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N°spéciaux

H 0 La monnaie, quel avenir ?

Problèmes économiques

15/12/2015

La monnaie s’est constamment adaptée aux mutations de l’activité économique. Compte tenu de la dématérialisation croissante des échanges, le XXIe siècle pourrait être celui de la disparition des pièces et des billets. De nombreux économistes s’interrogent en effet aujourd’hui sur l’opportunité de mettre progressivement fin à la circulation de la monnaie fiduciaire.

SOMMAIRE :

Supprimons les billets de banque !
Financial Times
Kenneth Rogoff
L’abolition de la monnaie papier est une idée en vogue chez certains économistes qui la considèrent comme l’ultime instrument de répression financière. Kenneth Rogoff, ancien chef économiste du Fonds monétaire international, fait partie de ceux-là. Il avance deux arguments qui plaident en faveur d’une telle décision. Le premier concerne la lutte contre le crime organisé et l’économie souterraine. Supprimer la monnaie papier compliquerait sérieusement la tâche des criminels et des travailleurs clandestins dans la mesure où l’argent liquide est très répandu dans ces secteurs de la société. Le second argument à trait à la politique monétaire. L’abondance de liquidités physiques – dans un contexte où les taux d’intérêt sont proches de zéro – rend difficile la mise en œuvre d’une véritable politique de taux d’intérêt négatifs. Kenneth Rogoff admet que la suppression des billets n’est pas une entreprise facile à mener à terme. Aussi propose-t-il de commencer par retirer du circuit financier les grosses coupures.

L’efficacité limitée d’une suppression des billets
VoxEU. org
Dirk Niepelt
Le débat sur le rôle de la monnaie et le régime monétaire est récurrent. La difficulté de mettre en œuvre une politique de taux d’intérêt négatifs, mais également la volonté de lutter plus efficacement contre le crime organisé et l’évasion fiscale, ont relancé l’idée d’une suppression des billets de banque. Si cette idée présente certains avantages, l’efficacité d’une telle mesure serait sans doute plutôt limitée. Ceux qui recherchent l’anonymat peuvent en effet toujours recourir à mille autres moyens pour échapper à la surveillance. Quant à l’objectif poursuivi par la fixation de taux d’intérêt négatifs, c’est-à-dire favoriser la consommation et l’investissement, il peut également être atteint à l’aide d’autres instruments, notamment la politique fiscale.

La monnaie fiduciaire en France
Bulletin de la Banque de France
Elodie Ninlias et Ghjuvanni Torre
En 2014, les émissions nettes de billets en France ont représenté 4,2 milliards de coupures pour une contre-valeur de 108,3 milliards d’euros – en augmentation de 7,2 % en volume et de 6,2 % en valeur par rapport à 2013. Les émissions nettes de pièces sont également en hausse, mais avec une progression légèrement plus faible. La France se situe au deuxième rang en volume et au troisième rang en valeur des contributeurs à la circulation fiduciaire de l’Eurosystème : elle représente en volume près d’un quart des émissions nettes dans la zone euro, en valeur son importance est plus faible (10 %). Les habitudes de paiement varient donc nettement au sein de l’Eurosystème. En France, la coupure de 20 euros est de loin le billet préféré, il représente la moitié des émissions nettes en valeur. Au sein de la zone euro, le billet de 50 euros est la coupure la plus répandue.

L’avenir des moyens de paiement en France
Ministère de l'économie, des finances et de l'industrie
Georges Pauget et Emmanuel Constans
Aujourd’hui, le chèque et les espèces ont perdu leur rôle dominant comme moyens de paiement. Après la véritable révolution qu’a représentée l’essor de la carte bancaire, de nouveaux bouleversements sont en train de s’opérer : les paiements par l’internet ou le téléphone et les paiements sans contact. Ces transformations sont lourdes de conséquences pour les banques et remettent en cause leur modèle économique. En France, plusieurs objectifs ont été fixés par les pouvoirs publics afin d’assurer un bon fonctionnement des moyens de paiement : faciliter les règlements sécurisés en ligne, développer des moyens de paiement modernes en face à face, accompagner la diminution de l’utilisation du chèque, et, enfin, encourager l’émergence de modèles économiques performants, ouverts et concurrentiels.

Le bitcoin : une monnaie qui dérange
La Gazette de la société et des techniques
Nicolas Clausset et Arnaud Sellem
Le bitcoin, monnaie numérique créée en 2008 - dont on ne connaît pas le concepteur -, n’est régi par aucune banque centrale ni aucun gouvernement, mais par une vaste communauté d’internautes. Le développement de cet instrument de paiement a été relativement modeste jusqu’à la fin de 2013, période à partir de laquelle son cours a littéralement explosé. Bien que l’engouement pour le bitcoin soit depuis nettement retombé, nombre de ses partisans lui promettent toujours un avenir radieux. Il est vrai que cette monnaie revêt une utilité évidente : outre la possibilité d’effectuer des transactions sous respect de l’anonymat, elle permet de s’appuyer sur une monnaie à l’abri des crises systémiques des monnaies traditionnelles.

Le marché du paiement : vers un nouvel éco-système
La Tribune
Karim Terbeche
Le marché des moyens de paiement est en pleine mutation en raison notamment des avancées technologiques de l’informatisation et de la communication et de la diffusion du Smartphone. Si, jusqu’à présent, peu de choses ont changé dans la manière d’effectuer des paiements, il ne fait aucun doute que d’ici à quelques années il en ira tout autrement. Pour les banques, ces évolutions risquent d’être lourdes de conséquences, car les innovations dans ce domaine sont le plus souvent portées par des acteurs non bancaires. Les investissements consentis par les GAFA – Google, Apple, Facebook et Amazon – afin de créer un nouvel éco-système des moyens de paiement sont aujourd’hui considérables.

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