SOMMAIRE :

 

Et si la croissance économique tombait à 5 % ?

Éclairages Émergents

Sylvain Laclias

En 2014, la croissance économique en Chine a été de 7,4 %, la plus mauvaise performance depuis 1990. Selon le pire des scénarios, la baisse devrait se poursuivre jusqu’à ce que la croissance s’établisse à 5 % entre 2016 et 2017. Les limites du modèle de croissance chinoise (baisse durable de la demande extérieure, hausse du coût du travail, accroissement des inégalités, renforcement de la contrainte environnementale, surcapacités de production, etc.) semblent cette fois être atteintes. Si plusieurs des réformes annoncées pour stimuler la croissance économique ont été engagées, elles restent insuffisantes. La lutte contre la corruption, notamment, demeure une question délicate car, si active qu’elle soit depuis le début de 2014, elle menace directement un certain nombre de hauts responsables du Parti communiste chinois (PCC).

 

La Chine peut-elle changer de modèle ?

Géoéconomie

Pierre Sabatier

Ces dernières années, la croissance économique chinoise a reposé successivement sur les modèles allemand (compétitivité à l’exportation fondée sur une sous-évaluation du yuan) et espagnol (politique d’investissements dans les infrastructures et l’immobilier résidentiel). Une combinaison stratégique qui a remarquablement fonctionné jusque-là mais qui a finalement conduit l’économie dans une impasse et contribué à la formation d’une bulle spéculative alimentée par l’accumulation de surcapacités de production. Selon l’auteur – qui ne croît pas au scénario de l’atterrissage en douceur (soft landing) de l’économie chinoise –, le changement de modèle ne pourra se faire désormais qu’au prix d’une sévère récession.

 

La Chine n’est pas une superpuissance financière

Études

Claude Meyer

L’extraordinaire capacité d’épargne des entreprises et des ménages chinois – qui représente 30 % du stock mondial d’épargne – ainsi que le montant considérable des réserves de change – supérieur au produit intérieur brut (PIB) annuel de l’Allemagne – constituent les principaux atouts financiers de la Chine, devenue à la fois bailleur de fonds et troisième investisseur mondial derrière les États-Unis et le Japon. Le pays n’est pas pour autant une superpuissance financière. La gestion des réserves de change pose en effet problème aux autorités chinoises qui doivent concilier meilleur rendement possible et maintien de la valeur de ces réserves en yuan. Jusqu’à présent, Pékin a opté pour la prudence en plaçant 70 % des réserves en dollars, aux États-Unis. Mais le pays devra à l’avenir, pour éviter les risques liés à la dépréciation du billet vert par rapport au yuan, diversifier ses placements.

 

Une industrie affaiblie par la hausse des coûts salariaux

Flash Économie

Patrick Artus

Le modèle économique chinois – qualifié de désinflationniste – a, jusqu’au début des années 2010, reposé sur des coûts de production particulièrement faibles, permettant à l’empire du Milieu de gagner des parts de marché à l’international, et aux économies avancées de substituer les importations aux productions locales, devenues relativement plus chères. La forte hausse des coûts salariaux en Chine, avec notamment l’appréciation du yuan depuis 2005, a conduit par la suite  – outre la baisse du taux de croissance économique – à un affaiblissement de la production industrielle et du volume des importations de matières premières, en particulier du pétrole et des métaux précieux.

 

Les mutations du commerce extérieur chinois

La Lettre du CEPII

Françoise Lemoine et Deniz Ünal

Si la Chine est devenue en 2013 la première puissance commerciale du monde – la progression des échanges extérieurs du pays continue à être plus rapide que celle du commerce international et le poids de l’économie dans les exportations mondiales de marchandises et dans les importations est passé de 8,7 % à 11,7 % et de 6,7 % à 10,3 % respectivement – on assiste, depuis 2007, à une profonde mutation du commerce extérieur chinois. Le commerce de « processing » (opérations internationales d’assemblage) n’étant plus le moteur principal du dynamisme commercial. C’est désormais le commerce « ordinaire » qui tire les échanges. Ce dernier émane d’une offre fondée majoritairement sur les intrants locaux, et d’une demande intérieure en constante progression.


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