Editorial

 

 

« A l'immense majorité des Français, le mécanisme d'un des rouages de la banque, bien décrit, offrira l'intérêt d'un chapitre de voyage dans un pays ...

 

 

Etat des lieux

 

 

Esquissée au Moyen Age, l'activité financière se développe en s'appuyant sur la formation des Etats-nations. Mais elle prend une nouvelle dimension avec la révolution industrielle avant de devenir mondiale. Les Etats-Unis, son port d'attache, la mèneront jusqu'au krach de 1929.

 

Les marchés financiers ont connu un développement impressionnant depuis cinquante ans et une forte internationalisation, sous l'effet de nouveaux acteurs et de produits toujours plus sophistiqués. Jusqu'à la crise.

 

Pour l'école de Chicago, fondatrice de la théorie moderne de la finance, les marchés sont efficients et prévisibles. Une approche contestée par Benoît Mandelbrot et Nassim Nicholas Taleb.

 

Avec la mondialisation, les marchés financiers se sont multipliés et complexifiés. Tour d'horizon des principaux acteurs.

 

Sur les marchés financiers, la hausse des prix entraîne une hausse de la demande. Des bulles se forment, qui engendrent alors immanquablement des crises.

 

Les sauvetages massifs et coûteux des banques en 2008-2009 continuent de faire polémique. Si ces opérations étaient nécessaires, toutes les leçons n'ont pas été tirées, ou pas assez vite.

 

Comprendre

 

Les marchés sont devenus la première source de financement des plus grandes entreprises. Mais pour les plus petites, le recours aux banques reste de mise.

 

L'endettement des Etats est ancien et a porté le développement des marchés financiers. Leur part croissante dans ce financement n'est pourtant pas sans risques, comme les crises grecque et irlandaise l'ont montré en Europe.

 

Par leur "gestion active", les spéculateurs contribuent plutôt à limiter la volatilité excessive des marchés. Mais leur action implique aussi de prendre des paris risqués, qui peuvent avoir des effets déstabilisateurs sur la finance mondiale.

 

Les bonus expliquent pour une large part les rémunérations extravagantes des traders. Rançon de leur fidélité à leur banque, ce jackpot est aussi la conséquence de l'opacité des tarifs appliqués aux clients.

 

Présents dans tous les mauvais coups de la finance, les produits dérivés n'ont pourtant jamais été régulés. La crise des subprime a enfin ouvert le débat à propos de leur encadrement, mais la résistance des financiers privés est forte.

 

Les taux à long terme sont un moteur essentiel de l'économie. Leur niveau dépend de la crédibilité des banques centrales pour contrôler l'inflation et, désormais, de celle des Etats pour rembourser leurs dettes.

 

Outre la maîtrise de l'inflation, les banques centrales doivent désormais assurer la stabilité du système financier. Un objectif éminemment politique qui remet en débat leur statut d'indépendance.

 

Les pays du Sud, qu'ils soient pauvres ou émergents, se méfient des marchés comme de la peste depuis les crises de la dette. Ils préfèrent miser sur leurs ressources internes. Avec succès.

 

Difficile à définir, la délinquance financière n'est pas affaire d'inclinations individuelles immorales. Des économistes ont montré qu'elle avait des causes objectives liées au cycle de l'économie et de la finance.

 

Les marchés financiers ne sont pas de simples intermédiaires. Par la pression qu'ils exercent sur les Etats, ils orientent les politiques économiques. Un danger pour la démocratie.

 

Controverse

 

En rendant négociables les risques liés à l'accumulation de capitaux, les marchés financiers peuvent faciliter la croissance. Mais pour être véritablement utiles, ils doivent être régulés.

 

Supposés couvrir les risques, certains marchés sont aussi facteurs d'instabilité. Seuls un étroit contrôle et la suppression des marchés non organisés pourraient lever cette ambivalence.

 

La spéculation menée par des marchés non régulés ne peut conduire qu'à la catastrophe. Pour l'éviter, il faut taxer les profits bancaires et les transactions financières.

 

Bien que nécessaires, les marchés financiers sont aussi des éléments perturbateurs du bien-être économique et social. Pour limiter leurs dérives, le politique doit s'imposer.

 

Enjeux

 

L'Union européenne se dote de nouveaux outils pour réguler les marchés financiers. Dogme libéral, esprit souverainiste et poids des lobbies en limitent cependant la portée.

 

Les avancées dans la régulation des marchés vont réduire l'opacité de cette nébuleuse. Mais, même si la réforme américaine paraît plus complète et plus cohérente que celle de l'Europe, beaucoup reste à faire.

 

La croissance de l'économie mondiale est loin d'être assurée. Quatre sources possibles de nouvelle crise importante sont aujourd'hui identifiées, dont deux d'origine financière.

 

La crise des subprime a mis en évidence les insuffisances de la régulation publique. Jean-Pierre Redouin en tire les leçons et dresse les contours d'une bonne politique d'encadrement des risques de la finance.

 

La crise économique et financière est venue rappeler que le capitalisme est un système et qu'il fonctionne toujours comme tel. Les explications de l'anthropologue Maurice Godelier.

 

 


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