m
     
Article

H 0 Chez Bocage, on peut louer chaussure à son pied.

SCHERR YVES

Ouest France

08/01/19

Les nouvelles générations de clientes, soucieuses du développement durable, peuvent s'abonner et changer de chaussures tous les deux mois. La chaussure pèse lourd dans les poubelles françaises. Une paire affiche un poids moyen de 700 g, on en jette autour de 250 tonnes chaque année. En moyenne, chaque Française en possède quatorze paires. Le score est moindre chez les hommes avec quatre paires. Depuis longtemps, l'industrie de la chaussure multiplie les collections pour renouveler l'offre et soutenir l'activité. Mais le marché du fast fashion (je consomme, je jette) s'essouffle. « Le prêt-à-porter est la deuxième industrie la plus polluante, derrière le pétrole. Il y a une prise de conscience des nouvelles générations qui modifient leur comportement », analyse Clémence Cornet, responsable du marketing de Bocage.

Bocage, c'est la marque moyen-haut de gamme du groupe Éram. Une collection en partie « made in France », au sein de la manufacture installée à Montjean-sur-Loire (Maine-et-Loire). Elle a été choisie pour explorer un nouveau modèle économique. Évoluer, c'est le maître mot. Une nécessité aussi au moment où la conjoncture contraint le groupe à fermer une centaine de ses boutiques Heyraud et Texto en France.
Une nouvelle génération de clientes

« Nous avons réfléchi pour résoudre une équation : comment générer de la croissance avec un modèle innovant, qui continue à jouer avec la mode mais préserve aussi l'environnement », explique Clémence Cornet. Depuis octobre, elle a lancé une expérimentation dans six boutiques de la marque, à Paris, Lyon, Bordeaux et Angers avant de l'étendre à Nantes en décembre. La proposition est simple : moyennant un abonnement mensuel de 39 €, il est possible de changer de paire de chaussures tous les deux mois. Lorsque l'échéance arrive, la paire portée est restituée, ou peut être définitivement acquise avec une réduction de 60 % sur le prix du neuf.

Le personnel des boutiques concernées a suivi une formation de « conseillère en style » pour accompagner les clientes dans leurs choix. « Notre clientèle historique est plutôt constituée de femmes actives de plus de 40 ans. Nous avons connu une vraie surprise : les personnes intéressées étaient de jeunes femmes de 25 à 35 ans, plus du tout attachées à la notion de possession », observe la responsable du marketing.

La marque doit donc repenser son offre avant de l'étendre à plus d'une trentaine de boutiques dès mars. S'agissant des modèles d'été, l'abonnement mensuel sera ramené à 29 € et l'éventail sera porté à 300 références, dont une cinquantaine « Made in France ».

Question clé en matière d'environnement : que deviendront les chaussures portées durant deux mois et restituées par les clientes ? Toutes seront remises en forme et subiront un traitement « 100 % bactérien » au sein de l'usine de Montjean-sur-Loire. Dès l'hiver 2019-2020, Bocage les proposera à la location, via le site Internet latelierbocage.fr, moyennant un abonnement mensuel de 19 €.

« Avec ce nouveau modèle économique, nous renouvelons la façon de consommer. La notion d'usage prend le dessus sur celle de possession. Et nous passons d'une forme de gaspillage au principe de réemploi. C'est le principe de l'économie circulaire », résume la responsable du marketing.
Pour le groupe Éram, il pourrait s'agir d'une première étape. L'aménagement de l'outil industriel permettra la remise en forme de chaussures déjà portées. Plus largement, le recyclage pourrait constituer un nouveau défi (mais aussi une opportunité) pour l'industrie de la chaussure.

Mes paniers

4

Gerer mes paniers

0

Dossiers

 
0
Z