SOMMAIRE

 

Réforme financière : il faut aller plus loin

Financial Times

Martin Wolf

Si de nombreux enseignements ont été tirés de la crise financière et économique de 2008 – une crise que bien peu avait vu venir -, les autorités de régulation ne sont pas, selon Martin Wolf, éditorialiste au Financial Times, allées suffisamment loin dans la définition d’un nouveau régime de régulation. La « nouvelle orthodoxie » en matière de politique monétaire renforce indéniablement le cadre réglementaire et la stabilité macroéconomique mais elle n’est, à ses yeux, qu’une version corrigée de l’ancienne et laisse encore ouverte beaucoup de questions. Certes les économies sont en train de se relever de la Grande Récession mais le système financier demeure éminemment fragile. Les banquiers centraux et les régulateurs se doivent d’élaborer une réforme beaucoup plus ambitieuse.

 

Le Glass-Steagal Act : mère de toutes les régulations

Réalités industrielles

Christian Stoffaës

En 1933, une commission d’enquête du Congrès des États-Unis  chargée de faire la lumière sur les raisons du krach de 1929, conclut que c’était la confusion des genres entre banque de dépôt et banque d’investissement qui avait encouragé la spéculation boursière. Celle-ci recommanda d’interdire aux banques commerciales l’accès aux marchés financiers. Le Glass-Steagall Act, la loi bancaire définissant le nouveau cadre réglementaire fut  adoptée quelque temps après la fin des travaux de la commission d’enquête. Les établissements bancaires durent dorénavant choisir entre le métier de banque commerciale et celui de banque d’investissement. La compétition exacerbée entre les marchés financiers, à partir des années 1980, entraîna un affaiblissement de Wall Street, au profit dela City de Londres,  de plus en plus dérégulée, et finalement à l’abrogation au seuil des années 2000 du Glass-Steagall Act.

 

Changer la culture de l’industrie financière

Federal Reserve Bank of New York

William C. Dudley

Au cours des dernières années, de nombreux scandales ont touché le secteur bancaire. Fautes professionnelles graves, manquements éthiques, non-respect des obligations réglementaires et légales n’ont en effet cessé de se multiplier. En octobre 2014, la Réserve fédérale de New York a organisé un colloque consacré à la culture de l’industrie financière. L’objectif des responsables de la banque centrale américaine est de réformer en profondeur la culture des institutions bancaires afin que les dirigeants et les hauts cadres de ce secteur mettent en place des dispositifs susceptibles d’inciter  l’ensemble des salariés  à adopter des comportements professionnels plus conformes à l’éthique.

 

Europe bancaire : l’Union fait-elle la force ?

OFCE – Les Notes

Céline Antonin et Vincent Touzé

La crise financière de 2008 a constitué un choc considérable pour le  système bancaire européen. Celle-ci en a en effet révélé toutes les  fragilités. À la suite du sommet européen de juin 2012 est né le projet d’Union bancaire. Cette dernière, qui est mise en place progressivement à partir de l’automne 2014, s’inscrit dans un processus d’intégration financière dont les prémices figuraient déjà dans le traité de Rome en 1957.  L’objectif de l’Union est de rompre le lien entre crise bancaire et dette souveraine en permettant une recapitalisation directe des banques en difficulté par le Mécanisme européen de stabilité, de prévenir les paniques bancaires et d’éviter la fragmentation des marchés bancaires dans la zone euro. Elle s’organise autour de trois piliers : le Mécanisme de supervision unique (MSU) – nouvelle mission assurée par la Banque centrale européenne (BCE) -, le Mécanisme de résolution unique (MRU) qui doit permettre la résolution des défaillances bancaires et le système unique de garantie des dépôts, dispositif qui réaffirme la protection des dépôts jusqu’à 100 000 euros.

 

Et si la prochaine crise venait de la technologie ?

Rapport moral sur l’argent dans le monde

Dominique Christian

Depuis la crise financière et économique de 2007-2008, des mesures très importantes ont été prises par les autorités de régulation pour renforcer la stabilité du système financier. Ces dispositions ont essentiellement concerné la solvabilité, la liquidité et la gouvernance des institutions financières et leurs modes de surveillance, l’intégrité et la transparence des marchés, etc. Des facteurs nouveaux susceptibles d’être à l’origine de prochaines crises n’ont cependant pas fait l’objet de toute l’attention nécessaire. C’est le cas en particulier des vulnérabilités du système liées à l’usage intensif dans l’industrie financière des nouvelles technologies de l’information et de la communication (TIC).  


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