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Sauvés par la révolution numérique ? | Projet 01/12/2015

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" Comme toujours, le progrès technique permettra aussi de répondre à cette question-là ", concluait Dominique Seux, le 16 octobre dernier sur France inter, à l’issue d’un débat sur la mobilité durable. Même si la technique accomplit des prodiges (transports, communications, santé…), peut-on être aussi affirmatif ? Ce serait bien commode ! Les dirigeants économiques et politiques d’ailleurs écoutent avec intérêt les prophéties technologiques, à l’instar de la " troisième révolution industrielle " annoncée par Jeremy Rifkin (cf. S. Lavelle). Nos universités s’y préparent (cf. P. Giorgini). Le récit a de quoi séduire : il promet de nous sortir de toutes nos impasses ! L’impasse écologique, en ajustant l’offre de matière et d’énergie à la demande (cf. G. Babinet). L’impasse sociale, en offrant de nouveaux débouchés pour l’emploi (cf. Ph. Vasseur) ou en libérant l’homme, grâce aux robots, des tâches ingrates ou répétitives. L’impasse politique, en autorisant chacun à reconquérir du pouvoir dans un système moins pyramidal.

L’analyse invite pourtant à la prudence. Dans l’histoire, les révolutions industrielles ne relèvent pas d’un phénomène objectivable, mais d’un discours visant à légitimer ou à accélérer des évolutions qui n’ont rien d’inéluctable, tout en masquant une réalité éminemment conflictuelle (cf. F. Jarrige). À Bruxelles comme à Paris, l’on présente le numérique et la robotique comme des nouveaux moteurs pour notre croissance en berne. Pourtant, à en croire Gaël Giraud, on attribue à tort au progrès technique l’essentiel des gains de productivité depuis deux siècles, alors qu’ils reposent d’abord sur la prédation des ressources rares de notre planète. La nouvelle économie, qualifiée abusivement d’immatérielle, ne fait pas exception : nos clics et nos applis sont énergivores et émetteurs de carbone, nos tablettes et nos robots sont fabriqués avec des matériaux qui se raréfient et ne se recyclent guère (cf. P. Bihouix). Notre économie, qui ne veut pas le voir, avale avec voracité son assise matérielle.

La substitution annoncée de la moitié des emplois par des ordinateurs, elle aussi, a de quoi inquiéter. Peut-être est-ce là son principal objet : mieux imposer une " uberisation " du monde du travail - où le collectif, le salariat et son statut protecteur cèderaient la place à une loi de la jungle au nom de l’individu roi (cf. X. Timbeau). Si les technologies du numérique et de la robotique, intensives en capital, ne laissent que les miettes à la rémunération du travail, elles font naître des rentes aussi soudaines que colossales. Issus de la Silicon Valley, les " petits génies " créateurs de Netflix, Uber ou Airbnb ont rejoint en 2015 le club fermé des milliardaires. Cette concentration de richesse interroge. Mérite-t-on, à 24 ans, de devenir milliardaire pour avoir inventé Snapchat ? Bien souvent, ce sont les utilisateurs que nous sommes qui créent la valeur ! Une valeur qui, en glissant vers " l’immatériel " (brevets, propriété intellectuelle), échappe de plus en plus aux salariés et à l’État. 500 firmes américaines, dont Apple, Microsoft ou IBM, ont accumulé plus de 2000 milliards de dollars de profits (l’équivalent du Pib italien) dans les paradis fiscaux…

Ces technologies nous rendront-elles plus heureux, plus solidaires ? Certes, elles nous rapprochent (les femmes de marins auraient rêvé de pouvoir " skyper "), mais de qui ? Quelle place pour l’imprévu, pour la découverte de l’autre différent, si même les rencontres amoureuses sont régies sur un mode consumériste ? Quel épanouissement au travail, quand l’appel au tout collaboratif se mue parfois en moyen de surveillance ?

" Nous possédons trop de moyens pour des fins limitées et rachitiques ", avertit le pape François (LS, 203), après avoir durement critiqué notre asservissement à la technique. Plutôt que d’accompagner une fuite en avant dictée par la compétitivité, l’heure est à interroger notre projet commun (cf. B. Ibal). À quelles activités utiles et soutenables dédier notre appareil productif, notre travail ? Lesquelles délaisser qui détruisent notre écosystème ? Qu’est-ce qu’une juste répartition du fruit du travail (cf. J. Gadrey) ? Nous ne répondrons pas à ces questions sans un engagement déterminé, lucide et courageux des partenaires sociaux (cf. F. Flipo). " Il s’agit simplement de redéfinir le progrès " (LS, 194).
" Comme toujours, le progrès technique permettra aussi de répondre à cette question-là ", concluait Dominique Seux, le 16 octobre dernier sur France inter, à l’issue d’un débat sur la mobilité durable. Même si la technique accomplit des prodiges (transports, communications, santé…), peut-on être aussi affirmatif ? Ce serait bien commode ! Les dirigeants économiques et politiques d’ailleurs écoutent avec intérêt les prophéties technologiques, à ...

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par conséquent, les inégalités ne sont pas corrigées. Faute de quoi les revenus supplémentaires iront sous les matelas, pas à l'économie. Quoi qu'il en soit, il est clair que les dirigeants de Pékin sont en train de prendre la mesure des dangers d'une croissance trop extravertie.

Les dirigeants européens devraient observer d'un peu plus près ce théâtre d'ombres chinoises. Cela pourrait peut-être éclairer la pièce qu'ils se jouent. Pour l'heure, ils restent collés au livret du choc d'offre, qu'accompagne la partition des réformes structurelles ; autrement dit, dans l'esprit de leurs compositeurs, la régression de la protection des travailleurs ou la libéralisation du marché financier européen.

Cette politique est pourtant peu efficace en termes de créations d'emplois. Ses effets dépressifs sur la demande et, à terme, sur l'appareil productif, sont de plus en plus préoccupants. La course à la dévaluation compétitive entraîne les Etats européens vers le fond et fissure plus que jamais la solidarité européenne. La gestion de la crise grecque, celle des réfugiés syriens, la perspective d'un Brexit (ou des concessions qu'il faudrait faire au Royaume-Uni pour l'éviter), la montée des extrêmes droites et du sentiment xénophobe en sont des manifestations.

A défaut de ressorts internes suffisamment puissants, la croissance retrouvée, mais poussive, de la zone euro repose donc en bonne partie sur des ombres mouvantes, comme la chute spectaculaire des prix du pétrole. Dont le dividende confortable ne peut, du coup, être mobilisé pour investir dans l'urgente décarbonation de l'économie. Cette pièce est mauvaise, il est temps d'en écrire une autre. En 2016, l'économie devrait aller mieux. Le rythme de croissance de la zone euro devrait encore progresser, éloignant le mauvais souvenir de la stagnation de 2012 à 2014. Et la France participe à cette reprise sur le Vieux Continent.

Outre-Atlantique, elle a déjà été si nette que la Fed a décidé de resserrer ses taux d'intérêt. Bien sûr, la baisse des commandes de la Chine et le ralentissement asiatique consécutif suscitent des inquiétudes. ...

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Climat : jusqu'où repoussera-t-on les limites ? | Projet 01/02/2016

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L’accord de Paris porte une ambition forte (un réchauffement " bien en dessous des 2 °C "). Mais il ne suffit pas à ce que le monde en prenne le chemin. Tout se passe comme si nous voulions sans cesse repousser les limites de la biosphère. Pourquoi ? Jusqu’où ? De la confrontation à ces limites, un nouveau rapport au monde peut-il naître ?

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L'Inde à la croisée des chemins | Problèmes Economiques 15/01/2016

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Certaines réformes mises en œuvre par le Premier ministre, Narendra Modi, dès son arrivée au pouvoir en mai 2014, semblent avoir permis à l’économie indienne de repartir de l’avant après deux années marquées par une croissance atone. Aujourd’hui, la Banque mondiale estime que le pays a le potentiel pour renouer avec les taux de croissance qu’a connus l’Inde dans les années 2000. Le produit intérieur brut (PIB) indien devrait en effet atteindre 7 % environ en 2016.

SOMMAIRE :

Les obstacles au développement économique indien
Conjoncture BNP - Paribas
Johanna Melka
La situation économique de l’Inde s’est sensiblement améliorée depuis deux ans, grâce notamment à certaines réformes - comme la libéralisation de l’industrie minière - adoptées depuis l’arrivée au pouvoir du Premier ministre, Narendra Modi, en mai 2014. Désormais, l’objectif du gouvernement est de développer le secteur manufacturier afin de créer 300 millions d’emplois d’ici à 2025. Pour cela, le gouvernement devra parvenir à augmenter la part de l’industrie manufacturière dans le produit intérieur brut (PIB) de 15 % actuellement à 25 % au cours des dix prochaines années. Il s’agit là d’un véritable défi pour l’économie indienne qui doit encore faire face à d’importantes faiblesses : un marché du travail particulièrement rigide, des entreprises dont la situation financière s’est dégradée, et des investisseurs étrangers qui demeurent réticents à investir dans un pays où le nombre de défaillances est élevé et où les contraintes administratives sont dissuasives.

Les terres agricoles au cœur de toutes les convoitises
Financial Times
Amy Kazmin
Le Premier ministre indien Narendra Modi a entrepris une vaste transformation de la société, majoritairement rurale et agraire - l’agriculture ne représente plus que 15 % du produit intérieur brut (PIB) indien mais la moitié de la population active travaille dans le secteur agricole - en une économie industrialisée et urbanisée. Aujourd’hui la demande de terrains à usage non agricole des entreprises qui souhaitent développer des projets industriel ou immobilier est considérable. Mais en raison de registres cadastraux mal tenus, la requalification par l’État, des terres agricoles constitue un problème politique particulièrement délicat à résoudre.

Les limites du modèle de management indien
Sciences Humaines - Les Grands Dossiers
Jean-François Dortier
Ces dernières années, l’Inde s’est particulièrement distinguée en matière d’innovation managériale. Elle serait même à l’origine d’un nouveau mode développement " un développement par le bas " qui repose sur les ressources et le potentiel de créativité du peuple. Ainsi, Muhammad Yunus a œuvré en faveur du développement du microcrédit en aidant les plus pauvres à créer leur propre business, ce qui lui a valu le prix Nobel de la Paix en 2006. Amartya Sen, prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel a développé la théorie des " capabilities " selon laquelle dès lors que l’on aide les plus nécessiteux à développer leur potentiel (" capabilities "), on leur donne les moyens de se prendre en charge. Vineet Nayar, à la tête de l’entreprise technologique HCL prétend, lui, renverser la " pyramide de la hiérarchie " pour favoriser la transparence. Toutefois, selon l’auteur, ces modèles de management ne sont pas sans limites.

L’Inde, laboratoire écologique de la planète
Alterecoplus
Antoine de Ravignan
Quatrième émetteur mondial de gaz à effet de serre (GES), l’Inde a désormais un rôle majeur à jouer dans la lutte contre le changement climatique. Si, dans le pays-continent, les émissions par habitant sont extrêmement faibles - comme n’a cessé de le rappeler le gouvernement lors de la 21e Conférence des Parties (COP21) qui s’est tenue à Paris du 30 novembre au 12 décembre 2015 -, les Indiens semblent avoir pris conscience qu’il était temps d’agir. Ainsi les initiatives pour lutter contre le changement climatique sont de plus en plus nombreuses, comme le rappelle Bénédicte Manier dans son ouvrage Made in India. Le laboratoire écologique de la planète. Bien souvent, précise-t-elle, les meilleures idées émanent des populations les plus pauvres - les plus touchées par la pollution - qui mettent en place d’ingénieux systèmes D.

La tortue indienne rattrapera le lièvre chinois
Le nouvel Économiste
Entretien de Philippe Plassart avec Jean-Joseph Boillot
En 2015, le produit intérieur brut (PIB) chinois (11 385 milliards de dollars) est cinq fois plus élevé que le PIB indien (2 184 milliards de dollars). Selon Jean-Joseph Boilllot, spécialiste de l’économie indienne, un tel écart s’expliquerait par des évolutions différentes des deux pays en matière démographique - l’arrivée, dès 1980, des baby-boomers sur le marché du travail chinois a créé une véritable opportunité pour la croissance -, politique - les entrepreneurs chinois, longtemps frustrés par le régime de Mao Zedong, semblent requérir davantage de libertés que leurs voisins indiens -, et économique - le capitalisme d’État en Chine s’oppose au capitalisme familial indien.
Certaines réformes mises en œuvre par le Premier ministre, Narendra Modi, dès son arrivée au pouvoir en mai 2014, semblent avoir permis à l’économie indienne de repartir de l’avant après deux années marquées par une croissance atone. Aujourd’hui, la Banque mondiale estime que le pays a le potentiel pour renouer avec les taux de croissance qu’a connus l’Inde dans les années 2000. Le produit intérieur brut (PIB) indien devrait en effet atteindre 7 ...

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Solutions équipements | Décisions HPA 01/2016

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HS PRO n°3. Présentation de l'expérience des fournisseurs de l'HPA : Espaces VIP, décors, sanitaires, espaces verts, jeux, Wi-fi, piscines, toboggans, abris, accès, sécurité, services.

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L'année éco de l'Ouest 2016 | Lettre API (La) 01/2016

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Au sommaire, une enquête exclusive sur les nouveaux leaders de l'Ouest : Capitaines d'industrie, héritiers, chercheurs, créateurs de startup, politiques … Le renouvellement générationnel est en marche dans l'Ouest.
Egalement au sommaire :
- Les lauréats des Territoires innovation 2015
- Un an d'actualité économique dans les filières régionales
- Les principaux mouvements en 2015, les fusions, acquisitions et les levées de fonds
- Classement des 250 premiers groupes de l'Ouest en partenariat avec Ellisphere (ex-Coface).
Au sommaire, une enquête exclusive sur les nouveaux leaders de l'Ouest : Capitaines d'industrie, héritiers, chercheurs, créateurs de startup, politiques … Le renouvellement générationnel est en marche dans l'Ouest.
Egalement au sommaire :
- Les lauréats des Territoires innovation 2015
- Un an d'actualité économique dans les filières régionales
- Les principaux mouvements en 2015, les fusions, acquisitions et les levées de fonds
- Classement ...

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Quel monde en 2016 ? | Alternatives Economiques 01/01/2016

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Cinq ans après le déclenchement du "printemps" qui aurait dû, pour d'aucuns, convertir les pays arabes à la démocratie, le bilan est, hélas, tout sauf positif. Seule la Tunisie a réussi sa transition vers la démocratie, mais elle demeure fragilisée par des attentats que mènent des groupes jihadistes. Pour le reste, le tableau est affligeant. Dans les pays du Golfe comme en Algérie, un pesant immobilisme est de mise, tandis qu'en Egypte, la restauration autoritaire est en marche sous la houlette du maréchal al-Sissi, avec son lot d'arrestations et de condamnations expéditives. Quatre Etats (Irak, Syrie, Libye, Yémen) sont ravagés par la guerre, leurs populations martyrisées, leurs territoires contrôlés par diverses factions armées. Parmi ces groupes, le plus redoutable est aujourd'hui le mouvement de l'"Etat islamique", particulièrement actif aux confins de l'Irak et de la Syrie, mais qui dispose désormais de relais dans nombre de "marges" étatiques (Sinaï égyptien, Kabylie en Algérie, nord du Nigeria…). Redoutable, Daech l'est non seulement parce qu'il recourt à la terreur systématique, y compris en France comme l'attestent les terribles attentats de Paris, mais aussi parce que son projet d'édifier un Etat califal transnational revient à effacer complètement les frontières existantes.

Cette violence au sud et à l'est de la Méditerranée conduit a de vastes mouvements de population qui touchent désormais directement de plus en plus l'Europe elle-même avec le flux de réfugiés, majoritairement syriens, qui, d'abord cantonnés en Grèce, tentent de gagner l'Allemagne et d'autres pays d'Europe du Nord. Face à cette crise migratoire, l'Union européenne montre, une fois de plus, sa profonde division. Si l'Allemagne d'Angela Merkel a su faire preuve de générosité, la plupart des pays se contentent du service minimum, quand ils n'érigent pas des barrières à leurs frontières (Hongrie, Autriche…). Cette gestion à la petite semaine risque fort de renforcer les forces conservatrices qui, de la Pologne à la Hongrie en passant par le Royaume-Uni et la France, ont incontestablement le vent en poupe. Certes, cette dynamique est partiellement contrebalancée par l'émergence d'une nouvelle gauche, avec Syriza en Grèce et Podemos en Espagne, mais elle semble bien incapable pour l'heure de véritablement offrir une alternative crédible sur le long terme.

Le système international est aujourd'hui marqué par un désordre profond. Le moment unipolaire des années 1990-2000, lorsque les Etats-Unis dominaient la scène internationale, a conduit à de coupables errements, comme la volonté démiurgique de remodeler le Moyen-Orient qui a énormément déstabilisé la région. Mais le moment apolaire contemporain est tout autant lourd de dangers, car il entretient une anarchie déstabilisatrice conduisant à des interventions tous azimuts, sans stratégie d'ensemble, comme on le voit en Syrie et au Yémen. Il serait grand temps d'organiser une multipolarité dynamique - incluant de grands Etats émergents -, tout en redonnant du souffle au multilatéralisme. Vaste programme, à l'évidence, qui ne verra pas le jour très vite. A cet égard, la nomination du prochain secrétaire général de l'ONU en 2017 sera une indication intéressante de la direction dans laquelle les puissances, grandes et moyennes, entendent conduire le monde : vers une coopération renforcée ou vers une concertation purement symbolique.
Alain Dieckhoff, directeur du Céri-Sciences Po Paris
Alternatives Economiques Hors-série n° 107 - janvier 2016
Cinq ans après le déclenchement du "printemps" qui aurait dû, pour d'aucuns, convertir les pays arabes à la démocratie, le bilan est, hélas, tout sauf positif. Seule la Tunisie a réussi sa transition vers la démocratie, mais elle demeure fragilisée par des attentats que mènent des groupes jihadistes. Pour le reste, le tableau est affligeant. Dans les pays du Golfe comme en Algérie, un pesant immobilisme est de mise, tandis qu'en Egypte, la ...

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La monnaie, quel avenir ? | Problèmes économiques 15/12/2015

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La monnaie s’est constamment adaptée aux mutations de l’activité économique. Compte tenu de la dématérialisation croissante des échanges, le XXIe siècle pourrait être celui de la disparition des pièces et des billets. De nombreux économistes s’interrogent en effet aujourd’hui sur l’opportunité de mettre progressivement fin à la circulation de la monnaie fiduciaire.

SOMMAIRE :

Supprimons les billets de banque !
Financial Times
Kenneth Rogoff
L’abolition de la monnaie papier est une idée en vogue chez certains économistes qui la considèrent comme l’ultime instrument de répression financière. Kenneth Rogoff, ancien chef économiste du Fonds monétaire international, fait partie de ceux-là. Il avance deux arguments qui plaident en faveur d’une telle décision. Le premier concerne la lutte contre le crime organisé et l’économie souterraine. Supprimer la monnaie papier compliquerait sérieusement la tâche des criminels et des travailleurs clandestins dans la mesure où l’argent liquide est très répandu dans ces secteurs de la société. Le second argument à trait à la politique monétaire. L’abondance de liquidités physiques - dans un contexte où les taux d’intérêt sont proches de zéro - rend difficile la mise en œuvre d’une véritable politique de taux d’intérêt négatifs. Kenneth Rogoff admet que la suppression des billets n’est pas une entreprise facile à mener à terme. Aussi propose-t-il de commencer par retirer du circuit financier les grosses coupures.

L’efficacité limitée d’une suppression des billets
VoxEU. org
Dirk Niepelt
Le débat sur le rôle de la monnaie et le régime monétaire est récurrent. La difficulté de mettre en œuvre une politique de taux d’intérêt négatifs, mais également la volonté de lutter plus efficacement contre le crime organisé et l’évasion fiscale, ont relancé l’idée d’une suppression des billets de banque. Si cette idée présente certains avantages, l’efficacité d’une telle mesure serait sans doute plutôt limitée. Ceux qui recherchent l’anonymat peuvent en effet toujours recourir à mille autres moyens pour échapper à la surveillance. Quant à l’objectif poursuivi par la fixation de taux d’intérêt négatifs, c’est-à-dire favoriser la consommation et l’investissement, il peut également être atteint à l’aide d’autres instruments, notamment la politique fiscale.

La monnaie fiduciaire en France
Bulletin de la Banque de France
Elodie Ninlias et Ghjuvanni Torre
En 2014, les émissions nettes de billets en France ont représenté 4,2 milliards de coupures pour une contre-valeur de 108,3 milliards d’euros - en augmentation de 7,2 % en volume et de 6,2 % en valeur par rapport à 2013. Les émissions nettes de pièces sont également en hausse, mais avec une progression légèrement plus faible. La France se situe au deuxième rang en volume et au troisième rang en valeur des contributeurs à la circulation fiduciaire de l’Eurosystème : elle représente en volume près d’un quart des émissions nettes dans la zone euro, en valeur son importance est plus faible (10 %). Les habitudes de paiement varient donc nettement au sein de l’Eurosystème. En France, la coupure de 20 euros est de loin le billet préféré, il représente la moitié des émissions nettes en valeur. Au sein de la zone euro, le billet de 50 euros est la coupure la plus répandue.

L’avenir des moyens de paiement en France
Ministère de l'économie, des finances et de l'industrie
Georges Pauget et Emmanuel Constans
Aujourd’hui, le chèque et les espèces ont perdu leur rôle dominant comme moyens de paiement. Après la véritable révolution qu’a représentée l’essor de la carte bancaire, de nouveaux bouleversements sont en train de s’opérer : les paiements par l’internet ou le téléphone et les paiements sans contact. Ces transformations sont lourdes de conséquences pour les banques et remettent en cause leur modèle économique. En France, plusieurs objectifs ont été fixés par les pouvoirs publics afin d’assurer un bon fonctionnement des moyens de paiement : faciliter les règlements sécurisés en ligne, développer des moyens de paiement modernes en face à face, accompagner la diminution de l’utilisation du chèque, et, enfin, encourager l’émergence de modèles économiques performants, ouverts et concurrentiels.

Le bitcoin : une monnaie qui dérange
La Gazette de la société et des techniques
Nicolas Clausset et Arnaud Sellem
Le bitcoin, monnaie numérique créée en 2008 - dont on ne connaît pas le concepteur -, n’est régi par aucune banque centrale ni aucun gouvernement, mais par une vaste communauté d’internautes. Le développement de cet instrument de paiement a été relativement modeste jusqu’à la fin de 2013, période à partir de laquelle son cours a littéralement explosé. Bien que l’engouement pour le bitcoin soit depuis nettement retombé, nombre de ses partisans lui promettent toujours un avenir radieux. Il est vrai que cette monnaie revêt une utilité évidente : outre la possibilité d’effectuer des transactions sous respect de l’anonymat, elle permet de s’appuyer sur une monnaie à l’abri des crises systémiques des monnaies traditionnelles.

Le marché du paiement : vers un nouvel éco-système
La Tribune
Karim Terbeche
Le marché des moyens de paiement est en pleine mutation en raison notamment des avancées technologiques de l’informatisation et de la communication et de la diffusion du Smartphone. Si, jusqu’à présent, peu de choses ont changé dans la manière d’effectuer des paiements, il ne fait aucun doute que d’ici à quelques années il en ira tout autrement. Pour les banques, ces évolutions risquent d’être lourdes de conséquences, car les innovations dans ce domaine sont le plus souvent portées par des acteurs non bancaires. Les investissements consentis par les GAFA - Google, Apple, Facebook et Amazon - afin de créer un nouvel éco-système des moyens de paiement sont aujourd’hui considérables.
possession. En revanche, ceux qui choisissent de céder leurs biens, sur eBay ou Le Bon Coin notamment, semblent plutôt aspirer à une forme d’économie circulaire.

Quelles promesses économique et environnementale ?
IDDRI
Damien Demailly et Anne-Sophie Novel
Les biens " partageables " - qui peuvent faire l’objet de revente, de don, de troc, de location de court terme ou encore d’emprunt (monétarisés ou non), entre particuliers ou par l’intermédiaire d’entreprises ou d’associations - représentent environ un quart des dépenses des ménages et un tiers de leurs déchets. En augmentant la durée de vie d’usage de produits " consommateurs de ressources ", le partage de ces biens permettrait d’économiser jusqu’à 7 % du budget et 20 % des déchets des ménages. L’économie du partage est-elle désormais à considérer comme un véritable outil de la transition écologique ? C’est à cette question que les auteurs tentent de répondre.

Quels effets sur la croissance et la productivité ?
Forbes
Frances Coppola
L’économie du partage peut-elle devenir un moteur de croissance ? Cette question suscite aujourd’hui un certain nombre de débats. Le 21 octobre 2015, Tim Worstall, directeur de recherche à l’Institut Adam Smith, un think tank britannique, a publié dans le magazine américain Forbes un article pour défendre cette idée intitulé " [Izzy] Kaminska et [Frances] Coppola ne comprennent rien à la croissance économique ". Frances Coppola - a répondu par deux articles parus dans le même magazine, fin octobre et début novembre, dans lesquels elle explique que, contrairement à ce qu’affirme Tim Worstall, l’économie du partage ne favorise pas la croissance ni la productivité et ne crée pas d’emplois.

Les dangers de l’" ubérisation " du monde
Le Monde diplomatique
Evgeny Morozov
Uber, créée en 2009 et basée à San Francisco aux États-Unis, est une entreprise technologique qui développe et exploite des applications pour smartphones permettant de mettre en contact direct des utilisateurs et des chauffeurs proposant des services de transport. Le développement des activités de Uber ont, dans de nombreux pays, déclenché la colère des chauffeurs de taxis qui accusent l’entreprise américaine - et les sociétés de véhicules de tourisme avec chauffeur (VTC) en général - de concurrence déloyale notamment en raison de la faible réglementation du travail de ce type de service. L’auteur met en garde contre une tendance à l’" ubérisation " de la société, c’est-à-dire l’extension à d’autres secteurs d’activités d’une forme de précarisation.

Un modèle fiscal et social à inventer
Alternatives économiques - Les Dossiers
Nicolas Lagrange
Si les distorsions des règles de la concurrence, l’optimisation fiscale, la main-d’œuvre bon marché, la réduction des droits sociaux, etc., ne sont pas des pratiques spécifiques aux activités de l’économie collaborative, comme celles d’Airbnb ou de BlaBlaCar, elles ont tout de même tendance à en constituer les principales caractéristiques. Règlementer ces activités, voire les interdire, risquerait de freiner le développement de l’économie collaborative, qui répond à une demande existante, et de favoriser la création d’un marché clandestin. Le Conseil national du numérique (CNNum) a recommandé au gouvernement, dans un rapport publié en 2015, de procéder à une régulation fiscale par seuil imposable et par secteur. D’autres proposent d’autoriser les activités de l’économie collaborative à condition que les bénéfices réalisés en France y soient déclarés.