SOMMAIRE :

 

Dans les coulisses du succès de Thomas Piketty

The American Prospect

Jacob Hacker, Paul Pierson, Heather Boushey et Branko Milanovic

En 2013, paraissait Le capital au xxie siècle de Thomas Piketty. Depuis, cet ouvrage est devenu un véritable best-seller se vendant à 1,5 million d’exemplaires dans le monde. Quelques mois après la parution du livre, The American Prospect a interrogé plusieurs universitaires américains spécialistes des inégalités afin de recueillir leur opinion sur cette œuvre. Thomas Piketty a réussi, selon eux, à remettre en perspective les notions d’égalité et de démocratie en partant des faits plutôt que de la théorie. Le succès du livre est également dû à la capacité de l’auteur à replacer la question des inégalités aux États-Unis dans un contexte plus large, tant du point de vue géographique que du point vue temporel. En outre, c’est parce que Le capital au xxie siècle mobilise d’autres sciences sociales – comme l’histoire et la sociologie –, et que le message clé est relativement simple à comprendre, que l’ouvrage s’inscrit dans la tradition des grands textes de la science économique.

 

Pourquoi Jean Tirole est-il lauréat du « prix Nobel » d’économie ?

The New Yorker

John Cassidy

Si, selon l’auteur, le prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel – dit « prix Nobel » d’économie – a, depuis 1969, « trop souvent récompensé les économistes de l’orthodoxie libérale », Jean Tirole, lauréat du prix en 2014, professeur à la Toulouse School of Economics (TSE), a amplement mérité cette distinction suprême. Au cœur de ses travaux depuis de longues années, la question de la régulation des entreprises en situation de monopole constitue un véritable sujet d’actualité. Comment en effet ne pas immédiatement penser aux géants du numérique, les fameux GAFA (Google, Apple, Facebook et Amazon), comme Google, récemment mis en cause par l’Union européenne (UE), pour entrave à la concurrence ? Ce qui fait également l’originalité des travaux de l’économiste français, c’est la façon dont sa théorie de la régulation lui permet de se démarquer de la fameuse hypothèse de l’École de Chicago, selon laquelle le marché est la seule solution pour atteindre la situation économique la meilleure.

 

Comment devient-on un économiste célèbre ?

Alternatives économiques

Christian Chavagneux

À la fin de l’été 2014, le Fonds monétaire international a publié une liste des vingt-cinq économistes de moins de 45 ans les plus prometteurs. Parmi eux ne figurent pas moins de sept Français : Esther Duflo, Emmanuel Farhi, Xavier Gabaix, Thomas Philippon, Thomas Piketty, Hélène Rey et Emmanuel Saez. Un mois plus tard, le 13 octobre, Jean Tirole se voyait attribuer le prix de la Banque de Suède en mémoire d’Alfred Nobel (dit « prix Nobel » d’économie). Qu’est-ce qui explique le succès actuel des économistes français ? Tout d’abord, selon l’auteur, l’excellence mathématique de « l’école française de science économique » est une qualité reconnue à l’étranger. En outre, tous les économistes français qui ont atteint une certaine notoriété au niveau international ont obtenu leur doctorat (PhD) aux États-Unis. Les travaux de recherche de la plupart d'entre eux s'appuient d’ailleurs sur les concepts du courant néo-classique.  Enfin, à l’exception de Thomas Piketty et d’Hélène Rey, tous font carrière dans les prestigieuses universités américaines.

 

Qu’est-ce qu’un « bon » enseignant-chercheur en économie ?

L’Économie politique

Nicolas Gallois

Parmi les nouveaux critères d’évaluation de la qualité des travaux de recherche des économistes français, la publication d’articles dans des revues académiques de référence est déterminante. C’est le cas du classement établi par le Centre national de la recherche scientifique (CNRS). Selon ce dernier, un « bon » chercheur doit publier au moins deux articles tous les cinq ans dans des revues qui font autorité dans la discipline. L’auteur montre également que l’accès aux « bons » réseaux favorise la publication de travaux de recherche dans ces revues. Le classement de ces dernières relève en outre d’une démarche de classification des laboratoires de recherche, pierre angulaire des réseaux. Trois critiques peuvent être adressées à ce système : l’omniprésence des revues anglo-saxonnes, la standardisation de la recherche, l’appauvrissement et la disparition des recherches originales.

 

L’avenir de la science économique

Commentaire

André Babeau

Les économistes n’avaient pas prévu la crise financière et économique de 2007-2008. Les critiques adressées à la science économique – en particulier à la macroéconomie – ne se sont pas fait attendre : si pour beaucoup cette dernière ne parvient pas à être prédictive, elle ne peut être considérée comme une science. L’auteur s’interroge sur l’évolution de la discipline – méthodes, théories, résultats – depuis la naissance de la macroéconomie, avec la publication, en 1936, de La théorie générale de l’emploi et de l’intérêt et de la monnaie de John Maynard Keynes. L’avenir de la science économique se situe peut-être du côté de travaux de recherche plus empiriques comme ceux d’Esther Duflo et de Thomas Piketty qui semblent aujourd’hui gagner du terrain.


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