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N°spéciaux

H 0 Vers un monde sans croissance ?

Problèmes économiques

01/05/2016

Selon les économistes américains, Robert J. Gordon et Larry H. Summers, la période de forte croissance que les économies avancées ont connue au lendemain de la révolution industrielle serait une exception historique. Elles seraient désormais entrées dans une période de « stagnation séculaire », c’est-à-dire de croissance quasi-nulle.

SOMMAIRE :

L’ère de la « stagnation séculaire »
Foreign Affairs
Lawrence H. Summers
Après la crise de 2007, beaucoup s’attendaient à ce que la récession particulièrement forte soit suivie d’une reprise rapide aux États-Unis et que la production et l’emploi retrouvent dans un laps de temps relativement bref le niveau qui était le leur avant la crise. En dépit de la politique monétaire agressive de la Réserve fédérale (Fed) américaine, la reprise n’a pas été à la hauteur des attentes. L’explication tient, selon l’ex-secrétaire au Trésor de Bill Clinton, Lawrence H. Summers, au fait que l’économie américaine serait entrée dans une ère de « stagnation séculaire », due à une propension croissante à épargner et à une diminution de l’investissement. Ce comportement constitue un frein à la demande, réduit la croissance et l’inflation, et fait baisser les taux d’intérêt réels. Dans ces conditions, seule une politique budgétaire expansionniste permettrait de sortir l’économie américaine de la stagnation séculaire.
Les vents contraires défiant la croissance
Centre for Economic Policy Research
Robert J. Gordon
L’économie américaine est aujourd’hui, selon Robert J. Gordon, l’un des économistes américains défendant ardemment le concept de « stagnation séculaire », malmenée par six « vents contraires » : le vieillissement de la population et l’allongement de l’espérance de vie, le creusement des inégalités, le coût de la mondialisation (délocalisations, pression à la baisse des salaires au Nord, affaiblissement de la productivité, etc.) renchéri par internet, un système éducatif moins performant, les contraintes environnementales, et le niveau élevé de l’endettement public. Ce phénomène n’est pas propre aux États-Unis puisqu’il touche également d’autres économies avancées, mais les difficultés auxquelles elles sont confrontées peuvent être de nature différente. Quoi qu’il en soit, ces facteurs négatifs constitueront de véritables freins qui empêcheront, à l’avenir, la croissance américaine de tirer pleinement profit de l’innovation. Le produit intérieur brut (PIB) réel sera ainsi plus faible qu’il ne l’a jamais été sur une période aussi longue depuis la fin du XIXe siècle.
Le progrès technologique fera repartir la croissance
VoxEU
Joel Mokyr
Depuis la Grande Récession de 2008, de nombreux économistes considèrent que le monde est désormais entré dans une longue période de stagnation. Loin de partager ce point de vue, l’auteur estime au contraire que le progrès technologique – en particulier dans des domaines comme l’informatique ou le génie génétique – permettra de retrouver des taux de croissance élevés. À long terme, les effets indirects provoqués par les avancées scientifiques sur la productivité pourraient dépasser nettement les effets directs. Si les progrès technologiques peuvent notamment induire une polarisation du marché du travail, ils peuvent également avoir d’importantes retombées positives dont les statistiques agrégées ne rendent pas compte avec exactitude.
La croissance potentielle, une notion d’avenir
Alternatives économiques
Jacques Adda
Après un bref rebond en 2011, l’activité économique est atone dans la zone euro. Entre 2008 et 2014, en France, le produit intérieur brut (PIB) n’a crû que de 0,1 % à 0,2 % en moyenne par an. Si les États-Unis et le Royaume-Uni s’en sont nettement mieux sortis, leur rythme de croissance est néanmoins en recul par rapport aux années 1990. Dans ce contexte, les gouvernements n’ont de cesse de s’interroger sur la politique à mener pour relancer l’économie. La notion de « croissance potentielle » est ainsi devenue essentielle car elle permet d’évaluer les marges de production inutilisées qui, si elles sont mobilisées, peuvent stimuler l’activité sans qu’il faille craindre une augmentation trop importante des salaires et des prix. Mais apprécier de façon juste la croissance potentielle d’une économie s’avère délicat dans la mesure où le potentiel de production est une notion dynamique qui dépend notamment des évolutions passées et présentes de l’investissement et de la force de travail disponible.
Quels scénarios pour la croissance économique ?
Commentaire
Alain Bienaymé
L’inexorable épuisement des ressources naturelles et les conséquences de la crise financière de 2008 ont quelque peu assombri les perspectives de croissance, en particulier celles des économies avancées. L’addiction à la croissance et les excès du consumérisme sont désormais dénoncés. La transition démographique n’étant toujours pas achevée dans les pays en développement, une stagnation de la production mondiale entraînerait en effet une chute de 23 % du revenu moyen par habitant. L’auteur attire toutefois l’attention sur le caractère relativement utopique des alternatives au modèle de croissance actuel que seraient la décroissance ou la croissance zéro. Il serait plus opportun de favoriser la croissance « sobre » et « intelligente » plutôt que de se fixer un objectif de croissance nulle.

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