer à cette demande ". Il n’aurait pas le droit de chercher les raisons de cette demande de mort, de manière à limiter les traitements devenus trop lourds, mieux soulager la douleur et chercher les voies d’un meilleur accompagnement.
Or, le nombre des personnes âgées dépendantes augmente. Certaines d’entre elles doutent du sens de leur vie et de l’attachement de leurs proches. Elles se jugent devenues une charge. Une atmosphère de tendresse et d’attention peut les aider à vivre. Un manque de respect peut leur faire perdre le sens de leur propre valeur. La proposition de loi de l’ADMD ne demande aucunement de se mobiliser pour les soutenir dans leur épreuve?; elle se contente de leur ouvrir la porte de la mort.
En 1992, le docteur Cicely Saunders, fondatrice de Saint-Christopher’s Hospice, écrivait déjà?: " Je pense que le "droit à la mort" légalisé ne peut manquer de devenir un "devoir de mourir" pour beaucoup de gens vulnérables, ou, au mieux, la seule option offerte. " Par les moyens évoqués ci-dessus, l’ADMD a réussi à créer en France un mouvement de pensée favorable à cette option. Il importe de savoir y résister, résolument. L’interdit du meurtre a en effet une fonction première, protéger les personnes les plus vulnérables.

PATRICK VERSPIEREN s.j.
Le 15 mars dernier, la cour d’assises de Périgueux condamnait à un an de prison avec sursis le docteur Laurence Tramois, qui avait prescrit d’injecter des substances mortelles à une malade dont le décès était proche. L’infirmière qui avait procédé aux injections, Chantal Chanel, bénéficiait d’un acquittement. Comment ne pas se réjouir de la compréhension du tribunal, en regardant l’image si largement diffusée de ces deux sympathiques jeunes ...

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- n° 4076 - p.597 à p.607

La production de carburants d’origine agricole apparaît depuis peu dans l’opinion comme une alternative au pétrole. Mais une controverse est très vite apparue entre ceux qui y voient véritablement une alternative satisfaisant les critères de lutte contre l’effet de serre, et ceux qui dénoncent un projet mal étudié et même douteux, voire dangereux pour l’environnement. La controverse porte en particulier sur la capacité de la planète à pouvoir à la fois satisfaire les besoins alimentaires et les besoins en carburant, ou plutôt sur les conséquences de la production de carburants par l’agriculture sachant que la planète ne peut suffire à satisfaire tous les besoins.
Les besoins alimentaires augmentent fortement. Notre planète va connaître dans les quatre à cinq décennies qui viennent la fin de la progression de la population mondiale pour atteindre environ 9 milliards d’habitants. En un siècle, elle sera passée de 3 à 9 milliards ce qui est un évènement capital dans l’histoire aussi bien de la planète que des sociétés humaines. Dans le même temps, ce que l’on qualifie de besoins des sociétés qui s’expriment par une demande ou des désirs de consommation augmente de manière plus importante encore. En effet, dans la consommation alimentaire, la demande en viande s’accroît plus rapidement que la demande en autres aliments. Or, comme l’espace de la planète consacré aux herbages et parcours pastoraux est saturé, la production de viande à partir de ces ressources est limitée et il faut consacrer des surfaces nouvelles et de plus en plus grandes à une production agricole spécifiquement dédiée à la production d’aliments pour les animaux (volaille, porcs, bovins), essentiellement du maïs et du soja. L’augmentation rapide de ces surfaces destinées à l’alimentation animale s’additionne à l’augmentation des surfaces nécessaires pour produire des aliments directement pour les populations humaines.
Pendant longtemps, ce fait bien connu n’a pas inquiété ceux qui réfléchissent à la sécurité alimentaire mondiale car la progression des rendements agricoles grâce aux techniques disponibles semblait garantir la possibilité d’alimenter une population humaine beaucoup plus importante. Mais depuis une dizaine d’années, les rendements des grandes régions agricoles du monde plafonnent et la prolongation à long terme de ce plafonnement fait redouter que la sécurité alimentaire mondiale soit difficile à atteindre à l’horizon de la moitié du XXIème siècle. Il faut en effet considérer qu’il est nécessaire de conserver des surfaces importantes pour assurer la protection des forêts tropicales pour des raisons de biodiversité, considérer aussi les risques de désertification et de pénurie d’eau au fur et à mesure que progressent les surfaces agricoles au détriment de la nature sauvage, ainsi que la progression des surfaces urbaines, sachant que les meilleures terres et les plus proches des zones de colonisation humaine ont déjà été utilisées par l’agriculture.
Dans ce contexte, la perspective de consacrer des terres productives à la production de carburants réduit encore plus l’espace potentiellement disponible et crée de l’inquiétude. Les besoins en carburants liquides en substitution du pétrole sont en effet immenses.[...]
Produire des aliments ou des carburants? Marcel Griffon
La production de carburants d’origine agricole apparaît depuis peu dans l’opinion comme une alternative au pétrole. Mais une controverse est très vite apparue entre ceux qui y voient véritablement une alternative satisfaisant les critères de lutte contre l’effet de serre, et ceux qui dénoncent un projet mal étudié et même douteux, voire dangereux pour l’environnement. La controverse porte en particulier sur la capacité de la planète à pouvoir à ...

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Prisons : la voie de l'Europe | Etudes 01/01/07

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- n° 217 - p.32 à p.41

La situation carcérale en France et dans les pays de l'Europe a été dénoncée à maintes reprises, à juste titre. La Charte pénitentiaire européenne se veut une réponse concrète à la nécessité de constituer un instrument normatif et contraignant dont les manquements donneront lieu à poursuite et réparation.

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- n° 4135

Le débat politique s’est récemment concentré autour du problème de la burka et, pour des raisons de logique partisane, il va sans doute aboutir à une loi - les gouvernements français ayant pris l’habitude de " résoudre " les problèmes sociaux par une loi, éventuellement plus publicitaire qu’efficace. Personne ne défend le port de la burka, même si l’on peut discuter de l’opportunité d’adopter une loi d’inter-diction générale ou de suivre le Conseil d’Etat en votant une loi plus limitée. Même si la burka ne concerne qu’un nombre réduit de personnes, évalué par les autorités compétentes à environ deux mille, il n’est pas douteux que son sens symbolique dépasse de loin ce que semble impliquer ce petit nombre. Par-delà la nécessité d’identifier les personnes dans nombre de circonstances de la vie collective (papiers d’identité, collecte des enfants à l’école, contrôles de sécurité, vérification des titres de transport…), il est clair que la burka symbolise l’inégalité de traitement des femmes, alors même que tous les fondamentalismes ont en commun de contrôler le comportement des femmes, éventuellement de manière barbare. Mais, plus généralement encore, le port de la burka est contraire aux valeurs de la société démocratique, dans lesquelles existent sinon les échanges réels entre tous ses membres, fondamentalement égaux, du moins la possibilité de ces échanges. La burka les rend impossibles - la femme dissimulée par la burka voit les autres qui ne peuvent la voir. Elle agresse les modalités de vivre ensemble selon lesquelles chacun est susceptible d’entrer en relation avec tous les autres en leur présentant son visage. Ce dernier n’est pas n’importe quelle partie du corps mais celle qui exprime l’identité de la personne et ses sentiments, celle par laquelle passe la reconnaissance de l’autre. On ne peut reconnaître l’autre qu’en lui donnant la possibilité de nous reconnaître. L’expression " ne plus avoir figure humaine " est significative.
Si l’actualité politique a donné un rôle central à ce phénomène, il ne faut pas prendre le risque de réduire le " problème des immigrés " à la burka ou même aux immi-grés, mais une fois encore, rappeler que ce qu’on nomme le problème des immigrés est d’abord celui de la société d’ins-tallation de ces derniers.

Plan de l'article :


La présence normale des immigrés
Politiques publiques
L’intégration des migrants
Les discordances du processus d’intégration
L’intégration de la " démocratie providentielle "
Le respect des traditions particulières ?
Le débat politique s’est récemment concentré autour du problème de la burka et, pour des raisons de logique partisane, il va sans doute aboutir à une loi - les gouvernements français ayant pris l’habitude de " résoudre " les problèmes sociaux par une loi, éventuellement plus publicitaire qu’efficace. Personne ne défend le port de la burka, même si l’on peut discuter de l’opportunité d’adopter une loi d’inter-diction générale ou de suivre le ...

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Nés entre le début des années 80 et le milieu des années 90, les 15-30 ans appartiennent à ce qu'il est désormais convenu d'appeler la "génération Y". Si les générations précédentes ont le plus souvent été marquées du sceau d'un événement historique, les digital natives ont été massivement façonnés par Internet.

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La Chine, centre du monde MEYER Claude | Etudes 01/04/2010

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- n° 4124 - p.439 à p.450

Le 1er mai 2010, la Chine va devenir pour six mois le centre du monde. Après les Jeux Olympiques de Pékin en 2008, l’exposition " Shanghai 2010 " consacre avec éclat le retour spectaculaire de l’ancien empire du Milieu sur la scène internationale. Soixante ans après la création de la République Populaire de Chine (RPC), l’année 2009 a mar-qué un tournant dans l’affirmation de la puissance chinoise : le G20 de Londres en particulier a révélé les ambitions mon-diales de Pékin, même masquées sous le slogan d’une " Ascension pacifique ".
Devenir un " pays prospère et puissant " (fuqiang) : tel était l’objectif fixé à la Chine par Deng Xiaoping dans les années 1980, auquel Hu Jintao a ajouté en 2004 celui d’une " société harmonieuse ". Croissance économique, harmonie sociale, leadership régional et puissance mondiale : tels sont les quatre impératifs de la politique conduite avec détermina-tion par un Parti communiste (PCC) dont l’autoritarisme ne supporte ni contestation interne ni ingérence étrangère.

Plan de l'article :


Le " miracle " économique et son envers
Une " société harmonieuse " ?

Vers le leadership régional ?


La rivalité Chine-Japon


L’ambition de la puissance globale
Le 1er mai 2010, la Chine va devenir pour six mois le centre du monde. Après les Jeux Olympiques de Pékin en 2008, l’exposition " Shanghai 2010 " consacre avec éclat le retour spectaculaire de l’ancien empire du Milieu sur la scène internationale. Soixante ans après la création de la République Populaire de Chine (RPC), l’année 2009 a mar-qué un tournant dans l’affirmation de la puissance chinoise : le G20 de Londres en particulier a révélé les ...

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- n° 222 - p.749 à p.758

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Il existe donc une entreprise pour laquelle " l’équité " est une préoccupation essentielle. Ses dirigeants revendiquent un devoir d’attention et de solidarité à l’égard de toutes les parties prenantes, et notamment de leurs salariés. Leurs attitudes et comportements développent la confiance à tous les niveaux. S’agissant de leurs salariés, ils leur donnent du sens et des responsabilités, et leur communiquent de façon régulière et complète leur stratégie. Leurs objectifs concernent autant la performance économique que ses dimensions sociale, sociétale et environnementale. Le management de cette entreprise, attentif et bienveillant, tient également compte des compétences, qualités, capacités et aspirations de chacun dans la définition des objectifs individuels. Dans cette firme, la politique de rémunérations valorise la réussite tant individuelle que collective. Avec lucidité et courage, la lutte effective contre les discriminations et le respect des différences y remplacent les propos politiquement corrects sur la " diversité ". Innovante, cette entreprise met en place concrètement des méthodes de travail collaboratives. Sa culture favorise délibérément dans les équipes la co-construction et la coopération. L’écoute des salariés encourage enfin la remontée d’idées et de propositions. En toile de fond, la reconnaissance du courage dans l’entreprise et de la prise d’initiative s’accompagne du droit à l’erreur. Cette entreprise irréprochable n’est autre que celle, ainsi décrite, qu’appelle de ses voeux la Commission Respect de l’Homme du Medef, dans son récent " Manifeste pour un nouveau management ". Ce document concret et engagé, qui alerte les dirigeants sur l’urgence de " réinscrire l’Homme au coeur du projet d’entreprise ", témoigne d’une incontestable prise de conscience des impasses actuelles de la part de l’organisation patronale. À l’évidence, est-il suggéré, les salariés sont des parties prenantes à réhabiliter. Si les contours de cette entreprise idéale sont convaincants, la commission ne dit rien des leviers à mobiliser pour qu’advienne une telle transformation en profondeur. L’invocation du risque d’opinion, qui affecterait sa réputation, ou de l’engagement nécessaire des salariés dans la mondialisation, rituelle dans les discours patronaux, n’a pas pour autant déclenché les changements radicaux proposés. Comme l’a reconnu Antoine Frérot, PDG de Veolia Environnement, lors d’un récent colloque organisé par le Collège des Bernardins, cette modernisation nécessaire du management requiert le renforcement des contre-pouvoirs. La force des mécanismes démocratiques (les contrepouvoirs en sont un, essentiel), ce n’est pas qu’ils rendent inutile le consensus sur les grands principes, c’est qu’ils l’empêchent de sonner creux. Les chefs d’entreprise s’attacheront d’autant plus volontiers à construire les bases de ce nouveau management qu’ils y seront fortement incités par des salariés (et leurs représentants) ayant réellement voix au chapitre. Les fortes attentes des salariés en matière de conditions de travail, de reconnaissance et de participation appellent des solutions réellement innovantes. Comment cette grande transformation de l’entreprise peut-elle concrètement voir le jour ? Comment définir concrètement sa responsabilité à l’égard de ses salariés, et évaluer ses résultats ? Et comment reconnaître à ces derniers un pouvoir accru, qui ne remette pas en question l’autorité légitime du dirigeant ? Cinquante ans après le rapport Bloch-Lainé, le temps est venu de reconnaître aux salariés la qualité pleine et entière de " partie prenante ". C’est à ces conditions que se mettra en place une représentation positive et fiable de l’entreprise qui " donne un sens au fait de s’y engager ".

Plan de l'article :


Des instances dirigeantes ignorantes des questions sociales
Définir et généraliser la " responsabilité sociale interne "
Les contenus opposables de la responsabilité sociale interne
Publier un " rapport annuel de performance sociale "
Une démarche exigeante et vertueuse
Réévaluer la " partie prenante " salariés
Il existe donc une entreprise pour laquelle " l’équité " est une préoccupation essentielle. Ses dirigeants revendiquent un devoir d’attention et de solidarité à l’égard de toutes les parties prenantes, et notamment de leurs salariés. Leurs attitudes et comportements développent la confiance à tous les niveaux. S’agissant de leurs salariés, ils leur donnent du sens et des responsabilités, et leur communiquent de façon régulière et complète leur ...

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La mondialisation a un impact sur les systèmes éducatifs. La mobilité des étudiants se développe. Des systèmes de classement mettent en concurrence les établissements de l’Enseignement supérieur partout dans le monde. Quelles en sont les conséquences ? Quel rôle peuvent jouer les pouvoirs publics, compte tenu des enjeux financiers ? Quel type d’éducation est en train d’émerger ?

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- n° 4135

Le débat public privilégie souvent les habitus nationaux dans la prise en compte des effets de la mondialisation. Cette réaction est naturelle. On est toujours tenté d’in-terpréter les mouvements du monde à partir de sa propre expé-rience politique. Ainsi s’inquiète-t-on, en France, de l’avenir de la nation et de son identité tout en déplorant l’impuissance de l’Etat. De fait, dans un pays où, des Capétiens à Bonaparte, de la monarchie à la république, l’Etat a été conçu comme le souverain qui arbitre et oriente la vie nationale, l’idée que sa liberté d’action puisse être diminuée ou entravée paraît à beau-coup inconcevable. Nous ne sommes pas seuls à réagir ainsi : les Allemands sont profondément marqués par le choix que firent Ludwig Erhardt et l’école de Fribourg quand, dans l’im-médiat après-guerre, ils définirent " l’économie sociale de mar-ché " pour ne reconnaître à l’Etat de légitimité qu’en tant que " garant de la liberté économique ". C’est ce qui fera dire à Michel Foucault que l’Etat en Allemagne est " radicalement économique, en prenant “radicalement” au sens strict du terme, c’est-à-dire que sa racine est très exactement économique ". L’Angleterre pour sa part s’est toujours pensée au centre d’un commonwealth de la langue, du commerce et de la finance. On pourrait élargir le sceptre des attitudes en songeant à ce que représente pour la République polonaise la douloureuse expé-rience des partages - qui fit disparaître son Etat pendant plus d’un siècle - ou pour les Pays Bas l’invention d’un capitalisme financier et maritime et des premières gazettes libres pendant le siècle d’Or. Pour naturel qu’il soit, ce tropisme sur des expé-riences singulières risque de nous priver de ce que la diversité des héritages nationaux peut avoir de fécond pour l’Europe dans la mondialisation. Sa force ne vient-elle pas de ce qu’elle est le produit d’une " double composition " : celle de ses nations " les unes avec les autres " et celle de ses nations " avec le monde " ? C’est une heureuse alchimie que ces identités qui se transforment pour devenir un bien commun qu’on partage. Shakespeare, Goethe, Dante, Hugo, Cervantes ou Tolstoï, tra-duits dans la richesse de toutes nos langues, ne sont plus la propriété exclusive des Anglais, des Allemands, des Italiens, des Français, des Espagnols ou des Russes mais constituent la mémoire commune des Européens. Ce qui est vrai des rap-ports entre nations européennes s’observe aussi dans les rap-ports de l’Europe avec le monde, ce monde avec lequel elle a été depuis toujours en échange. C’est l’Asie qui lui a donné l’at-telage moderne, le seigle et le houblon, l’astronomie et la méde-cine, la boussole et le papier, le coton et les mathématiques… Ce sont les Arabes qui lui ont fait redécouvrir la philosophie d’Aristote quand l’école de Cordoue traduisait en latin les oeuvres d’Avicenne et d’Averroès. Appartenir à l’Europe constitue donc une double chance pour aborder la mondialisation. Nous avons, par nos histoires singulières, une expérience plurielle du monde qui peut grandement nous aider à mieux comprendre notre monde qui n’est plus le " monde d’hier " que décrivait Stefan Zweig dans la Vienne du début du xxe siècle. Plus encore, nous avons su, ensemble, tirer les leçons des affrontements et des divisions du passé pour forger depuis soixante ans une construction politique originale de dépassement des Etats-Nations. Capitale est donc la tâche proprement politique de déchiffrement de ce que l’appartenance à l’Europe offre comme leviers pour penser désormais l’action des Etats dans ce monde qui est le nôtre et dont le dérèglement politique, économique et financier nourrit les peurs collectives. On voudrait proposer ici trois orientations qui sont autant de convictions d’un Européen convaincu : nous devons changer notre regard sur le monde, croire davantage en nos forces, accomplir les promesses de l’Europe.

Plan de l'article :


Changer de regard sur le monde
Avoir confiance en nous-mêmes
Accomplir les promesses de l’Europe
Le débat public privilégie souvent les habitus nationaux dans la prise en compte des effets de la mondialisation. Cette réaction est naturelle. On est toujours tenté d’in-terpréter les mouvements du monde à partir de sa propre expé-rience politique. Ainsi s’inquiète-t-on, en France, de l’avenir de la nation et de son identité tout en déplorant l’impuissance de l’Etat. De fait, dans un pays où, des Capétiens à Bonaparte, de la monarchie à la ...

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- n° 4082 - p.175 à p.186

Lorsque l’ONU commande un rapport à Mme Brundlandt en 1983, elle le fait devant l’insuffisance des résultats obtenus depuis la création du Programme des Nations Unies sur l’Environnement (PNUE) à Stockholm en 1972. A l’époque, une tentative se dessinait pour définir une gouvernance mondiale dans un contexte marqué par la division Est - Ouest, l’écart entre Tiers - Monde et pays développés et une globalisation rapide de l’économie.

Ce mouvement était porté par la crainte que la libéralisation des échanges (les rounds du GATT) ne soit impuissante à entraîner les pays pauvres dans un cercle vertueux de croissance en l’absence de règles communes. L’environnement pouvait être un des lieux d’édiction de telles règles, ne serait-ce que pour des raisons négatives. Devant l’impossibilité d’une harmonisation des fiscalités (symboles de la souveraineté des Etats), des lois sociales ou des politiques publiques (dépendantes de compromis locaux), il définissait un espace de problèmes communs autour desquels on pourrait explorer plus librement des options nouvelles.
De façon plus positive, le contexte intellectuel était formé de deux mouvements hétérogènes. D’un côté la dénonciation de la ponction incontrôlée sur les ressources environnementales trouvait logiquement sa place dans la tradition critique des paradigmes dominants du développement; Walt Whitman Rostow aux USA (via des flux capitaux étrangers et une nouvelle classe d’entrepreneurs) et les courants marxistes ( via l’affectation planifiée à l’industrie du surplus du secteur agricole) partageaient une même vision d’un Sud se modernisant en mimant les pays industrialisés. De l’autre, on dénonçait les effets contre-productifs du productivisme des Trente Glorieuses et d’une rationalité instrumentale déconnectée de finalité collective : critique de la modernité, des désillusions du progrès, de la trahison de l’opulence de la technique et science comme idéologie. C’était la convergence de la critique du métro-boulot-dodo et de la question écologique.

Mais le premier contact entre environnementalisme et développementisme fut conflictuel lors du message croissance zéro du Club de Rome et des thèses soutenant que, pour préserver des écosystèmes irremplaçables, il fallait viser une économie stationnaire (voire décroissante). En raison du peu de crédibilité de l’idée que les pays occidentaux diminueraient leur niveau de vie matériel, ces thèses furent perçues comme une gesticulation intellectuelle véhiculant un message anti-développement, le Tiers - Monde devant se résigner à la portion congrue d’un stock de ressources fixe. Cette vision fut réfutée par les économistes sous l’argument que le progrès technique devrait fournir des substituts aux ressources rares et par la Fondation Bariloche typique de la position des intellectuels du Tiers-Monde.

En fait, l’interprétation malthusienne de la thématique environnementale est une impasse : il ne peut y avoir de protection de l’environnement planétaire sans participation des pays pauvres et ceux-ci refuseront toute politique perçue comme un obstacle additionnel à leur développement. C’est le rejet du zégisme qu’exprime le compromis de Stockholm et que le premier président du PNUE (Programme des Nations Unies pour l’environnement), M. Strong, illustrera par la notion d’écodéveloppement.
Lorsque l’ONU commande un rapport à Mme Brundlandt en 1983, elle le fait devant l’insuffisance des résultats obtenus depuis la création du Programme des Nations Unies sur l’Environnement (PNUE) à Stockholm en 1972. A l’époque, une tentative se dessinait pour définir une gouvernance mondiale dans un contexte marqué par la division Est - Ouest, l’écart entre Tiers - Monde et pays développés et une globalisation rapide de l’économie.

Ce mouvement ...

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- n° 4074 - p.331 à p.342

On applique à des conduites de plus en plus diverses un mode de compréhension jusqu’ici réservé aux drogues, à l’alcool ou au tabac ; ainsi parle-t-on de " cyberaddiction " pour évoquer la dépendance aux jeux sur internet. Mais peut-on, en toute rigueur, parler de " maladie " ?
Les toxicomanies, le jeu pathologique, les addictions ne seront jamais des maladies tout à fait comme les autres. Cela provient de ce qu’elles entretiennent un lien étroit avec l’abus, l’excès, bref avec ce que nombre de patients - toxicomanes ou joueurs pathologiques - continuent eux-mêmes à appeler un "vice".
Que certaines sources de plaisir puissent devenir l’objet d’un désir incontrôlable, engloutissant, est le fondement même de la morale des anciens. La morale du juste milieu, du " ni trop ni trop peu " d'Aristote est aujourd'hui remplacée par des considérations pragmatiques et utilitaristes de santé publique. Mais dans tous les domaines de consommation ou d’activité, les statistiques tendent à montrer que les attitudes modérées sont le meilleur garant d'une bonne santé : la science actuelle s'attache aux mêmes objets, et parvient aux mêmes conclusions qu’une morale qu'elle prétend parfois dépasser.
Plus profondément, il convient de souligner que tous les champs des actuelles addictions ont été, depuis les débuts de l’humanité, au coeur des préoccupations religieuses. Si "la drogue" est, comme on le dit souvent, un sujet tabou, c’est qu’elle a, depuis toujours, comme la sexualité, un lien étroit avec le sacré et le secret.
Le théologien Philippe De Félice s’est interrogé, dès 1936, sur les liens étroits entre religion et usage de drogues, montrant que nombre de religions ont utilisé des substances psychoactives comme " véhicule ", et que la trace de ces pratiques anciennes persiste dans les rites les plus actuels. Il montre aussi comment les ivrognes, toxicomanes, et autres intempérants peuvent être vus comme des " dévots " particuliers, cherchant dans l’extase chimique un substitut à leur foi défaillante : Pour eux, l’opium serait la religion du peuple...
Cette interprétation est valable pour d’autres addictions que l’usage de drogues : la nourriture est, à l’évidence, à l’origine des principales pratiques cultuelles de toutes les civilisations : les rites religieux sont souvent des rites de semailles et de moisson, et le mystère de la vie est célébré à travers celui de la mort et de la renaissance saisonnière de la nature. Dans les religions archaïques, le don d’une vie devait magiquement permettre à la source de toute vie de rendre le don au centuple, les sacrifices humains faisant ensuite place aux sacrifices animaux, l’agneau remplaçant l’enfant comme offrande au dieu.
Le pêché de gourmandise, le manque de retenue coupable envers la bonne chère a donc été, lui aussi, précédé par la sacralisation de la nourriture, bien avant nos formes actuelles de culte de la santé, de la " ligne ", la mode des régimes, et nos modernes " troubles des conduites alimentaires ". Il reste que l’obésité est toujours, plus ou moins consciemment, reliée au manque de retenue, alors que le jeûne, voire l’anorexie, évoque la pureté et le détachement des choses matérielles. La régulation de la sexualité est, elle aussi, un des fondements de la civilisation : c’est en elle, à la suite de Freud et du mythe de la horde primitive, que l’on tend à voir la principale forme de structuration des sociétés humaines.
Il est donc évident que les plus actuelles addictions, sexualité compulsive, troubles des conduites alimentaires, toxicomanies et alcoolisme, relèvent de conduites qui ont toutes été de l’ordre du sacré, du religieux, puis de la morale et du nécessaire maintien de soi.
Et ceci s’applique à l’évidence au jeu pathologique : le jeu d’argent et de hasard s’est en effet progressivement séparé des activités sacrées que sont les procédures oraculaires, comme des ordalies. Il porte encore de nos jours la trace de cette origine, ou plutôt de ce lien dialectique avec le monde du sacré, et reste, au moins en germe ou dans les représentations sociales, une forme de profanation. L’usage des osselets, des dés, aux fins de décisions ou de tirage au sort est présent dans les textes les plus anciens, la Bible, la mythologie grecque... Il s’agit d’une forme de jugement ou de moyen de prise de décision, dans des cas où l’homme est impuissant à trancher seul : la réponse des dés est un moyen de produire du sens, en cherchant ce sens à la source, auprès des puissances divines. Dans leur prière muette à la chance, les joueurs actuels interrogent, comme leurs ancêtres, les oracles et les puissances supérieures. Et se vivent, lorsqu’ils sont dans l’excès et la démesure, puis dans la dépendance, plus comme des "vicieux" ou des marginaux, que comme simplement malades. [...]
A propos des addictions sans drogues
Marc Valleur
On applique à des conduites de plus en plus diverses un mode de compréhension jusqu’ici réservé aux drogues, à l’alcool ou au tabac ; ainsi parle-t-on de " cyberaddiction " pour évoquer la dépendance aux jeux sur internet. Mais peut-on, en toute rigueur, parler de " maladie " ?
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La Chine doit-elle nous " inquiéter " ? Son émergence est sans conteste le phénomène central dans les relations internationales au xxie siècle. Les bouleversements profonds qu’elle ne cesse d’entraîner au fil des mois et des années tant sur le plan politique qu’économique laissent planer l’ombre d’une transformation radicale de l’ordre international tel qu’il a été construit après la Seconde Guerre mondiale, un ordre d’abord bipolaire jusqu’à l’effondrement de l’Union Soviétique, puis unipolaire depuis vingt ans. La perspectived’un monde multipolaire tel que la Chine semble le souhaiter ouvre des perspectives inconnues et par conséquent potentiellement dangereuses. Face à un affaiblissement stratégique de la puissance américaine consécutif à l’échec des stratégies menées en Afghanistan et en Irak, où il est désormais évident que le Nation building est un échec et que les interventions militaires n’ont conduit qu’à une déstabilisation encore plus grande des régions concernées, et aux révoltes arabes dont les principaux acteurs semblent surtout vouloir s’affranchir de la domination américaine, les autres puissances et les regroupements de nations semblent s’orienter davantage vers une bunkérisation de leurs espaces stratégiques que vers une poursuite de la globalisation et de l’ouverture prêchée par la philosophie libérale. Le réflexe sécuritaire est à l’oeuvre, celui qui conduit à soupçonner les étrangers de tous les maux de la nation, à limiter sinon mettre un terme aux mouvements de population, à se surarmer face à des menaces réelles, exagérées voire imaginaires. Dans un mouvement de défiance à l’égard du Sud, l’Union Européenne accepte que le rideau de missiles du bouclier américain, formellement dirigé contre l’Iran et la Corée du Nord, s’installe dans le Sud de l’Espagne, tourné face à la Méditerranée… Cette politique sécuritaire pose un grave défi : une sécurité accrue d’un État ou bien d’un groupe d’États n’affaiblit-elle pas la sécurité des autres ?

Plan de l'article :


Chine et États-Unis : deux modèles
Une puissance militaire responsable
Un acteur économique incontournable
Gestion centralisée et liberté d’entreprise
Puissance économique et multipolarité
Compétition dans l’influence
Nouvel acteur de gouvernance mondiale
La Chine doit-elle nous " inquiéter " ? Son émergence est sans conteste le phénomène central dans les relations internationales au xxie siècle. Les bouleversements profonds qu’elle ne cesse d’entraîner au fil des mois et des années tant sur le plan politique qu’économique laissent planer l’ombre d’une transformation radicale de l’ordre international tel qu’il a été construit après la Seconde Guerre mondiale, un ordre d’abord bipolaire jusqu’à ...

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Démocratie et citoyenneté | Etudes 01/01/2012

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