SOMMAIRE :

 

Frontière économique et mondialisation

CERISCOPE

Jérôme Sgard

Les économistes entretiennent avec l’espace une relation ambiguë : si l’analyse théorique des marchés est dénuée de toute considération spatiale, de nombreux problèmes liés à l’espace - comme ceux des externalités, des effets d’entraînement ou de la congestion – sont néanmoins fréquemment abordés, dans le champ de l’économie appliquée. La mondialisation renforce encore ce sentiment de complexité : certes, elle atténue l’effet frontière, mais de plus en plus souvent cet affaiblissement des limites géographiques n’est qu’en trompe l’œil, les obstacles territoriaux prenant souvent la place des anciennes frontières. La tension entre libéralisation et régulation demeure, tout comme le besoin d’une coordination au niveau international. Cette dernière peut prendre trois formes : celui du traité international, de l’hégémonie ou de la reconnaissance multiple des normes.

 

Commerce et barrières non-tarifaires

VoxEu.org

Marc Bacchetta et Cosimo Beverelli

L’Organisation mondiale du commerce (OMC) comme auparavant le GATT (General Agreement on Tariffs and Trade) ont réussi, grâce à la suppression de nombreuses entraves au commerce, à libéraliser les échanges internationaux. Néanmoins, ces organisations internationales ne sont pas parvenues à une libéralisation totale des échanges. Depuis la crise financière et économique mondiale de 2007-2008, on observe même une certaine régression : de plus en plus d’États ou d’organismes supranationaux mettent en place des barrières non-tarifaires techniques et sanitaires. Les raisons qui expliquent l’adoption de telles mesures sont multiples : elles vont de la protection du commerce national jusqu’à l’amélioration de l’efficacité économique afin de corriger des échecs de marché.

 

Le nouveau paradigme : les chaînes de valeur mondiales

FriedlandPapers

Corinne Vadcar

Le commerce international est depuis quelques années en pleine mutation. La fragmentation géographique des chaînes de production n’a jamais été aussi poussée. Les biens et services intermédiaires prennent une place de plus en plus importante dans les échanges mondiaux. « Chaînes de valeur mondiales », telle est l’expression qu’emploient les spécialistes du commerce international pour décrire cette transformation. Le passage d’un commerce dont la finalité était d’aider à vendre des biens à un commerce qui aide à fabriquer des produits a des conséquences considérables. En termes statistiques, les échanges doivent désormais être comptabilisés en valeur ajoutée et non plus en données brutes. Pour les pays comme pour les entreprises, le bon positionnement dans ces chaînes de valeur mondiales devient déterminant.

 

Marché du travail et migration : la grande incompréhension

Finances et développement

Ça?lar Özden

La perception que l’opinion publique a des effets de l’immigration sur le marché du travail est marquée par une certaine incompréhension, pour ne pas dire ignorance. Un décalage très important entre le ressenti des populations à l’égard des migrations internationales et la réalité des faits peut en effet être observé dans de nombreux pays industrialisés. Le faible niveau de ces migrations et l’importance des écarts de salaire entre les pays d’origine et d’accueil laissent en réalité penser que les marchés du travail nationaux sont toujours relativement fermés et que l’effet des mouvements migratoires sur le marché du travail, notamment sur les salaires, est en moyenne très faible. Par ailleurs, on peut noter que les politiques d’immigration, souvent conduites par les ministères de l’intérieur ou de la sécurité nationale, pourraient se montrer plus efficaces à condition d’intégrer davantage de critères économiques.

 

L’identité d’une entreprise, les frontières et la langue

Gérer et comprendre – Annales des Mines

Geneviève Tréguer-Felten

L’anglais est la lingua franca des temps modernes. Les entreprises qui cherchent à internationaliser leur identité  y ont naturellement recours pour leurs opérations de communication et de relations publiques. En général, il s’agit de traduire des textes, conçu dans la langue d’origine de l’entreprise, vers une autre langue véhiculaire (l’anglais du monde globalisé), dénuée d’un fond culturel qui lui soit propre. Cette transposition a-t-elle de réelles chances de convaincre un public dont la seule caractéristique connue est la pratique de cette lingua franca ? Le doute est permis. Sur la base d’une comparaison des auto-présentations d’entreprises chinoises et françaises, l’auteur pose ainsi la question de la pertinence du transfert en anglais d’une identité d’entreprise conçue à partir de la langue nationale.


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