SOMMAIRE

 

Les leçons libérales de la crise

Sociétal

Marc Crapez

Les critiques formulées contre le système capitaliste et de l’idée d’efficience des marchés ont été particulièrement virulentes après la crise économique et financière de 2008 qui a débuté aux États-Unis. Ces critiques, si elles prennent pour cible le libéralisme, constitueraient cependant, selon l’auteur, un mauvais procès mené contre les idées libérales. La crise serait plutôt, selon lui, le résultat d’une accumulation excessive de dettes. Les établissements de crédit parapublics dont les bilans ont atteint une taille trop importante, ont été à l’origine de la crise. Le libéralisme qui vise justement à éviter des situations de monopole, n’est donc, selon l’auteur, nullement en cause dans le déclenchement de cette dernière.

 

Le néolibéralisme : unité, diversité, divergences

La Vie des idées

Serge Audier

Le néolibéralisme est une notion relativement difficile à définir. Pour certains, il évoque – dans le contexte de la crise des solutions dites « keynésiennes » - les grandes mutations économiques qu’ont connues les pays développés à partir des années 1970 comme la dérégulation, les privatisations et le retrait de l’État. Pour d’autres, il englobe l’ensemble des expériences socio-économiques menées depuis les années 1950 depuis l’instauration de l’économie sociale de marché en Allemagne. Le néolibéralisme n’est donc pas un concept univoque, il est indiscutablement pluriel. Nier cette diversité serait confondre les époques, car l’histoire du libéralisme réunit autant des ruptures et des désaccords, que de mutations et de convergences.

 

Au cœur du libéralisme : la pensée autrichienne

Institut Turgot

Entretien avec François Facchini

L’école autrichienne d’économie est un courant de pensée complètement distinct de l’école néo-classique. La principale différence entre ces deux écoles est le refus de la première de  penser l’économie de marché à partir de la théorie de l’équilibre. L’approche de l’école autrichienne rompt ainsi avec la physique sociale du modèle walrasien. Selon les économistes se référant à cette tradition de pensée, l’information prix est l’élément essentiel de tout marché : sans cette information capable de révéler le montant des ressources que les individus sont prêts à sacrifier pour obtenir un bien, la coordination des agents serait encore plus imparfaite. Toute la stabilité de la coordination au sein des marchés tient au rôle positif du prix. L’auteur revient dans cet entretien sur les principaux concepts développés par l’école autrichienne – une forme de pensée économique hétérodoxe qui n’est que très rarement enseignée dans les universités.

 

Libre concurrence versus liberté contractuelle

Frankfurter Allgemeine Zeitung

Rainer Hank

De nombreuses controverses à propos du libéralisme sont liées au conflit entre deux principes libéraux fondamentaux : celui de la libre concurrence et celui de la liberté contractuelle. La théorie libérale n’a jamais véritablement réussi à arbitrer entre ces deux idéaux. Il est vrai que la liberté contractuelle peut être utilisée pour restreindre la liberté de concurrence, comme dans le cas d’un cartel. Selon certains économistes libéraux, ceux qui mettent en particulier l’accent sur la libre concurrence, il est ainsi indispensable de combattre les cartels à l’aide du pouvoir étatique, sans égard pour les droits de propriété. D’autres, au contraire, s’opposent à cette démarche. Dans la tradition de Böhm-Bawerk, ils considèrent que nul ne dispose d’un pouvoir sans limites, pas même le plus grand monopoleur, car plus celui-ci tente d’augmenter le prix, moins il y a d’agents prêts à accepter ce dernier. L’économie numérique du XXIe siècle vérifie de manière encore plus prononcée cette posibilité pour la concurrence de battre en brèche les monopoles.

 

Vers un renouveau du libéralisme par la démocratie facilitatrice

Les Échos

Geneviève Bouché

Le capitalisme connaît aujourd’hui de profondes mutations : la conception du travail, la forme des grandes organisations ou la notion de biens publics sont, à des degrés divers, remises en cause. Les conditions de la libre entreprise font également l’objet de débats, tandis que les attentes de la société à l’égard de l’État sont de plus en plus élevées. Dans ce contexte, le libéralisme doit être redéfini. Favoriser les initiatives citoyennes pourrait être une voie efficace pour refonder les idées libérales. De nombreuses collectivités territoriales commencent à encourager ce type d’initiatives lorsque ces projets sont considérés comme utiles à la collectivité. Cette formule de démocratie facilitatrice est à terme susceptible de favoriser l’émergence de meilleurs compromis entre satisfaction économique et satisfaction sociale.


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